Dans quel Âge du monde sommes-nous? Les Âges de la Terre du Milieu... et la suite

Leo Carruthers - 26 juillet 2012 - Cerisy
ColloqueLes colloques de Cerisy ont, depuis longtemps, accordé une place de choix aux littératures de l’imaginaire et aux littératures dites « de genre » ; elles sont aussi, bien sûr, un lieu emblématique de réflexion sur la littérature. Une semaine sera consacrée, en juillet 2012, à l’œuvre de J.R.R. Tolkien (1892-1973) et au groupe des Inklings (C.S. Lewis, Charles Williams, Owen Barfield, etc.).

Interview de Leo Carruthers

Cette interview a été réalisée par Coralie Potot et Vivien Stocker de Tolkiendil et Dominique Vigot d'Elbakin.net, le 27 juillet 2012.

Compte-rendu de son intervention

par Chloé Dottor

Nous savons que le Seigneur des anneaux prend fin au début du 4ème âge, qui est annoncé comme l’âge des hommes. Sommes-nous dans le même âge aujourd’hui ? Tolkien évoque la question dans une lettre de 1958, mais il semble être volontairement imprécis. La tradition chrétienne considère que nous sommes dans le 6ème âge du monde. En nous référant à cette tradition, la guerre de l’Anneau aurait eu lieu au néolithique, c’est-à-dire au 5ème millénaire avant Jésus-Christ. La contradiction est inhérente : le type de société présenté dans le Seigneur des anneaux n’existait pas à une époque aussi reculée. Tolkien sous-entend que nous serions au 6ème âge, ou peut-être au 7ème, mais il ne souhaite pas avoir de chronologie trop exacte par rapport à la période moderne afin d’éviter les contraintes du roman historique. Il sous-entend cependant que les âges s’accélèrent au fur et à mesure qu’ils passent.

On peut supposer un emprunt à l’anthroposophie, dont Tolkien avait entendu parler par Barfield. Ce dernier, dans sa thèse Poetic Diction, se prononce pour une unité sémantique primitive du langage, et Tolkien a tendance à approuver cette théorie. Les Inklings ont certainement parlé de l’ésotérisme, mais Tolkien est avant tout un catholique convaincu. L’influence de l’anthroposophie est donc difficile à croire. Cependant, on sait que les Inklings aimaient plaisanter. L’emploi de l’anthroposophie comme un clin d’œil à Barfield n’est donc pas à rejeter.

De plus, on peut également remarquer des dates importantes dans le voyage de Frodo : le départ de Rivendell a lieu le 25 décembre, l’Anneau est détruit le 25 mars, le roi revient le 1er mai et le départ final pour Valinor a lieu le 29 septembre. Outre le symbolisme du 25 décembre, qui rappelle Noël, le 25 mars correspond à l’Annonciation, et donc le symbole de la fin du pouvoir de Satan qui sera vaincu à Pâques. Une fin qui est fêtée par le retour du roi, qui ne correspond pas forcément à Pâques puisque la date est mobile, mais qui est relié aux rites des peuples nordiques. Enfin, le 29 septembre est la fête de Saint Michel l’Archange, symbole d’une renaissance, ce qui arrive à Frodo puisqu’il part pour les terres immortelles.

Réflexions suite aux questions de l'auditoire : Le choix des dates par Tolkien n’a rien à voir avec une philosophie réelle, elles sont de simples clins d’œil sans incidence dans la fiction. Tolkien ne s’est appuyé sur aucun système d’âges successifs liés à une autre tradition de façon exacte. Il puise dans plusieurs sources, tout comme les fêtes chrétiennes sont inspirées de différentes fêtes païennes.

 
essais/colloques/colloque_cerisy_2012/interview_leo_carruthers.txt · Dernière modification: 15/09/2014 10:26 par Druss
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