La tâche du Gris Pélerin : Gandalf, Sauron et l'Anneau de Pouvoir

Keith Stiles traduit de l'anglais par Thierry Saget et J.R. Lecocq
Articles de synthèseArticles de synthèse : Ces articles permettent d'avoir une vue d'ensemble du thème traité mais ils nécessitent une bonne connaissance des principales œuvres de J.R.R Tolkien.

Parmi tous les personnages complexes et intéressants créés par J.R.R. Tolkien dans le Seigneur des Anneaux, Gandalf le magicien a peut-être le plus intrigué les lecteurs. La plupart des questions posées parlent du lieu d'où il vient, de sa race ou de la source de ses pouvoirs. De plus, certains pensent que Gandalf est un Humain ou un Elfe. Cet essai va apporter les preuves que Gandalf, comme Sauron et tous les Istari, était un Maia, envoyé par les Valar pour s'opposer à la volonté de Sauron en soulevant les peuples libres de la Terre du Milieu, et que son pouvoir est issu de sa nature « angélique ».

Avant d'examiner toute preuve suggérant que Gandalf soit un Maia, il est nécessaire d'expliquer les différents ordres d'êtres angéliques décrits par Tolkien. Le plus haut ordre dans la trame mythologique de Tolkien est celui des Valar. Les Valar étaient comptés parmi le groupe d'êtres appelés les Ainur et ils ont participé à la création d'Arda, la Terre (le Silmarillion). C'est la chanson des Ainur (l'Ainulindalë), sous la direction d'Eru (Dieu) qui créa le monde de la Terre du Milieu. Après la création, les plus grands de ces esprits vinrent en Terre du Milieu pour concrétiser la vision du monde insufflée par Eru. Les Elfes appelaient les plus grands des Ainur les Valar, les Puissances d'Arda, les Hommes les appelaient des dieux. Les Valar peuvent être décrits ainsi : les Gardiens du Monde, des créatures semi divines créées par Ilúvatar avant même la Création pour l'aider et l'assister à gouverner le Monde et maintenir l'équilibre. Ils ont participé à la création des Terres du Milieu, mais leurs rôles de Gardiens les a empêchés de demeurer avec Ilúvatar au Paradis et ainsi, au Début des Jours, ils sont venus sur les Terres Immortelles, à l'Extrême Ouest, et là habitent-ils pour toujours, en vue des Terres du Milieu et à portée de voix d'Ilúvatar.. En se basant sur ces descriptions, il devient vite apparent que les Valar étaient une forme d'êtres semi divins qui existaient dans l'Ouest en tant qu'exécutants du plan d'Eru.

Ces êtres étaient servis par un ordre inférieur d'êtres connus sous le nom de Maiar. Tolkien dit qu'avec les Valar « sont venus d'autres esprits dont l'existence a également commencé avant le Monde, du même ordre que les Valar, mais à un degré moindre. Ceux-ci étaient les Maiar, le peuple des Valar, leurs serviteurs et aides. » (le Silmarillion). De plus, ils sont décrits comme des « personnages d'un ordre angélique, bien que pas nécessairement de même rang. Les Maiar étaient des esprits, mais capable d'incarnation, et ils pouvaient prendre une forme humaine (plus souvent elfique) » (Contes et légendes inachevés). Ainsi, aux Maiar étaient assignées des tâches par les Valar, en Terre du Milieu et dans l'Extrême Ouest.

Une difficulté apparaît dans la description de ces deux ordres angéliques quant à leurs relations avec les Elfes, puisque étant immortels comme les Valar et les Maiar, ils pouvaient retourner à Valinor. Toutefois, les Elfes ne sont pas des êtres angéliques avec le pouvoir de la création comme les Ainur. Dans la chanson qui a créé Arda, à la fois les Valar et les Maiar y participèrent. C'était cette force créatrice qui a produit les Elfes, les Premiers Nés de la Terre du Milieu, à qui les Valar ont donné la faveur de leur permettre de (re)venir à Valinor lorsqu'ils étaient lassés de la Terre du Milieu.

En gardant à l'esprit cette description des Valar et des Maiar, il est maintenant possible de s'intéresser aux Istari, l'Ordre des Mages envoyés en Terre du Milieu, en fait des Maiar envoyés pour inciter les peuples de la Terre du Milieu à résister à Sauron. « Avec le consentement d'Eru ils (les Valar) envoyèrent des membres de leur propre haute caste, mais sous l'apparence d'Hommes, réels et non pas en apparence, également sujets aux peurs, aux douleurs et aux tourments de la terre, susceptibles d'être en proie à la faim, la soif, et même d'être tués; néanmoins, grâce à la noblesse de leur esprit, ils ne mouraient pas, et vieillissaient uniquement par les attentions et les labeurs de nombreuses années » (Contes et légendes inachevés). Bien que ce passage ne précise pas que les Istari étaient des Maiar, il indique clairement que les Istari ont été envoyés dans les Terres du Milieu par les Valar et qu'ils faisaient partie de l'ordre des Valar. De plus, Christopher Tolkien, dans les Contes et légendes inachevés fournit des notes de rédaction basées sur des notes de son père, qui soutiennent l'idée selon laquelle les Istari étaient en fait des Maiar sous une forme humaine. A partir de ces notes, il devient rapidement évident que les Istari étaient d'une nature très élevée, car ils siégeaient au conseil des Valar. En effet, Tolkien indique que « Nous devons supposer qu'ils (les Istari) étaient tous des Maiar, c'est-à-dire des personnes d'un ordre « angélique », bien que pas forcément du même rang ». Malgré tout, il est évident que les Istari comprennent un certain nombre de Maiar très puissants chargés par Manwë, seigneur des Valar, de s'opposer à Sauron par des moyens non-violents.

