Le Haut-elfique pour les débutants — Critique

Le Haut-elfique pour les débutants

Par Damien Bador

Cette critique concerne le Haut-elfique pour les débutants d'Édouard Kloczko.

Du point de vue graphique, la couverture du Haut-elfique pour les débutants est fort attrayante et les nombreuses illustrations intérieures fort bien choisies, en particulier les magnifiques calligraphies de Jacques Clavreul. Il est dommage que le quatrième de couverture vient démentir un a-priori qui s'annonçait favorable. La langue quenya ne reçoit-elle pas une majuscule malencontreuse, contrairement à l'usage français ?1) Quant à Édouard Kloczko, on se demande bien de quel titre il peut réellement se prévaloir auprès de la Mythopoeic Society, qui ne lui reconnaît nullement le statut de « spécialiste attitré des langues elfiques » dont il se pare. On notera que Kloczko n'est pas membre de l'Elvish Linguistic Fellowship, l'émanation de la Mythopoeic Society en charge de l'édition des manuscrits de Tolkien portant sur ses langues inventées.

Mais passons, et entrons dans le vif du sujet. La préface est à l'image du livre tout entier : Kloczko souligne avec justesse l'importance et la subtilité de la création linguistique au sein du Légendaire tolkienien. Mais il fait aussi des raccourcis hâtifs, lorsqu'il affirme qu'un philologue n'est rien d'autre qu'un médiéviste et témoigne d'une mégalomanie fort mal placée lorsqu'il prétend avoir inventé le terme tolkiendil en 1996. Comme l'a fait remarqué Didier Willis sur le forum de JRRVF, ce terme est attesté depuis mars 1995 sur le newsgroup Usenet sci.lang et dans d'autres publications. Quant aux accusations de dissimulation que profère Kloczko contre les auteurs d'An Introduction to Elvish, elles sont évidemment dénuées de tout fondement. L'Introduction de l'ouvrage pose les bases de l'étude des langue elfiques d'une manière intelligente, soulignant leur incomplétude et leur évolution au cours de la vie de Tolkien. Celui-ci s'efforça toujours de présenter une famille de langues évoluant de manière réaliste, à la manière des langues du monde primaire. Le parallèle que fait Kloczko avec les langues descendant du latin est d'autant plus approprié que Tolkien s'est inspiré du latin pour concevoir le quenya. On regrettera évidemment la dernière section, où Kloczko dénigre Internet dans son ensemble et répudie entièrement son utilisation, alors même que la « Bibliographie commentée » à la fin du livre traîne dans la boue la majorité des livres sur les langues elfiques. Kloczko craindrait-il que les gens cherchant sur Internet des informations sur les langues elfiques tombent sur les nombreuses études qui mettent à mal certaines de ses théories ?

La section sur « L'histoire des langues elfiques » présente de manière synthétique la conception finale de Tolkien sur l'origine du quenya et les différentes variétés attestées jusqu'à la fin du Troisième Âge de la Terre du Milieu. Kloczko a l'honnêteté de présenter ses hypothèses sur l'évolution ultérieure du quenya (bas-quenya et eldarissa) comme une conception qui lui est personnelle et n'est aujourd'hui étayée par aucun écrit de Tolkien contemporain ou postérieur au Seigneur des Anneaux. Le chapitre sur les grandes dates est là aussi instructif, replaçant bien l'évolution des langues elfiques dans le contexte historique inventé par Tolkien. On déplorera toutefois la propension de Kloczko à donner des précisions qui dépassent ce que disent réellement les textes.2) Les chapitres sur le sens des mots et sur la graphie et la prononciation sont fort utiles. On déplorera que le §10 de la page 38 soit placé au mauvais endroit. Il devrait suivre la section sur les diphtongues. Un peu plus loin dans le livre, la section « Parlez-vous elfique ? » contient des réflexions utiles sur la grammaire du quenya. Toutefois, on peut être en désaccord avec Kloczko lorsqu'il affirme que l'aoriste nécessite un complément au locatif tandis que le présent requerrait un complément à l'allatif. Kloczko semble ici faire abstraction du contexte des deux phrases qu'il cite en exemple afin d'établir une règle qui n'a pas lieu d'être.

