Notes sur « Óre »

Quatre Anneaux
J.R.R. Tolkien — Juillet 2000
édité par Carl F. Hostetter
traduit de l’anglais par Damien Bador
Article théoriqueArticles théoriques : La maîtrise globale des écrits de J.R.R. Tolkien est nécessaire pour bien saisir la portée des articles de cette catégorie, les sujets étant analysés de façon poussée par leurs auteurs.
Cet article est issu du journal linguistique Vinyar Tengwar no 41, daté de juillet 2000 et édité par Carl F. Hostetter. Le traducteur remercie chaleureusement le Tolkien Estate, Carl F. Hostetter et l’équipe éditoriale de Vinyar Tengwar pour avoir autorisé la publication de cette traduction.

Le texte de Tolkien est sous la protection du droit d’auteur © 2000-2011 The Tolkien Trust

Parmi les papiers associés au « Schibboleth de Fëanor »1) se trouve un unique feuillet dactylographié, sans lien apparent avec ceux-ci mais leur étant très contemporaine. Elle est désormais située entre la dernière page dactylographiée de l’essai proprement dit et la première des pages manuscrites concernant les noms des fils de Fëanor ainsi que la légende de la mort du plus jeune de ceux-ci (cf. PM, p. 352 sq.). Il s’agit du début de ce qui pourrait jadis avoir été (ou aurait pu être) un essai substantiel sur la racine eldarine commune ƷOR et ses dérivés, que Tolkien intitula « óre », à l’encre, du nom de son dérivé quenya, et numérota « 1 ». Le texte dit :

Eldarin commun ƷOR : quenya or-, telerin or-, sindarin gor-. Associé à l’eldarin commun √OR en quenya et en telerin2), mais probablement pas connecté sémantiquement en eldarin commun. Au plus proche de la signification originelle est « avertir », mais (a) cela ne se réfère pas seulement aux dangers, maléfices ou difficultés futures ; et (b) bien qu’il puisse être utilisé pour décrire l’influence qu’une personne a sur une autre par des moyens visibles ou audibles (mots ou signes) — auquel cas « conseil » était une signification plus appropriée — ce n’était pas son usage principal. La meilleure façon de l’expliquer est de considérer son dérivé principal. Il s’agissait de l’eldarin commun ʒōrē : quenya óre, telerin ōre, sindarin gûr.

Dans The Lord of the Rings (III, p. 401)3), le quenya óre est explicité par « cœur (entendement intime) ». Mais bien qu’il soit fréquemment utilisé dans le SdA pour l’expression « mon cœur me dit »,4) traduisant le quenya órenya quete nin, le telerin ōre nia pete nin, le sindarin guren bêd enni5), « cœur » ne convient pas, sauf pour sa concision, puisque óre ne correspond pas à un seul des usages confus du mot pour « cœur »6) : mémoire, réflexion ; courage, bonne humeur ; émotion, sentiments, impulsions tendres, affectueuses ou généreuses (n’étant pas contrôlés ou étant opposés aux jugements de la raison).

Ce qu’était óre pour la pensée et le langage elfiques, et la nature de ses conseils — il parle, et ainsi conseille, mais n’est jamais représenté comme donnant des ordres — requiert pour une meilleure compréhension un bref exposé de la pensée elfique à ce sujet. Dans ce contexte, la question de savoir si cette pensée a une quelconque validité à l’aune de la philosophie ou de la psychologie humaine, passée ou présente, est sans importance, pas plus que nous n’avons besoin de considérer si les esprits des Elfes avaient des relations avec leur corps ou des facultés différentes (Note 1).

Note 1

Les Elfes pensaient qu’il n’y avait aucune différence fondamentale entre les facultés naturelles [des uns et des autres], mais que pour des raisons tenant à l’histoire divergente des Elfes et des Hommes, celles-ci étaient utilisées différemment. Par-dessus tout, la différence entre leurs corps, qui possédaient cependant la même structure, avait un effet notable : le corps humain était (ou était devenu) plus facile à blesser ou à détruire, et était en tout cas condamné à la déchéance de l’âge et à la mort après une courte période, qu’il ait ou non ce désir. Cela introduisit la « hâte » dans la pensée et les sentiments humains: tous les désirs de l’esprit et du corps étaient plus impérieux pour les Hommes qu’ils ne l’étaient pour les Elfes : la paix, la patience, et même la pure jouissance d’un bien présent étaient considérablement réduites chez les Hommes. Par une ironie de leur sort, bien que leur espérance personnelle du futur soit courte, les Hommes y pensaient constamment, plus souvent avec espoir qu’avec crainte, quoique leur expérience des faits leur donnât peu de raisons d’espérer. Par une ironie similaire, les Elfes, dont l’espérance future était indéfinie — bien que devant eux, aussi loin qu’elle soit, l’ombre d’une Fin les menace — étaient de plus en plus penchés sur le passé et dans les regrets — quoique leurs mémoires fussent en fait chargées de chagrins. Les Hommes, disaient-ils, possédaient certainement (ou avaient possédé) l’óre, mais du fait de la « hâte » mentionnée plus haut, ils y prêtaient peu d’attention. Et il existait une raison plus sombre (liée à la « mort » humaine, pensaient les Elfes) : l’óre des Hommes était ouvert aux conseils maléfiques et s’y fier n’était pas sûr (Note 2).