Cette description des Istari montre que chacun des magiciens tire son pouvoir des qualités innées qu'il possède en tant que Maia. Une autre preuve nous est apportée dans un des nombreux volumes des livres édités par Christopher Tolkien, qui illustre l'évolution de ces romans. Il décrit les notes de son père à propos des Istari de la manière suivante : « La page que je dévoilerai tout d'abord commence par la note « Magiciens = Anges » et cette même note est répétée sur deux autres pages. Je l'interprète comme étant la première apparition dans les fiches écrites, de cette conception, c'est-à-dire que les Istari ou les Magiciens étaient des anges, des « messagers », des émissaires des Seigneurs de l'Ouest » (The Treason of Isengard). Cependant, il apparaît que Tolkien avait l'intention de relier les Istari à une conception judéo-chrétienne d'un ordre d'anges qui servaient de messagers pour les mortels et qui s'occupaient des maux dans le monde. Cette description des Istari en tant que messagers des Terres du Milieu est poursuivie dans The Tolkien Companion dans lequel Tyler décrit les Istari comme des êtres « de la race de Valinor, bien qu'ils soient venus sur les terres des mortels avec une apparence d'hommes âgés, dans la mesure où, alors que leurs pouvoirs étaient grands, il leur était interdit de révéler leur vraie nature ou d'utiliser l'intégralité de leur puissance lors de conflits directs avec l'ennemi ». Il semble que les Mages étaient un ordre de messagers envoyés pour s'opposer à la menace grandissante de Sauron sans exploiter le maximum de leurs pouvoirs angéliques directement dans le conflit avec le Seigneur Ténébreux.

Cependant, les arguments pour définir les Istari en tant que membres de l'ordre des Maiar et messagers des Seigneurs de l'Ouest ne s'arrêtent pas là. Dans une de ses Lettres datée du 25 avril 1954, Tolkien dit à propos des Istari qu'il n'existe pas « d'opposés directs aux Mages - traduction (peut-être inappropriée, mais tout du long distinguée des autres termes tels « magiciens ») du quenya Istari. Leur origine n'était connue que d'un petit nombre (tels qu'Elrond et Galadriel) au Troisième Âge. On dit qu'ils sont apparus vers l'an 1000 du Troisième Âge, quand l'ombre de Sauron a recommencé de se développer pour prendre une nouvelle forme. Ils paraissent toujours âgés, mais leurs travaux les vieillissaient et ils disparurent en même temps que les Anneaux. On les voyait comme des Émissaires (venus de l'Extrême-Occident, au-delà de la Mer, selon les formules de ce récit), et leur fonction propre, assumée par Gandalf et pervertie par Saruman, était d'encourager et de solliciter les pouvoirs innés des ennemis de Sauron. » Plus loin, en discutant de la nature de Gandalf, Tolkien dit : « Mais Gandalf n'est bien sûr, pas un être humain (Homme ou Hobbit). Naturellement, il n'existe pas de terme moderne précis pour décrire ce qu'il était. Je pourrais me risquer à dire qu'il était un « ange » incarné, un messager, c'est-à-dire, tout comme les autres sorciers Istari, « ceux qui possèdent la connaissance », émissaires des Seigneurs de l'Ouest, envoyés en Terre du Milieu alors que la grande crise déclenchée par Sauron commençait à apparaître à l'horizon. Par « incarné », je veux dire qu'ils étaient matérialisés dans des corps physiques soumis à la douleur, la fatigue et que leur esprit pouvait être affligé par la peur, et qu'ils pouvaient également être tués bien qu'ils soient capables de beaucoup d'endurance grâce au soutien de leur esprit angélique, et ne montraient que très lentement le poids de leurs attentions et de leurs labeurs ».

D'après ces nombreuses références à leur nature, il est clair que Tolkien a voulu que les Istari soient perçus comme des Maiar qui tenaient leur puissance de leur rang dans l'ordre angélique de l'univers, comme les pouvoirs de Gandalf sur le feu et la foudre, ou le pouvoir de Radagast sur le changement d'apparence. De plus il est clair que chacun des Istari avait été envoyé pour éradiquer la menace de Sauron en encourageant la résistance des populations indigènes de la Terre du Milieu. A cet effet, interdiction leur était faite de contrecarrer les pouvoirs de Sauron par leurs propres pouvoirs, car il est à peu près sûr que si les cinq sorciers avaient travaillé ensemble en réunissant leurs pouvoirs, ils auraient pu vaincre Sauron. Néanmoins, cette démarche aurait eu le défaut de répéter la même erreur qu'avait commise les Valar durant le Premier Âge lorsqu'ils tentèrent d'éliminer le menace de Morgoth, et qui entraîna la destruction d'une partie du monde.

A partir de là, une preuve supplémentaire que Gandalf est bien un membre des Maiar devient évidente. Si nous posons comme postulat que Sauron est un des plus grands parmi les Maiar, et que les Istari sont des Maiar envoyés par les Valar pour s'opposer à lui, il s'ensuit que nous devrions être capables de faire correspondre d'autres Maiar, et ce, nommément, à chacun des Istari. Qui étaient les compagnons Maiar de Gandalf ? Il semble évident que, pour Tolkien, Gandalf et le Maia appelé Olórin n'étaient qu'une seule et même personne. Malgré tout, la question surgit rapidement de savoir s'il existe une preuve de cette assertion autre que les notes presque illisibles de Tolkien. Par chance, Olórin et ses caractéristiques sont décrits avec suffisamment de détails pour permettre de conclure à une similitude d'identité entre lui et Gandalf.

