Les tengwar : l’Usage général

 Trois Anneaux
Måns Björkman
traduit de l’anglais par Julien Mansencal
Articles de synthèse : Ces articles permettent d’avoir une vue d’ensemble du thème traité mais ils nécessitent une bonne connaissance des principales œuvres de J.R.R. Tolkien.

Introduction

Ce mode, le mieux attesté de tous, est qualifié d’« usage général » dans DTS 58. Il y est dit être « applicable au s[indarin] comme au q[uenya] », mais comme le montre la liste ci-dessus, l’attribution des tengwar aux sons définie par ce mode est également attestée dans beaucoup d’autres langues.

Il est possible que cet usage n’ait pas été si « général » avant le Troisième Âge, étant donné que cette description de l’« usage général » est complétée par l’indication « à l’époque du récit » (c’est-à-dire le Seigneur des Anneaux). Malgré cela, le mode pourrait avoir été très ancien. On sait que Sauron l’utilisa pour l’inscription de l’Anneau Unique1), vers l’an 1600 du Deuxième Âge2). Il existe d’intéressantes preuves indirectes qui montrent que les Númenóriens employaient un système très proche pour l’adûnaïque et le quenya3).

L’« usage général à l’époque du récit » a peut-être lui-même succédé à un autre usage général plus ancien. Une source affirme que Fëanor élabora les tengwar « à la fois comme un alphabet phonétique général, et conçut des arrangements spéciaux en accord avec les caractéristiques du quenya, du noldorin et du telerin. » (« Appendix on Runes », The Treason of Isengard, l’emphase étant mienne) Cet usage général plus ancien était sans doute un mode dans lequel la troisième série représentait les vélaires et la quatrième les labio-vélaires, en parallèle avec le Mode classique. Un tableau intitulé « Alphabet feänorien. Forme générale ou phonétique » présente un mode de ce genre (voir R24 et Arden R. Smith, message nº 4790 sur Elfscript, du 25 juin 2005).

Étant donné que l’Usage général a été appliqué à de nombreuses langues, et que la plupart des échantillons présentent ce qui semblent être des adaptations propres à chaque langue, ce document débutera par une étude générale du mode, avant d’aborder des informations plus spécifiques sur chaque langue. Pour l’instant, ces informations supplémentaires ne sont disponibles que pour l’anglais.

Il sera souvent fait référence aux différents tengwar par leurs noms en quenya. Pour une liste complète de ceux-ci, voir l’article sur Les noms des tengwar.

Consonnes

Même si certains tengwar semblent avoir des propriétés vocaliques dans l’Usage général, d’ordinaire, seules les consonnes sont représentées par des tengwar. Les modifications consonantiques, de même que les voyelles, sont représentées par des signes diacritiques, les tehtar. La Figure 1 résume les valeurs phonétiques des tengwar dans toutes les variantes du mode. Ces valeurs sont donnés en API (alphabet phonétique international).

1 t 2 p 3 c / tʃ 4 k
5 d 6 b 7 ɟ / dʒ 8 g
9 θ 10 f 11 ç / ʃ 12 x
13 ð / z 14 v 15 ʝ / ʒ 16 ɣ
17 n 18 m 19 ɲ 20 ŋ
21 r / ɹ 22 w / u 23 j / i 24 a
25 r / w 26 r̥ / rd 27 l 28 l̥ / ld
29 s 30 s 31 z 32 z
33 h 34 ʍ 35 e 36 u

Figure 1 : Les tengwar

Modifications consonantiques

Dans l’Usage général, des tehtar sont utilisés pour indiquer que les consonnes sont longues ou doubles, qu’elles sont précédées par une nasale homorganique (nasalisées), suivies par un w (labialisées) ou suivies par un s.