Note 2

Cf. ci-dessus « ou était devenu. » Les Eldar présumaient qu’un désastre avait frappé les Hommes avant qu’ils ne fassent leur connaissance, d’une puissance suffisante pour endommager ou altérer les conditions dans lesquelles ils vivaient, en particulier en ce qui concernait leur « mort » et leur attitude à ce sujet. Mais de ceci les Hommes, même les Atani, avec lesquels ils devinrent étroitement associés, ne parlaient jamais ouvertement. « Il y a une ombre derrière nous » pouvaient-ils dire, mais ils n’acceptaient pas d’expliquer ce que cela signifiait. Mais au cours de

Les Morts de Dunharrow (© Ted Nasmith)

Le texte s’arrête là, au milieu de la phrase, au bas de la page. Si la suite de ce texte dactylographié exista jamais, elle n’a apparemment pas été conservée. Parmi d’autres papiers de Tolkien se trouvent cependant des pages manuscrites contenant ce qui semble être des brouillons précédant de peu le dactylogramme, lesquels peuvent nous donner quelque indication de ce qu’un texte plus achevé aurait pu donner. (Ils ont aussi trait à des sujets et termes se rapportant à l’esprit et à la pensée que Tolkien avait explorés quelques huit ou neuf ans auparavant dans l’essai Ósanwe-kenta ; cf. le texte de ce nom et les « Notes étymologiques sur Ósanwe-kenta ».) Cet ensemble de notes manuscrites est écrit recto-verso sur trois feuillets d’avis de publication d’Allen & Unwin, diversement datés du 12 janvier et du 9 février 1968 (ce qui donne un terminus a quo pour ces notes). Celles-ci furent écrites très rapidement et l’écriture est par endroits excessivement difficile à déchiffrer (même pour Tolkien, qui interpréta ici et là sa propre écriture avec plus ou moins de bonheur). J’ai encadré entre crochets et fait précéder d’un point d’interrogation les lectures des mots les plus douteux (ou absolument indéchiffrables).
Ces notes semblent avoir émergé de vagues annotations couchées au bas du verso du feuillet précédent, concernant des mots et des éléments en lien avec « milieu7). » Dans la marge supérieure de la page sur laquelle ces notes de brouillon commencent est écrit :

ente [écrit par-dessus le mot « ened », supprimé] « centre » pas utilisé pour les émotions ou la pensée, uniquement physique.

Immédiatement au-dessous figurent les notes suivantes :

óre expliqué par « cœur, entendement intime » en langage non technique, plus proche équivalent de « cœur » lorsque nous l’appliquons aux sentiments ou émotions (courage, peur, espoir, pitié, etc.) y compris [?ceux] funestes. Mais il est aussi utilisé [?plus] vaguement pour des choses surgissant à l’esprit ou venant à l’entendement (sanar)8), que les Eldar considéraient comme étant parfois le résultat d’une profonde réflexion (souvent à l’œuvre au cours du sommeil) et parfois comme de véritables messages ou influences sur l’entendement — de la part d’autres esprits, y compris les esprits [?plus grands] des Valar et ainsi [supprimé : médiatement] indirectement d’Eru. (Ainsi à cette époque, supposait-on même qu’Eru « parlait » directement à ses Enfants.)9) D’où l’expression courante órenya quete nin = « mon cœur me dit » [?appliqué] à certains sentiments profonds (auxquels on devait se fier) disant qu’une certaine [?suite d’actions etc.] devra être [?approuvée] ou [?] adviendra [? ?]. [Supprimé : Les Noldor] En quenya, ce terme était souvent associé à √or- « s’é/-lever » comme si cela « surgissait » = des choses qui surgissent et apparaissent dans le sanar, le troublant, le colorant ou l’avertissant, et souvent déterminant activement son jugement, nāmie « un jugement ou désir unique » (sanwe « pensée » > nāma « un jugement ou un désir » > indo « résolution » ou « volonté »10) > action), mais il s’agit probablement d’un autre cas où le h fut perdu. [Supprimé : Cf. Telerin hor-.]11)

Maglor jette le Silmaril (© Ted Nasmith)

« Entendement » est sanar (pour « penseur ») : dont indo « volonté » était considérée soit faire partie, soit être une fonction du sanar.

Eldarin commun √HOR = « presser, forcer, déplacer » mais seulement pour une impulsion « mentale » ; il diffère de √NID en ce qu’il ne fait aucune référence à une force ou une action physique12).

