Les Numéraux rúmiliens

 Cinq Anneaux
Helios de Rosario Martínez — Septembre 2007
traduit de l’anglais par David Giraudeau
Articles théoriques : La maîtrise globale des écrits de J.R.R. Tolkien est nécessaire pour bien saisir la portée des articles de cette catégorie, les sujets étant analysés de façon poussée par leurs auteurs.
Remerciements du traducteur :

Je remercie Carl F. Hostetter et Helios de Rosario Martínez pour leurs permissions de traduire ce texte en français et de l’inclure sur ce site internet.

Cet essai est la propriété de Helios De Rosario Martínez. Les citations des travaux de J.R.R. ou Christopher Tolkien sont la propriété de leurs éditeurs et/ou de la Tolkien Estate et sont employés ici avec leur aimable permission. Le mot TOLKIEN est une marque déposée par la J.R.R. Tolkien Estate Limited. Les caractères et les systèmes d’écriture des langues inventées par Tolkien et ses travaux dans ces langues sont la propriété de la Tolkien Estate.

Introduction

Dans le Parma Eldalamberon nº 13, Arden R. Smith présenta « The Alphabet of Rúmil », une compilation – par la suite étendue par un addendum dans le Parma Eldalamberon nº 15 – de tous les textes disponibles à la publication contenant des exemples du système d’écriture rúmilien, le premier système connu à avoir été inventé par J.R.R. Tolkien. Ces textes sont une source extraordinaire à même d’accroître notre connaissance de la conception des sytèmes d’écriture qu’avait créés Tolkien. Nous pouvons explorer la richesse de ce système, examiner ses principes et même les comparer à ceux des autres systèmes inventés par Tolkien.

Entre autres choses, il est un fait en particulier qui peut retenir notre attention : la présence de diverses tables de numéraux rúmiliens (des « figures », comme les nomme Tolkien), qui nous permettent de comprendre comment les nombres étaient écrits dans ce système, et peut même éventuellement nous mener à un autre aperçu de la conception eldarine des nombres (ces tables, toutes écrites en l’espace d’une année – de janvier 1921 à janvier 1922 – appartiennent à l’époque où ce système avait déjà été adopté dans le légendaire, comme nous pouvons le voir avec les intitulés « Écriture Gondolique » ou « Alphabet de Rúmil » dans les documents en notre possession).

Ce sont ces tables que nous allons ici explorer. L’une des choses les plus remarquables à leur sujet est que l’immense majorité des signes pour les nombres rúmiliens se trouvent également dans les autres tables de lettres consonantiques rúmiliennes. Leur étude peut donc commencer par l’identification des consonnes attribuées aux nombres dans chaque table. Aussi, une comparaison des tables et une discussion générale de leurs contenus viendront conclure l’analyse.

Symboles et conventions

La majorité de l’analyse et de la discussion qui vont suivre seront basées sur le matériel publié dans le Parma Eldalamberon nº 13. Cette source sera donc impicite lorsque les références ne donneront que la pagination, et les conventions éditoriales données ici seront suivies la plupart du temps. Les conventions utilisées dans cet article pour la représentation des caractères rúmiliens et leurs valeurs phonémiques sont les suivantes :

  • Les accolades {} représentent des suppressions dans les manuscrits. Tous les crochets [ ] apparaissant dans les exemples sont de Tolkien.
  • Un point d’interrogation entre accolades {?} représente un symbole qui a été supprimé d’une façon qui le rend impossible à identifier, tel qu’il apparaît dans les textes publiés.
  • ċ et ġ sont des occlusives palatales ou palatalisées (sourde et voisée, respectivement), alternativement représentées par ty, dy.
  • lh est un l sourd (consonne approximante ou fricative, comme en gallois).
  • est un m sourd, également représenté par mh.
  • ŋ possède sa valeur habituelle de nasale vélaire voisée, et non de nasale palatale, comme Tolkien l’employait dans certains textes en relation avec l’Alphabet de Rúmil (mais pas dans les éléments présentés dans cet article, cf. p. 13).
  • ŋ̌ représente une nasale vélaire sourde, l’équivalent sourd de ŋ (q.v.).
  • Les gloses phonémiques des numéraux rúmiliens suivies par une astérisque * représentent des signes sans valeur phonémique certaine dans les tables de consonnes qui accompagnent les signes, et le caractère avant l’astérisque correspond à un certain rúmilien similaire.

Exemples de numéraux rúmiliens

Les tables de numéraux rúmiliens publiées sont présentées et commentées une par une ci-dessous. Deux versions de chaque table sont présentées : l’une avec les caractères rúmiliens et l’autre avec leurs valeurs phonémiques telles que données dans les tables de consonnes d’accompagnement. Les tables sont identifiées par les titres assignés dans la source des textes dans lesquels elles apparaissent et sont arrangées dans une disposition proche de celle de leur publication.

