Sur LH et RH (sans parler de HL et HR)

Trois Anneaux
Helge Kåre Fauskanger — Août 1999
traduit de l’anglais par Damien Bador
Article théoriqueArticles théoriques : La maîtrise globale des écrits de J.R.R. Tolkien est nécessaire pour bien saisir la portée des articles de cette catégorie, les sujets étant analysés de façon poussée par leurs auteurs.

En adaptant les matériaux « noldorins » des « Étymologies » au sindarin tel que Tolkien finit par le concevoir, de nombreux mots doivent être légèrement altérés pour se conformer aux révisions effectuées après l’écriture des Étym. dans la deuxième moitié des années trente. L’un de ces changements a été décrit dans l’article « AE ou OE ? ». Cet essai porte sur la question de savoir si la diphtongue primitive ai donne oe ou ae dans la langue aux sonorités celtiques du mythe de Tolkien : en « noldorin », la règle principale était que ai devenait oe, comme on le voit dans la majeure partie des « Étymologies ». Cependant, Tolkien changea d’avis et autour du moment où le noldorin se transforma en sindarin, il décida également que ai devenait en fait ae dans cette langue.

Un autre changement, affectant un grand nombre de mots, concerne les sons normalement représentés par les digraphes lh et rh dans l’écriture latine adoptée par Tolkien pour le noldorin / sindarin. En quenya, ces mêmes sons sont normalement orthographiés hl et hr. Il s’agit des L et R sourds, c’est-à-dire des L (dental) et R (roulé) prononcés sans vibration des cordes vocales. Tolkien avait de toute évidence à l’esprit ce que l’on peut décrire comme des variantes « murmurées » des L et R normaux de l’elfique. En anglais, le l sourd n’est qu’une variante du l normal : par exemple, le l de please sera normalement sourd ; en contraste avec le l voisé de lease – pour emprunter un exemple à An Introduction to Elvish. Mais en sindarin et en quenya, ces sons sourds étaient des phonèmes indépendants.

Dans le noldorin des « Étymologies », rh- et lh- sont des sons initiaux fréquents. Les mots primitifs et les radicaux en r- et l- donnent en règle générale des mots noldorins en rh- et lh-, tandis que les mots en quenya correspondants ont des r- et l- normaux, c’est-à-dire le même son que dans la langue primitive. Pour ne citer que deux exemples, le primitif rigê « couronne » donne le noldorin rhî et le quenya rië (LRW, p. 383 s.v. RIG), tandis que le lassê primitif génère le noldorin lhass et le quenya lassë (LRW, p. 367 s.v. LAS1). En noldorin, on peut dire que les sons lh et rh sont simplement la manière dont sont réalisés les phonèmes /l/ et /r/ lorsqu’ils sont en position initiale. Cependant, nous savons que Tolkien révisa ce concept. À l’époque où le noldorin se transforma en sindarin, Tolkien décida qu’en sindarin comme en quenya, les r- et l- initiaux primitifs restaient inchangés. Dans les premiers manuscrits du SdA, on retrouve des traces du même système que dans « Les Étymologies » (par exemple, dans RS, p. 438, nous avons Rhascarn comme première version du nom du Caradhras, le Rubicorne : il s’agit clairement de rha(s) « corne » + carn « rouge »), mais le changement ne tarde pas à devenir presque universel. Par conséquent, il existe un bon nombre d’exemples de mots noldorins en rh- et lh- correspondant à des noms sindarins en r- et l-. Nous allons en examiner certains.

