Fabrication des noms propres dans les langues imaginaires

Les patronymes et théonymes dans les différentes langues exprimées par l’auteur

par Marie-Claire Bally

Il faut bien remarquer que les patronymes, surnoms ou noms propres s’appliquant à des animés sont très variés ; cependant comme nous avons pu le dire en introduction, ils sont toujours l’expression directe des caractéristiques de ceux qui les portent, ils contiennent directement en eux la réalité de la personne. Nous pouvons donc trouver l’origine de nombreux noms propres dans le personnage lui-même. Pourtant si cette idée paraît séduisante et relativement facile à exploiter, il faut néanmoins avouer que tout n’est pas si aisé car les catégories qu’on peut observer sont souvent problématiques. D’abord pour les noms forgés dans les langues imaginaires de l’auteur, on rencontre des difficultés de traduction ; Tolkien, lui-même, a fait des retours en arrière, des commentaires a posteriori et les remarques sont parfois contradictoires. Christopher Tolkien essaie dans la mesure du possible de nous donner le plus de précisions possibles, pourtant elles n’éclairent pas tout.

En ce qui concerne les noms propres exprimés en anglais, parfois archaïque selon la tonalité du texte et l’effet désiré, le classement semble plus évident ; effectivement les traductions données par les différents traducteurs sont souvent justes et font preuve d’originalité pour rendre des sens parfois difficiles à exprimer. Toujours est-il que les sens sont plus facilement compréhensibles et discernables. Le classement s’en trouve donc facilité.

À propos du classement proprement dit, nous avons choisi de le distinguer en plusieurs parties ; puisque que les noms propres sont souvent le reflet de celui ou celle qui les portent, un classement selon les différents critères physiques, moraux et qualités s’impose de lui-même. Bien sûr, de nombreuses entrées pourront avoir, si l’on respecte ce classement, plusieurs places et il sera difficile de trancher définitivement. De toute façon, il nous faudra être bien conscients que tout choix est arbitraire, et qu’un nom peut se placer dans une catégorie sans pour autant refuser définitivement les autres. D’une manière générale, il faut reconnaître que les classements se trouvent facilités si on a observé, au préalable, une des techniques de fabrication des noms propres utilisée par l’auteur. En effet celui-ci forge très souvent ses noms en créant une synthèse de plusieurs notions, ou caractères propres au personnage, qui doit porter ce patronyme. Pour pouvoir se déplacer à son aise dans cette oeuvre il y quelques mises au point à effectuer notamment en ce qui concerne les peuples et les créatures qui hantent tous les histoires de Tolkien ; ainsi comment peut-on comprendre les noms qu’ils portent si on ne sait exactement quelle est leur origine ? On peut faire des commentaires sur la nature des différentes races, il y a donc des êtres :

  • de nature semi-végétale
  • de nature semi-minérale
  • de nature totalement ou partiellement animale
  • de nature humanoïde et mortelle
  • de nature humanoïde et immortelle
  • d’aspect humanoïde mais d’origine surnaturelle
  • et des hommes proprement dits

Il y a donc, dans toute l’œuvre de Tolkien qui se déroule dans la Terre du Milieu, différentes sortes de créatures telles que :

Les Elfes à Cuiviénen (© Ted Nasmith)