R8b – moitié gauche (p. 40)

Numéraux rúmiliens, moitié gauche de R8b

Figure 1. Numéraux rúmiliens sur la moitié gauche de R8b.
À gauche : caractères rúmiliens. À droite : valeurs phonémiques.

Avant de procéder au commentaire de cette table relativement complexe, quelques remarques s’imposent concernant les valeurs phonémiques proposées pour les caractères :

Dans la table des valeurs phonémiques, l* caractérise les variantes des lettres rúmiliennes pour les consonnes liquides, qui sont régulièrement représentées par une seule boucle fermée () plus des marques distinctives. La première (une forme rejetée pour 4) ne diffère du caractère pour r (normalement ) que par la direction du trait diagonal (masqué dans le manuscrit par le trait de suppression), et ne se trouve nulle part ailleurs. Le deuxième (qui représente 10) est une boucle vide, rarement observée dans le reste du corpus. Elle apparaît notamment dans l’exemple R61) qui antidate probablement celui-ci2), et peut-être dans R25, qui est plus récent3). Dans les deux cas, elle pourrait représenter une variante pour l.

Le caractère identifié comme étant p* (le signe de remplacement pour 4) diffère de (p dans l’ensemble du corpus) par la position de la barre horizontale. Dans le manuscrit cependant, il possède également un crochet au-dessus qui a été supprimé et qui pourrait être en relation avec la forme qui se trouve juste à sa droite.

Le v des deux côtés du 6 présente des signes différents : (à sa gauche) étant le v rúmilien normalement observé dans l’ensemble du corpus et (à sa droite) qui est une variante de v dans R8 et R174), bien que dans de nombreux autres textes contemporains ou plus récents il s’agisse en fait d’une variante de ð.

Le caractère (à gauche du 7), phonémiquement assimilé à v*, ne se retrouve nulle part ailleurs exactement sous cette forme. Le caractère assez semblable, avec la barre du dessous incurvée, se trouve dans R115) comme variante de ð (de paire avec le caractère commenté plus haut). Si cette forme incurvée était accidentelle, ces deux signes devaient peut-être être égaux (les trois autres variantes possédant des barres droites).

La série « » du côté droite de la table est clairement un exemples représentant « 1921 », l’année à laquelle le texte fut écrit (aux alentours de janvier de cette année, cf. p. 39). Les premier et dernier numéraux sont marqués de points des deux côtés de la ligne verticale, fait comparable à l’annotation dans R10 (p. 46, voir ci-dessous) : « seuls le premier et le dernier nombre d’une série ininterrompue nécessitent d’être marqués par des points ».

L’agencement des formes supprimées et corrigées montre que ces changements furent effectués durant la composition, avant que la table ne fût achevée. La suppression des caractères pour 4 à 7 dans la colonne la plus à gauche, et leur remplacement par leur équivalents à droite, pourraient avoir été effectués avant l’écriture des valeurs correspondantes en chiffres arabes, et ces chiffres furent probablement écrits juste après, car les formes rejetées pour les nombres 4 à 6 furent ainsi employées pour les nombres 10 à 12 (bien que le signe du 10 ne possède pas le trait diagonal du signe de 4 qui a été supprimé) et le signe de 7 qui était supprimé fut réintroduit comme signe de remplacement pour 5.

La version la plus à droite des caractères de 4 à 6 est clairement un ajout, après que les valeurs numériques aient été écrites. Nous ne savons pas avec certitude si ces formes devaient remplacer les formes précédentes ou simplement représenter des alternatives.

La plupart des caractères numériques possèdent également des valeurs phonémiques dans la table de consonnes d’accompagnement. Cependant, il n’est pas évident de savoir si ces valeurs sont ou non pertinentes par rapport à l’attribution de valeurs numériques. Les phonèmes correspondants ne semblent pas être caractéristiques de noms de nombres ou de mots leurs étant apparentés dans quelque langue elfique ou européenne que ce soit (pour plus de précisions, voir ci-dessous). L’arrangement des caractères phonémiques dans la table de consonnes ne coïncide pas non plus avec la série numérique.

Néanmoins, des relations entre ces valeurs phonémiques, ou peut-être de vagues similarités graphiques, semblent avoir une importance dans l’organisation de la série. Il difficile d’affirmer s’il s’agit des unes ou des autres (ou peut-être un mélange des deux), du fait de la nature hautement subphonograpique des lettres rúmiliennes (certaines caractéristiques phonétiques sont marquées graphiquement, et ainsi des phonèmes similaires sont également représentés de manière similaire). En tout cas, quelque soit la base de ce modèle, de petits groupes de nombres séquentiels similaires peuvent être établis, excepté pour le signe du zéro, qui demeure seul :

