La lettre d'Isildur - Elendil

Gildir mellon

Ce week-end, en rendant visite à l’un de mes bouquinistes attitrés, j’ai fait une découverte curieuse. J’étais à la recherche d’une édition ancienne de la Vulgate, souhaitant voir si la traduction avait évolué suite au Concile de Trente. Malheureusement, je n’en trouvai aucune, et restai un moment à fureter parmi les étagères poussiéreuses. Dans un recoin de la boutique, coincé entre un Virgile latin hélas trop cher pour moi et un texte copte contemporain de l’invasion arabe, je découvris une feuille manuscrite assez abîmée.

Intrigué – et pour cause – par cette découverte, j’interrogeai le marchand. Il ne pouvait se souvenir où exactement il l’avait trouvé, mais il me confia qu’elle traînait chez lui depuis près de vingt ans. Il pouvait m’en faire un bon prix, d’ailleurs, car il avait des doutes sur l’authenticité de la pièce. Quand il avait essayé de procéder à une datation, il n’avait pu parvenir à un résultat concluant. L’encre était sans nul doute très ancienne, mais le papier lui-même ne pouvait pas dater de plus de deux ou trois siècles, selon lui. Il ne s’agissait ni de parchemin ni de papyrus, mais plutôt d’un genre de papier de chiffon. En outre, il me fit remarquer qu’il était relativement peu usé, hormis les marques de brûlure et de coups qu’il portait, ce qui tranchait en défaveur d’une origine ancienne. D’ailleurs, il m’affirma avoir la certitude que les débris du sceau attaché au manuscrit de pouvaient être antérieurs au XIXème siècle, bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement du sceau d’origine.

Au final, il pensait qu’il s’agissait sans doute d’une copie d’un ancien manuscrit, peut–être d’origine arménienne, vu l’écriture employée. N’ayant jamais fait appel à un spécialiste, il ignorait ce que pouvait contenir ce texte. Je le remerciai de toutes ces précisions, et admettai mon intérêt pour la culture chrétienne orientale. Après quelques discussions, nous parvînmes à un prix nous satisfaisant tous deux. Je le laissai en lui demandant de chercher parmi ses vieux registres s’il ne pouvait pas trouver les circonstances dans lesquelles il l’avait acquis. Mais j’ai bien peur qu’il soit plus intéressé à me dénicher un exemplaire latin de l’Ancien Testament. Bien qu’il semble m’apprécier, il reste un marchand avant tout.

Pour ma part, je réserve mon jugement quant à l’authenticité de la chose, mais je suis catégorique sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un dialecte arménien. J’ai pris un échantillon de papier, et l’ai envoyé dans un laboratoire pour datation au Carbone 14, mais je n’ai pas encore eu de réponse. Dans l’intervalle, je préfère te laisser juger par toi-même. J'essaierai de te faire parvenir une transcription dès que possible.

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galerie/elendil/la_lettre_d_isildur.txt · Dernière modification: 06/04/2020 16:47 (modification externe)
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