Notre premier indice de cette relation se trouve dans les Deux Tours, le deuxième volume du Seigneur des Anneaux. Lors de sa conversation avec Frodo, Faramir raconte les nombreux noms par lesquels Gandalf était connu des peuples de la Terre du Milieu. Faramir rapporte les propos de Gandalf à propos de ses nombreux noms : « Mes noms sont nombreux dans de nombreux pays […] Mithrandir chez les Elfes, Tharkûn pour les Nains ; Olórin lors de ma jeunesse dans l'Ouest aujourd'hui oublié, Incánus dans le Sud, Gandalf au Nord ; dans l'Est, je ne vais point. » Parmi ces noms, celui d'Olórin est donc clairement mentionné. Tolkien dit dans le Silmarillion que « le plus sage des Maiar fut Olórin. Lui aussi vivait à Lórien, mais il se rendit souvent dans les domaines de Nienna de qui il apprit la patience et la compassion. » De plus, Tolkien dit de lui que « bien qu'il aimât les Elfes, il passait parmi eux sans être vu, ou sous la forme d'un d'entre eux, et ils ne savaient pas d'où leur venaient les visions magnifiques et les éclairs de sagesse qu'il mettait en leurs cœurs. Plus tard, il fut l'ami de tous les enfants d'Ilúvatar, et prit en pitié leurs souffrances ; et ceux qui l'écoutaient abandonnaient leur désespoir et leurs noires pensées. »

Ainsi la véritable nature de ce Maia semble avoir été centrée dans l'intention d'encourager leurs cœurs en proie au désespoir, de les relever sans qu'ils sachent comment ils avaient été libérés des ténèbres. Si nous examinons une traduction du nom haut-elfe d'Olórin, nous pouvons découvrir qu'il est dérivé de « olor », qui est un mot que l'on traduit souvent par « rêve », mais qui ne désigne pas le rêve du dormeur. Pour les Eldar, le mot connotait tout ce qui vit et flambe dans la mémoire comme dans l'imagination : il renvoyait en fait à la claire appréhension par l'esprit, de choses qui ne sont pas physiquement présentes dans les conditions où se trouve le corps.

Cependant, Tolkien n'abandonne pas ses lecteurs en laissant sans réponses des questions à propos de la nature Maia de Gandalf. Au contraire, il apporte des preuves encore plus tangibles de son intention, dans les passages additionnels des Contes et légendes inachevés. Dans ses notes d'édition aux travaux de son père, Christopher Tolkien dit que « dans une vision antérieure de ce passage, il est dit qu'Olórin était un « conseiller d'Irmo » et que dans les cœurs de ceux qui l'écoutaient s'éveillaient des pensées à propos de choses merveilleuses qui n'existaient pas encore, mais qui pouvaient cependant être faites pour l'enrichissement d'Arda ». Même si ces notes indiquent que Tolkien lui-même n'était pas totalement précis à propos des origines d'Olórin, il l'était en revanche complètement en ce qui concerne la nature et le pouvoir de celui-ci.

En vérité, une description finale est tout à fait révélatrice des liens entre Olórin et Gandalf. Tolkien dit : « Manwë ne descendra pas de la Montagne avant la Dagor Dagorath, et le retour de Melkor qui marquera la venue de la Fin. Pour assurer la victoire sur Morgoth n'a-t-il pas envoyé son propre Hérault Eönwë ? Et pour hâter la défaite de Sauron, n'enverra-t-il pas quelque esprit issu du peuple angélique, de moindre stature (et puissant néanmoins), un esprit contemporain de Sauron et dans leur commencement, son égal, mais rien de plus ? Olórin était son nom. Mais d'Olórin, nous n'en saurons jamais plus long que ce qu'a révélé Gandalf. » (Contes et légendes inachevés).

Il semble que Tolkien était conscient des débats soulevés par certains érudits de son (cette) époque, qui tentaient d'établir une relation entre Gandalf et Manwë, Seigneur des Valar, consistant à ne voir en eux qu'un seul personnage. Cependant, Tolkien dément rapidement cette hypothèse en indiquant que la mythologie de la Terre du Milieu exige que Manwë ne soit descendu du Taniquetil que pour défaire Melkor/Morgoth lors du combat final à l'heure de la Fin du Monde. Ainsi, la partie la plus explicative de cet extrait réside dans le fait que Tolkien dit qu'il n'est pas possible d'en apprendre plus à propos d'Olórin que ce qui nous est révélé par Gandalf. Cette preuve indique clairement qu'Olórin et Gandalf sont la même personne.

Toutefois, plutôt que faire confiance à cette seule affirmation, un certain nombre d'autres références peuvent servir à souligner la similitude entre Olórin et Gandalf. On en trouve un excellent exemple dans l'Appendice B au Seigneur des Anneaux. En décrivant Gandalf, Tolkien indique que « Mithrandir était plus proche en amitié des Eldar, et il voyagea principalement dans l'Ouest, et ne s'établit jamais nulle part à demeure. » De la même manière, Olórin avait la réputation de préférer les Elfes parmi tous les autres enfants d'Ilúvatar.