Le lexique français-quenya est intéressant à plus d'un titre. Fournir les transcriptions des termes quenya en tengwar intéressera certainement l'apprenti-calligraphe, d'autant que Kloczko se tire plutôt bien de cet exercice. Quant au traducteur occasionnel, il aura l'opportunité de se référer au dictionnaire proprement dit, qui fournira (presque) tous les détails nécessaire sur le mot qui l'intéresse. La section « Notions d'écriture elfique » présente de manière efficace le mode classique des tengwar. Toutefois, on constate que ce n'est pas le domaine de prédilection de Kloczko, qui va jusqu'à prétendre qu'il ne serait pas possible d'écrire le français avec les tengwar, au motif qu'il ne serait pas possible de représenter certains sons, comme un d isolé. Kloczko semble ici oublier que Tolkien a développé plusieurs modes pour l'anglais, dans lesquels il est bel et bien possible d'écrire un tel phonème. On pourrait aussi mentionner qu'il existe quelques mots de quenya comportants un d isolé, ce que se garde bien de mentionner Kloczko.

Taniquetil et les Pelóri (© Ted Nasmith)

Qu'en est-il alors du dictionnaire lui-même, qui est le principal élément de cet ouvrage ?3) Dès l'abord, c'est un mélange de bonnes et de mauvaises surprises qui nous attendent. Il est très regrettable que Kloczko ne cite pas les équivalents anglais des mots en quenya, même si la qualité des définitions est souvent bonne. Une étude de quelques mots pris au hasard démontre en effet que Kloczko ne maîtrise pas toutes les finesses de la langue anglaise. Témoin le mot rusca, ruxa, glosé par wroth en PE 17, p. 188, mais que Kloczko traduit par « fort sentiment de mécontentement : colère, couroux [sic] », rendant ce terme strictement synonyme de rúse, que Tolkien traduisait par wrath. Or wroth signifie plus spécifiquement « énervé, courroucé », ce qui n'est pas tout à fait la même chose.4) Heureusement, les références sont citées avec toute la précision requise, ce qui permet de se référer à l'original aussi souvent que nécessaire. Kloczko précise aussi quels termes appartiennent à ce qu'il appelle bas-quenya et eldarissa, ce qui est fort utile. Le choix de séparer les voyelles longues des voyelles brèves peut se défendre, même s'il complique à mon sens la tâche du lecteur : les mots allant de a à axo précèdent ainsi ceux de á à áze. On est parfois obligé de rechercher un mot à deux endroits différents s'il existe un doute sur la quantité vocalique. Par ailleurs, l'invention de la lettre « ’H » pour identifier les termes dont la consonne initiale est supposée être < harma > en tengwar est assez intéressante, même si cela peut également allonger les recherches du lecteur. Hélas, Kloczko semble parfois s'embrouiller lui-même : le mot aryon — non traduit, cf. p. 157 — renvoie à ’haryon, qui n'existe pas, alors qu'on trouve bien un haryon « qui va hériter d'un haut titre, d'un vaste territoire : prince », voir p. 195.5)

Du côté de l'exhaustivité, le présent ouvrage gagne aisément la palme de l'ouvrage papier le plus complet publié en français jusqu'à ce jour, ce qui n'est guère surprenant, au vu des nombreuses publications de ces dernières années. On note cependant quelques omissions surprenantes. À titre de curiosité, on aurait aimé voir la variante winyárie auprès de winyarie (orthographié Vinyárië par Tolkien, cf. PM, p. 137). Il est plus ennuyeux que Kloczko omette de citer certains homonymes, même quand il n'y a aucune preuve que Tolkien ait rejeté l'un des deux membres. Kloczko cite ainsi sarco, qui désigne le sureau en PE 16, p. 140, mais omet de mentionner le mot sarco qui signifie « chair, chair palpitante, corps » en PE 12, p. 86. Serait-ce parce que Kloczko a déjà un terme pour « chair » et qu'un deuxième mot de même sens l'encombrerait ? Cela devient vraiment gênant quand Kloczko cite par ailleurs les Sarquindi, « ogres du Sud, une race de monstres », dont le nom dérive clairement du mot sarco que Kloczko a passé sous silence : on détruit ainsi la cohérence de la construction linguistique de Tolkien. Dans le même ordre d'idées, Kloczko cite aussi les Valar Macar et Measse, qui appartiennent aux conceptions des Contes perdus et disparurent des versions ultérieures du Légendaire. Ce n'est pas un problème, puisqu'il précise que ce sont des noms en eldarissa. Toutefois, pourquoi s'arrêter là et omettre les noms en eldarissa des Valar qu'on retrouve dans la conception finale du Silm. : Palúrien pour Yavanna, Úrien pour Árien, Fionwe Úrion pour Eönwë, Qualmetári pour Nienna, etc. ? Pourquoi omettre entièrement Omar Amillo, qui appartient à la même phase conceptuelle que Macar et Measse ? On a le sentiment que Kloczko fait ici son tri comme il l'entend et réinvente les légendes de Tolkien de la manière dont il aurait voulu qu'elles soient écrites.