(h)ore nin karitas = « Je ressens un besoin / une envie / un désir de le faire13). »
ore nin karitas nō (mais) namin alasaila = « Je voudrais / me sens pressé à faire ainsi, mais juge cela imprudent14). »
ōrenya quēta nin = « mon cœur est en train de me dire15). »
ōre n., ora, ōrea, orane (orne), oruv•, [supprimé : orórie] orie, [supprimé : ohóre]16).

Entendement, « réflecteur, penseur » = q. sanar ; « volonté » = indo ; « (pré)monition » = óre17).

Les émotions [sont] divisées en deux choses « entremêlées18) » :

  1. impulsions physiques générées par le corps en vertu de sa sauvegarde, son plaisir, sa reproduction, [supprimé : sa crainte] sa crainte physique, son désir, sa faim, sa soif, son désir sexuel [=] le côté physique de l’Amour lorsque le [supprimé : inter] « mariage » du hroa et de la fea est des plus étroits, etc.
  2. impulsions naissant dans la fea. soit de [?sa propre nature] ou de son affection par l’horreur, l’amour / [supprimé : haine] / pitié [supprimé : self-?sac] [?passéisme ?] colère, haine ; la haine étant un cas crucial. Dans l’histoire e[ldarine] tardive, elle était le produit de l’orgueil / amour-propre et d’un sentiment de rejet (ou en plus corrompu, de vengeance, sur ceux qui s’opposaient à sa volonté ou à son désir) ; mais il y avait une « haine » véritable bien plus impersonnelle affectant uniquement la fea, d’animosité envers les choses qui étaient maléfiques, « contre Eru », destructrices d’autres choses, en particulier de choses vivantes19).

Les Aigles de Manwë (© Ted Nasmith)

Les Eldar [supprimé : croyaient] pensaient qu’un désastre, peut-être même équivalent à une « transformation du monde » (i.e. quelque chose qui affecterait toute son histoire future) était arrivé à l’Homme et avait altéré sa nature, en particulier en ce qui concerne la « mort ». Mais de cela les Hommes, pas même les Atani, avec lesquels ils devinrent étroitement associés, ne purent jamais parler plus clairement qu’en se référant à « l’ombre derrière nous » ou « l’obscurité que nous avons fuie. » Il existe cependant un document curieux appelé le Débat de Finrod et Andreth20). Finrod était [supprimé : le Roi] un des Rois noldorins, connu sous le nom de Firindil ou Atandil « ami des Hommes », particulièrement intéressé ou compatissant pour eux. Andreth était une femme, une « femme-sage » des Atani, qui semble avoir et été aimée du frère [de Finrod] Eignor Ekyanāro21) (« flamme aiguë »), [lequel] l’avait cependant rejetée au final (comme le pensait Andreth) comme étant d’une race inférieure. De ce débat, il semblerait qu’Andreth croyait que la mort (et particulièrement la peur de celle-ci) était advenue à l’Homme en punition ou en conséquence de quelque désastre — rébellion contre Eru devinaient les Eldar, et qu’à l’origine, il n’avait pas eu d’intention que l’Homme soit bref ou éphémère. Ce document semble en fait avoir été d’origine humaine, provenant probablement d’Andreth elle-même.

Car (pour autant que nous puissions en juger maintenant) selon ces légendes (principalement d’origine elfique, il est probable, quoique nous étant parvenues grâce aux Hommes), il semble clair que les Hommes n’étaient pas destinés à recevoir la longévité elfique, limitée seulement par la vie de la Terre ou son endurance comme lieu d’habitation pour les incarnés. Ils avaient le privilège, auraient dit les Elfes, de [?passer] de libre choix hors du monde physique et du temps (les cercles du monde), mais après une durée de vie considérablement plus grande que [?pour la plupart désormais ?]. Ainsi la [durée de] vie des Numenoréens avant leur chute (la 2e chute de l’Homme ?) n’était pas tant un don spécial qu’une restauration de ce qui aurait dû être l’héritage commun des Hommes, quelques 200-300 ans22). Aragorn affirma être le dernier des Numenoréens23). Le « désastre » soupçonnaient ainsi les Elfes était une rébellion contre Eru qui prit [la] forme d’une acceptation de Melkor comme Dieu24). Une des conséquences de cela fut que la fea était [?emprisonnée] et Melkor avait [entre crochets mais pas supprimé : une revendication sur ceux qui s’étaient rebellés contre lui et avaient cherché la protection d’Eru >] accès à [? ?] óre, qui [? ? ?] mais étaient [?inutiles] et seuls les plus sages des Hommes pouvaient distinguer entre [?ses] encouragements maléfiques et le vrai óre25).

