La fin d'une errance – Elboron

Elboron parcourait la plaine en direction des montagnes quand brillaient les premières lueurs du jour. Les pousses d'herbes recouvraient l'étendu et venait s'interrompre parfois sur des masses rocheuses qui étaient comme posé dans l'immensité. Le cheval ne semblait pas faiblir malgré la longue chevauchée nocturne qui lui avait été imposé. La route s'améliorait au fur et à mesure que l'on se rapprochait des villes construites au pied des massifs. Elboron reconnu la bifurcation qui conduisait à une auberge qui accueillait les voyageurs. Il aimait s'y arrêter pour profiter de la chaleur du foyer et écouter la rumeur du troquet. Il ne pouvait s'y rendre cette fois car son esprit était trop agité par les événements qui s'étaient produits les jours qui précédaient son voyage. Il tenta de tirer un rideau sur les atrocités qui avaient été rapportées les jours qui précédaient son départ mais le manque de sommeil et l'énergie dépensé à cheval l'avait plongé dans une profonde irritation qui ne cesserait qu'une fois les problèmes résolus.

Quelques jours avant, tandis qu'ils inspectaient les frontières de l'Ithilien où des montagnards menaçaient la sûreté des routes, une embuscade, bien que repoussée avait entraînée de lourdes pertes dans un détachement. Peu de jours s'étaient écoulés avant que la révolte des montagnards ne soient châtiée et les soldats, échauffés par la première attaque s'étaient livrés à toute sorte de pillages et violences diverses après avoir forcés l'enceinte des villages montagnards. Un tel laissé-allé faisait honte aux soldats de l'Ithilien et à leur général. Cela ne faisait qu'exacerber la véhémence des montagnards qui s'étaient enfuit dans les campagnes. Elboron avait accouru du confins du royaume pour tenter de reprendre les choses en main. Il s'était installé dans le village ou le gros de l'armée se trouvait, nul homme qui s'éloignait seul du groupe ne survivait car les montagnards cachés dans la campagne n'épargnaient aucune vie. Après avoir discuté toute la nuit avec le général en chef sur les événements, il leur fit savoir qu'ils payeraient cher leur déshonneur.

L'armée se mit en route au matin en direction du cour d'eau où un rassemblement de montagnard les attendaient. La manière dont ils s'étaient fortifiés montrait qu'ils connaissaient l'art de la guerre. Une grêle de flèche s'abattit sur les assaillants tandis qu'ils installaient volontairement à découvert un groupe d'archer ithilien qui ripostait avec force. Tandis qu'occupé à se protéger des tirs adverses, les montagnards ne purent repousser les fantassins qui traversaient le cour d'eau à gué. Face à tant d'audace, les rebelles s'enfuirent une fois de plus et Elboron ne tardait pas à voir l'étendard de l'Ithilien flotter au milieu de fortification ennemis. Quelques cavaliers qui avaient contourné la rivière avaient réussi à capturer ce qui semblait être leur chef. Elboron ordonna qu'on la reçu au camp. Elle fut conduite jusqu'au roi de l'Ithilien, son regard défiait Elboron qui en fut troublé un instant avant de se ressaisir. Elle était de taille moyenne, la chevelure sombre avec ses yeux bruns donnaient une grande profondeur à sa vision. Elboron fit signe à ses hommes de la relâcher.