Le noldorin rhom « corne, trompette » (LRW, p. 384 s.v. ROM) réapparaît sous la forme rom en sindarin (WJ, p. 400) ; dans les deux cas, la forme primitive était sans nul doute censée commencer par un simple r- (probablement #rombâ, cf. romba en quenya et en vieux noldorin / vieux sindarin). Le noldorin lham(b) « langue » (LRW, p. 367 s.v. LAB) correspond au sindarin lam (WJ, p. 394 cf. 416) ; les deux doivent être dérivés du primitif lambâ (ou lambê lorsque la signification est « langue, langage » plutôt que « organe de la langue », mais ceux-ci fusionnèrent en noldorin comme en sindarin). Un autre exemple du changement du lh- noldorin en l- sindarin est visible dans le mot pour « fleur », noldorin lhoth (LRW, p. 370 s.v. LOT(H)) correspondant au sindarin loth (listé dans l’Appendice du Silmarillion). Christopher Tolkien mentionne le nom noldorin de l’aigle Lhandroval en LRW, p. 382 s.v. RAM ; la nouvelle forme sindarine Landroval se retrouve dans le SdA, Livre VI chap. 4 (« [Gwaihir] souleva Gandalf et fila vers le Sud, et avec lui vint Landroval […] »). Un autre exemple encore nous est donné par le mot noldorin lheithian « délivrance, libération » (LRW, p. 368 s.v. LEK) ; le Silmarillion publié parle du « Lai de Leithian, la Délivrance » (chap. 19). La nouvelle forme leithian se retrouve sur une feuille accompagnant « Les Étymologies » elles-mêmes ; voir ci-dessous. Pour de nouveaux exemples de la révision rh > r, comparons le toponyme Rhamdal (LRW, p. 390 s.v. TAL, TALAM) avec la forme Ramdal du Silmarillion. La forme noldorine du mot « cave » était rhond (ou rhonn), listée dans LRW, p. 384 s.v. ROD. Elle correspond clairement au mot sindarin ultérieur rond, comme dans Hadhodrond, nom gris-elfique de la Moria (WJ, p. 414, indique que Tolkien décida plus tard que le radical était RONO plutôt que ROD, mais cela ne change rien à notre propos). Voir encore le nom noldorin féminin Rhian « Don de la couronne » (LRW, p. 368 s.v. RIG), à comparer avec Rían, le nom de la femme de Huor dans le Silmarillion.

Porte de la Moria (© Ted Nasmith)

Ainsi, il ne manque pas de preuves en faveur de la révision lh > l et rh > r. Mais les sons rh- et lh- ne se retrouvent-ils pas également dans le sindarin ultérieur ? C’est le cas. Cependant, ils ne sont plus dérivés des l- et r- simples de la langue primitive, ni ne sont de simples allophones de /r/ et /l/. Dans l’Appendice E du SdA, Tolkien explique ses conventions d’écriture :

« LH représente [L] lorsque ce son est sourd (dérivant habituellement d’un son sl- initial). En quenya (archaïque), il s’écrit hl, mais se prononçait généralement l au Troisième Âge. »1)

Et de même au sujet de rh :

« RH représente un r sourd (dérivant habituellement d’un ancien sr- initial). Il s’écrivait hr en quenya. »2)

Par conséquent, les sindarins rh et lh (et les quenyarins hl, hr) doivent normalement être dérivés de sl- et sr- plutôt que des simples l- et r- (car Tolkien avait décidé que ceux-là restaient inchangés en sindarin comme en quenya). La transformation sr > rh/hr est confirmée par une source postérieure au SdA, Tolkien dérivant des mots elfiques pour « chair » – sindarin rhaw et quenya hrávë – dérivés d’un srâwê primitif (MR, p. 350). Ce nouveau système diffère du scénario linguistique que Tolkien avait utilisé dans « Les Étymologies ». Lorsqu’il les rédigeait au milieu des années trente, Tolkien avait établi que les sr- et sl- initiaux donnaient thr- et thl- en noldorin, tandis qu’en quenya, le sl- initial était simplement simplifié en un l- normal (et sr- aurait probablement donné de la même manière un simple r-, mais les Étym. n’en proposent aucun exemple). On peut le constater avec le verbe thribi « gratter », dérivé du radical SRIP, ou avec le primitif slaiwâ « maladif » (radical SLIW) donnant le noldorin thlaew (ou thloew). Le thl- initial devint finalement fl-, et thlaew apparut plus tard sous la forme flaew (il existe deux autres exemples de ce changement : thliw « maladie », dérivé du même radical SLIW, donnant plus tard fliw, et thloss « murmure », dérivé du radical SLUS, devenant ultérieurement floss). Les termes apparentés en quenya présentent un l- simple (nold. thlaew/flaew = q. laiwa, nold. thiw/fliw = q. lívë, nold. thloss/floss = q. lussë). Dans le quenya des « Étymologies », il ne se trouve aucun mot en hr- ou hl- ; de toute évidence, ces sons n’existaient pas en haut-elfique dans la conception de Tolkien à cette époque. Ainsi, pour résumer :

Ancien système (utilisé dans la majeure partie des Étym.) :

  • Le l- initial primitif donne lh- en noldorin et l- en quenya.
  • Le r- initial primitif donne rh- en noldorin et r- en quenya.
  • Le sl- initial primitif donne thl- en noldorin (devenant plus tard fl-) et l- en quenya.
  • Le sr- initial primitif donne thr- en noldorin et #r- en quenya (pas d’exemple attesté).