  • {1, 2, 3} se voient assignés des dentales rúmiliennes, des formes basées sur un seul crochet ouvert (, assignée à 1) plus des marques supplémentaires.
  • {4, 5} sont dans toutes les versions des couples de caractères, avec une similarité graphique encore plus évidente. Le signe de 5 possède toujours une valeur phonémique connue (r dans la forme supprimée, b dans la version de remplacement et ŋ dans celle additionnelle). La valeur phonémique du signe de 4 (quand bien même elle existerait) est inconnue dans la version supprimée et celle de remplacement, mais dans le cas de la version additionnelle, nous savons qu’il s’agit de n, avec une relation tout aussi évidente au ŋ assigné à 5.
  • {6, 7} sont respectivement le m et le b rúmiliens dans la version supprimée, avec des relations graphiques et phonétiques évidentes. Dans la version de remplacement ou celle additionnelle, il s’agit de variantes du v rúmilien (en fait, le signe du 7 n’est pas donné dans la version additionnelle, la forme de remplacement étant probablement autorisée à demeurer à sa place).
  • Alternativement, {4, 5, 6, 7} peuvent être conjointement interprétés dans toutes les versions comme un quartet de signes graphiquement similaires dont la forme devient progressivement complexe, leurs valeurs phonémiques venant au second plan. Selon cette interprétation, la version supprimée du signe du 4 pourrait être quelque peu problématique, puisqu’elle est aussi complexe que le signe suivant , mais dans les autres versions ce motif de progression est systématiquement suivi. Une relation peut également être établie dans la version de remplacement entre les valeurs phonémiques, puisque b et v appartiennent tous deux à la série labiale.
  • {8, 9}, qui correspondent à des vélaires rúmiliennes, sont clairement apparentés graphiquement et phonétiquement.
  • {10, 11, 12} pourraient être interprétés comme un groupe de signes graphiquement apparentés, tout comme la version supprimée de {4, 5, 6, 7}, mais sans son dernier élément. Dans ce cas, néanmoins, le modèle de complexification graphique progressive serait suivi strictement, puisque le signe du 10 () est le plus simple du triplet. La suppression du signe du 12 était peut-être une tentative de le remplacer par un autre signe qui donnerait également une unité phonétique au triplet, mais le m rúmilien fut finalement conservé à sa gauche.

R9 – moitié gauche (p. 42)

Numéraux rúmiliens, moitié gauche de R9 Figure 2. Numéraux rúmiliens sur la moitié gauche de R9.
À gauche : caractères rúmiliens. À droite : valeurs phonémiques.

Cette table fut composée quelques mois après la précédente, en octobre 1921. À gauche de la table se trouve une note : « signe de figure », suivie par deux marques courtes. Cela doit faire référence à l’usage des points pour marquer les nombres, comme cela s’observe dans l’exemple précédent.

Dans cet exemple, tous les signes possèdent des valeurs phonémiques connues, attestées dans la table de consonnes d’accompagnement. Les seules correspondances strictes avec la liste de R8 présentée ci-dessus sont pour « 1 » et pour « 5 » (dans la version de remplacement de R8). Il y a d’autres caractères dont la valeur phonémique coïncide avec celle de l’exemple précédent, sans pour autant posséder la même forme : þ, ð, k, g, ŋ (ce dernier étant assigné à un autre chiffre) et peut-être p (si ce caractère posséde bien la valeur p* sous-entendue dans cette exemple). D’autre part, le q rúmilien ici assigné à 10 coïncide par sa forme () avec le g rúmilien précédemment employé pour 9. Ces changements se recoupent avec une transformation importante dans l’arrangement des lettres rúmiliennes consonantiques, partiellement entreprise durant la composition de la table des consonnes.

Les groupes suivants peuvent être définis, en fonction des similarités dans la forme des caractères, ou des correspondances de leurs valeurs phonémiques : {1, 2, 3} (dentales), {4, 5} (labiales), {6, 7} (nasales) et {8, 9} (vélaires). 10 reste seul, et les crochets qui l’entourent semblent indiquer qu’il s’agit d’une extension de la série « originale » de 1 à 9. D’un autre côté, la similarité graphique de {1, 2, 3} est quelque peu diluée au vu des changements indiqués ci-dessus. Aussi, si le critère était purement graphique, il se pourrait que {1} ait été séparé de {2, 3} (qui conservent leurs similarités de forme).

Au-delà de ces considérations, l’agencement de cette liste est différent de celui de R8 du fait que zéro et le triplet {10, 11, 12} n’apparaissent pas ici, bien qu’un 10 « supplémentaire » isolé existe, comme nous venons de le noter. De plus, les couples {4, 5} et {6, 7} sont ici clairement distincts. Ces couples ont néanmoins certains traits en commun avec les caractères employés dans R8 pour les différentes versions de 4 et 5 : ceux-ci sont des variantes de (correspondant phonémiquement à un p), le (b) est le même dans le 5 de cet exemple que dans la version de remplacement de R8 et 4 et 5 possèdent des signes nasaux dans la version additionnelle (comme 6 et 7 dans cet exemple).

R9 – moitié droite (p. 43)

Numéraux rúmiliens, moitié droite de R9 Figure 3. Numéraux rúmiliens sur la moitié droite de R9.
À gauche : caractères rúmiliens. À droite : valeurs phonémiques.