Consonnes longuesConsonnes longues ou doubles :
La plupart des échantillons de l’Usage général suivent la convention décrite dans l’Appendice E, indiquant les consonnes longues ou doubles en plaçant une ligne horizontale sous le tengwa (ou, dans le cas du lambe, à l’intérieur). Si la consonne est une nasale (n ou m), la ligne peut alors être placée au-dessus du tengwa (voir ci-dessous). Dans les documents en vieil anglais4), ce sont deux lignes parallèles en diagonales qui sont utilisées à la place.
Consonnes nasaliséesConsonnes nasalisées :
D’après l’Appendice E, « une barre placée au-dessus d’une consonne (ou un signe analogue au tilde espagnol) avait souvent pour fonction d’indiquer que la lettre était précédée d’une nasale de la même série (cas de nt, mp ou nk) ». Le tehta de nasalisation est bien attesté dans l’Usage général. S’il est placé sur les nasales n ou m, il peut également indiquer une consonne double, puisqu’il marquera la nasale comme étant précédée par la même nasale, la doublant donc.
Consonnes labialiséesConsonnes labialisées :
Dans les langues où cela est possible, le w suivant une consonne est marqué avec une « variante de la boucle du u » évoquée dans l’Appendice E.
Suivi d’un sS après le tengwa :
Il est indiqué par une courbe accrochée au tengwa, d’ordinaire à son arc le plus à droite. La courbe pouvait être élaborée et se croiser elle-même, comme le montre l’exemple ci-contre.

Voyelles

Dans l’Usage général, les voyelles sont principalement représentées par des ómatehtar, marqueurs de voyelles. Comme le montre DTS 58, ces marqueurs pouvaient être placés soit sur le tengwa de la consonne précédente, soit sur celui de la suivante. La Figure 2 présente les ómatehtar de l’Usage général. La valeur la plus répandue de chaque marqueur est donnée en premier, s’il est possible de la déterminer.

Les ómatehtar

Figure 2 : Les ómatehtar

Comme on peut le voir dans la Figure 2, l’application des marqueurs de voyelles varie significativement entre les différents échantillons. L’Usage général permet aux voyelles d’être placées soit sur le tengwa précédent, soit sur le suivant, mais pas les deux dans le même document, pour des raisons évidentes. Le tehta transcrit <y> n’est utilisé que pour translittérer la lettre latine Y dans la méthode orthographique anglaise. Lorsqu’il n’y a pas de tengwa disponible pour porter le tehta, un porteur est généralement utilisé à la place : un porteur court pour les voyelles brèves, et un porteur long pour les voyelles longues.

Dans la Figure 1, certains tengwar étaient assignés à des voyelles, i, e, a et u. Ils servent rarement à représenter des voyelles par eux-mêmes, bien que les documents en vieil anglais5) emploient fréquemment vala et vilya pour u et a. Voir aussi la section des Modifications vocaliques ci-dessous.

Dans certains échantillons de l’Usage général, lorsque les tehtar vocaliques sont notés au-dessus du tengwa consonantique précédent, tous les tengwar sont suivis par défaut de la voyelle a. Un point unique peut alors être placé sous un tengwa pour indiquer qu’il n’est pas suivi par une voyelle.

Modifications vocaliques

Voyelles longuesVoyelles longues :
Les voyelles longues sont principalement indiquées en plaçant le tehta vocalique sur un porteur long. Une autre méthode, le plus souvent utilisée avec les courbes u et o, consiste à doubler le tehta. Dans au moins un échantillon, les voyelles longues sont parfois marquées en plaçant un tehta vocalique sur un tengwa qui a la même valeur vocalique.
DiphtonguesDiphtongues :
Dans quelques échantillons (notamment DTS 50 et 51), les diphtongues sont simplement notées comme deux voyelles consécutives. Mais d’ordinaire, le premier élément d’une diphtongue est représenté par un tehta vocalique, et le second par un tengwa. Dans ce cas, le placement du tehta semble se faire le plus souvent sur le tengwa représentant le second élément de la diphtongue, même si cela implique d’inverser l’ordre de lecture. On peut trouver un équivalent à cela dans le Mode classique. Dans tous les cas, lorsqu’une diphtongue est représentée par une combinaison tehta-tengwa, elle est descendante, c’est-à-dire qu’elle est accentuée sur le premier élément. L’élément accentué est donc toujours représenté par le tehta, et le non-accentué par le tengwa.

Symbologie spécifique à certaines langues

Pour l’heure, des informations spécifiques ne sont disponibles que pour l’anglais.

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) DTS 7
2) SdA, App. B
3) , 4) , 5) DTS 50 et 51
 
langues/ecritures/tengwar/usage_general.txt · Dernière modification: 19/04/2016 12:50 par Zelphalya
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