Mais ensuite, en atteignant le stade du SdA, Tolkien décida que les l-, sl- et r-, sr- évoluaient de la même manière en quenya et en « noldorin » > sindarin :

Nouveau système (utilisé dans le quenya et le sindarin du style du SdA) :

  • Le l- initial primitif demeure l- en sindarin et en quenya.
  • Le r- initial primitif demeure r- en sindarin et en quenya.
  • Le sl- initial primitif donne un L sourd, orthographié lh-, en sindarin, et hl- en quenya.
  • Le sr- initial primitif donne un R sourd, orthographié rh-, en sindarin, et hr- en quenya

Par conséquent, la conclusion doit être la suivante : en réactualisant les matériaux « noldorins » des « Étymologies » par rapport au sindarin du style du SdA, il nous faudra changer les premières consonnes des mots débutant par lh- et rh- en des l- et r- normaux, tandis que pour les mots noldorins en thl- (fl-) et thr-, il faudra altérer leurs consonnes initiales en lh- et rh- en sindarin. Nous pourrions également envisager d’introduire hl- à la place du l- simple dans les mots quenyarins dérivés de radicaux en SL- (et hr- dans les mots dérivés de radicaux en SR-, si les Étym. nous avaient fourni un exemple de ceci, mais le seul radical concerné est SRIP, qui ne liste aucun mot quenya).

Les Portes du Sirion (© Ted Nasmith)

Concernant les formes « noldorines » / sindarines, il existe aussi des traces (ou devrions-nous dire des prémonitions ?) de ces révisions dans « Les Étymologies ». Dans certains cas, nous avons des mots noldorins présentant un l- ou un r- initial à la place de lh- ou rh-, comme si le nouveau système était déjà à l’arrière-plan : ces mots des « Étymologies » peuvent généralement être adoptés en sindarin à peu près tels quels. Les transformations entre lh / l et rh / r ne semblent pas systématiques et reflètent probablement une simple indécision de Tolkien. L’entrée LEK (LRW, p. 368), où Tolkien orthographia initialement le mot pour « délivrance, libération » lheitian est particulièrement intéressante. Sur ce que Christopher Tolkien qualifia de « feuillet accompagnant ces étymologies », ce mot devient leithian : « Leithian délivrance ; cf. Lai de Leithian. » Il semblerait que Tolkien ait effectué la révision après avoir écrit l’entrée originelle, mais avant de rédiger le feuillet en question. D’autres cas de l- à la place de lh- déjà présents dans « Les Étymologies » sont lalf et lalven (pl. lelf, lelvin) « hêtre » (entrée ÁLAM ; contraster avec la forme lhalwen dans l’entrée LÁLAM, mais même dans cette dernière entrée, le pl. est donné sous la forme lelwin plutôt que #lhelwin !), leithia « délivrer » (LEK, dans le feuillet qui contient la forme leithian), lith « sable » (LIT), lond > lonn « chemin » (AK-, mais lhonn dans l’entrée LOD !), Lothlann (toponyme) (LUS-, mais Lhothlann dans l’entrée LAD !). Les cas de r- en lieu et place de rh- sont râd « chemin, sentier », rado « tracer une voie, trouver une voie », rant « gisement de minéraux métalliques, veine », rath « cours, lit de rivière » (tous listés sous le radical RAT), Rathloriel (nom de rivière) (RAT, LÁWAR/GLÁWAR), Regornion « Houssaye » (ERÉK), risto « rompre, déchirer » (RIS), roch « cheval » (ROK), rosta « creuser, excaver » (ROD).

