Emily Jane Suffield Neave

Naissance 1872-1963
ÉpouxEdwin Neave

Emily Jane Neave (née Suffield à Yardley, Warwickshire, en juin 1872) était la plus jeune sœur de Mabel, la mère de J.R.R. Tolkien. Elle était le cinquième enfant de John Suffield et Emily Jane Sparrow.

Jane, Jenny pour ses amis, vivait avec ses parents à Birmingham, où ils possédaient une boutique de draperie. Des grands travaux de voirie obligèrent la famille à déménager plus loin en 1886 et l'affaire familiale périclita pour s'arrêter deux ans plus tard. Dans cette famille de 5 enfants, les parents étaient très intéressés par la littérature et le théâtre. John, le père, fut un membre éminent de plusieurs associations culturelles de Birmingham. Il donna des conférences sur des auteurs tels que Chaucer, Dryden et Ben Jonson. Jane hérita de nombreux livres de son père.

Jane aida sa petite sœur Mabel en faisant passer des lettres d'amour à son petit ami, Arthur Tolkien. Emily Jane rencontra les enfants de Mabel à leur retour en Angleterre, à Southampton, en 1895 et les hébergea chez ses parents, où elle vivait encore. En 1904, elle devint l'une des premières femmes du Royaume-Uni à obtenir un diplôme de sciences, bénéficiant ainsi de l'Education Act, après avoir été enseignante en sciences dans un collège pour filles réputé de Birmingham. Dans les mêmes années, elle rencontra Edwin Neave, un agent d'assurances, avec lequel elle se maria à Manchester en août 1905 et alla s'installer à Gedling. Leur mariage fut de courte durée, Edwin succombant à une pneumonie en 1909. Dans les années qui suivirent, Jane obtint un poste de gardienne à l'Université St-Andrews en Écosse, poste pour lequel elle fut encensée. Tolkien lui rendit visite au moins deux fois durant cette période.

En 1911, avec Ronald et Hilary Tolkien, ainsi qu'avec des amis qu'elle s'était faite à St-Andrews, les Brookes-Smith, elle fit un voyage en Suisse au sein d'un groupe sensiblement de la même taille que celui des nains du Hobbit, qui inspira plus tard à Tolkien le chapitre des Géants dans Le Hobbit. La même année, elle commença à exploiter la ferme Phoenix à Gedling, dans le Nottinghamshire, avec les Brookes-Smith et Hilary. En 1923, elle déménagea vers une autre ferme à Dormston, dans le Worcestershire, ainsi qu'une autre, toute proche, grâce à un accord financier avec les Brookes-Smith. Jusqu'en 1930, son père venait vivre avec elle la plupart du temps. En 1931, elle vendit un partie des bâtiments sauf deux cottages pour aller vivre dans l'Essex durant quelques années avant de revenir de 1937 à 1947. Après cela, elle alla vivre en caravane sur la ferme d'Hilary Tolkien, puis finalement au pays de Galles chez de la famille Suffield.

Influences sur J.R.R. Tolkien

La « tante Jane », comme les Tolkien l'appelait, eut une influence déterminante sur Tolkien, parfois de façon indirecte. En septembre 1914, à une période troublée de sa vie (il venait de se fiancer et son frère venait de rejoindre l'armée), Tolkien vint visiter sa tante à sa ferme de Gedling. C'est à cette occasion qu'il lut le poème en vieil-anglais Christ de Cynewulf, qui lui inspira l'écriture, le 24 septembre de la même année, de la première ébauche de ce qui deviendra le poème « Le Voyage d'Earendel ». Il indiqua plus tard à des amis que pendant qu'il travaillait sur ce poème il ressentit « une énorme ouverture des possibles pour lui ». La ferme Phoenix à Gedling inspira également au moins trois illustrations à Tolkien.

La ferme de Dormston que possédait sa tante était surnommée « Bag End, Cul de Sac » par sa propriétaire. Les origines de ce nom divergent : soit les habitants du coin l'appelaient ainsi autrefois, soit Jane lui donna son nom elle-même, car la ferme se trouvait au bout d'un chemin sans issue. Toujours est-il que Tolkien décrira ce Bag End comme « un vieux manoir en ruines au bout d'un chemin négligé qui ne menait nulle part ailleurs1) » . Plus tard Tolkien utilisera ce nom pour la demeure de Bilbo dans son œuvre. Lorsque Le Hobbit sortit en 1937, Tolkien en envoya un exemplaire à sa tante avec cette dédicace : « À tante Jane de la part de J.R.R. Tolkien, avec amour, 6 octobre 1937 ». En 2014, cet exemplaire fut mis aux enchères à plus de 70 000 dollars.

En 1961, alors qu'elle a 89 ans, Jane demande à Tolkien s'il aimerait écrire un petit livre dont le cœur serait Tom Bombadil. Rassemblant et révisant certains textes écrits dans les années 1930 et 1940, et parfois publiés de façon confidentielle, Tolkien publie Les Aventures de Tom Bombadil un an plus tard, quelques mois seulement avant le décès de Jane, en février 1963.

Tolkien adorait sa tante. En 1961, il écrivit à son sujet « J'ai toujours aimé les tantes célibataires, malignes et au cœur solide. Bénis sont ceux qui en ont une ou qui les rencontrent. Bien qu'elles soient plus répandues, d'après mon expérience, que les tantes de Saki2). La tante active est une évolution relativement récente, peut-être ; mais j'ai eu la chance d'en connaître un des premiers exemples : une des premières femmes à faire des études scientifiques3). ».

Sources bibliographiques

  • Carpenter Humphrey, Lettres de J.R.R. Tolkien, lettres n°231, 232, 234, 238 et 241, traduit par Delphine Martin et Vincent Ferré, Bourgois, 2005.
  • Hammond Wayne G. & Christina Scull, « Neave, Emily Jane » in J.R.R. Tolkien Companion and Guide, Reader's Guide, Part II, HarperCollins, 2017.
  • Morton Andrew H., Tolkien's Gedling, Brewin Books, 2008.
2) Ndr : En référence à l'écrivain britannique Saki, élevé par deux tantes acariâtres et autoritaires.
3) Lettre n°232 à Joyce Reeves, 4 novembre 1961.
 
tolkien/portraits/emily_jane_neave.txt · Dernière modification: 20/02/2018 11:14 par Druss
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