Cette table semble avoir été composée très peu de temps après la précédente, tout au plus à quelques jours d’intervalle6). Elle semble contenir certaines tentatives abandonnées de réécriture des chiffres rúmiliens. Dans les deux colonnes centrales, la ligne verticale de jointure s’étend sous les chiffres écrits, laissant ainsi de la place pour les suivants, bien qu’une nouvelle colonne ait été commencée avant que ces derniers ne fussent introduits.

Les valeurs numériques destinées à et ne sont pas claires. Ces signes sont graphiquement identiques à ceux ayant les valeurs þ et ð dans R8 et précédemment assignés à 2 et 3, respectivement (voir ci-dessus et aussi dans R11b plus bas). Aussi pourraient-ils à nouveau représenter 2 et 3, dans une tentative de continuation de la colonne la plus à droite, dans laquelle seul le signe du 1 a été conservé. Mais il se pourrait également qu’ils aient été destinés à suivre 1 et 2 à leur gauche (qui ne sont pas écrits mais qui semblent évidents) et il s’agirait alors de 3 et 4.

Le signe du zéro ( à présent) apparaît séparément à gauche de la table. Un nouvel élément, propre à cette table, est (d dans tout le corpus), tout d’abord assignée à 4 puis à 2. Ce changement peut être une tentative pour développer un modèle plus régulier de valeurs phonémiques pour la table des chiffres, dans lequel les signes rúmiliens des consonnes orales sourdes sont régulièrement suivis de leurs équivalents voisés, comme þ/ð dans chaque exemple, p/b dans la plupart et ċ/ġ dans certains d’entre eux et notamment celui-là (mais pas m/m̌ comme dans l’exemple suivant, q.v.). Néanmoins, la table demeurant incomplète et ceci ne peut donc être confirmé.

R10b (p. 46)

Numéraux rúmiliens, R10 Figure 4. Numéraux rúmiliens dans R10.
À gauche : caractères rúmiliens. À droite : valeurs phonémiques.

Cette table est explicitement datée de décembre 1921, elle fut donc écrite peu de temps après celles de R9 (voir plus haut). La plupart des caractères, exceptés ceux pour 4, 5 et 0, possède un point, et dans le coin en haut à droite de la table se trouve une note : « seuls le premier et le dernier nombre d’une série ininterrompue nécessitent d’être marqués par des points ». Ce qui correspond à ce que l’on observe dans la moitié de gauche de la table de R97). Cette table possède un signe pour le zéro et les éléments au-delà de 9 (également entourés par des crochets) comprennent {10, 11, 12}.

Ces éléments supplémentaires sont aussi graphiquement similaires les uns aux autres (et basés sur des boucles fermées), bien que le r rúmilien assigné au 10 soit phonétiquement différent des m et rúmiliens assignés à 11 et 12. D’autre part, notons que la similarité graphique de {10, 11, 12} peut également être étendue au signe du zéro.

R11b – moitié gauche (p. 52)

Numéraux rúmiliens, moitié gauche de R11b Figure 5. Numéraux rúmiliens sur la moitié gauche de R11b.
À gauche : caractères rúmiliens. À droite : valeurs phonémiques.

Cette table appartient à un texte daté de janvier 19218), aussi est-elle également proche contemporaine de la précédente. La plupart des caractères, à l’exception de ceux pour 3 et 10, sont encore une fois marqués par des points, bien que dans ce cas le placement des points ne soit pas toujours identique à celui de R109). Le signe du 1 présente une forme alternative, avec deux marques verticales courtes à sa gauche, similaires au « signe de figure » noté dans R910). Aussi est-il probable que cette méthode alternative de marquage puisse s’étendre à tous les nombres, et pas seulement se cantonner à 1.

Cette table est très proche de celle dans R10, mais il y a des différences importantes. {10, 11, 12} ne sont pas entourés de crochets, mais ils peuvent toujours être considérés comme une extension, puisqu’ils apparaissent sur une ligne séparée, après le signe du zéro. Ce signe du zéro est encore une fois graphiquement similaire au « triplet » d’extension, mais n’est pas le même que dans R10. Tel qu’il est écrit (variante du zéro rúmilien, moitié gauche de R11b), il correspond exactement à l’une des variantes du l rúmilien (normalement ) dans R711). Mais sans le point (qui est dû à sa signification numérique et qui n’est probablement pas pour autant inhérent au signe, comme expliqué plus haut), il s’agit du simple « vide », employé pour 10 dans la partie gauche de R8 (voir ci-dessus).

D’autres différences s’observent dans les signes pour 2 et 3, qui sont graphiquement similaires à ceux de R8, mais qui correspondent ici aux ċ et ġ rúmiliens, au lieu de þ et ð comme cela s’observe partout ailleurs (à l’exception de la moitié droite de R9, où la distribution pour 2 et 3 est peut-être la même, q.v.). Cela pourrait avoir été effectué afin de renforcer l’unité graphique de {1, 2, 3}, ou d’autre part pour augmenter la séparation phonétique entre {1} et {2, 3} (voir ci-dessus, dans R9 – moitié gauche).