Inversement, « Les Étymologies » listent aussi quelques mots noldorins en lh- et rh- qui conservent ces sons initiaux en sindarin. Nous avons par exemple le terme lhaw « (paire d’)oreilles », dérivé d’un ancien duel lasû, provenant du radical LAS2 « écouter ». Normalement, nous n’hésiterions pas à amender lhaw en law en sindarin. Cependant, la forme lhaw apparaît dans le SdA lui-même, comme partie du nom Amon Lhaw, la « Colline de l’Ouïe » ou littéralement « #Colline des Oreilles » (mentionnée à la fin du chapitre « Le Grand Fleuve » dans la Communauté de l’Anneau). Que faire de cela ? Il semble que dans quelques cas, Tolkien ait transféré d’anciennes formes noldorines en lh- ou rh- en sindarin, probablement pour la simple raison qu’il aimait leur son. Bien sûr, il fut nécessaire à Tolkien d’inventer de nouvelles étymologies pour ces mots, le renvoyant aux formes primitives en sl- et sy-, là où l- et r- suffisaient dans l’ancien système. Il est clair qu’après la période du SdA, Tolkien dériva lhaw du radical SLAS, non plus LAS comme dans « Les Étymologies ». On le voit par le verbe quenya apparenté hlar- « écouter », visible dans une version tardive du poème Markirya (MC, p. 222 : Man hlaruva rávëa súrë [?] « Qui entendra le vent rugissant [?] ») En quenya, les hl- initiaux dérivent de formes anciennes en sl-. Si nous voulions être totalement cohérents, il nous faudrait changer l- en hl- dans les mots quenyarins dérivés de LAS2 dans « Les Étymologies » (notamment lár « paire d’oreilles », le verbe lasta- « écouter » et le nom lasta « écoute », ainsi que le nom Lastalaica « oreilles-perçantes »). Puisque le mot noldorin lhaw « (paire d’)oreilles » garda son lh- en sindarin, nous devons encore supposer que le mot singulier apparenté lhewig « oreille » resta aussi inchangé.

Un autre cas de lh- « noldorin » persistant en sindarin est le mot lhûg « dragon, serpent », d’abord listé dans « Les Étymologies » (s.v. LOK, LRW, p. 370), mais réapparaissant dans l’Appendice du Silmarillion (entrée lok-), où il est explicitement dit être sindarin. Mais cette dernière source précise aussi que le mot quenya correspondant était (h)lókë, tandis que « Les Étymologies » avaient simplement lókë. Le mot quenya hlókë requiert une forme primitive en sl- (de toute évidence #slôkê) : Tolkien avait une fois de plus introduit une nouvelle étymologie pour garder un mot sindarin sous sa forme noldorine ; pour une raison inconnue, il ne voulait pas changer lhûg en lûg.

Glaurung et Finduilas (© Ted Nasmith)

On trouve encore quelques cas de rh- persistants en sindarin là où l’on s’attendrait normalement à trouver r-. Dans « Les Étymologies », l’entrée RUSKÂ liste une forme noldorine rhosc « brun, marron » ; nous l’émenderions normalement en rosc en sindarin, mais dans le SdA, nous trouver Rhosgobel comme nom de la demeure de l’un des Mages (durant le Conseil d’Elrond, Gandalf se référa à « Radagast le Brun, qui demeurait jadis à Rhosgobel »). Cela peut difficilement signifier autre chose que « Village brun », rhosc + gobel (pour le second élément, voir l’entrée PEL(ES) des « Étymologies »). Il semble que nous devions accepter rhosc comme le mot sindarin pour « brun, marron », et supposer qu’il est dérivé de #SRUSKÂ plutôt que de RUSKÂ.

Un autre mot en rh- dont Tolkien ne parvint manifestement pas à se défaire est rhûn « Est ». Il est listé sous cette forme dans « Les Étymologies » (LRW, p. 384 s.v. ) comme dans l’Appendice E du SdA. Le terme quenya apparenté rómen est aussi mentionné dans les deux sources, ce qui relativement curieux : si le sindarin possède rhûn, dérivé d’un #srônâ primitif, et que le même élément est aussi à l’origine de la première partie du quenya rómen, le mot quenya aurait dû être hrómen ! La première partie de rómen doit provenir de #rô-, mais nous ne pouvons renvoyer le sindarin rhûn à #rônâ, car cela donnerait rûn à la place en gris-elfique. Ainsi, malgré l’affirmation de Christopher Tolkien à l’entrée rómen de l’Appendice du Silmarillion que les mots sindarins rhûn et amrûn « étaient de la même origine » que le quenya rómen, une variation de radical doit intervenir. Le mot quenya doit provenir d’un radical RÔ-, tandis que les formes sindarines sont manifestement le reflet d’une variante avec un S- préfixé : SRÔ-. Quelque part dans les matériaux non publiés, il existe sans nul doute une note expliquant comment le sindarin peut avoir rhûn alors que le quenya a rómen3) !

