Notes étymologiques sur l’« Ósanwe-kenta »

Trois Anneaux
J.R.R. Tolkien — Juillet 2000
édité et annoté par Carl F. Hostetter
traduit de l’anglais par Damien Bador
Article théoriqueArticles théoriques : La maîtrise globale des écrits de J.R.R. Tolkien est nécessaire pour bien saisir la portée des articles de cette catégorie, les sujets étant analysés de façon poussée par leurs auteurs.
Cet article est issu du journal linguistique Vinyar Tengwar no 41, daté de juillet 2000 et édité par Carl F. Hostetter. Le traducteur remercie chaleureusement le Tolkien Estate, Carl F. Hostetter et l’équipe éditoriale de Vinyar Tengwar pour avoir autorisé la publication de cette traduction.

Le texte de Tolkien est sous la protection du droit d’auteur © 2000-2012 The Tolkien Trust

Les notes étymologiques suivantes, clairement associées à l’essai Ósanwe-kenta (c. 1959-1960), ne m’étaient pas connues lorsque je publiai cet essai dans Vinyar Tengwar nº 39 en juillet 1998, ayant été séparées du texte en question, à l’intérieur d’une liasse de papiers que je n’avais pas encore vue.
Il me semble n’y avoir aucune raison de supposer que ces notes ne soient pas étroitement contemporaines de l’Ósanwe-kenta. Outre le lien évident avec le contenu de celui-ci, elles sont situées parmi des papiers qui datent majoritairement de la fin des années cinquante, incluant par exemple le fragment d’un brouillon dactylographié de l’essai « Quendi & Eldar », qui date également d’environ 1959-1960 (voir WJ, p. 359).
Les notes sont écrites à l’encre sur les deux faces d’une unique feuille de papier dans l’ordre reproduit ici, dans une écriture qui est initialement claire et méticuleuse mais dégénère rapidement et finit par être un griffonnage nettement plus rapide et plus difficile à déchiffrer. Mes propres notes sont annexées à chaque entrée, entre crochets. Les lecteurs sont priés de se référer au glossaire éditorial de l’Ósanwe-kenta pour les références se rapportant à cet essai.


sam s’occuper de, penser, réfléchir, être conscient. sāma un esprit. sanwe un acte de pensée, une pensée (*sam-wē). ósanwe échange de pensées (entre 2 samat). sanwekenda inspection de pensée, lecture de pensée. sanwe-menta envoi de pensées, message mental.

[« Les Étymologies » donnent la base SAM- « unir, joindre », apparemment sans relation avec celle-ci. Pour la nature duale du préfixe quenya ó-, voir WJ, p. 367. Pour la terminaison duelle –t de samat « #une paire d’esprits », cf. má-rya-t « ses deux mains » (SdA, p. 412, RGEO, p. 67) ; voir également L, p. 597 n. † et la déclinaison de la « Lettre Plotz » (VT 6, p. 14).]


lat ouvert, non enclos, d’entrée libre. latya ouvrir quoi que ce soit (de façon à en permettre l’entrée). lāta ouvert, non fermé, lătina est plutôt usité pour la liberté de mouvement, pour des choses n’étant pas encombrées par des obstacles.

[« Les Étymologies » donnent la base LAT- « être ouvert », d’où le q. latin(a) « ouvert, libre, ouverte (pour une contrée). »]


ler libre (pour des choses meubles ou des choses mobiles), apte à se mouvoir comme désiré, sans entrave, sans gêne, sans lien, n’étant pas immobilisé ou statique. lerya relâcher, rendre libre, laisser aller. lēra libre, de personnes. lĕrĭna de choses : non gardées, réservées, immobilisées ou « possédées ».

[Voir la deuxième entrée √ler à la fin de ces notes.]


ken voir, percevoir, noter. kenda- observation serrée, i.e. non pas « garder » mais observer pendant quelque temps (pour obtenir des informations, etc.) Souvent utilisé pour « lecture ».

[« Les Étymologies » donnent la base KHEN-D-E- « œil ». Cf. ken- « voir, apercevoir » (M&C, p. 274) et VT 39, p. 32-33 sq. kenta. N.d.T. : Pour cette dernière référence, voir le glossaire éditorial de l’Ósanwe-kenta ; consulter aussi l’entrée KHEN- (également KEN-, KYEN-) « regarder, voir, observer, dévisager » en VT 45, p. 21.]


men se déplacer, avancer (dans la direction voulue par une personne) menta envoyer, faire aller (dans une direction souhaitée).

[Les « Étymologies » donnent la base MEN- d’où vient le q. men « endroit, place ». Cf. o-mentie « rencontre ou point de jonction des directions suivies par deux personnes » (WJ, p. 367), d’où omentielvo « de la rencontre de nos chemins » (ibid et SdA, p. 99) et yomenie « rencontre, rassemblement » (de trois personnes ou plus, venant de différentes directions) (WJ, p. 407 n. 1).]


nir volonté, intention, résolution consciente de se mouvoir ou de faire. nīra une volonté individuelle (ou potentielle). nirme exercice de volonté, un acte de volonté.

pak clore, fermer (opposé de √lat) : avalatya. pahta clos, fermé, privé.

khap lier, attacher, restreindre, priver de liberté. avalerya.
kham. Cf. √khep retenir, garder, ne pas donner ou relâcher, garder la main sur.

[« Les Étymologies » donnent la base KHAP- « envelopper ». La signification du renvoi à √kham, qui sur le manuscrit est écrit directement sous √khap, est peu claire ; il s’agit peut-être d’une forme alternative. Les « Étymologies » ont KHAM- « (s’)asseoir ». Pour √khep cf. sind. ú-chebin « Je n’ai pas gardé » dans le linnod de Gilraen (SdA, App. A « Extrait du Conte d’Aragorn et d’Arwen »).]


lek délier, détacher, laisser, permettre.

[« Les Étymologies » donnent la base LEK- « délier, laisser libre, relâcher ». Cf. lehta « libre, relâché » (VT 39, p. 17-18). N.d.T. : Pour cette référence, voir le glossaire éditorial de l’Ósanwe-kenta.]


pol pouvoir, avoir l’habileté et la capacité physique [comme dans] « Je peux sauter cela. » polin quete signifie « Je peux parler (parce que ma bouche et ma langue sont libres). »

[« Les Étymologies » donnent la base POL-, POLOD- « physiquement fort ».]


isi savoir. istan pole [sic : lire istan quete] = « Je peux parler (parce que j’ai appris (une) langue). »

[« Les Étymologies » donnent la base IS-, d’où vient le q. ista- « savoir ».]


ler suis libre de faire, i.e. ne suis sous aucune contrainte (physique ou autre). lerta quete [sic : lire lertan quete] = « Je peux parler parce que je [suis] libre de [le] faire, aucun obstacle lié à une promesse, un secret, un devoir n’existant. » Parfois = aucun obstacle matériel, auquel cas = approximativement √pol.

[Voir la première entrée √ler ci-dessus.]

Voir aussi

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langues/langues_elfiques/quenya/notes_etymologiques_osanwe-kenta.txt · Dernière modification: 03/05/2012 08:39 par Druss
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