Fingon et Gothmog (© Ted Nasmith)

A ce titre, le fantasme qui tient le plus à cœur à Kloczko est de rendre compatibles l'ensemble des langues elfiques inventées au cours de la vie de Tolkien. Pour ce faire, il se trouve obligé de passer sous silence une évolution majeure des pronoms que Tolkien décida dans les années 60 : jusque là, le suffixe pronom personnel de la première personne (exclusive) du pluriel était -mme. Tolkien choisit de le changer en -lme, faisant de -mme une terminaison du duel. Kloczko choisit de maintenir le -mme de manière artificielle : à l'appui de l'entrée correspondante (sens 1.b du présent dictionnaire), il n'hésite pas à fournir deux fausses références : dans le VT 49, p. 16, on trouvera seulement une déclinaison où -mme est duel (sens 1.a chez Kloczko). En PE 17, p. 130, Tolkien explique qu'il y avait bel et bien confusion, mais entre les sens inclusif et exclusif de la première personne du pluriel, soit -lme et -lve. Il précise que les formes duelles ne portaient pas à confusion. La troisième et dernière référence est antérieure au changement opéré par Tolkien et ne comporte évidemment que les formes en -mme. Conséquence de cette falsification : le suffixe -mme traduit par « nous » se retrouve sans aucune explication dans tous les tableaux grammaticaux de l'ouvrage, en parallèle des formes -lme et -lwe. En revanche, la forme duelle -ñgwe n'y figure pas (on ne la retrouve que dans le dictionnaire) et la forme alternative -inque (cf. VT 49, p. 51) n'est pas citée une seule fois dans tout l'ouvrage. Ce désir d'unification aboutit parfois à d'amusantes absurdités : le q. est un des mots que Tolkien réinterpréta le plus fréquemment. Kloczko donne comme sens 1.a « v. négatif & particule de négation ≈ ne … pas », comme sens 1.b.i « prép. & adv. au-délà [sic], outre, après, plus (que) » et comme sens 2 « interj. marquant un plaisir, un consentement : (oh) oui ; d'accord ; super », etc. Qui peut croire un instant que Tolkien considérait tous ces sens possibles simultanément valides ?

Malgré cette volonté affirmée de faire tenir toutes les conceptions de Tolkien sur la même chronologie interne, Kloczko procède silencieusement à quelques omissions, qu'on qualifiera pudiquement de politiquement correctes. S'il cite ainsi le nom calimbo « 1° Homme Sauvage qui n'est pas Amis [sic] des Elfes, un barbare. 2° monstre, géant, troll, orque, gobelin », il omet curieusement les termes qui suivent immédiatement ce nom dans le Qenya Lexicon, p. 44 :

  • * kalimban (n-) “Barbary”. Germany
  • kalimbardi the Germans
  • kalimbarie barbarity

Il faut dire que Tolkien commença à composer le Qenya Lexicon alors qu'il se remettait de la fièvre des tranchées, contractée à la bataille de la Somme, ce qui n'incitait pas à une bienveillance particulière envers un ennemi qui était en outre responsable de la mort de deux de ses meilleurs amis. Mais citer ces termes aurait sans doute brisé l'illusion que Kloczko aimerait maintenir. On aurait du mal à imaginer la raison pour laquelle les descendants des Elfes du Troisième Âge en voudraient particulièrement aux Allemands.