Et on peut encore trouver une ressemblance de plus entre ces deux personnages dans le refus de Gandalf d'accéder à la requête de Frodo lorsque celui-ci lui propose de lui donner l'Anneau de Pouvoir. Gandalf dit : « Avec ce pouvoir, j'en aurais un trop grand et trop terrible. Et sur moi l'Anneau gagnerait un pouvoir encore plus grand et plus mortel. Ses yeux jetaient des éclairs et son visage était éclairé par un feu intérieur. Ne me tentez pas ! Car je ne souhaite pas devenir semblable au Seigneur Ténébreux lui-même. Pourtant le chemin de l'Anneau vers mon cœur passe par la pitié, la pitié pour la faiblesse et le désir de la force pour faire le bien. Me ne tentez pas ! Je n'ose le prendre, pas même pour le garder en sûreté, inemployé. Le désir de l'utiliser serait trop grand pour ma force. Je vais en avoir un tel besoin ! De grands périls m'attendent. » (La Communauté de l'Anneau).

Dans une remarque d'édition de Christopher Tolkien à propos des notes de son père, il est tout à fait clair que Olórin craignait Sauron et se considérait trop faible pour la tâche que Manwë l'avait chargé d'accomplir. Ainsi, le fait par Gandalf d'admettre que l'Anneau représenterait une tentation de « désirer la puissance pour accomplir le bien » sonne de manière similaire au sentiment de faiblesse exprimé par Olórin. Evans parle également de cette humilité de la part de divins/Olórin quand il dit que Gandalf est toujours présenté comme totalement humble vis-à-vis de ses connaissances. De plus, les ressemblances les plus frappantes entre ces deux personnages se trouvent dans le troisième et dernier volume du Seigneur des Anneaux. Un des principaux traits de caractère d'Olórin était sa capacité à élever les esprits de ceux qui entraient en contact avec lui. Dans le Retour du Roi, pendant le siège de Minas Tirith, Gandalf le Blanc est décrit avec les mêmes aptitudes à remonter le moral des défenseurs face à la terreur infligée par les Nazgûl. Le narrateur dit que « où qu'il allât, les hommes reprenaient courage et les ombres ailées sortaient du souvenir ». Même si l'effet est temporaire, c'est le même genre d'influence qu'Olórin avait la réputation d'avoir sur ceux qui étaient en proie au désespoir. De la même manière, Gandalf est décrit dans les Contes et légendes inachevés : « Il avait l'esprit chaleureux et curieux de toutes choses (et l'Anneau Narya avivait en lui ces dispositions) ; car il était l'Ennemi de Sauron, opposant au feu qui dévore et désole, le feu qui soulage la détresse et attise l'espoir défaillant. Mais sa joie, comme ses soudains emportements, restaient voilés dans la grisaille de sa vêture gris cendre, de sorte que seuls ceux qui le connaissaient bien, entrevoyaient la flamme qui l'habitait. » Une fois de plus, le pouvoir de Gandalf d'encourager les cœurs de ceux qui enduraient la douleur, la tristesse, le désespoir et la détresse est trop semblable à celui d'Olórin pour n'être qu'une simple coïncidence.

En fin de compte, les parallèles entre Olórin et Gandalf peuvent se résumer dans l'analyse plutôt révélatrice de l'esprit profond de Gandalf par Pippin, un des jeunes hobbits. Lorsqu'il regarde attentivement Gandalf, Pippin découvre un merveilleux paradoxe : « Pippin jeta un coup d'œil étonné sur le visage tout proche du sien, car le son de son rire était gai et joyeux. Il ne vit tout d'abord sur la figure du magicien que des rides de souci et de chagrin; mais, en regardant plus attentivement, il perçut que derrière il y avait une grande gaieté : une fontaine d'allégresse suffisante pour mettre tout un royaume en joie, pour peu qu'elle jaillît. » (le Retour du Roi). C'est une grande joie (parfaite bonne humeur) cachée sous un visage marqué par les soucis qui identifie l'esprit noble d'Olórin qui réside dans le corps humain connu en Terre du Milieu sous le nom de « Gandalf ».

En plus d'avoir des caractères très proches, Olórin et Gandalf sont aussi semblables dans le pouvoir dont ils disposent. Bien que Tolkien n'évoque jamais les pouvoirs d'Olórin en tant que Maia, il est évident qu'un être angélique serait doté de grands pouvoirs « surnaturels » au-delà de la capacité de simples mortels. En tant que telles, les manifestations des pouvoirs de Gandalf démontrent que ceux-ci également son trop puissants pour être maîtrisés par un simple mortel. A travers les trois parties du Seigneur des Anneaux, Tolkien nous offre la possibilité de voir Gandalf sous deux incarnations. Au début nous sont décrits les pouvoirs considérables de Gandalf le Gris dans la Communauté de l'Anneau. Et ensuite, nous sont donnés des exemples de ses pouvoirs accrus dans les Deux Tours et le Retour du Roi.