Le mot rhass « précipice » devrait peut-être lui aussi être conservé tel quel. Le radical est KHARÁS, donc la forme en vieux sindarin serait #khrasse ; la combinaison initiale khr pourrait fort bien donner un rh sourd en sindarin elle aussi (dans l’Appendice E du SdA, Tolkien affirma que le rh sindarin était « habituellement dérivé d’un ancien sr- initial », une formulation indiquant qu’il existait également d’autres combinaisons primitives pouvant donner ce son, quoiqu’elles fussent moins fréquentes). De plus, changer rhass en rass créerait un conflit avec le mot pour « corne ».

Mettre à jour les matériaux des « Étymologies »

Nous allons par conséquent essayer de résumer comment traiter les matériaux des « Étymologies » pour les adapter aux découvertes ultérieures de Tolkien sur l’évolution des langues elfiques.

1. Dans ces mots noldorins, lh- devrait être changé en un l- normal en sindarin :

lhaden (pl. lhedin) « ouvert, dégagé » (LAT), lhaeg « effilé, aiguisé, aigu » (LAIK), lhaes « bébé » (LAP), lhagr « rapide, prompt » (LAK2– en sindarin du style du SdA, cette forme devrait être lagor plutôt que lagr), lhain < lhein « libre, libéré » (LEK – en sindarin du style du SdA, la forme devrait être lain plutôt que lein), lhalorn « hêtre » (LALAM), lhalwen « hêtre » (LALAM ; le pl. noldorin lelwin, qui est sûrement une erreur pour lhelwin, est déjà prêt pour le sindarin !), lhamb, lham « langue » (LAB – la forme sindarine devrait être lam, attestée en WJ, p. 394 cf. 416, plutôt que lamb), Lhamthanc « langue fourchue », nom de serpent (STAK), lhanc « gorge » (LANK), lhand « espace ouvert, niveau » (LAT), lhand, lhann « large » (LAD – la forme sindarine devrait être land plutôt que lann), Lhandroval (nom d’aigle) (RAM ; la nouvelle forme Landroval est attestée en SdA VI/4), lhang « coutelas, épée, {sabre ?}) (LAG), lhant « clairière en forêt » (LAT), lhasbelin « automne » (KWEL, LAS1), Lhasgalen « Feuille verte », un nom de Laurelin (LAS1; cf. Eryn Lasgalen « Bois des Feuilles vertes » comme nouveau nom de Mirkwood dans l’Appendice B du SdA), lhass « feuille » (LAS1), lhat « fouet de [? cuir] » (LATH), Lhathleg « oreilles pointues » (nom) (LAS2), lhathrado et lhathro « surveiller, écouter, épier » (LAS2), lhathron « auditeur, écoutant, oreille indiscrète » (LAS2), lhaug « chaud » (LAW), lhaws « chevelure » (même glose que pour le quenya lokse, mais différente du noldorin lhoch !) (LOKH), lhebed « doigt » (LEP/LEPET), lheben « cinq » (LEP/LEPEN/LEPEK), lhefi « lécher » (LAB ; devrait être orthographié levi plutôt que lefi en sindarin ; la 3ème pers. sing. du présent en noldorin lhâf, également mentionnée dans les Étym., deviendrait cependant simplement lâf), lhegin « rapide, prompt » (LAK2), lheithian « délivrance, libération » (LEK ; la nouvelle forme leithian se trouve sur un feuillet accompagnant « Les Étymologies » et est aussi attestée dans le Silmarillion publié), lheitho « délivrer » (LEK ; la forme leithia-, trouvée sur le feuillet mentionne ci-dessus, serait peut-être préférable en sindarin, plutôt que de simplement changer lheitho en leitho, leitha-), lhend « harmonieux, doux » (LIND), lhevon ou lhifnir « Elfe restant derrière » (LEB/LEM) = quenya Lembi (mais les mots noldorins sont au sing., non au plur. ; Tolkien appela plus tard les Lembi Avari, sindarin Evair, aussi il faudrait peut-être oublier ces mots noldorins au lieu de les mettre à jour), lhimb, lhim « poisson » (LIW – en sindarin du style du SdA, la forme serait lim plutôt que limb), lhimlug « dragon-poisson, serpent de mer » (LOK), lhimmid (passé lhimmint) « humidifier » (LINKWI ; lire peut-être limmida-plutôt que simplement limmid en sindarin), lhimp « mouillé » (LINKWI), lhîn « étang » (LIN1), Lhîn Uial (toponyme) (MUY), lhind, lhinn « air, mélodie » (LIN2 – en sindarin du style du SdA, la forme devrait être lind plutôt que linn, mais –linn peut être préféré dans des composés comme aerlinn), lhîr « ligne, rangée » (LIR2), lhoch « boucle de cheveux » (LOKH), lhoda « flotter » (LUT), lhoeb « frais » (LÁYAK, la forme sindarine devrait être laeb plutôt que loeb, à cause d’une autre révision qu’effectua Tolkien), Lhoebelidh et Lhoebenidh « Elfes-verts » (LÁYAK – nous aurions aussi à changer oe en ae si ces mots devaient être adaptés en sindarin, mais pour diverses raisons, il vaut mieux ignorer ces termes « noldorins » : comme mots sindarins pour « Elfes verts », ils sont dans tous les cas rendus obsolètes par Laegil, Laegrim, Laegel(d)rim,sing. Laegel, dans WJ, p. 385), lhong « lourd » (LUG1), lhonn « étroit chemin, détroit » (LOD – la forme noldorine plus ancienne, qui n’est pas donnée, serait lhond, cf. quenya londë, et dans le sindarin du style du SdA, nous nous attendrions aussi à lond plutôt qu’à lonn ; la forme lond se trouve en fait mentionnée dans l’entrée LOD comme dans l’entrée AK), lhost « vide » (LUS), lhoth « fleur » (LOT(H)), Lhothland > Lhothlann « large et vide », nom d’une région (LAD ; la forme « sindarine » Lothlann est attestée à l’entrée LUS), lhû « un moment, occasion » (LU), Lhuien = quenya Lórien, nom d’un Vala (LOS), lhum « ombre » (LUM), lhumren « ombreux » (LUM), lhûn « bleu » (LUG2 ; cependant le Silmarillion semble indiquer que Tolkien se décida pour luin comme mot sindarin pour « bleu » ; un toponyme Lhûn apparaît bien dans le Silmarillion publié, quelque puisse être son étymologie et sa signification), Lhúndirien « Tours Bleues », autre nom de l’Eredluin = « Montagnes Bleues » (LUG2 ; Christopher Tolkien cite une apparition de Luindirien à un autre endroit, et cela pourrait être préférable en sindarin), Lhúnorodrim « Montagnes Bleues » (LUG2), lhunt « navire » (LUT), lhût « sort, charme » (LUG2), lhútha- « enchanter » (LUG2), Lhúthien « enchanteresse » (nom fém. = Lúthien) (LUG2).