Finalement, nous pouvons noter que le signe du 12 adopte ici une nouvelle forme : , qui ne possède pas de valeur définie dans la table d’accompagnement. Il représente ŋ̌ dans la table de R812) et probablement aussi dans R1b13). Cependant, cette attribution est basée sur l’identification de ŋ avec le caractère , ce qui semble visiblement en désaccord avec la table de consonnes d’accompagnement p. 49, où ŋ est représenté par le caractère et, logiquement, ŋ̌ est symbolisé par : 14).

Ce ressemble également au caractère dans R10 présenté comme la forme abrégée de l’article the dans le mode anglais15). Cela pourrait impliquer que ce caractère possède la valeur phonémique ð dans ce dernier cas, puisque partout ailleurs l’article anglais the est représenté par un caractère rúmilien assigné à ð (avec ou sans signe diacritique vocalique) :

Néanmoins, dans la table des consonnes de R10, ð est assigné à 26), aussi est-il probable que le caractère pour le the anglais qui ressemble à p. 45 soit en fait , avec une barre droite en bas, comme dans les exemples plus tardifs.

Ainsi donc, le signe pour 12 dans cette table de chiffres ne correspond probablement pas ni à ŋ̌ ni à ð. Une valeur phonémique possible est peut-être une variation de m comme le signe du 12 dans R10 (mais pas la même valeur que , qui possède déjà un caractère différent dans la table d’accompagnement).

Discussion

Type de système numérique

A partir de l’exemple « 1921 » dans R827), nous savons que les grands nombres pouvaient s’écrire en suivant un système de positionnement décimal comme le nôtre. La base décimal des nombres rúmiliens est également évidente dans d’autres exemples, à l’exception du brouillon apparemment incomplet dans la moitié droite de R928) : dans ces exemples, nous observons que les séries de chiffres basiques s’arrêtent à 9 et que celles à partir de 10 et plus sont listées séparément, comme une extension.

La manière dont les multiples de dix étaient représentés est discutable. La présence d’un signe pour zéro dans chaque exemple, à l’exception de la moitié gauche de R929), indique très probablement qu’il était simplement employé comme dans notre système décimal. Et l’omission de ce signe particulier dans la moitié gauche de R9 n’implique pas nécessairement qu’il n’existe pas. Cependant, dans ce cas, nous demeurons incertains quant à l’usage du signe additionnel pour 10. Il pourrait sous-entendre un système alternatif, dans lequel les multiples de 10 seraient écrits différemment. Cependant, dans un système de positionnement décimal, il serait possible d’employer le signe du 10 pour représenter des multiples ; par exemple, « 20 » pourrait s’écrire un-dix (au lieu de deux-zéro) et signifier « une dizaine plus dix » (au lieu de « deux dizaines »). La différence avec notre propre système décimal est que chaque dizaine serait comptée de un à dix, au lieu de zéro à neuf, ce qui n’est pas du tout difficile à concevoir (voir une discussion à ce sujet dans l’article de Bill Welden « Overcounting » ; VT 21, p. 11-13). Quoiqu’il en soit, cet usage du signe du 10 demeure une simple hypothèse.

D’un autre côté, bien que la base dix de ces systèmes soit évidente, nous voyons que la plupart des exemples possèdent également des signes numéraux jusqu’à 12. Cela concorde avec la préférence eldarine d’un système duodécimal, développé durant la période de l’eldarin commun30) et peut être comparé avec le système numérique des tengwar présenté par Christopher Tolkien dans les Quettar nos 13 et 14 (et publié à nouveau dans la publication spéciale nº 1 de Quettar). Comme cette série contient également un signe pour 12, l’idée de « calcul surnuméraire » précédemment mentionné concernant le signe du 10 dans R9 pourrait également s’appliquer ici.

Groupes de nombres

Dans tous ces exemples, à l’exception du brouillon apparemment incomplet, nous pouvons diviser la série de 2 à 9 en quatre couples de nombres, de telle manière à ce que les caractères de chaque paire soient clairement apprentés : {2, 3}, {4, 5}, {6, 7} et {8, 9}. Les caractères de la première paire de nombres pourraient également être apparenté au caractère de 1, étendant ainsi la paire à un triplet {1, 2, 3}. De plus, dans le premier exemple, nous pourrions concevoir {4, 5, 6, 7} comme unifiés en un seul groupe. En outre, lorsque la série duodécimale est complète, il existe également une série {10, 11, 12}. Cette distribution des nombres en groupes de un à quatre éléments est intéressante et différente de la distribution des tengwar de 1 à 9, qui est régulièrement divisée en triplets (ce qui convient une fois de plus à la préférence eldarine d’un système duodécimal, à ce sujet voir plus haut). Cela présente un contraste entre un système conçu dans un domaine strictement arithmétique (comme celui des tengwar) et un autre qui doit être basé sur des conceptions différentes et moins mathématiques.