Tar-Míriel (© Ted Nasmith)

Les Elfes distinguaient la fea (phayā) comme « esprit26) / âme » du hroa (srawā) « corps27) ». À la fea « esprit », ils attribuaient sanar l’[?entendement ?] [?qui] fonctionne en partie avec la volonté : indo dérivé des jugements du sanar fondés sur les preuves que lui apportent les sens ou l’expérience, mais aussi l’óre. Ceci était tenu pour être une capacité ou une fonction de la [supprimé : ?fea] « conscience intime »28)….

Une autre note manuscrite difficile, située dans la même liasse que les notes manuscrites précédentes (mais non avec celles-ci), et pareillement écrite sur un avis de publication d’Allen & Unwin daté du 9 février 1968, dit :

hor- [supprimé : avertissement] doit être expliqué par « avertir », bien que cela ne se réfère pas seulement aux maux ou aux dangers. On peut l’utiliser pour une personne parlant à une autre, mais il est principalement employé de façon impersonnelle, comme dans ora nin « il m’est donné un avertissement » ou dans l’expression órenya quete nin « mon cœur me dit » et est considéré comme « surgissant » d’une source intérieure de sagesse ou de connaissance, indépendante de la connaissance ou de l’expérience acquise par les sens, laquelle sagesse [?était parfois due] à l’influence d’[supprimé : autres esprits (plus sages)] esprits [?de ?] plus grands et plus sages esprits, comme ceux des Valar.

En telerin hŏra. Le nom hōre ou [?horath] « avertissement, prudence ». En q. óre tel. ora [?impersonnel] était un terme [?rencontré] en [?langage courant] dans l’expression órenya quete nin « mon óre (cœur) me dit ».