Tout au long de la Communauté de l'Anneau, Tolkien nous fournit de nombreuses occasions de constater le pouvoir de Gandalf le Gris avec des détails étonnants. Le premier exemple est au moment où Gandalf repousse l'attaque des Nazgûl au sommet du Mont Brumeux. Bien qu'il ne puisse pas détruire ces serviteurs cruels de l'Ennemi, il se défend manifestement tout seul lors d'une bataille d'une telle ampleur que Frodo et Aragorn peuvent voir des éclairs déchirants vers le haut alors qu'ils sont dans les marais de l'Eau-aux-Cousins, à des kilomètres de là (« il lui sembla qu'au loin montait une lumière dans le ciel à l'est : elle venait par éclairs et disparaissait, et cela à maintes reprises »). Plus tard, lorsque Aragorn et les hobbits parviennent au sommet du Mont Brumeux, Tolkien décrit de manière très nette le sol brûlé autour du sommet de la colline de la manière suivante : « Mais au centre, un cairn de pierres brisées avait été entassé. Elles étaient noircies comme par le feu. Alentour, le gazon était brûlé jusqu'à la racine, et dans tout l'intérieur du cercle l'herbe était roussie et desséchée, comme si des flammes avaient balayé le sommet de la colline. » Le pouvoir destructeur nécessaire au ravage du sommet de la colline n'aurait pas pu être utilisé par un simple mortel.

Une autre illustration frappante du pouvoir de Gandalf se trouve pendant la bataille entre la Communauté et les Loups avant qu'ils n'arrivent à la Moria. Dans cette scène, Gandalf se montre capable d'enflammer une colline entière d'arbres avec peu d'efforts. Le narrateur décrit la scène comme suit : « Dans la lumière vacillante du feu, Gandalf parut soudain grandir, il se redressa, grande forme menaçante semblable au monument de quelque ancien roi de pierre dressé sur une colline. S'abaissant tel un nuage, il souleva une branche ardente et s'avança à la rencontre des loups. Ils reculèrent devant lui. Haut en l'air, il lança le brandon flambant. Celui-ci jeta soudain un éclat blanc semblable à un éclair, et la voix de Gandalf roula comme le tonnerre. « Naur an edraith ammen ! Naur dan i ngauroth ! » cria-t-il. Il y eut un grondement, un craquement, et l'arbre qui se trouvait au-dessus de lui s'embrasa en une floraison de flammes aveuglantes. »

La particularité de cette scène est la description de Gandalf lui-même. Notez qu'il semble grandir et devenir « une grande forme menaçante ». Cette description tend à suggérer qu'au moment où Gandalf est forcé d'utiliser ses pouvoirs il est apparu aux personnes proches comme un être beaucoup plus grand et puissant qu'il semble d'habitude être. Ce qui est important est le fait que Gandalf n'est pas décrit comme la plupart des magiciens des contes de fées. Plutôt qu'être une personne faible dont la puissance réside dans les sorts, Gandalf est décrit comme étant fort et grand. Il s'avance à la rencontre des loups, et il brandit une branche haut dans les airs. On pourrait dire qu'en dessous de l'enveloppe fragile externe réside l'esprit puissant d'Olórin qui est révélé dans les moments où Gandalf doit utiliser son vrai pouvoir dans une colère défensive.

Finalement, la plus grande révélation du pouvoir de Gandalf le gris est dans sa confrontation avec le Balrog. Les Balrogs sont d'autres « créatures angéliques », probablement des Maiar d'ordre moindre que les Istari, qui ont été corrompus au service de Morgoth. Tolkien dit : « À cette époque, il (Morgoth) n'était pas seul, car sa grandeur avait attiré à lui de nombreux Maiar qui restèrent avec lui jusque dans les ténèbres, et d'autres qu'il avait pris à son service corruption, au mensonge, à des présents perfides. Les plus redoutables de ces esprits étaient les Valaraukar, les fléaux dévastateurs qu'on appelle sur la Terre du Milieu les Balrogs, les démons de la peur. » (le Silmarillion)

En cet instant, Gandalf le Gris est confronté à une créature de même stature que lui. Quand Gandalf prononce le sort de fermeture pour fermer la porte que ses compagnons viennent juste de franchir, il sent une grande puissance de l'autre coté invoquant le sort d'ouverture. Finalement, la pression sur la porte devient trop grande et elle explose en manquant de peu de tuer Gandalf. Le pouvoir brut requis par Gandalf pour contrôler la porte indique clairement son rang de Maia.

De plus, si il y avait un doute sur le pouvoir contenu en Gandalf, il est effacé pendant la confrontation avec le Balrog sur le pont qui mène à la sortie de la Moria. Particulièrement révélé dans sa démonstration de pouvoir brut, où Gandalf réussit à contrer l'esprit de feu. Dans une des plus célèbres scènes du roman, Gandalf dit : « Vous ne pouvez passer […] Les orcs restèrent immobiles et un silence de mort tomba. Je suis un serviteur du Feu Secret, détenteur de la Flamme d'Anor, vous ne pouvez passer. Le feu sombre ne vous servira à rien, flamme d'Udûn. Repartez dans l'ombre ! Vous ne passerez pas. » (La Communauté de l'anneau)

Sur ce point, tous les doutes sur le fait que Gandalf et Olórin sont la même personne doivent être écartés. Un homme mortel ne peut pas résister au pouvoir d'un Balrog. De tous les peuples de la Terre du Milieu, seul un seigneur elfe, comme Glorfindel à la chute de Gondolin, peut avoir le pouvoir de s'opposer et de défaire un Balrog (Le Silmarillion). Gandalf, bien qu'ayant un corps d'homme, qui fut détruit pendant la bataille avec le Balrog, ne peut être un simple mortel, donnant cette proportion épique à la bataille ; et c'est cette « mort » qui le mène à son retour dans l'incarnation de Gandalf le blanc.