Orthanc (© Ted Nasmith)

Afin de promouvoir sa vision propre du quenya, Kloczko rajoute fréquemment des notes destinées à clarifier le sens des mots. Beaucoup de celles-ci sont pertinentes et permettent de lever des ambiguïtés ennuyeuses, comme pour les entrées Artafinde, Námo ou -ndur. On a plus de mal à comprendre pourquoi Kloczko estime que úfantuma a un « sens très négatif », alors que ce ne serait pas le cas du mot úfantima, bien qu'il soient tous deux cités au même endroit et glosés par une unique définition. Se base-t-il sur la simple symbolique des sons chez les Eldar ? Ce serait quand même un peu léger. Le mot umbas est un autre exemple des interprétations excessives de Kloczko. Dans le VT 45, p. 33, ce mot est glosé par shield et sa racine MBAT(H) par screen, shield. Kloczko nous fournit une longue explication : « dispositif qui arrête la lumière, qui empêche de voir : écran, barrière, cloison, mur ». Ce sont des termes qui sont effectivement susceptibles de traduire l'angl. shield (encore que « cloison » est sûrement le moins apte du lot). Il n'empêche qu'il aurait été utile de citer la définition première du terme : bouclier. À un autre endroit, Kloczko affirme que les mots þorya « avoir peur, être terrifié » et þosta- « faire peur, effrayer » ne sont pas attestés en quenya ñoldorin, se basant vraisemblablement sur le fait que Tolkien ne cite pas de forme *sorya ou *sosta-. Or rien ne justifie un tel raisonnement, puisque la citation où ces termes apparaissent, dresse un parallèle avec le sind. thos(s). Il est donc logique que Tolkien ait cité une forme quenya où l'étymologie restait transparente.

Je termine par un petit détail qui fera sourire ceux qui ont lu ma critique de l’Encyclopédie des Elfes. Kloczko affirme que le q. andamunda désigne l'« éléphant (d'Asie) » et précise : « Comme les Eldar ne venaient jamais au Harad, il n'y avait pas de noms eldarins pour les éléphants et les mastodontes vivant dans le Sud de la T. du M. » C'est oublier un certain nombre de points importants : le quenya était aussi pratiqué par les Númenóriens, qui se rendaient fréquemment au Harad. On notera d'ailleurs qu'à l'époque de la guerre de l'Anneau, les mûmakil du Harad pouvaient apparemment être désignés par l'équivalent sindarin d'andamunda, andrabonn (WR, p. 136). Par ailleurs, Tolkien précise bien dans le Silm. que « toutes les choses vivantes qui existent ou ont existé […] vivaient […] dans le pays d'Aman » (ma traduction), ce qui implique nécessairement que les Ñoldor connaissaient l'existence des éléphants d'Afrique. On pourrait continuer ainsi assez longtemps et se demander pourquoi Kloczko affirme qu'andamunda désigne spécifiquement Elephas maximus et pas Elephas antiquus ou Elephas falconeri, voire même une des espèces du genre Mammuthus, mais passons… Au passage, on notera que la référence « WPP/88 » est inutile : le mot quenya n'y est nullement cité.

Mûmak (© Ted Nasmith)

Un mot sur les tableaux grammaticaux qui figure à la fin de l'ouvrage. La conjugaison des temps que Kloczko fournit pour le quenya classique est correcte. Toutefois, les exemples sont mal choisis, puisqu'ils ne permettent pas de tenir compte de l'allongement de la voyelle du radical au présent et au parfait. En sélectionnant ces verbes, Kloczko est sûr de voir se multiplier les fautes chez ses imitateurs et c'est quand même dommage… En revanche, on applaudira son initiative de citer les conjugaisons de l'« Early Qenya Grammar », fort peu étudiée. Malheureusement, on constate que Kloczko aurait mérité un correcteur compétent, puisqu'on peut par exemple lire **ma-caril au lieu de me-caril « nous faisons » (p. 339), **lamin(t) au lieu de lamnin « [acc.] bêtes, quadrupèdes » (p. 340) ou **polye(r) au lieu de polye, poler « [dat.] céréale, graine » (ibid.)