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) N.d.T. : Texte publié dans The Peoples of Middle-earth, volume XII de l’Histoire de la Terre du Milieu. Sa traduction française n’est pas encore parue.
2) « Les Étymologies » donnent la base ORO- « dessus ; s’élever ; haut ; etc. », d’où le q. óre « s’élevant » (RP, p. 433).
3) C’est-à-dire SdA, p. 1215.
4) Cf. SdA, p. 455. Aragorn dit : « Mon cœur parle enfin clairement. »
5) « Mon cœur me dit » : q. órenya quete nin : — órenya = óre- « cœur » (au sens figuré) + -nya terminaison pronominale 1ère pers. poss. sing. « mon ». quete aoriste sing. « dit, parle » < *KWET- « parler, prononcer des mots, dire » (WJ, p. 391 ; RP, p. 416 ; voir aussi supra la forme présent sing. correspondante : quéta « est en train de dire ». nin pronom datif « (à) moi » (cf. nin « pour moi », SdA, p. 412 ; RGEO, p. 67). Voir la note 15 ci-dessous.
Tel. ōre nia pete nin : — nia 1ère pers. poss. sing. « mon, mes, de moi » = q. –nya (cf. terminaison pronominale tel. 3e pers. poss. sing. –ria « à lui / #elle » dans cavaria « la maison à lui » (WJ, p. 369) = q. –rya 3e pers. poss. sing. « #sa, #son, ses » dans má-rya-t « ses deux mains » (SdA, p. 412, RGEO, p. 67). pete aoriste sing. « dit, parle » = q. quete, illustrant le développement du telerin commun : p- < *kw- (cf. WJ, p. 375). Le tel. pete, par contraste avec le tel. sīla = q. síla prés. sing. « brille » (WJ, p. 407 n. 1), et par comparaison avec les formes q. quéta prés. sing. « est en train de dire » (cf. supra) et q. sile aoriste sing. « brille » (RS, p. 324-325), suggère que le telerin, comme le quenya, préserve une distinction formelle entre l’aoriste (actions ponctuelles, habituelles ou bien sans durée particulière) et le présent pour les radicaux des verbes primaires (tels que SIL- « briller argenté », KWET- « dire, parler » et KAR- « créer, faire »). Pour ces verbes, le radical aoriste possède une voyelle racine brève et la voyelle –i pour le radical (qui devient –e en position finale, comme dans les formes aoristes au singulier, mais est préservée devant les autres terminaisons, comme le pl. –r dans karir « forment, créent » (WJ, p. 391) et silir « #brillent » (RS, p. 324), tandis que le radical au présent possède une voyelle racine allongée et la voyelle –a pour le radical. nin « (à) moi » = q. nin.
Sind. guren bêd enni : — guren = gure- « cœur » (au sens figuré) + -n terminaison pronominale 1ère pers. poss. sing. « mon, mes » (= q. –nya ; cf. lammen « ma langue », Silm. p. 378). bêd est apparemment une forme lénifiée de #pêd prés. sing. « dit ». La lénition p- > b- dans le verbe mérite d’être notée, et pourrait peut-être s’expliquer en supposant que la paire sujet-verbe dans cette expression figée était en « relation syntaxique très étroite » (cf. RP, p. 335). De sorte qu’à une période antérieure de développement du sindarin, i.e. avant que la terminaison possessive originelle *-nyā ne soit abrégée en –n (par développement régulier), la première lettre du verbe était perçue comme étant en position intervocalique après *–nyā et était ainsi sujette aux transformations consonantiques intervocaliques ordinaires. enni (correction de eni sur le dactylogramme) pronom datif « (à) moi » semble pouvoir se décomposer comme suit : #en « #à, pour » + #ni « me, moi ». Si c’est le cas, #ni pourrait s’expliquer comme étant le même élément ni « je, me » qu’on voit dans le quenya « arctique » ni, de même signification (Lettres du Père Noël, 2000, p. 30-31) et dans les q. et tel. nin « à/pour moi » et le tel. nia ci-dessus (les terminaisons –n de nin et –a de nia sont respectivement marques du datif et du possessif). L’élément putatif #en est plus difficile à expliquer. Il semble peu probable qu’il soit apparenté soit à l’article sindarin en soit au préfixe eldarin en- « mi- » (voir la note 7 ci-dessous) ou en- « encore, re- » (ibid. ; RGEO, p. 67). La meilleure façon de l’expliquer est peut-être le préfixe an- « à, pour » (vu, par exemple, dans anim « pour moi-même » (SdA, p. 1034) < an- « pour » + im « je, moi / moi-même » (SdA, p. 336)), changé en #en- par inflexion interne en i, produisant a > e (comme dans le sind. megil « épée » dans Mormegil « Noire-épée » (WJ, p. 83) = q. macil dans Mormacil (MR, p. 216)). (Contre cette explication, il est possible d’objecter que si an- était sujet à l’inflexion interne en i dans enni, on pourrait s’attendre à ce qu’il le soit dans anim. Mais il convient de noter que l’absence de l’inflexion interne en i dans anim est un problème indépendant de toute explication d’enni, faisant partie du plus vaste mystère de la variabilité apparente avec laquelle l’inflexion interne en i s’applique aux mots sindarins en général.)
6) N.d.T. : angl. heart « cœur ».
