Compte-rendu de Vinyar Tengwar 41

Trois textes linguistiques inédits

Compte rendu de « Etymological Notes on the Ósanwe-kenta », « From The Shibboleth of Fëanor » et « Notes on Óre » in Vinyar Tengwar no 41 (fanzine), juillet 2000, présentations et annotations par Carl F. Hostetter.

Didier Willis, novembre 2000.
Première parution dans la Feuille de la Compagnie (Cahier d’études tolkieniennes) no 1, automne 2001, éditions L’Œil du Sphinx (ouvrage aujourd’hui épuisé).

Les éditeurs du fanzine américain Vinyar Tengwar ont déjà publié, sous l’égide bienveillante de Christopher Tolkien, plusieurs textes inédits de J. R. R. Tolkien. Mais les premiers documents ainsi dévoilés, qu’il s’agisse du poème Narqelion1) ou des dictionnaires elfin et gnomique du Livre des Contes perdus2), présentaient des états de langues très antérieurs au Seigneur des Anneaux. La genèse des langues inventées par l’auteur est certes intéressante, mais on conviendra qu’elle présente un attrait limité pour une majorité de lecteurs s’intéressant à l’état abouti de la création linguistique de Tolkien. Depuis Vinyar Tengwar no 39 (voir notre recension), nous avons enfin le plaisir de découvrir des textes plus tardifs. Ce nouvel opus ne déroge pas à la règle, et ne contient pas moins de trois notes écrites par l’auteur entre 1959 et 1960.         

Le premier document, édité sous le titre « Etymological Notes on the Ósanwe-kenta », se présente comme une courte liste de racines elfiques dont la forme n’est pas sans rappeler « Les Étymologies » de la fin des années 30. Le vocabulaire dérivé de ces racines primitives rattache sans équivoque cette note à l’Ósanwe-kenta de 1959-1960, précédemment publiée dans Vinyar Tengwar no 39. Le second passage, « From The Shibboleth of Fëanor », donne — comme son nom l’indique — une note que Christopher Tolkien n’avait pas jugé utile d’inclure dans sa présentation du « Schibboleth de Fëanor » dans The Peoples of Middle-earth (HoMe XII, HarperCollins Publishers, 1996). Les éditeurs en ont aussi profité pour inclure les noms sindarins des sept fils de Fëanor, que Christopher Tolkien avait uniquement évoqués dans son ouvrage (en note 65, p. 366). L’ensemble de ces éléments permet donc de rétablir le texte de J. R. R. Tolkien dans son intégralité. Dans les papiers associés au « Schibboleth de Fëanor » se trouvait aussi un court texte inachevé, qui aurait probablement constitué un essai conséquent sur la signification du mot quenya óre et de ses divers équivalents en telerin et en sindarin. Ces « Notes on Óre », dernier petit bijou de cette publication à teneur éminemment linguistique, s’arrêtent malheureusement de manière assez abrupte3).

Comme pour notre compte rendu de Vinyar Tengwar no 39, nous pourrions à loisir commenter les importantes révélations que nous apportent ces textes, et indiquer quels ajustements il convient d’effectuer par rapport à la compréhension que nous avions jusqu’alors de ces langues inventées. À défaut de pouvoir être exhaustif ici, nous n’en ferons rien. Pour mesurer l’intérêt de ces inédits, qu’il suffise de savoir que nous avons, dans le désordre : une nouvelle phrase elfique (donnée dans trois langues, quenya, sindarin et telerin), de nombreuses précisions sur l’aoriste, une nouvelle forme de l’infinitif, un exemple de phrase avec un verbe impersonnel, et bien entendu un cortège de nouveaux mots… Pour ne rien gâcher, la présentation du texte est très claire et complétée par un appareil de notes éloquent.

Nos réserves seront les mêmes que précédemment : hormis une toute petite note sur la barbe des Elfes (!), nous n’apprendrons rien ici sur la Terre du Milieu et son univers légendaire. Cette publication s’adresse, plus encore que Vinyar Tengwar no 39, aux Lambendili, aux amoureux des langues elfiques. Pour ceux-là, ces textes seront sans aucun doute incontournables, mais les autres lecteurs, en revanche, pourront probablement en faire l’économie.

Voir aussi sur Tolkiendil

1) Vinyar Tengwar no 40, avril 1999, p. 5-32.
2) Parma Eldalamberon no 12 (Qenyaqetsa), 1998, et Parma Eldalamberon no 11 (I Lam na Ngoldathon), 1995. Voir aussi The Book of Lost Tales, volume 1 (HoMe I, Allen & Unwin, 1983), p. 246-247.
3) Comme n’auront pas manqué de le remarquer les calligraphes en herbe, óre est aussi le nom d’une lettre utilisée pour représenter un /r/ (non roulé) dans le système d’écriture elfique développé par Fëanor, les tengwar (cf. le Seigneur des Anneaux, appendice F).
 
langues/compte_rendu/cr_vt41.txt · Dernière modification: 08/01/2019 11:16 par Elendil
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