L'heure du chat - l'éveil - Vigdis Eleruva

Vaiya a recueilli le Soleil en son sein ;
Un lourd manteau de jais a recouvert enfin
Les toits de la cité sous lesquels les bourgeois
Ronfleront très bientôt, ignorant l'Heure du Chat.

Doux instant où jetant ma plume de conteur,
J'endosse la cape du Prince des Voleurs,
Puis glissant par la lucarne de l'apprenti
Je me fonds tel une ombre au cœur de la nuit.

Depuis des lunes j'erre, explorant les boutiques,
Les greniers des sorciers, les bric-à-bracs antiques…
J'écume la poussière, en quête d'un grimoire
Recelant les formules de très anciens pouvoirs :

Comment dix mille lieues en un instant couvrir,
Franchir d'épais remparts, sans même une porte ouvrir,
Puis à pas de Hobbit se faufiler sans bruit
Sous le nez d'un ivrogne à la lance fourbie,

Rafler mille trésors et prendre son envol,
Le sac bien plus lesté que la panse d'un Troll,
Pour regagner le nid, et savourer enfin
L'impunité du crime et le fruit du larcin.

Mais soyez indulgents, je n'ai point dit encor
Quels méfaits j'espérais accomplir sans effort.
Mes nuits sont sans repos, je me tourne sans trêve,
Un chant triste et lointain résonne dans mes rêves.

Son fier et noble accent éveille le souvenir
Du roulement des vagues heureuses de mourir
Très loin là-bas dans l'Ouest, sur les rivages d'or,
Où règnent pour les Ages les Rois de Valinor.

Puis le troublant visage d'une princesse éplorée
Me conte les malheurs de sa captivité,
Et comment un geôlier aux ténébreux dessins,
Caresse odieusement ses longs cheveux d'airain.

Ô l'horrible tourmente, mon cœur est prisonnier !
En songe je vole déjà à travers la contrée.
Mais pour la rejoindre sans user de magie,
Bien plus que du courage, il me faudra sept vies.

Car Arda est malade, abandonnée des Dieux,
Et un Oeil y attise secrètement le feu,
La corruption a fait ce soir place à la guerre
Et les Hommes, insensés, ont revêtu le fer.

Perdu dans ce chaos j'irai sous la mitraille,
Pauvre jouet de chair sur leurs champs de bataille…
Le Don d'Ilúvatar, ce conte de Chimère,
Me laissera plus froid qu'une dalle de pierre !

Sans ces runes forgées par un sorcier habile
Pourrais-je triompher, ou bien me faudra-t-il,
Abandonner ma Dame aux griffes du gredin ?
Dois-je me résigner, affronter mon destin ?

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arts/poemes/eleruva_vigdis/l_heure_du_chat.txt · Dernière modification: 26/04/2009 02:48 par amra
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