Les Elfes tels que Tolkien en parle n’ont rien à voir avec les elfes qu’on connait dans les mythologies scandinaves et germaniques. Les Génies aériens de la Lumière qu’on appelle également les Alfs blancs et qui selon les légendes sont les ancêtres des Sylphes, des Holdes et des Tylwyth teg ne sont pas exactement ceux de Tolkien, on peut néanmoins dire que connaissant toutes ces données il s’en est inspiré. Toutes les autres créatures comme les Hobbits, les Nains ou les Dragons sont des reprises transformées de créatures légendaires voire des inventions totales. Les Hobbits sont des petits personnages qui vivent à l’Ouest de la Terre du Milieu, dans la Comté ; Tolkien nous les présente comme « des Anglais de la campagne rapetissés » car tout comme Tolkien, ils aiment les jardins, les arbres et les cultures non mécanisées ; l’auteur a même nommé l’habitation de Bilbo, son principal héros, Bag’s End, « Cul de Sac » du nom de la ferme de sa tante Jane dans le Worcestershire. Le Hobbit ne se trouve pas facilement dans la mythologie, ce qui peut nous laisser penser qu’il s’agit d’une invention totale de Tolkien ; Paul Valéry en parle cependant comme étant un être « donné par les Dieux ». Quoi qu’il en soit si nous cherchons une origine au nom Hobbit, on nous dit qu’il y a du rabbit « lapin » dans Hobbit, ce qui n’est pas vraiment étonnant puisque les Hobbits vivent dans des trous « dans le sol ». Certains vont jusqu’à comparer le Hobbit Bilbo à Babbit le héros du roman éponyme de Sinclair Lewis ; ainsi l’existence bien rangée de l’homme d’affaires qui se dégrade peu à peu ressemble à la vie bouleversée de Bilbo. Tolkien connaissait le roman de Sinclair Lewis et disait lui-même : « que le mot Hobbit était peut-être associé avec le Babbit de Sinclair Lewis. Sûrement pas avec rabbit comme le croient certains. Babbit a la même suffisance bourgeoise que les Hobbits. Son monde est tout aussi limité. »

D’autres créatures hantent l’œuvre de Tolkien, les Nains ressemblent assez à toutes les créatures légendaires d’Irlande, de Bretagne ou des pays scandinaves et germaniques ; ils sont la représentation habituelle des nains forgeurs d’or et façonneurs de gemmes. Les Nains ont des origines diverses mais une des plus connue est celle relatée dans les Eddas ; le géant Ymir est assassiné par Odin, Vé et Vili ; ses plaies inondent de sang les vieux Thurses des glaces ; Bergelmir seul réussit a survivre. Il fonde plus tard une race géante marquée par la haine et la vengeance. Odin, Vé et Vili morcellent également le corps du géant ; ils en façonnent la planète, cependant des entrailles du géant remontent des grouillements d’êtres encore indéterminés ; Odin décide aussitôt de se les concilier, il leur donne une forme précise, une force surhumaine et des pouvoirs magiques ; c’est ainsi nous dit-on que les Nains font leur apparition dans les Eddas (Edda de Semond, 38 chants attribués à Soemond Sifursen & Edda de Snorri, Snorri Sturluson, 1178-1241). Dans le poème eddique de la Völuspá, les Nains Modsognir et Durinn sont les créateurs du monde elfique et créent une race à leur image.

Les Orcs ou Gobelins sont des créatures malfaisantes ; les premiers semblent tirer leur nom de l’ancien irlandais orc’h « porc » ; certains font aussi le rapprochement avec orcus « ogre » en latin ; Tolkien, lui-même, nous donne l’origine de orc avec une référence à Beowulf où il a rencontré le terme orc-neas. Dans le « Qenya Lexicon », on nous dit que ork (orq-) signifie « démon, monstre » ; le lexique gnomique utilise le mot orc pour évoquer le « gobelin ». Son pluriel est orcin, orchoth (hoth « clan, peuple », hothri « armée », hothron « capitaine »). Il est à noter que le Hobbit emploie plus le terme de goblin que d’orc, ensuite la tendance s’inverse et le Seigneur des Anneaux contient plus le mot orc « orque » que goblin « gobelin ». Il faut également remarquer que les traducteurs français préféraient, dans un premier temps, utiliser le terme gobelin car il existe et est bien connu en français. Le goblin anglais trouve son nom, nous dit-on dans un glissement entre Robert-Robin-Rob-Hob puis entre Robin Gobelin et Hob Goblin. Il est pas étonnant que Tolkien ait utilisé ces personnages pour ses histoires car on en trouve trace dans toutes les mythologies scandinaves et celtes.