Il est normal que les premiers nombres soient apparentés aux suivants, tout en leur étant distincts, puisque le concept de « un » possède dans les langues elfiques, comme en anglais, le sens de « premier » d’une série, mais véhicule également l’idée de choses « détachées », seules ou solitaires. Cela s’observe, par exemple, dans la « Early Qenya Grammar » (EQG) plus ou moins contemporaire, où la liste de nombres possède des termes distinctifs pour le nombre un : er (également glosé « un seul » et « unique, seul ») et min (« le premier » et « un dans une série »), voir PE 14 p. 49 & 8231). Le premier triplet ou la paire qui complète « un » peuvent aisément s’expliquer pour des raisons arithmétiques dans une série duodécimale, mais également du fait de l’importance que ce groupe de trois pourrait avoir eu pour les Elfes depuis leur éveil (voir la légende sur l’Éveil des Quendi qui fut préservée parmi les Trois Clans des Eldar, WJ, p. 380). La paire suivante, qui prolonge la série jusqu’à 5, pourrait être dû à la conception elfique du cinq comme un nombre naturel, comme les cinq doigts de la main (la base du système décimal ; voir la conception de maqua dans le VT 47 p. 9 et l’origine du mot eldarin pour « cinq » dans les VT 24, p. 24 & 26 et VT 47, p. 10).

De même, les paires suivantes jusqu’à neuf (juste avant de compléter la dizaine) pourrait dériver de concepts de « groupes naturels », comme par exemple les Sept Étoiles de Varda ou les Neuf Valar32), ou peut-être ne s’agit-il que d’une seimple répétition du modèle établi par les groupes précédents. Le dernier triplet additionnel pourrait avoir été défini à une époque plus tardive, simplement afin de compléter la douzaine sur laquelle repose le système duodécimal, bien que ce ne soit pas la seule possibilité (voir ci-dessous).

Modèles graphique et phonémique

Comme nous venons de le voir ci-dessus, il est difficile de savoir avec quelque certitude si les groupes de numéraux sont simplement définis selon des similarités graphiques, ou si la relation entre les valeurs phonémiques des caractères jouent un rôle quelconque. Le fait que le triplet {10, 11, 12} ne soit jamais unifié phonémiquement va à l’encontre d’un modèle phonémique, mais cette raison ne suffit pas pour autant à écarter cette possibilité.

En tant qu’ajout supposé au système, {10, 11, 12} pourrait avoir été conçu en suivant un modèle différent, simplement graphique, à l’inverse de la série de base. De plus, ce triplet possède une autre particularité dans les exemples R10 et R11 : dans ces tables, les signes pour {10, 11, 12} et 0 sont clairement apparentés, ce qui pourrait faire penser qu’ils furent créés conjointement, peut-être après la série basique de 1 à 9, en tant que groupe de nombres employés pour un comptage « avancé », dans un système duodécimal ou au-dessus de dix en général.

Selon les principes phonémiques, de façon alternative, il se pourrait que cette série étendue ne soit pas composée d’un zéro isolé et du triplet {10, 11, 12}, mais d’une paire apparentée au système décimal et surnuméraire ({0, 10}, représentés par des variantes des liquides rúmiliennes), et d’une autre qui comprend les nombres restants nécessaires à la réalisation du système duodécimal ({11, 12}, représentés par des nasales rúmiliennes). Ceci est encore plus clair dans l’arrangement de R11b.

Finalement, il nous reste à déterminer si les valeurs phonémiques elles-mêmes (et non leurs relations) assignées à des caratères rúmiliens représentant des nombres possèdent un rapport quelconque avec les nombres en question. Nous avons vu plus haut dans le premier exemple que les lettres des caractères rúmiliens ne semblent pas être caractéristiques de mots européens ou elfiques en relation avec les nombres correspondants. Cela s’applique également aux autres exemples, à l’exception du m rúmilien assigné à « 11 » dans les deux derniers exemples, tout comme le le nom qenya de ce nombre minqe33). D’autre part, l’attribution singulière du q rúmilien à 10 dans la partie gauche de R934) pourrait n’être qu’une réassignation arbitraire du signe précédemment assigné à 9 ( voir plus haut). Mais dans cet exemple, où 10 termine la série numérique, ce signe pourrait être apparenté au q. qanta- « remplir complètement »35), de même que dans une conception plus tardive où le terme eldarin pour 10 devint kwaya, kwayam, issu de la base KWA « plein, complet, tout, chaque »36), et ainsi le mot quenya pour « 10 » devint quean ou quain37).