« Qu'amène ton peuple à menacer nos frontières ?» demanda Elboron.
« Vos frontières ne sont nullement menacées mon seigneur », Elboron reconnu des origines nobles dans la manière de parler.
« Quel est votre nom ? »
« Je suis Almiel fille de Tar-menel,j'ai bien connu votre père et sa dame »
« Ce n'est pas leur faire honneur que de nous attaquer » répliqua Elboron, méfiant.
« Qui est le plus menaçant dans ces contrées ? Notre peuple ostracisé ? Nos gens sont très pauvres, on nous refuse tous commerce sous prétexte que nous serions des sauvages. Je ne puis contenir indéfiniment la colère du peuple qui gronde. Jadis, un lien existait entre nos deux peuples et un équilibre était possible. Aujourd’hui, les préjugés et la peur ont pris le dessus ».
« Je n'ignore pas que les nains ont désertés la zone suite à l'épuisement des métaux précieux avec lesquelles nous avions beaucoup d'échange. Les habitants de l'Ithilien sont méfiants envers les gens des montagnes car les plaies de la guerre contre Sauron ne sont pas refermées, une partie des numénoréens noirs vivant dans les hauteurs lui avait prêté allégeance ».
« Nous n'avons rien avoir avec ces gens, votre père pourrait en témoigner ! » coupa Almiel.
« les faits sont contre vous, j'ai perdu deux de mes meilleurs capitaines il y a quelques jours, nos terres n'ont-elle pas connu assez de violence pour qu'il faille qu'un autre conflit naisse dès qu'une guerre se termine ! » Le visage d'Elboron se fermait, était-ce la lassitude lié à sa fonction à moins que ce soit les souvenirs des horreurs de la guerre contre Sauron que son père lui avait maintes fois compté ? Un silence gênant se fit et Elboron se leva, le corps raidit par la colère.
La dame ne semblait nullement impressionnée mais ne semblait guère apprécier la tournure de la conversation.
« Que voulez-vous ? » Cet accès de colère n'était nullement les traits de sa mère ni de son père, peut être était-ce l'héritage d'un lointain parent.
« Nous voulons renouer les liens qui unissaient nos peuples avant que la soif de territoire puis la guerre ne sème le désordre ».
« Nous ne pouvons restaurer le passé, les soldats et les habitants sont emplis de rancœur envers votre conduite »
« Créons une nouvelle alliance ! Nous voulons la même chose que vous.» lança Almiel.

Elboron se remémorait la conversation tandis qu'il approchait d'Osgiliath. La vue des fortifications qui lui étaient familières le calma. L'idée de retrouver le calme des jardins de la ville, la paisibilité de ses habitants et le bruit des fontaines s'écoulant dans la cour du château le réconfortait et chassait peu à peu les idées noirs. Une douce langueur l'envahissait comme les matins ou il se réveillait enfant dans la demeure familiale avec la perspective d'une journée faite d'insouciance et de jeux. Les sentinelles annoncèrent la venue de leur seigneur et les portes furent ouvertes. Son cheval fut mis aux écuries et il écourta au plus vite la conversation avec les gardes pour aller prendre du repos dans ses appartements. Il s'endormit d'un sommeil sans rêve tandis que le soleil commençait d'éclairer les bannières qui virevoltaient dans le vent du matin.

Vers midi, Le seigneur d'Emyn Arnen fut réveillé par la lumière qui inondait la chambre à travers une grande fenêtre. L'hiver était terminé mais la chaleur de l'été n'était pas encore venu à bout de la fraîcheur printanière. Il se leva et enfila sa tenue de civil posé à côté de son lit. Il souhaitait rencontrer au plus vite Herion, un de ses plus fidèles conseiller. Il était à la fois sage et puissant. Ses avis étaient respectés de tous. Elboron aimait connaître son opinion car l'impatience et la fougue lié à sa jeunesse lui jouait parfois des tours. Les avis objectifs du conseiller venaient tempérer les décisions du prince qui pouvait froisser les sujets de part leur radicalité. Son conseiller le rejoint autour de la table du déjeuner où il fit part des événements :