Dans sa seconde incarnation en « le Blanc », nous donnons encore plus d'exemples de puissance sous le contrôle d'un homme mortel. Le premier exemple de pouvoir caché à l'intérieur de Gandalf est montré dans la foret de Fangorn quand il retrouve ses amis : Aragorn, Gimli et Legolas. Le narrateur dit : « Dans d'autres circonstances ils l'aurait accueilli avec des paroles gentilles ; mais maintenant ils gardaient le silence, chacun sentant une étrange attention : quelque chose approchait qui détenait un pouvoir caché, ou une menace. » (les Deux Tours) Le narrateur décrit Gandalf ici « blanc, rayonnant comme s'il détenait quelque flamme, penché, chargé par les années, mais détenant un pouvoir au-delà des puissances ». Il semble que Tolkien suggère que nous apercevons Gandalf comme il était à Valinor, un être de lumière blanche et puissant au delà de l'entendement des mortels. Il apparaît donc encore une fois que Gandalf n'est nul autre qu'Olórin, servant de Manwë.

Avec ce retour en tant que Gandalf le Blanc, l'utilisation de ses pouvoirs change de celle que nous avons vu dans la Communauté de l'Anneau. L'utilisation de ses pouvoirs est maintenant plus en rapport avec la nature d'Olórin puisque nous le voyons souvent guérir ceux qui sont dans le besoin. Une autre démonstration de son pouvoir renouvelé apparaît pendant son audience avec Théoden quand il réduit Langue de serpent au silence et ravive le roi en quelques instants (les Deux Tours). Ici, Gandalf montre son pouvoir comme Olórin, le Maia qui encourage et renouvelle.

Même si les pouvoirs de Gandalf le Blanc se focalisent au renouveau et à l'encouragement de ceux qui sont en difficulté, il montre cependant le pouvoir de forcer l'obéissance d'un collègue Istari. Après la défaite de l'armée de Saruman, Gandalf et Theoden vont parlementer avec lui à Orthanc, sa forteresse. Quand Saruman refuse d'écouter, Gandalf lui ordonne de revenir et d'entendre les « charges » qui pèsent contre lui : « Revenez ici, Saruman ! dit Gandalf avec une voix de commandement. A la surprise des autres, Saruman se retourna, et comme si il était attiré contre sa volonté, il revint lentement vers le balcon en fer, se pencha dessus, respirant bruyamment, son visage ridé et rétréci. Sa main étreignait son lourd bâton noir comme une serre… Saruman ! cria-t-il, et sa voix crut en puissance et en autorité. Prenez garde, je ne suis pas Gandalf le Gris, que vous avez trahi. Je suis Gandalf le Blanc, qui est revenu de la mort. Vous n'avez plus de couleur maintenant, et je vous chasse de l'ordre et du Conseil… Saruman, votre bâton est brisé. » (les Deux Tours)

Bien que l'on puisse dire que cette démonstration de pouvoir ne prouve pas qu'il est un Maia, cela semble être une scène particulièrement importante qu'une simple dispute. Si Saruman et Gandalf n'étaient juste que des magiciens ayant acquis leurs pouvoirs après de longues études et un long entraînement, cela semble un faible argument de dire que Gandalf peut briser le bâton d'un autre magicien et le chasser de l'ordre des Istari. En plus, suggérer que peut-être les pouvoirs de Saruman ont décru depuis son passage dans les ténèbres n'est pas un argument satisfaisant, puisqu'on dit qu'on ne peut être magicien que s'il on est du coté du bien. Il apparaît facilement que Gandalf ne chasse pas Saruman de l'ordre des Istari mais qu'il applique la sentence de Manwë, que par sa trahison il a failli à la tache ordonnée par Manwë, Saruman n'a plus la permission de retourner à Valinor. Au contraire, il rejoindra Morgoth dans le vide. Seul un Maia peut avoir le pouvoir d'appliquer une telle sentence sur un être aussi puissant que Saruman, qui était considéré comme le plus puissant de son ordre.

Finalement, Gandalf se révèle être dans le Retour du Roi plus fort qu'on imaginait. Pendant l'audience avec Denethor, Intendant de Minas Tirith, Pippin commence à réaliser le vrai pouvoir inhérent au magicien. Le narrateur dit qu'avec « un sens autre que la vue Pippin perçut que Gandalf avait un pouvoir énorme et une profonde sagesse, et une majesté voilée ». Ce constat, qui est facilement oublié, indique que Gandalf est plus qu'un simple magicien mortel très puissant. Pippin voit au-delà de l'enveloppe de Gandalf l'esprit résident dedans, réalisant ainsi qu'il y a un esprit royal mais caché à l'intérieur, un esprit qui va être réveillé à l'ennemi dans quelques temps.

Peu après cette audience, les mouvements de la Guerre de l'Anneau sont faits. Dans les événements suivants, Gandalf sauve Faramir pour la deuxième fois des Nazgûl. En même temps, il révèle un pouvoir angélique qu'aucun des Nazgûl ne peut affronter. En premier lieu, Gandalf chevauche dans la plaine pour sauver Faramir qui est revenu d'Ithilien avant que l'Ennemi ne commence le siège de Minas Tirith. Dans ce moment dramatique, nous donnons une description de rayons de lumière blanche jaillissant de la main de Gandalf causant la fuite des Nazgûl du champ de bataille. En second lieu, Gandalf chevauche avec la cavalerie du Gondor pour sauver l'arrière garde des troupes qui ont été repoussées de leur défense des ponts d'Osgiliath. A ce moment, Gandalf chevauche en avant avec un chatoiement si brillant qui stupéfait et excitait les spectateurs depuis les murs de la cité. Encore une fois, la puissance révélée en ces moments est de loin trop grande pour être détenue par un simple mortel. Il apparaît donc que Tolkien encore une fois révèle Gandalf comme étant Olórin, un Maia ayant un grand pouvoir contre les forces du Mal.