Si ces deux relations sommaires entre lettres et concepts numériques ou noms ne sont pas fortuites, il se pourrait tout du moins que certains caractères aient été attribués à des nombres selon un critère phonémique, les autres nombres recevant des caractères en fonction de leurs prédécesseurs, sans pour autant posséder de relation phonémique. Selon cette hypothèse, par exemple, le rúmilien aurait été assigné à « 12 » dans les deux derniers exemples analysés parce que le m du q. minqe « 11 » se trouve juste avant lui, bien que le nom q. correspondant à « 12 » (yunqe, cf. PE 14, p. 49 & 82) ne possède pas du tout ce son.

Il est difficile de trouver d’autres relations entre les valeurs numériques et phonémiques des caractères rúmiliens qui pourraient venir contraster les informations linguistiques sur les nombres. Une autre relation assez hypothétique, mais néanmoins digne de commentaires, est le lien entre t et le premier nombre, qui est le seul caractère identique de l’ensemble des exemples, de par sa forme () mais aussi sa valeur phonémique. Le t n’a jamais été caractéristique de mots pour « un », dans des langues dont Tolkien aurait pu tenir compte comme étant en rapport avec le système rúmilien. Néanmoins, dans le QL, nous trouvons la racine TAÞ « compter », d’où le q. tasta- « dénombrer » et tanta « nombre », et il serait concevable que le premier élément d’une série numérique reçoive une lettre ayant une relation générale au concept des nombres.

Le fait que k et g soient de manière constante attribués respectivement à 8 et 9 pourrait également avoir un intérêt, si l’on considère que cette attribution a survécu au changement conceptuel des relations entre les caractères rúmiliens et leurs valeurs phonémiques (k changea de à et g de à ). Le du proto-indo-européen oḱtō « huit » pourrait avoir quelque parenté, bien que cela différerait des relations avec des termes qenya précédemment proposées (le q. pour « huit » étant tolto, cf. PE 14, p. 49 & 82)38).

Bibliographie

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  • Tolkien, J.R.R. « The Writing Systems of Middle-earth ». Édité par David Doughan et Julian Bradfield. Publication Spéciale nº 1 de Quettar, 1987. Extraits disponible sur le site web de Quettar.
  • Tolkien, J.R.R. « The Alphabet of Rúmil ». Édité par Arden R. Smith. Parma Eldalamberon nº 13, 2001 (deuxième édition en 2005), p. 5-89.
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  • Tolkien, J.R.R. « Addendum to the Alphabet of Rúmil and the Valmaric Script ». Édité par Arden R. Smith. Parma Eldalamberon nº 15, 2004, p. 85-88.
  • Tolkien, J.R.R. « Eldarin Hands, Fingers & Numerals and Related Writings – Part One ». Édité par Patrick H. Wynne. Vinyar Tengwar nº 47, février 2005.
  • Tolkien, J.R.R. « Eldarin Hands, Fingers & Numerals and Related Writings – Part Two ». Édité par Patrick H. Wynne. Vinyar Tengwar nº 48, décembre 2005.

Voir également la bibliographie générale de Tengwestië. [N.d.T.]

