Baillie Tolkien
© Bruno Barlier


Baillie Tolkien

Nom completBaillie Jean Tolkien, née Klass
Naissance Décembre 1941
ParentsDr. Alan Klass
Époux Christopher Tolkien
Enfants Adam et Rachel Tolkien

Portrait

Une partie de cet article a été précédemment publiée dans le Dictionnaire Tolkien et est ici republiée avec l'autorisation de son auteur et des éditions CNRS :
Vivien Stocker, « Tolkien, Baillie », Dictionnaire Tolkien, Vincent Ferré (dir.), CNRS Éditions, 2012, p. 581-582.

Seconde femme de Christopher Tolkien, Baillie Jean Tolkien nait en décembre 1941 à Winnipeg, au Canada, ville dans laquelle son père, Alan Klass, chirurgien, enseigne et pratique à la faculté de médecine de l’Université de Manitoba. En 1962, elle sort de cette université diplômée d’un Bachelor of Arts, puis obtient, deux ans plus tard, un Master of Arts en langue et littérature anglaises à l’Université d’Oxford. En 1965, elle est employée à temps partiel comme secrétaire de J.R.R. Tolkien. Elle travaille sur l’index du Seigneur des Anneaux et se charge de la correspondance de Tolkien avec l’éditeur américain Ballantine qui publie Le Seigneur des Anneaux aux États-Unis. Elle quitte ensuite son emploi chez Tolkien et est engagée chez Sir Isaiah Berlin, un philosophe anglais habitant Oxford. Elle épouse Christopher Tolkien le 18 septembre 1967. Ils s'installent dans le Berkshire, au sud d’Oxford. Le 3 mars 1969, elle donne naissance à leur premier enfant, Adam Reuel Tolkien, suivi de sa sœur, Rachel Clare Reuel Tolkien, le 13 février 1971.

En 1973, Tolkien meurt et Christopher est désigné exécuteur littéraire de son père. Il est chargé de trier ses manuscrits de son père et de publier Le Silmarillion. Au cours de ce tri, est découverte une enveloppe contenant une série de lettres décorées, les Lettres du Père Noël, que Tolkien a écrites durant près de vingt ans pour ses enfants. En 1975, le couple déménage en France pour terminer les travaux de publication du Silmarillion. Entre-temps, Baillie publie en septembre 1976 Les Lettres du Père Noël, qui devient le premier livre de Tolkien édité de façon posthume1). La même année, à l’occasion d’une exposition des illustrations de Tolkien au Ashmolean Museum d’Oxford, Baillie écrit l’introduction du catalogue, notant que le travail pictural de Tolkien « défie, comme son écriture, toute classification ». Par la suite, elle aide son mari à l’élaboration de la série de L’Histoire de la Terre du Milieu et des autres volumes posthumes. Christopher lui dédie notamment le douzième et dernier volume de la série ainsi que le volume des Enfants de Húrin en 2007. Baillie fait également partie du conseil d’administration du Tolkien Estate et du Tolkien Trust, au même titre que les enfants de J.R.R. Tolkien. Avec l’aide des fonds du Tolkien Trust et avec le soutien de son frère, le Dr. Daniel Klass, elle a notamment permis l’ouverture, en 2006, du Alan Klass Memorial Program for Health Equity à la faculté de médecine de Manitoba, un programme de recherche consacré aux soins destinés aux populations défavorisées.

Le 6 avril 2018, elle prend part à l'inauguration de la première tapisserie adaptée des œuvres picturales de J.R.R. Tolkien, à la Cité de la tapisserie d'Aubusson. Pour l'occasion, elle s'exprime sur son beau-père :

Je suis tellement ravie par cette tapisserie que j’ai besoin de l’exprimer. Cela a été un immense honneur de connaître mon beau-père pendant les derniers 10, 9 ans de sa vie. J'étais aussi sa secrétaire pendant quelques années. Et je suis absolument convaincue qu’il aurait été absolument ravi par la tapisserie et par le fait que des mains, des mains humaines, ont travaillé maille après maille pour reproduire son œuvre. Ça, ce n’est pas du digital, ce n'est pas de la photographie, ce n'est même pas la brosse2), qui est plus libre, c’est un travail minutieux qui a produit quelque chose d’éblouissant. Et je voudrais dire que ce mariage de l’artisanat ancien français avec l’œuvre de mon beau-père si anglais est quelque chose de merveilleux… Et le fait que je vienne d'apprendre, je ne savais pas du tout, que la tapisserie de Bayeux avait été fabriquée en Angleterre, je pense qu'avec le temps, le fait que les œuvres de Tolkien soient reproduites par une tapisserie française va entrer dans la légende, dans une tradition qui, on l'espère, ne va pas être rompue par le Brexit [inaudible]. Je suis ravie d'être là et je vous remercie de m'avoir accueillie.

Bibliographie

1) Nda : Il s'avère que cette assertion est fausse. En effet, l'année précédente, Christopher Tolkien publiait les traductions de Sir Orfeo, Sir Gawain and the Green Knight ainsi que Pearl chez l'éditeur Del Rey. Merci à Jean-Philippe Qadri pour cette correction.
2) Ndr : Comprendre de la brosse pour peindre.