« Ces hommes sont des ancêtres des numénoréens comme nous. Ils ont perdu leur terre quand le roi a voulu étendre son territoire. Persécutés, une partie de ces populations a prêté allégeance à Sauron. Nul ne choisit le camp du mal par plaisir d'autant qu'ils ignoraient où cela les conduirait si Morgoth était victorieux » dit le conseiller.
« Vous ne pouvez les soumettre par la terreur, ils sont unis et bien que vaincus, ils vous seront toujours hostiles et sèmeront le désordre en organisant des escarmouches. Il vous faut accepter cette alliance car les montagnards bien qu'éparpillé en clan sont fidèles à la dame Almiel ».
« Les alliances ne sont que des paroles, on sait comme elle se font et se défont selon les opportunités, les liens du sang et la lignée sont les seuls liens qui ont résisté au tumulte qui ont secoué la terre du milieu, et encore… » répondit Elboron.
« Il y a bien une solution »pensa le conseiller. « Pourquoi ne pas nous associer à eux par un mariage ? ».
« Un mariage ! S'exclama Elboron » Qui voudrait épouser une régente venue des montagnes ?
« La dame Almiel n'est pas qu'une simple errante au milieu des massifs, elle est descendante d'une longue lignée de numénoréen qui vécurent jadis sur une ile loin à l'ouest et régnèrent avec gloire mais furent éparpillés après le développement d'une flotte qui conduisit et les éparpilla sur la terre du milieu. »
« Aucun des membres de ma famille n'acceptera une telle alliance, toutes ces histoires sont oubliées, il ne reste que la vilénie des montagnards qui effraient nos gens ».
« Il reste vous mon seigneur »
Elboron s'interrompit et regarda Herion avec stupeur.
« Comment pourrais-je… » Il est vrai qu'il devait commencer à songer à se marier mais les affaires du royaume l'avait conduit dans une agitation qui laissait peu de temps pour penser à des projets personnels. Il se remémorait la prestance d'Almiel qui contrastait avec la candeur des demoiselles de la cour qu'il avait l'habitude de fréquenter. Sa force de caractère l'avait impressionnée, elle avait assurément beaucoup vécu et affronter bien des difficultés dans son existence passée. Les souffrances de son peuple l'avait façonnée.
« Même si elle ne venait pas d'une grande lignée, elle peut par sa bravoure et son charisme devancer bien des reines, pensez à votre aïeule béruthiel ».
Elboron sourit à cette évocation. L'atmosphère s’apaisa « Après tout, cette éventualité reste envisageable, j'ai besoin de quelques jours afin de mûrir ma décision et d'engager notre famille dans cette voie.».

C'est ainsi quelques semaines plus tard, tandis que le tumulte s’apaisait à l'est de l'Ithilien un émissaire fut envoyé avec une message de demande de rencontre qui scellerait le destin de la famille régnant sur l'ithilien et mettrait fin à l'errance d'une partie des descendants de numénor.

Note : Almiel est un homonyme car l'Almiel de Tolkien ne peut pas vivre à l'époque d'Elboron. Le seigneur d'Emyn arnen est en fait Faramir mais comme Elboron est son héritier, je l'ai laissé comme cela. J'ai mis beaucoup de montagne dans l'Ithilien par rapport à ce que l'on peut voir sur une carte. Cela vient du fait que j'ai commencé par décrire des montagnes puis j'ai eu l'idée de placer l'histoire dans l'Ithilien. J'ai eu l'idée de changer un peu le relief mais les montagnes m'inspirent davantage donc tant pis pour la cohérence. Je me suis pas mal pris la tête pour savoir de quel peuple venait les montagnards, j'ai hésité entre les orientaux et d'autres peuples fidèles à Morgoth pour opter finalement pour des numénoréens dont une partie ont été persécutés par les hommes du Gondor (numénoréens noirs). Je suis également parti du principe que les hommes du Gondor était des indigènes et non des émigrés de Numénor mais je sais plus si tous les hommes sont de numénor au départ ou si il y avait des peuples indigènes dont les habitants du Gondor font partie. Voila pour les considérations historiques, vous n'êtes pas obligés d'en tenir compte et vous laisser porter par l'histoire ou au contraire en profiter pour réviser votre histoire de la terre du milieu et relever les incohérences^^.

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arts/nouvelles/elboron/la_fin_d_une_errance.txt · Dernière modification: 19/10/2017 20:56 par Dαεrοη
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