Lúthien (© Ted Nasmith)

Il est également indispensable de donner quelques indications quant à l’histoire interne des Elfes et des langues elfiques chez Tolkien. Le début est marqué par la séparation des Elfes et leur grande Marche ; les Eldar entreprirent un voyage vers l’Ouest, au pays de Valinor sur les rives occidentales de la Grande Mer. Ils partirent à l’appel des Valar qui sont les puissances tutélaires du monde. Deux des clans qui entreprirent le voyage depuis Cuiviénen arrivèrent à Valinor sans encombre : les Vanyar (appelés aussi Lindar ou Inwir) et les Noldor (ou Noldoli). La langue qui se développa au cours de ce périple (common eldarin « eldarin commun ») est la langue mère des trois grandes langues : quenya, telerin ou lindárin et sindarin. En ce qui concerne la formation du telerin ou lindárin ; les Teleri ou le troisième clan restèrent isolés sur les côtes de Beleriand puis sur l’île de Tol Eressëa. En Aman, les deux clans elfes (Vanyar / Lindar et Noldor / Noldoli) s’établirent dans une région entre la Grande Mer et Valmar (cette région prit alors le nom de séjour des Elfes, Eldamar. Les Eldar modifièrent grandement leur langue originelle qu’ils avaient apprise « directement d’Oromë ». C’est le lindarin (c’est-à-dire la langue des Elfes Vanyar) qui se figea et reçut le nom de quenya mais la langue courante des Lindar ou Vanyar continua à évoluer. La civilisation noldorine évolua également et leur langue commença à s’éloigner du lindárin ; elle reçut le nom de kornoldorin ou korlambe de Kôr, la première cité des Eldar. Ainsi juste avant la destruction des Arbres, il existait à Valinor : le quenya, le lindárin (langue de tous les jours des Lindar), le noldorin (langue écrite et parlée par les Noldor) et enfin le telerin la langue des Teleri4). À partir de la destruction des Arbres de Valinor par le Vala renégat Melkor et l’araignée Ungoliant, la majorité des Noldor quitta Eldamar pour rejoindre la Terre du Milieu ou plus exactement le Beleriand, la région la plus à l’Ouest de la Terre du Milieu. À partir de ce moment leur langue évolua indépendamment du parler d’Eldamar ; la langue des Elfes qui restèrent à Eldamar évolua de son côté et devint l’eldarissa. Celle-ci représente un stade bien postérieur au quenya tel qu’il fut parlé à Valinor au temps des Arbres5). Ainsi donc les Quendi devinrent les Eldar (les Elfes du Grand Voyage) et les Avari (ceux qui refusèrent le Grand Voyage). Des Eldar, il y eut les Vanyar, les Noldor et les Teleri. Les Vanyar, les Noldor allèrent en Aman et devinrent les Calaquendi, ainsi que ceux des Teleri qui allèrent aussi en Aman. Des Teleri qui restèrent il y eut les Sindar (Elfes-Gris) et les Nandor (ceux qui quittèrent les marches des Teleri à l’Est des Monts Brumeux) ; des Nandor (certains allèrent plus tard en Beleriand) il y eut les Laiquendi (Elfes-Verts d’Ossiriand) qui donnèrent les Úmanyar (Eldar qui n’étaient pas en Aman) qui devinrent les Moriquendi (Elfes de la Nuit, ils ne virent jamais la lumière des arbres)6).

À propos des Elfes de Rivendell « Fondcombe » ou Imladris : les Noldor qui sont des Elfes et plus précisément des Quendi « ceux qui parlent avec la Voix » ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes ont appris le langage à toutes les autres créatures, chacune l’ayant adapté à sa manière. De fait, cela peut s’être produit très tôt, dès que Linwë, Elwë et Olwë s’en revinrent d’Aman en compagnie de d’Oromë le Vala. La version parlée du langage mental devint le quenya. Les Sindar apprirent le quenya mais l’adaptèrent à leur propre usage7) ; ils créèrent ainsi une langue moins formelle et plus pratique pour la conversation et l’écriture de tous les jours. Avec le temps même les Noldor en vinrent à utiliser le sindarin comme langue commune ; ils réservèrent le quenya à un emploi plus formel, plus rituel. Cela est vrai aussi dans la maison d’Elrond où le sindarin est le langage que ses habitant parlent entre eux. Les tengwar sont les premières lettres écrites qui aient été conçues ; elles furent inventées par le poète noldorin Rúmil de Tirion8). Cette version pure des tengwar n’est connue et employée qu’aux Terres Immortelles. Plus tard, Fëanor adapta et révisa cet alphabet et l’usage des tengwar fëanoriens se répandit bien davantage en Terre du Milieu. L’écriture de ces deux alphabets est cursive, ce qui n’est guère commode pour les graver. Mais les Grands Orfèvres comme ceux qui étaient en Eregion et aussi Sauron furent à la hauteur de la tâche, d’ailleurs l’inscription de l’Anneau est en écriture cursive. Bien après cela, le barde sinda Daeron inventa les runes qu’on appela plus tard les Certhas Daeron (cirth ou encore « lettres » de Daeron). Celles-ci sont plus angulaires et donc plus adaptées à la gravure sur pierre. Les nains de la Moria trouvèrent ce style d’écriture particulièrement à leur goût et l’adoptèrent. Les Noldor parlent quenya entre-eux et avec les Vanyar en Aman mais la forte majorité qui se trouve en Terre du Milieu a adopté comme langue de travail le sindarin, reléguant autant que possible le quenya au rang de langage spécifiquement rituel. La région de Rivendell est aussi peuplée par :