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) PE 13, p. 30
2) PE 13, p. 8-9
3) PE 13, p. 88
4) PE 13, p. 68 & 70
5) , 8) PE 13, p. 48
6) PE 13, p. 47
7) , 29) , 34) PE 13, p. 42
9) PE 13, p. 46
10) PE 13, p. 42, moitié gauche
11) PE 13, p. 34
12) , 27) PE 13, p. 40
13) PE 13, p. 19 & 21
14) PE 13, p. 49. L’attribution = ŋ semble avoir été valide durant une période qui commença avant octobre 1921 (il apparaît dans la table de R9 à cette date, en p. 42) et se termina avant 1924 (il apparaît encore dans des tables écrites sur le fameux « papier d’Oxford » qui fut employé au plus tôt cette année-là : R12-14 et R17-18, cf. p. 9). Cet usage s’observe également dans d’autres tables, et dans certains exemples dont la plupart sont de cette époque : les mots eveniŋ, ðiŋz et præktisiŋ (euening « soir », things « choses » et practising « pratiquant », le premier en vieil anglais) dans R20 (p. 78, deuxième, troisième et cinquième lignes), de même que dans naŋoldaþon, læŋgij, rytŋ et ŋlš (gn. naNgoldathon, lang[u]age « langue », writing « écriture » et English « anglais ») dans R21 (p. 80, première, quatrième et sixième lignes ; toutes traduites p. 81, bien que le dernier mots y soit orthographié à tort « ŋls »). Mais une autre conception encore différente, = ŋ, apparaît dans des exemples antérieurs à 1921, tels que mynŋ (*meaning « signification » ou *mining « minant, extrayant ») dans R5 (p. 28) et selon R7 (p. 34), cet usage dans le Journal en 1919 fut restauré dans des exemples sur ce « papier d’Oxford » post-1924 : henriwtiriŋ (*Henry Witring ?) dans R19 (p. 74) ou wokiŋ, eniþiŋ et kiŋdom (walking « marchant », anything « n’importe quoi » et kingdom « royaume ») dans R22 (p. 82-83, premières lignes). Si tout ceci est correct, cela pourrait avoir un intérêt comme source d’informations supplémentaire pour la datation de RV1 (PE 15 p. 86 & 88). Puisque ce document fut probalement écrit après octobre 1921, l’usage de pour ŋ dans (young « jeune ») dans la ligne du haut de RV1a, de même que dans fiŋrz et loŋ (fingers « doigts » et long « long(s) ») dans RV1b, montre qu’il pourrait avoir été écrit au plus tard en 1924. Ce qui s’accorde avec l’explication de Douglas A. Anderson, qui le date de 1923-1924 (PE 15 p. 85). [N.d.A.]
15) PE 13, p. 45
16) PE 13, p. 18
17) PE 13, p. 22
18) , 28) PE 13, p. 43
19) , 21) PE 13, p. 64
20) PE 13, p. 82, moitié gauche de R22
22) PE 13, p. 74
23) PE 13, p. 80
24) PE 13, p. 82 & 84
25) PE 15 p. 86 & 88
26) PE 13, p. 44
30) LR, p. 1107 [N.d.T. : Le Seigneur des Anneaux (éditions Christian Bourgois), Appendice D, p. 1193.] ; VT 42, p. 24 et VT 47 p. 16
31) Pour des références plus anciennes, voir les racines qenya ERE-(1) (« demeurer seul ») et (sans glose, mais voir le q. mir « un ») dans le QL p. 36 & 61 et les termes gnomiques er (« un », à côté de ereth « solitude, unité, isolation ») et min (« un seul ») dans le GL p. 32 & 57. Mais cette notion de différents mots et sens elfiques pour « un » ne se limita pas aux stades les plus anciens : dans l’appendice sur les nombres eldarins dans « The Rivers and Beacon-hills of Gondor », écrit à la fin des années 60, Tolkien définit à nouveau les racines de l’eldarin commun ER « seul » et MIN « un, premier d’une série » tout comme il le fit plus de quarante auparavant dans l’EQG (VT 42 p. 24). Il est intéressant de remarquer que la liste de nombres de l’EQG est remarquablement similaire à celle dans « Eldarin Leperi and Notessi » (ELN), également de la fin des années 60 :
  • EQG (PE 14, p. 49 & 82) donne les nombres cardinaux suivants : 1 er, min. 2 satta ou satto (avec le sens spécifique de « tous les deux »), yúyo. 3 nelde. 4 kanta. 5 lemin. 6 enqe, enekse. 7 otso. 8 /tolto. 9 hue. 10 kai (sous la forme partitive kainen après d’autres nombres), kea (forme adjectivale). 11 minqe. 12 yunqe.
  • ELN (VT 48, p. 6) donne pour le quenya : 1 er, min. 2 atta. 3 nelde. 4 kanta. 5 lemen. 6 enque. 7 otso. 8 toldo. 9 nerte. 10 quean, quain. 11 minque. 12 yunque.
Si nous laissons de côté la distinction orthographique q(u), les deux listes différent pour les nombres 2, 5, 8, 9 et 10, parfois très légèrement. De plus, les textes associés à ELN ou qui en sont proches contemporains révèlent qu’à cette époque, Tolkien réfléchissait également à des idées alternatives ou complémentaires qui auraient rendus ces nombres encore plus proches des conceptions présentes dans l’EQG. Voir les VT 42, p. 24, VT 47, p. 31-32 et VT 48, p. 10, 12-13, 19 & 21. [N.d.A.]
32) Le nombre des Valar principaux (les Aratar dans le Silmarillion) fluctua tout au long de l’évolution du légendaire, mais au milieu des années 20, période à laquelle furent rédigées ces tables, ils étaient neuf (LB, p. 133 ; SM, p. 11). [N.d.A.]
33) QL, p. 61 ; PE 14, p. 49 & 82. N.d.T. : Également dans des conceptions bien plus tardives (c. 1967-1970), cf. minque ; VT 48 p. 6.
35) QL, p. 78
36) VT 42, p. 24 ; cf. VT 47, p. 17
37) VT 48, p. 6 n. 2
38) Cependant, nous pouvons penser que le proto i.-eur. oḱtō est issu de quelque mot eldarin avec un k associé à « huit », du fait de la relation génétique entre les langues humaines et elfiques que Tolkien tenta de rendre consistente de façon interne à son histoire fictive, du moins dans ses périodes plus anciennes (LRW, p. 179 ; VT 17, p. 13). Mais une telle possibilité ne saurait être confirmée que par un mot ou une racine eldarine adaptée, ou dans le cas où les relations entre les valeurs numériques et phonémiques des caractères rúmiliens seraient clairement démontrées (ce dont nous avons discuté ici, sans pour autant le démontrer). [N.d.A.]
 
langues/ecritures/sarati/numeraux_rumiliens.txt · Dernière modification: 28/08/2013 17:47 par Elendil
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