Lúthien (© Ted Nasmith)

2. Quelques mots en lh- des « Étymologies » qui ne devraient pas être modifiés en sindarin (parce que Tolkien révisa à l’évidence leur dérivation, les renvoyant aux radicaux en SL- plutôt qu’à ceux en L-) : lhewig « oreille », lhaw « oreilles » (la paire d’oreille d’une personne) (LAS2), lhûg « serpent » (LOK ; voir lóke dans l’Appendice du Silmarillion pour la glose). Après la révision, nous devons supposer que Tolkien introduisit à la place des radicaux comme SLAS- et SLOK-. Dans le Parma Eldalamberon nº 17, p. 77, 185, le radical SLAS, donnant le sindarin lhaw est directement attesté, et à la page 160, le sindarin lhûg est dérivé de (s)lôkô.

3. Mots noldorins en thl- ou fl- dérivés de sl-, qui devraient avoir lh- à la place en sindarin :

thlaew, thloew « maladif, malade, souffrant » (SLIW ; la forme sindarine devrait être lhaew plutôt que lhoew), thlê « fine corde, fil d’araignée » (SLIG), thlein, pl. thlîn « svelte, fin, maigre » (SLIN ; en sindarin du style du SdA, le sing. devrait être lhain plutôt que lhein), thlind, thlinn « fin, tendre » (SLIN ; la forme sindarine devrait être lhind plutôt que lhinn), thling « araignée, toile d’araignée, arantèle » (SLIG), thlingril « araignée » (SLIG)4), thliw, fliw « maladie » (SLIW ; la forme sindarine devrait probablement avoir une voyelle longue : lhîw), thloss, floss « un murmure ou son bruissant » (SLUS/SRUS). Les mots en quenya dérivés des mêmes radicaux devraient en toute rigueur voir leurs consonnes initiales modifiées de l- en hl- si nous voulions poursuivre jusqu’au bout la révision de Tolkien : línë « arantèle », lia « corde fine, fil d’araignée », liantë « araignée » (tous dérivés de SLIG), lívë « maladie », laiwa « maladif, malade, souffrant » (tous dérivés de SLIW). Le mot primitif slindi « fin, délicat » aurait normalement dû donner le quenya lindë (ancien système) ou hlindë (nouveau), mais en LRW, p. 386 s.v. SLIN, Tolkien affirma qu’il fusionna avec un mot primitif distinct, lindâ « sonnant agréablement », qui donna le quenya linda (dans les deux systèmes !) Les significations de lindâ et slindi fusionnèrent pour créer un terme général pour « beau ». Par conséquent, slindi ne donna naissance ni à lindë ni à hlindë, et il ne faut pas insister pour que linda soit modifié en hlinda, puisque d’après sa forme, ce mot descend principalement de lindâ (le l- primitif simple reste inchangé en quenya).

Imladris (© Ted Nasmith)

4. Dans ces mots noldorins, rh- devrait être changé en r- normal en sindarin :

rhaen « tordu » (RAG), rhaes (probablement une erreur de lecture pour #rhass) « corne » (en particulier d’un animal vivant, mais s’appliquant aussi aux montagnes ; la forme sindarine rass est mentionnée dans l’Appendice E du SdA) (RAS), rhaew « brasse » (RAK), rhafn « aile (corne), point étendu sur le côté, etc. » (RAM), rhain > rhein « frontière » (REG ; la forme sindarine devrait être rain plutôt que rein), rhamb, rham « mur » (RAMBÂ ; la forme sindarine devrait être ram, listé dans l’Appendice du Silmarillion] plutôt que ramb), Rhamdal « Fin de mur », toponyme du Beleriand Est (TALAM ; la nouvelle forme Ramdal est attestée dans le Silmarillion publié), Rhân « Lune » (RAN, THIL), rhanc, pl. rhenc (pl. arch. Rhengy) « bras » (RAK ; la