  • Les Hommes des Collines : les hommes des collines possèdent leur propre parler, le « blarm ». Le blarm est un proche parent de la langue côtière du Sud des peuples Dunéens du Gondor, particulièrement du dunael parlé par les Dunlendings. Cependant cette langue s’est développée isolément pendant des siècles, de sorte qu’aucune discussion n’est possible entre des hommes des collines et des hommes de Dun. Celui qui connaît le dunael peut toutefois apprendre le parler des hommes de collines deux fois plus vite que quelqu’un qui ne parlerait que le westron (« ouistrain »).
  • Les Dúnedain du Rhudaur : dans la vie courante, la plupart des Dúnedain du Rhudaur emploient la langue des Elfes gris, le sindarin. Ils utilisent également l’adûnaïque, la langue de Númenor, dans certaines occasions mais son usage a décliné dès les premiers temps d’Arnor. Bien entendu presque tous les Dúnedain parlent le westron et beaucoup d’entre-eux connaissent également le blarm.
  • Les Hommes de Dun ou Dunlendings : les tribus dunéennes parlent divers dialectes, tous dérivés de la même langue côtière du Sud. Beaucoup se basent sur le dunael, très répandu, qui fournit une structure et un vocabulaire communs ; aussi la communication entre les tribus n’est-elle pas trop difficile. Cependant les Dunlendings jouent beaucoup sur les mots et les intonations, de sorte qu’une discussion sur des idées complexes peut très bien déboucher sur de graves malentendus9).

Don de Cirion (© Ted Nasmith)

Il y a donc en résumé plusieurs langues parlées en Terre du Milieu :

  • L’elfique :
    • avarin (ancien elfique de l’Est)10)
    • eldarin (ancien elfique)
      En qenya, le nom des personnages Eldar est donné séparément sans connexions étymologiques, il est défini comme une fée des plages ou solosimpë « flûtiste côtier ». Il s’agit là d’un aperçu d’une conception antérieure datant des Contes perdus ; les Eldar furent originellement des elfes marins. Le « Gnomish Lexicon » possède l’entrée egla « être d’en dehors », noms des fées donné par les Valar et en large partie adopté par ceux-ci. Egla est similaire au qenya elda ; il faut aussi envisager eg, êg « loin, très éloigné » comme suffixes. L’association entre les Eldar et les étoiles ne remonte donc pas tout au début).
    • qenya ou quenya (haut elfique).
      « Certains pensent qu’il ne faut pas mélanger quenya et qenya […] Le lecteur attentif est souvent frappé par le nombre de noms en commun entre les q(u)enyas, le noldorin et le sindarin. Et plus encore des dizaines de mots abscons du Lord of the Rings et du Silmarillion trouvent leur signification à la lumière des Étymologies. Pour toutes ces raisons, il m’apparut que le qenya et le quenya n’étaient qu’une seule et même langue. » É. Kloczko, Dictionnaire des langues elfiques.
      Il est à noter également que le qenya employé dans le Livre des Contes perdus est plutôt de l’eldarissa (terme synonyme de qenya qui fut employé durant la première époque). Ce n’est pas la même langue mais plutôt le même état de langue.
    • sindarin (elfes gris)11)
  • la langue des Hobbits : kuduk (ancien hobbit), hobbitish, parler commun12)
  • la langue des Nains : khuzdûl
  • la langue des Hommes : westron « ouistrain », (common speech « parler commun », exprimé par l’auteur par le biais de l’anglais, parfois vieilli)
  • la langue du peuple de Melkor : melkorin, noir parler et noir parler ancien
  • la langue des Orcs « Orques » : langue orque
  • et d’autres langues comme l’apysaic13), l’adunaic « adûnaïque » (de adûn « ouest » ; c’est la langue des Dúnedain de Númenor) et le valarin.