7) Ces annotations, par la suite biffées, disent : « enet pour “milieu”. end- “mi-” (comme préfixe), enet [?étendu] (lié à enek “six” ? comme moitié de douze). endor, s[indarin] ennor “Milieu des Terres” [altération de : “Milieu de la Terre”]. enetya adj. “milieu”, sind. ened (enaid). » Une note marginale grossière placée en regard dit : « [?nécessite] de distinguer en = hen “encore”. » Un autre groupe de notes apparentées se trouve sur le recto du même feuillet : « en- “encore” comme [dans] enquantuva est prob[ablement] [?] “plus loin, par-delà” [?en matière de temps sous l’influence de ?seulement en] q. enta, seulement avec des verbes. [?racine] ēn. La source de “milieu” était hen — HEN ou [?étendu] HENET. T[elerin] Hendor, q. endor, sind. ennor. Q. [?endea] HENET [supprimé : HENED]. Sind. ened “centre”, adj. enaid. Q. [supprimé : enda “central, au milieu”] entya “central, au milieu” [<] enetya. ente “centre”. [Supprimé : ende une variante de néd.] » Cf. « Les Étymologies », bases EN- « là-bas, au loin », ÉNED- « centre », NÉD- « milieu, centre » (d’où q. ende) et ÉNEK- « six ».
Pour illustrer le concept de enek « six » comme la « part moitié de douze », Tolkien fit un diagramme au verso de la page suivante : « 0 1 2 3 4 5 | 6 | 7 8 9 10 11 12. » Pour l’usage elfique du système duodécimal, voir les remarques de Christopher Tolkien dans Quettar no 14 (mai 1982), p. 6-7.
N.d.T. : Voir aussi l’Appendice sur les numéraux eldarins dans « Rivières et collines des feux de Gondor », « Mains, doigts & numéraux eldarins » et les « Addenda and Corrigenda to the Etymologies », notamment l’entrée ÉNEK-,
8) La forme sanar « esprit, penseur, réflecteur » suggère que Tolkien pourrait avoir adopté ici une nouvelle base #SAN- pour les mots liés à l’« entendement », tandis que dans les « Notes étymologiques sur l’Ósanwe-kenta », la base est dite être √sam « s’occuper de, penser, réfléchir, être conscient » (dans ces notes, l’élément san- de sanwe « pensée » est dû au développement phonologique régulier #-mw- > -nw-). Il se peut cependant que √sam- ait été retenu comme base, et que sanar « penseur » doive être considéré comme une dérivation régressive due à sanwe « pensée ». N.d.T. : Une telle dérivation (ou changement coordonné) s’accorderait bien avec les principes de l’évolution du quenya sous l’impulsion des Maîtres du Savoir en Aman présentés dans le « Dangweth Pengolodh » (cf. PM, p. 398-399) : « C’est pourquoi nul parmi les Eldar ne changerait les sons d’un mot isolé, mais changerait plutôt une certaine sonorité dans toute la structure de sa langue ; pas plus qu’il n’apporterait dans un mot seulement quelque son ou union de sons qui n’y était pas présent auparavant, mais remplacerait un ancien son par le nouveau dans tous les mots qui contenaient celui-ci — ou, sinon dans tous, dans un certain nombre, dépendant de leur forme et d’autres éléments, étant guidé par quelque nouveau motif qu’il a à l’esprit. »
9) Une note marginale excessivement difficile à lire en regard de ce paragraphe dit, pour autant que je puisse en juger : « [? cœur] qu’on pourrait appeler [? ? ? ? ?] sentiments, un pressentiment [? ? croit, bien que cela ne provienne] pas des preuves [?rassemblées] par [?son propre] esprit conscient. »
10) Le nom quenya indo, ici explicité par « résolution » ou « volonté » est appliqué à un « état (d’esprit) » dans l’Ósanwe-kenta (q.v.), et est interprété par « cœur, humeur » dans « Les Étymologies » (RP p. 408-409 s.v. ID-). Voir la note 12 ci-dessous.
11) Dans ces notes manuscrites, le q. óre est dérivé de l’eld. com. √HOR « presser, forcer, déplacer » ou « avertir », tandis que dans la note du dactylogramme, il est dérivé de l’eld. com. √ƷOR « avertir, conseiller ». Les Étymologies ont les bases KHOR- « faire aller, mettre en mouvement, encourager à l’action », d’où le q. hóre « impulsion », et GOR- « violence, stimulus, hâte ».
12) Ailleurs dans les papiers de Tolkien, dans des écrits apparemment très contemporains (i.e. env. jan. 1968), la base verbale √NID est explicitée par « force, press(ion), poussée ». Parmi les dérivés quenya donnés là se trouve le nom indo « l’esprit dans sa faculté intentionnelle, la volonté », ainsi que le verbe nirin « je presse, pousse, force (dans une direction donnée) », qui, « bien qu’applicable à la pression exercée par une personne sur autrui, par l’esprit et la “volonté” aussi bien que par la force physique, pouvait également être utilisé pour la pression physique exercée par les choses inanimées. » Cf. q. níra « volonté, en tant que potentiel ou faculté » et nirme « l’action ou un acte de níra » (voir l’Ósanwe-kenta, n. 1). « Les Étymologies » donnent NID- « se pencher contre » (RP p. 431).
13) q. (h)ore nin karitas. « Je ressens un besoin / une envie / un désir de le faire » : — bien que (h)ore nin corresponde à « Je ressens un besoin / une envie / un désir » dans la glose, la forme de (h)ore, dérivé du verbe primaire √HOR = « presser, forcer, déplacer », paraît être un aoriste sing. « presse », pas un nom (qui serait óre, comme ailleurs dans ces notes), tandis que la forme de nin semble être un pronom datif « (à/pour) moi », pas un nominatif (pour nin comme datif et pour les caractéristiques formelles du radical aoriste, voir la note 5 ci-dessus). Ainsi, la construction pourrait peut-être se voir interprétée de façon plus littérale par (h)ore impersonnel « #(il) presse / souhaite / désire » + nin « à/pour moi ». Il y aurait alors correspondance avec des constructions similaires en goldogrin : verbe impersonnel + pronom datif (e.g. luista nin « J’ai soif », cf. PE 11, p. 55 s.v. luista-, où luista