forme plurielle « non-archaïque » devrait peut-être s’écrire rainc plutôt que renc en sindarin du style du SdA), rhandir « errant, pèlerin » (RAN), rhasg « corne » (en particulier sur un animal vivant, mais aussi appliqué aux montagnes) (RAS), rhaud « métal » (RAUTÂ ; signification modifiée par Tolkien : le mot était initialement glosé « cuivre »), rhaudh « creux, caverneux » (ROD), rhaug « démon » (RUK), rhaun « errant » (RAN), rhaw (1) « banc » (d’une rivière, en particulier) (RAMBÂ), (2) « espace sauvage, sauvagerie » (RAB) (3) « lion » (RAW ; le pluriel rhui « lions » listé ici serait roe en sindarin plutôt que rui), rhedhi « semer » (RED), rhein (< rhoein) « fente, trace, sente, empreinte de pas » (RUN ; la forme sindarine devrait être rain plutôt que rein ou roein), rhemb, rhem « fréquent, nombreux » (RIM ; la forme sindarine devrait être rem plutôt que remb), rhenio (1) « s’égarer » (RAN), (2) rhenio « voler, naviguer ; errer » (RAM ; ce deuxième « rhenio » est manifestement une erreur de lecture pour rhevio dans le manuscrit de Tolkien, donc la forme sindarine devrait être revio), rhess « un ravin » (RIS), rhest « coupure » (RIS), rhî « couronne » (RIG), Rhian (« don de la couronne », nom féminin) (RIG ; la forme sindarine Rían est présente dans le Silmarillion publié), rhib- « s’écouler comme un [? torrent] » (RIP ; la lecture de la glose est incertaine ; les formes infléchies rhimp et rhimmo devraient dans tous les cas commencer par r- plutôt que rh- en sindarin), Rhibdath (et Rhimdath) « Torrentueuse » (nom de rivière) (RIP), rhien, rhîn « dame couronnée » = « reine », également un adj. « couronné » (TÂ/TA3, RIG ; la forme sindarine devrait être rîn plutôt que rien), rhîf « arête, ourlet, frontière, bordure » (; la forme sindarine devrait probablement s’orthographier rîw plutôt que rîf), rhimb, rhim (1) « foule, troupe » (RIM ; la forme sindarine devrait être rim plutôt que rimb), (2) « étang ou lac (dans les montagnes) » (RINGI ; là encore, la forme sindarine devrait être rim plutôt que rimb), rhingorn, rhin-gorn « cercle » (RIN, KOR), rhinc « tic, saccade, astuce, mouvement soudain » (RIK(H)), rhind, rhinn « cercle », également un adj. « circulaire » (RIN ; la forme sindarine devrait être rind plutôt que rinn), rhing « froid » (RINGI) ; rhis « un ravin » (RIS ; en sindarin, l’orthographe riss pourrait être préférable à ris), rhîs « reine » (RIG), rhisto « couper » (RIS), rhitho « sursauter, se contracter, saisir » (RIK(H)), rhoeg « tordu, courbé, faux » (RÁYAK ; la forme sindarine devrait être raeg plutôt que roeg), rhofal, pl. rhofel « rémiges, grande aile (d’aigle) » (RAM ; en sindarin, le singulier devrait s’orthographier roval plutôt que rofal, cf. le nom d’aigle Landroval, et le pluriel rovail plutôt que rofel ou rovel), rhom « cor, trompette » (ROM ; la nouvelle forme rom est attestée en WJ, p. 400), rhomru « son de cors » (ROM), rhond, rhonn « caverne » (ROD ; la forme sindarine devrait être rond plutôt que ronn ; cette forme est attestée en WJ, p. 414, quoique Tolkien y ait introduit une nouvelle étymologie), rhoss (1) « pluie » (ROS1), (2) « métal poli » (RUS), rhû « son bruyant, son de trompette » (ROM), rhuiw ou rhui « chasse, en chasse » (ROY1), rhn « “chasseur”, chien de chasse » (ROY1).