Pour simplifier, en ce qui concerne l’origine de toutes ces langues, on dira que la langue des nains trouve son origine dans le vieux norrois, que la langue des hommes de Rohan (les Rohirrim) vient du vieil anglais mêlé de quelques noms propres bretons et enfin que les langues elfiques ont des racines celtes14).

Par ailleurs, ne négligeons pas non plus les autres personnages de l’œuvre de Tolkien ; ils ont souvent des noms très particuliers qui méritent un peu de réflexion. Dans l’ouvrage Farmer Giles of Ham, on peut constater la présence de nombreux noms ayant pour origine des références grecques et latines, ce qui peut paraître surprenant lorsqu’on sait que l’auteur se défendait d’utiliser de telles références et que son « substrat » référentiel ne concernait ni l’Orient, ni le monde grec et latin15). Pour ce qui est de Feuille, de Niggle, le nom du personnage principal est directement fondé sur un jeu de mots qui ne peut être compréhensible que par un locuteur anglophone (mais qui est souvent bien rendu lors de la traduction par une note appropriée). La nouvelle Smith of Wootton Major (parfois traduite en Ferrant de Bourg-au-Bois) contient des patronymes essentiellement formés sur des noms de professions, ce qui donne au texte un caractère « villageois » voulu par l’auteur. Ici l’utilisation de l’onomastique est une véritable volonté stylistique. Les Aventures de Tom Bombadil contiennent de nombreux jeux sur les mots et les sonorités ; les noms propres n’échappent pas à cette constante. Il faudra faire sentir le caractère poétique de cette œuvre.