La bibliographie commentée qui conclut l'ouvrage est une vaste fumisterie. Bien qu'elle cite un bon nombre d'ouvrages dans quatre langues différentes, elle est très loin d'être exhaustive : aucun ouvrage postérieur à 2010 n'y est cité, de nombreux essais et anthologies sont passés sous silence. Seul le premier volume d'Arda Philology est mentionné, alors que deux autres ont été publiés en 2009 et en 2011. Les commentaires de Kloczko sur les ouvrages qu'il cite sont essentiellement une violente diatribe contre tous les auteurs qui se sont un jour mêlé de s'intéresser aux langues inventées par Tolkien. Très significativement, Kloczko se garde bien de mentionner les dictionnaires qu'il a précédemment publiés, qu'il serait autrement forcé de considérer tout aussi « dépassés » que les livres qu'il dénigre. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser que les lignes où il reproche les « libertés intellectuelles » de David Salo pourraient aussi bien s'appliquer à l'ensemble des ouvrages qu'il a publiés jusqu'ici.

Au final, l'ouvrage contient-il bien « tout ce qui est nécessaire pour comprendre la langue quenya de J.R.R. Tolkien » ? Il est permis d'en douter. Certes, les non-anglophones qui désirent un dictionnaire de quenya dans leur bibliothèque estimeront à juste titre qu'il s'agit du livre le plus complet actuellement disponible. Ce n'est pourtant pas l'ouvrage de référence qu'on était en droit d'attendre. On regrettera particulièrement les interprétations abusives et les omissions de Kloczko, qui risquent d'induire en erreur les débutants, auxquels l'ouvrage est supposé s'adresser. On trouve des sites internet qui fournissent des informations plus précises et exactes sur l'évolution des langues elfiques, sur les tengwar et sur la grammaire du quenya. Pour les anglophones, la plus-value sera encore plus mince, vu que le lexique quenya-anglais d'Ardalambion est quasiment aussi développé que le présent dictionnaire et que l'on trouve de nombreuses études grammaticales sur Internet. Les spécialistes ignoreront purement et simplement l'ouvrage pour se référer directement aux textes linguistiques de Tolkien — il est vrai que l'ouvrage ne s'adressait pas à eux. Bref, si vous voulez un bel ouvrage synthétique sur le quenya, c'est sans doute le meilleur choix aujourd'hui, mais il conviendra de ne pas tout prendre au pied de la lettre : la conception que Kloczko se fait du quenya n'est pas nécessairement celle qu'avait Tolkien.

1) Heureusement, cette faute semble absente du reste du livre, qui n'est pourtant pas exempt de coquilles en tous genres.
2) Par exemple, on ne dispose d'aucune preuve que Tolkien ait conservé les runes de Gondolin dans sa vision finale des systèmes d'écriture inventés par les Elfes, vu que ces runes sont attestées sur seulement deux feuilles manuscrites, rédigées entre 1920 et 1925, bien avant qu'il invente les tengwar.
De même, la date de rédaction du Lammas de Pengolodh n'est donnée nulle part avec précision. Kloczko prétend que le texte fut rédigé entre le VIIIe et le XIe siècle du Deuxième Âge, alors que l'on peut uniquement proposer un intervalle entre le VIIIe et le XVIIe siècle.
3) Pour des raisons pratiques, j'emploierai ici les conventions adoptées par Kloczko, sauf quand je cite directement des textes de Tolkien. Ce qui ne veut pas dire que j'approuve tous les choix qu'il opère. Mais on y reviendra…
4) Autre point étrange, l'entrée narda est glosée « n. (?) nœud ou groupe ». La note qui suit explique que la polysémie de l'anglais knot, seule définition donnée par Tolkien selon Kloczko, ne permet pas de déterminer la bonne traduction. La polysémie de l'anglais est une réalité. Que la dix-huitième et dernière signification de knot donnée par l'Oxford English Dictionary ne soit pas couverte par la polysémie du fr. « nœud », contrairement aux dix-sept qui précèdent, je le veux bien. Mais que Kloczko omette de consulter la racine du q. narda, qui donne « SNAR- tie », soit « lier, attacher, nouer », c'est un peu dommage.
5) Au passage, on observe ici un type de simplification peu souhaitable. Kloczko précise en effet : « la définition “prince (heir)” semble indiquer que le sens littéral de HARYON, héritier, n'était plus en usage ». C'est parfaitement exact pour haryon, mais Tolkien glose uniquement aryon par heir « héritier » et certainement pas « prince ».
 
tolkien/sur-tolkien/critiques/le_haut-elfique_pour_les_debutants_-_ejk.txt · Dernière modification: 11/10/2012 10:41 par Druss
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