Un autre exemple du pouvoir de Gandalf/Olórin se trouve pendant la scène dans laquelle le Seigneur des Nazgûl est sur le point dans Minas Tirith après que les portes de la cité aient été détruites par les machines de siège. Le seul pouvoir présent à Minas Tirith qui peut probablement empêcher l'entrée de ce démon est Gandalf : « Vous ne pouvez entrer ici, dit Gandalf, et l'énorme ombre fit halte. Retournez dans l'abysse préparée pour vous ! Tombez dans le néant qui vous attend, toi et ton maître. Allez ! » (le Retour du Roi)

Bien sûr, on peut préciser que la confrontation entre ces deux êtres puissants est interrompue avant qu'un vrai engagement ne commence. D'autre part, il faut aussi préciser que ce puissant seigneur des démons s'arrête quand il est « réprimandé » par Gandalf. De plus, pendant ce temps, les trompettes des Rohirrim sont entendues, qui le fait revenir à la bataille loin des portes de la cité. Ainsi, on peut suggérer que son arrêt brusque signifie que le Seigneur des Nazgûl reconnaît le pouvoir de Gandalf le blanc et voit l'être caché sous cette frêle silhouette.

C'est important sur ce point que nous considérions l'Anneau Elfique que Círdan donna à Gandalf quand il arriva aux Havres Gris. Pendant des années il y eut moult discussions sur la puissance de cet Anneau et ses effets sur Gandalf. En effet, certains auteurs ont suggérés que cet Anneau est la source des pouvoirs considérables de Gandalf. Noel dit clairement que « la source de sa puissance fut Narya, l'anneau du feu, un des trois anneaux elfiques ». En plus, elle suggère que la majorité de sa puissance de magicien en Terre du Milieu a été dérivée de cet Anneau de pouvoir ; une dispute obligatoire, peut-être, si nous voyons Gandalf en tant qu'humain ou elfe. Pourtant, de telles suggestions ne sont pas confirmées par la description de Tolkien du pouvoir de Narya : « Puis il y eut les Trois, qui furent forgés en dernier, et ils possédaient de grands pouvoirs. Narya, Nenya et Vilya, furent-ils nommés, l'Anneau du Feu, de l'Eau, et de l'Air, sertis avec un rubis, un diamant et un saphir ; et de tous les Anneaux Elfiques ceux que Sauron désirait par-dessus tout de posséder, car celui qui les avait en sa possession pouvait parer l'usure du temps sur les choses et retarder le vieillissement du monde. » (le Silmarillion)

Donc, la description du pouvoir basique de ces anneaux ne suggèrent pas qu'ils donnaient à leurs porteurs de grands pouvoirs offensifs. Par contre, leur nature était une sorte de « magie » protectrice qui empêchait la détérioration naturelle du monde d'agir aussi vite là où ils étaient détenus. De plus, Tolkien décrit plus tard les effets de ces anneaux en disant « leur pouvoir, pourtant, ne cessa d'être à l'œuvre après la chute de Sauron et la joie renaissait partout où ils étaient, rien ne souffrait plus des atteintes du temps. » (le Silmarillion) Ceci décrit admirablement bien la Vallée de Fondcombe et la Lothlórien, terres dans lesquelles le chagrin du monde est écarté et une apparence de perpétuel bonheur règne.

Il apparaît alors que l'effet principal de Narya n'était pas d'accorder à Gandalf de grands pouvoirs offensifs mais de soutenir son effet comme Olórin. Dans le Retour du Roi, la remise de cet Anneau à Gandalf par Círdan est décrite avec suffisamment de détails pour nous permettre de dire que l'effet principal de l'Anneau opérait sur les autres plutôt que sur Gandalf lui-même. Círdan dit : « Prends cet Anneau […] Ton travail sera dur et ta charge pesante, et il t'aidera en tout et soulagera ta fatigue. Car c'est l'Anneau du Feu et avec lui tu pourras peut-être rallumer le courage d'antan dans les cœurs d'un monde refroidi. Quant à moi, mon cœur est avec l'Océan et je resterai auprès des plages grises pour garder les Ports jusqu'au dernier navire. Et là, je t'attendrai. »

En effet, avec toutes ces occasions répétées où Gandalf encourage la résistance des peuples de la Terre du Milieu, il semble que Círdan a bien choisi en lui donnant cet Anneau, avec lequel il fut capable de raviver l'espoir dans les cœurs refroidis par la menace de l'Ombre de l'Est. Il apparaît que la puissance considérable de Gandalf sur le feu et le tonnerre sont des ressources qui proviennent de ses origines de Maia, pas de l'Anneau de Pouvoir Elfique, Narya.

Finalement, est-ce que Gandalf a réussi ? Pour répondre à ceci, nous devons parler de la nature de la tache assignée aux Istari par les Valar. Dans ses Lettres, Tolkien indique que les Istari furent les messagers de l'Ouest pour guider la résistance des peuples de la Terre du Milieu contre Sauron. Tolkien les décrit comme des « Émissaires (venus de l’Extrême-Occident, au-delà de la Mer, selon les formules de ce récit) ». Dans encore une autre lettre traitant de ce sujet, Tolkien réitère que les Istari ont été envoyés comme messagers par les Valar pour inciter l'opposition à Sauron.