Les caractéristiques physiques

  • Beorn (Bilbo le Hobbit) : « homme-ours », comme le lycanthrope Beorn se transforme parfois en ours, essentiellement pour aller au combat ; on rencontre alors un gigantesque ours noir qu’il vaut mieux éviter. Ce nom se rapproche beaucoup de Beowulf (Bee-Wolf « le Loup aux Abeilles ») le héros d’un célèbre poème épique anglo-saxon sur lequel Tolkien a fondé toute une réflexion critique Beowulf, the Monsters and the Critics. Il n’est pas étonnant que l’auteur ayant voulu forger un personnage à double face se soit souvenu du héros Beowulf et ait fabriqué un nom sur le même modèle16).
  • Bipied (Le Seigneur des Anneaux) : cette traduction semble être celle de Twofoot, nom proche de Proudfoot cité également dans les romans. Il s’agit sans nul doute d’un patronyme qui met l’accent sur une caractéristique physique ; les Hobbits ont en effet les pieds tout à fait remarquables. Au début de Bilbo le Hobbit, on nous donne une description des semi-hommes : « ils ne portent pas de souliers, leurs pieds ayant la plante faite d’un cuir naturel et étant couverts du même poil brun, épais et chaud que celui qui garnit leur tête. »
  • Dain Ier (Le Seigneur des Anneaux) : Ironfoot « Pied de fer » : Nain, roi du peuple de Durin. Avec la référence au fer contenue dans Ironfoot, on rappelle que les Nains ont une grande activité de mineurs.
  • Fangorn (Le Seigneur des Anneaux) : en sindarin « Arbre à barbe », il est appelé en westron « ouistrain » Treebeard. C’est le plus vieux des Ents. Les deux composantes du nom expriment bien les caractéristiques physiques de l’Ent : caractéristique végétale exprimée grâce au mot tree « arbre » et caractéristique anthropomorphe exprimée avec le nom beard « barbe ».
  • Fierpied (Proudfoot) (Le Seigneur des Anneaux) : anglais, common speech « parler commun » Proudfoot, qui signifie « Fierpied » ; c’est un nom donc invariable, mais le pluriel de foot est feet, d’où l’utilisation plaisante de Proudfeet : « “Mes chers Sacquet […] et Fierpied”. “ProudFEET” cria un vieux Hobbit du fond du pavillon. Il s’appelait Fierpied, bien entendu il méritait bien son nom : ses pieds étaient très grands, exceptionnellement velus, et ils reposaient tous deux sur la table. » (Le Seigneur des Anneaux) Ce vieux Hobbit est sûrement Sancho Proudfoot, fils de Olo Proudfoot.
  • Gandalf Maison-Grise, le Gris (Mithrandir) (Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux) : Mithrandir est le nom elfe de Gandalf, il signifie « le pélerin gris » car Gandalf est vêtu de gris. C’est Olórin, un des Istari « mages ». Gandalf est le nom qui lui est donné par les Humains. Gandalf et les autres Istari « mages » (qui sont des Maiar ou esprits qui peuvent s’incarner en leur propre personnage) vinrent en Terre de Milieu sous des dehors d’Hommes, qui ne furent jamais jeunes et qui vieillirent très lentement. À quelques-uns ils révélèrent leurs noms véritables mais employèrent souvent des noms qui leur furent attribués. Les deux plus considérables furent nommés par les Eldar, Curunír (sindarin), Curumo (quenya) « le Maître des stratagèmes » et Mithrandir « le Gris Pélerin » ; mais les Hommes du Nord les appelèrent Saruman et Gandalf. Saruman se rendait souvent dans l’Est, mais sur le tard il se fixa à Isengard, Gandalf jouissait de l’amitié des Eldar, errait dans les pays de l’Ouest et jamais ne s’établit nulle part. Chez les Sindar il est nommé Olórin, nom fondé sur Olor « le rêve »17) ; chez les Nains, il est nommé Tharkûn « Le Porteur de bâton ». Un des autres noms du magicien, Incánus « Espion du Nord », donné par les Haradrim du Sud, semble avoir été fabriqué par l’auteur à partir de l’adjectif latin qui signifie « blanc ou grisonnant », parfois dans le sens de « vieux » ; même si Tolkien affirme que la ressemblance entre le mot qenya et le mot latin doit être tenue pour fortuite. Incánus est de consonance étrangère, il n’appartient ni au westron, ni à une langue elfe ; une note dans le Livre du Thain, nous dit qu’il s’agit d’un mot du parler Haradrim adapté au quenya18). Il ne porte pas de nom à l’Est car de son propre aveu : « à l’Est je ne vais point ». Le nom de Gandalf semble être issu directement de Gandálfr qui désigne un nain sorcier dans l’Edda en prose. On peut bien sûr voir dans ce personnage de Gandalf un double de Merlin, conseiller d’Arthur. Il est à noter que Gandalf tout au début de la rédaction du Hobbit était le nom du chef des nains et non pas le nom du magicien.
  • Goldberry (Le Seigneur des Anneaux, Les Aventures de Tom Bombadil) : « Baie d’Or » parfois traduite en « Frai d’or » (Les Aventures de Tom Bombadil, traduction de Dashiell Hedayat), femme de Tom Bombadil et fille de la « Dame de la Rivière », The River-woman, elle a de longues tresses blondes. La traduction française la plus littérale est bel et bien « Baie d’Or », la seconde est plus poétique et colle au mieux au poème d’où elle est tirée.
  • Gollum, Sméagol (Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux) : le nom Gollum est fondé sur une onomatopée. On nous dit que « gollum » est un vilain bruit de gorge que fait Sméagol lorsqu’il va dévorer quelque chose.
  • Perry the Winkle (Perry-the-Winkle) : « Perry le Bigorneau »

Les caractéristiques morales ou qualités

Le caractère « campagnard »