5. Les quelques mots en rh- des « Étymologies » qui ne devraient pas être altérés en sindarin (parce que Tolkien révisa à l’évidence leur étymologie, les rattachant aux radicaux en SR- plutôt qu’à ceux en R-) :

rhosc « brun, marron » (RUSKÂ), rhûn et rhufen « Est » (; rhufen est listé comme un mot archaïque ou poétique ; il vaut mieux l’orthographier rhuven d’après le système que Tolkien utilisa dans le SdA). Peut-être rhass « précipice » (KHARÁS) devrait également être conservé inchangé ; voir ci-dessus.

6. Les mots noldorins en thr-, dérivés de sr-, qui devraient plutôt avoir rh- en sindarin :

thribi « gratter » (SRIP) et thross « un murmure ou un son de froissement ». (Pour ce dernier, voir l’entrée SLUS, SRUS ; dans ce cas, le radical est manifestement SRUS– tandis que les mots quenyarins lussë et lussa-, « murmure » et « murmurer », respectivement, doivent être dérivés de SLUS : strictement parlant, ils devraient donc devenir hlussë et hlussa- si nous voulions poursuivre jusqu’au bout la révision de Tolkien.

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) Version originale : « LH represents [L] when voiceless (usually derived from initial sl-). In (archaic) Quenya this is written hl, but was in the Third Age usually pronounced as l. »
2) Version originale : « RH represents a voiceless r (usually derived from older initial sr-). It was written hr in Quenya. »
3) N.d.T. : dans le PE 17, p. 18, Tolkien donne les formes en quenya et en sindarin suivantes : « Cf. q. orrō, hrō- “se levant, lever de soleil, est” ; hróme(n), l’Est ; hrōna, orrōna “oriental” ; sind. amrûn, rhûn “est”. » Cela semble donc accréditer la thèse selon laquelle le radical originel aurait été #SRÔ, les formes quenyarines commençant par ro- étant en toute rigueur des abréviations d’une forme alternative orrō avec préfixion et allongement de la voyelle radicale.
4) N.d.T. : la version originale répète ici l’entrée thlinn, thlind « fin, tendre » (SLIN).
 
langues/langues_elfiques/sindarin/lh_et_rh.txt · Dernière modification: 28/08/2013 23:39 par Elendil
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