est signalé être impersonnel avec un sens transitif « dessécher, tarir » et nin est apparemment un datif « à/pour moi », cf. fin « pour vous », PE 11, p. 52 s.v. lâ), ainsi qu’avec certaines langues indo-européennes comme le grec (e.g. δεî μοí « je nécessite, il me faut »), le latin (e.g. mihi placet « j’aime, il me plaît ») et même l’anglais (cf. methinks < vieil anglais mē þyncþ « il me semble », où est datif). karitas « le faire » peut apparemment s’analyser comme étant karita- radical infinitif « faire » + terminaison pronominale objet 3e pers. sing. –s « le » (cf. utúvienyes « je l’ai trouvé », cf. SdA, p. 1036; tiruvantes « ils le garderont », cf. CLI, p. 352 n. 43). karita- lui-même semble être bâti à partir du radical aoriste kari- (vu aussi dans le pl. karir « font, créent » (WJ, p. 391) < KAR- « créer, faire » (RP, p. 410) par addition du suffixe infinitif –ta. Dans d’autres papiers de Tolkien, des notes datant probablement de 1969 confirment cette analyse, citant « “l’infinitif” général (aoriste), formé par addition de –i (incapable en tant que tel d’une suffixation supplémentaire ; avec un affixe pronominal, c’était le radical de l’aoriste) ; l’infinitif particulier en –ita différant du premier à l’usage essentiellement parce qu’il était capable de recevoir des affixes pronominaux objets », et donnant des exemples comprenant karita « faire », karitas « le faire » et karitalya(s) « (le) faire par vous ».
14) Deux mots entre crochets suivent karitas : le premier commence certainement par ōr et pourrait être soit ōr- soit ōra ; le deuxième est assez obscur, mais pourrait être nin ou peut-être « bouger » [angl. move], comme explication de ōr(a)).
Q. nō namin alasaila « mais [je] le juge imprudent » : — conjonction « mais », jamais attestée par ailleurs. (Dans un message sur la liste de diffusion Tolkien datant du 1er avril 1999, Michael Dawson cite de façon doublement indirecte une lettre non publiée de Tolkien contenant deux phrases en quenya ; dans la seconde se trouve une forme identique , qui y est cependant traduite par « avant ». La date de cette lettre de Tolkien, qui n’existe apparemment plus, est inconnue, mais d’après M. Dawson, elle fut écrite quelques années avant 1968. Le message de M. Dawson est archivé sur la Toile à cette adresse. Noter que le verbe que Dawson donne comme étant #meriu, que Tolkien traduit par « je souhaite » doit être une lecture fautive de merin = meri- radical aoriste « souhaite » + terminaison pronominale 1ère pers. sing. –n « je ».) namin « je juge » = nami- radical aoriste « juge » (cf. nāmie « un jugement ou désir unique », nāma « un jugement ou désir » plus haut dans ces notes, Námo « Juge » — un nom de Mandos (WJ, p. 402) et namna « édit » (WJ, p. 258), tous suggérant l’existence d’une base verbale non attestée #NAM- « juger ») + terminaison pronominale 1ère pers. sing. –n « je ». alasaila adjective « imprudent » = préfixe négatif ala- « in-, non- » (cf. alahasta « immaculée », MR, p. 254 n.) + saila adjectif « sage », apparenté à l’élément sindarin sael dans Saelind « Cœur-sage » (MR, p. 305) et apparemment dérivé de la base verbale SAY- « savoir, comprendre » (RP, p. 441) par addition de la terminaison participiale / adjectivale –la (cf. adj. faila « noble d’esprit, juste, généreux », possiblement dérivé de √phaya « esprit », cf. PM, p. 352 ; kaila « couché (au lit) » < KAY- « être allongé », cf. RP, p. 411 ; et de nombreux exemples en M&C, p. 274-275).
N.d.T. : Dans des notes datant de décembre 1959 (cf. VT 42 p. 33-34), Tolkien donne les formes aoristes navin « je conseille, je pense » et navilwe « nous jugeons », ainsi que le radical nave « juge », qui pointent eux vers une hypothétique base verbale #NAB-.
15) Q. ōrenya quēta nin « Mon cœur est en train de me dire » : — voir plus haut la note 5. quéta présent continu sing. « est en train de dire », voir la discussion du radical aoriste et de la forme aoriste correspondante quete dans la note 5 ci-dessus.
16) Une petite marque ressemblant à un « T » majuscule avec une barre verticale quelque peu allongée et penchant légèrement à gauche figure au-dessus du e final d’orne ; elle pourrait signifier qu’il faut lire ornḕ ou peut-être ornḗ (i.e. avec une voyelle finale longue recevant un accent secondaire ou primaire). orórie fut écrit et supprimé à deux reprises. orie est écrit au-dessus du second orórie supprimé. La voyelle finale du terme supprimé ohóre est incertaine : cela pourrait être un i (et ainsi représenter un #ohórie tronqué).