Tolkien est clair à propos de la nature de la tache assignée aux Istari par les Valar. Il dit que les Istari ont été envoyés pour « former, conseiller, instruire, prévenir les cœurs et les esprits de la menace de Sauron pour résister avec leur propre puissance » (Lettres). En fait, Tolkien dit que la chute de Gandalf dans la Moria fut nécessaire à cause de la traîtrise de Saruman qui s'allia avec Sauron, déclarant que les Valar ont permis à Gandalf d'agir en tant qu'« ange » quand le pouvoir physique de l'Ennemi fut trop grand pour les mortels.

Dans une déclaration similaire dans une lettre suivante, Tolkien dit que la « fonction [de Gandalf] en tant que « mage », est celle d'un angelos, ou messager envoyé par les Valar ou Seigneurs : assister les créatures rationnelles de la Terre du Milieu pour qu'elles résistent à Sauron, une puissance trop importante pour eux s'ils ne sont pas aidés » (Lettres). Cela soutient l'évidence citée précédemment dans cet article, du sauvetage « angélique » de Faramir dans le Retour du Roi.

Les nombreuses affirmations de Tolkien au sujet de la tache des Istari peuvent être appuyées an examinant nombre de passage dans le Seigneur des Anneaux. Quand il parle de son retour de la mort sur le Zirakzigil, Gandalf informe ses compagnons que « Nu, [il fut] renvoyé pour une courte période, jusqu'à ce que [s]a tache soit achevée. » (les Deux Tours). De la même manière, il révèle la nature de sa tâche après que Denethor eût suggéré que Gandalf souhaitait gouverner le Gondor. Gandalf rejette ceci, disant : « le gouvernement d'aucun royaume ne m'appartient, pas plus celui du Gondor que d'aucun autre pays, grand ou petit. Mais toutes choses de valeur qui sont en danger dans le monde tel qu'il est à présent, voila mon souci. Et pour ma part, je n'échouerai pas entièrement dans ma tache, même si le Gondor devait périr, si quelque chose franchit cette nuit, qui puisse encore croître en beauté ou porter de nouveau fleur et fruit dans les temps à venir. Car moi aussi, je suis un intendant. » (le Retour du Roi) Ainsi, il est clair que Gandalf a été envoyé pour remporter une victoire non pas par la force de son propre pouvoir mais en encourageant la résistance de ceux de son entourage contre le pouvoir de Sauron.

Ce sentiment que Gandalf nous dévoile fait écho plus tard après le siège de Minas Tirith fut fini et que les Capitaines se concertent pour déterminer quelles actions entreprendre dans la guerre contre Sauron. Gandalf leur conseille qu'ils devraient attaquer les premiers en menant une armée de taille suffisante pour capter l'attention de Sauron, gardant ainsi son œil fixé en-dehors du Mordor plutôt qu'à l'intérieur où les Hobbits Frodo et Sam – les porteurs de l'Anneau - cherchent la Montagne du Destin pour mettre fin à la Guerre de l'Anneau. Aragorn déclare dans ce conseil : « Que personne à présent ne rejette les avis de Gandalf, dont le long labeur contre Sauron vient enfin à l'épreuve. Sans lui, il y a longtemps que tout serait perdu. » (le Retour du Roi) Il est clair qu'Aragorn devine la tache donnée à Gandalf : la défaite totale de Sauron grâce aux tentatives des peuples de la Terre du Milieu.

Ce constat à propos de la mission de Gandalf en Terre du Milieu est résumé en une conclusion après la défaite de Sauron. A son couronnement en tant que Roi, Aragorn dit « Je suis venu en possession de mon héritage grâce au labeur et à la vaillance d'un grand nombre. En témoignage de quoi, je voudrais que le Porteur de l'Anneau me présente la couronne et que Mithrandir la pose sur ma tête, s'il le veut bien : car il a été le moteur de tout ce qui a été accompli, et cette victoire est la sienne. » (le Retour du Roi) Le nouveau roi réalise que la victoire sur Sauron n'aurait pas eu lieu si Gandalf n'avait pas été présent, remuant les gens de la Terre du Milieu dans le but grandiose de contrer le puissant seigneur des ténèbres, Sauron. Ce sentiment se répercute plus tard sur Gandalf, qui dit à Aragorn que « le Troisième Âge était le mien. J'étais l'Ennemi de Sauron ; et ma tâche est achevée. Je partirai bientôt. Le fardeau doit reposer à présent sur vous et les vôtres. » (le Retour du Roi) Ainsi, Gandalf, Olórin, le plus grand des Istari, fut le seul Maia envoyé en Terre du Milieu à remplir avec succès sa mission, défaire Sauron.

En conclusion, Gandalf est un Maia envoyé par les Valar pour amorcer la résistance des gens de la Terre du Milieu contre l'ombre de Sauron, Seigneur de l'Anneau. En utilisant les Lettres de Tolkien et ses travaux inachevés, comme le Seigneur des Anneaux, il a été possible de prouver que Gandalf fut Olórin, et qu'il réussit sa tache. Dans The Tolkien Reader, Tolkien dit : « C'est la marque d'un bon conte de fée, de la plus haute ou plus complète sorte, quelque soit la sauvagerie de ses événements, que l'aventure soit fantastique ou terrible, il peut donner à un enfant ou à un adulte qui l'écoute, quand le dénouement approche, le souffle coupé, un coup ou un soulèvement du cœur, proche (ou parfois accompagné) des larmes, aussi intense que celui donné par n'importe quelle autre œuvre littéraire, et ayant une qualité particulière. »

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essais/personnages/gandalf.txt · Dernière modification: 27/02/2011 14:04 par Druss
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