Une réception depuis longtemps attendue

Bilbo Sacquet était le Hobbit le plus fameux d’Hobbitebourg, du fait de ses nombreux et mystérieux voyages hors de la Comté, consignés dans son Livre Rouge. Il vivait à Cul-de-Sac, dans le plus cossu des smials aux alentours, vivant de sa légendaire richesse accumulée lors de ses expéditions. Il n’avait pas de fils, et son héritier était Frodo, son neveu, qu’il avait recueilli douze années auparavant. Ses parents, Drogo Sacquet et Primula Brandebouc, s’étaient tous deux noyés lorsqu’il n’était qu’un enfant, et Frodo passa donc les premières années de son existence au Pays de Bouc, auprès du vieux Maître Gorbadoc. Et depuis que Bilbo l’avait amené vivre à ses côtés, il le considérait comme son fils, au grand dam de ses acariâtres cousins, les Sacquet de Besace, qui attendaient désespérément d'hériter des biens et de la demeure du vieux Hobbit.

Depuis quelques temps, Hobbitebourg était sujette à l’excitation : Bilbo préparait une réception à l'occasion de son cent onzième anniversaire, et la rumeur voulait qu'elle soit mémorable. L'anniversaire de Bilbo était le 22 septembre, tout comme celui de Frodo, qui allait avoir trente-trois ans, âge de la maturité chez les Hobbits : ce 22 septembre-là allait donc être doublement particulier. Malgré son âge avancé, Bilbo vieillissait très lentement, en fait le temps semblait même n’avoir presque aucun pouvoir sur lui.

A mesure que les festivités approchaient, Bilbo recevait d’étranges visites. Un soir, des Nains venus de l’est traversèrent Hobbitebourg jusqu'à Cul-de-Sac, conduisant un chariot au contenu mystérieux. Quelques jours plus tard, un autre personnage rendit visite au Hobbit : il avait l’allure d’un vieillard à la barbe blanche, habillé d’un long manteau gris et coiffé d’un haut chapeau bleu en pointe. C’était Gandalf le Magicien, ami de Bilbo, qui avait entraîné ce dernier dans ses premières aventures, soixante années auparavant. Le vieillard conduisait une charrette pleine de feux d’artifices en vue de la fête. La réputation de Gandalf n’était plus à faire dans la région : tous les Hobbits en avait entendu parler, et il était renommé pour son habileté à manier le feu, ainsi que pour les étranges évènements qui suivaient généralement ses visites en Comté, cela lui valait d’être considéré par certains comme un fauteur de troubles. Le magicien était venu pour la réception, mais aussi pour parler à son vieil ami. En effet, Bilbo souhaitait quitter la Comté, car en dépit des apparences, il se sentait vieux, et ne pouvait résister plus longtemps à l’appel des montagnes et des terres sauvages.

La semaine précédent la réception, toute la Comté était en effervescence : les postes de Lézeau et d’Hobbitebourg étaient saturées par les invitations que Bilbo envoyait aux convives et par les réponses de ces derniers. De nombreuses denrées arrivaient également de partout, et l’on avait dressé d’immenses tentes dans un champ voisin, où se tiendrait la grande fête. Les cuisiniers, venus des auberges et établissements aux alentours, s’affairaient, et enfin les préparatifs furent terminés. La veille de l’anniversaire, on craignait que le temps, qui s’était couvert, ne vienne tout gâcher, mais le grand jour venu, les nuages laissèrent place au soleil. Les festivités pouvaient commencer.

La réception fut inoubliable. À leur arrivée, les convives se voyaient offrir un cadeau, puis se mettaient à table où la nourriture et la boisson coulaient à flot. Il y eu trois repas : le déjeuner, le thé, ainsi que le souper qui commença après les féériques feux d'artifices de Gandalf. Puis, vint l'heure de l'inévitable discours de Bilbo. Dans son allocution, il remercia les convives d'êtres venus et annonça son départ, puis disparut en enfilant son anneau magique. L'assemblée fut stupéfaite par ce coup de théâtre, s'indignant de ce qu'ils croyaient être une mauvaise plaisanterie de leur hôte. La fête suivit cependant son cours, alors que Bilbo rentrait chez lui pour changer de tenue, prendre quelques affaires et s'en aller, mais Gandalf surgit sans crier gare. Il désirait s'entretenir avec son ami une dernière fois avant son départ. Il tenta de convaincre Bilbo de laisser l'Anneau à son neveu, et celui-ci finit par céder après de longues tergiversations. Léguant tous ses biens à Frodo, son oncle prit gaiement la route, accompagné par trois Nains. Frodo, quant à lui, avait quitté les convives qui continuaient à festoyer, mais arriva trop tard pour le départ de son oncle.

Le lendemain, le nouveau maître de Cul-de-Sac dut faire face aux nombreuses rumeurs qui circulaient, et, avec l'aide de ses amis, il réussit tant bien que mal à repousser la foule attroupée devant sa demeure. Le soir venu, Gandalf prit congé de son hôte, et quitta la Comté où l'on commençait à le percevoir comme le responsable des récents évènements. Frodo n'aurait pas de véritable conversation avec lui durant plusieurs années.

La Communauté de l'Anneau
La Communauté de l'Anneau
Livre I : Prologue - Chapitre 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
Livre II : Chapitre 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10
 
tolkien/resumes/sda11.txt · Dernière modification: 14/05/2008 17:22 (modification externe)
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