À part la première forme ōre, un nom, cette liste de dérivés quenyarins de la base verbale eld. com. √HOR = « presser, forcer, déplacer » n’est pas expliquée quant à sa forme ou sa fonction, mais il est possible d’émettre certaines hypothèses. Des indices dans d’autres écrits de Tolkien suggèrent que ora, ōrea et orane sont les formes réflexes d’un dérivé de ōr- à radical en –a, représentant respectivement l’aoriste (« presse »), le présent continu (« est en train de presser ») et le passé (« pressait »). (Mais noter le contraste avec ore, forme aoriste à radical en –i, dans les phrases en quenya qui précèdent ce paradigme.) orne (quelle que soit l’interprétation de la marque au-dessus de la voyelle finale) semble être une variante (possiblement primitive) du radical au passé, oruv• le radical au futur (« pressera ») (le point pourrait être un a laissé incomplet par inadvertance) ; orie et les formes supprimées orórie et ohór(i)e des alternatives pour le radical au parfait (« a pressé ») (avec et sans redoublement, cf. avánier « ont disparu », correction de vánier (RGEO, p. 76)). Les formes supprimées semblent montrer Tolkien expérimentant deux façons de former le parfait avec redoublement : dans orórie le radical complet or- est préfixé ; dans ohór(i)e (qui présente de plus la rétention intervocalique de l’initiale originelle *h- de la base eld. com.) seule o-, la voyelle du radical, est préfixée.
N.d.T. : Le fait que cette conjugaison suive le paradigme des verbes à radical en –a suggère que le verbe fort à radical en –i utilisé dans les phrases impersonnelles ci-dessus était tombé en désuétude et n’existait probablement plus que dans un nombre limité d’expressions figées.
17) Dans la marge supérieure de la page, au-dessus de ces explications, figure une note excessivement difficile à lire, qui, pour autant que je puisse en juger, dit : « hóre [?n’est pas la] conscience. La connaissance [?intime ou] innée de ce qui est bon pour la santé de [?l’entendement & l’âme ? le bien ? ?] au-delà de la sagesse de l’expérience [? ? pitié ? ? ?]. »
18) Ici, Tolkien écrivit, supprima, et réécrivit le radical phel-, apparemment comme traduction d’« émotion » ; voir la note suivante.
19) Tolkien écrivit ici : « q. felme | feafelme | hroafelme » qui pourraient probablement être traduits par « impulsion, émotion », « impulsion de l’esprit » et « impulsion du corps », respectivement.
20) Il s’agit du texte datant d’environ 1959 publié sous le nom « Athrabeth Finrod ah Andreth » dans Morgoth’s Ring (MR, p. 303 sq.).
21) Avant Eignor, Tolkien écrivit d’abord, puis supprima « Aegnor Ek ». Ekyanāro est une correction de la forme manuscrite Ekynāro. Aucune de ces formes du nom du frère de Finrod n’a été précédemment rencontrée. Dans l’Athrabeth, la forme sindarine est Aegnor (comme initialement écrit ici, mais là-bas altéré à partir d’un Egnor plus ancien), le quenya Aikanár (MR, p. 323, 327 n. 17). Les formes présentes suggèrent que le premier élément du nom est (ou est dérivé d’) une forme adjectivale #ekya « aigu ». « Les Étymologies » donnent les bases AYAK- « aigu, pointu », d’où le q. aika « aigu » ; et EK-, EKTE- « lance », d’où le nold. Egnor.
22) C’est-à-dire qu’on pensait que la durée de vie originelle voulue pour les Hommes fut atteinte par les Númenóriens avant leur chute et était comprise entre 200 et 300 ans.
23) Cf. SdA, p. 1135. Aragorn affirme de plus qu’il reçut « une durée triple de celle des Hommes de la Terre du Milieu. » D’après l’Appendice B du Seigneur des Anneaux, Aragorn naquit le 1er mars 2931 (= 1331 dans le Comput de la Comté, cf. SdA, p. 1169) et mourut le 1er mars 1541 (C.C.), son 210ème anniversaire (SdA, p. 1179), exactement trois fois l’allocation biblique de soixante-dix ans (cf. Psaumes 90-10).
24) Cf. « Le Conte d’Adanel » (MR, p. 345-349) ; également MR, p. 351, 354-356. Le premier jet du manuscrit disait « un dieu » ; « dieu » fut ensuite changé en « Dieu. ». L’article indéfini ne fut pas supprimé, mais aurait probablement dû l’être, et a donc été enlevé ici éditorialement.
25) En dépit de la difficulté de ce passage, il est possible d’en lire assez pour que le sens paraisse clair : de par l’acceptation par les Hommes de Melkor comme Dieu, celui-ci gagna accès à leur óre, de telle sorte que seuls les plus sages des Hommes pouvaient distinguer le conseil non corrompu de l’óre et les encouragements maléfiques de Melkor. Voir supra l’affirmation de la note du dactylogramme selon laquelle « l’óre des Hommes était ouvert aux conseils maléfiques et s’y fier n’était pas sûr. »
26) N.d.T. : Tolkien fait ici une distinction, dont il n’est pas coutumier, entre « esprit, âme » (angl. spirit) et « esprit, entendement » (angl. mind). Habituellement, Tolkien utilise mind de façon systématique et ce terme est rendu en conséquence par « esprit » (sauf pour l’expression inner mind, traduite par « entendement intime »). Ici, le contexte requiert de faire la distinction, d’où le glissement sémantique.
27) Au-dessus de la traduction de fea (et de son ancêtre primitif phayā) comme « esprit / âme », Tolkien écrivit « ī faya », suivit de « rhava » (altération de rhawa). Cf. MR, p. 349-350.
28) L’écriture de Tolkien devient extrêmement difficile à partir de ce point. Pour autant que je puisse le déterminer, la note se poursuit par : « car bien que n’étant pas physique [?] étaient [?] c’était [? ?] de la fea [?lorsque] c’était [?cœur] du [?] de par l’[?impact] de l’expérience de son hroa / corps [?] l’óre [??]. »
 
langues/langues_elfiques/quenya/notes_ore.txt · Dernière modification: 02/07/2014 07:22 par Elendil
Partager sur
Nous suivre sur
https://www.facebook.com/Tolkiendil https://www.twitter.com/TolkiendilFR https://plus.google.com/+Tolkiendil http://www.youtube.com/user/AssoTolkiendil
Tolkiendil - http://www.tolkiendil.com - Tous droits réservés © 1996-2017