  • Aegidius de Hammo, Aegidius Ahenobarbus Julius Agricola de Hammo (Farmer Giles of Ham) : « […] à cette époque, il y a très longtemps, alors que notre île était encore heureusement divisée en de nombreux royaumes, les gens étaient richement dotés de noms. On avait plus de temps alors et la population était moins nombreuse, de sorte que la plupart des hommes étaient distingués. Quoi qu’il en soit, ce temps-là est passé et je donnerai donc dans la suite au personnage son nom en bref et dans la forme vulgaire : c’était le Fermier Gilles de Ham, et il avait une barbe rousse. Ham n’était qu’un village, mais, en ce temps-là, les villages étaient encore fiers et indépendants. » À noter que ce personnage possède de nombreux surnoms : Bon Aegidius, Brave Ahenobarbe, Grand Julius, Inébranlable Agricola, Orgueil de Ham et Héros du Pays. Le caractère satirique mais aussi flagorneur de tels surnoms n’échappe pas au lecteur lorsqu’on sait que la population du village de Ham désire que le Fermier aille chasser le dragon ; celui-ci est particulièrement impressionnant et Gilles de Ham n’a guère envie de l’affronter. Les villageois tentent donc de le décider en le flattant le plus possible. (Voir aussi à Caudimordax).
  • Aegidius Draconarius (Farmer Giles of Ham) : voir plus haut.
  • Alf (Smith of Wootton Major) : nom de l’apprenti du Maître Queux ; l’Apprenti. On y reconnait le nom ancien des Elfes ; ce nom est particulièrement bien porté car l’apprenti n’est pas de nature humaine. A la lecture de ce patronyme nous sentons, à la grande différence des personnages du conte, que l’apprenti du Maître Queux est porteur de mystère et qu’il sera capable de grandes choses. A Grand Wootton, il se nomme Prentice « Apprenti » ; au pays de Faërie il se nomme Alf19).
  • Barliman Butterbur (Le Seigneur des Anneaux) : aubergiste du pays de Bree, il est le tenancier du Prancing Pony « le Poney fringant ». On nous donne une traduction de son nom dans la version de F. Ledoux qui ne correspond pas directement au nom original. On le nomme Prosper Poiredebeurré. Il n’est pas facile de donner une traduction littérale alors on a joué sur les sonorités et sur la ressemblance ; ainsi a-t-on traduit butter par « beurre » ce qui semble logique ; le français essaye ensuite de rendre le jeu de mots végétal sur butterbur qui ressemble fort à buttercup « bouton d’or » par une adaptation d’un nom de variété de poire qui contient également le mot beurre.
  • Bill Butcher (Perry-the-Winkle) : anglais « Bill le Boucher », il y a ici reprise de la principale qualité du personnage dans l’expression du nom propre ; la qualification est donc directe et le nom se rapporte directement à celui qui le porte. Le procédé est très courant chez Tolkien.
  • Comte de Tame (Farmer Giles of Ham) : anglais tamed « apprivoisé ».
  • Cotman (Le Seigneur des Anneaux) : traduction du nom hobbit Hlothram « celui qui habite un cottage ».
  • Cotton (Le Seigneur des Anneaux) : nom hobbit de la famille de Tolman Cotton ayant joué un rôle lors de la bataille de Bywater. Le rapport évident avec le coton laisse entendre que les Hobbits, qui sont des êtres passionnés de jardinage, portent souvent des noms en rapport avec les plantes et le monde végétal. (Voir à Bilbo Baggins).
  • Dominus de Domito Serpente (Farmer Giles of Ham) : « Seigneur du dragon apprivoisé ».
  • Farmer Maggot (Le Seigneur des Anneaux) : fermier ayant offert le gîte et le couvert à la Compagnie de l’Anneau. Il y a jeu de mots en anglais car maggot signifie « ver de mouche, asticot » ; un fermier se doit de connaître la nature et les insectes, il est donc désigné par une notion concernant la vie naturelle.
  • Goat-leaf (Le Seigneur des Anneaux) : famille humaine du pays de Bree, on peut traduire ce nom par « Chèvrefeuille »
  • Harper (Smith of Wootton Major) : « Ménestrel », voir l’entrée suivante.
  • Harry Cooper (Smith of Wootton Major) : anglais « Harry Tonnelier », il s’agit d’un nom directement compréhensible par le lecteur anglophone, il exprime comme d’autres (voir Harper, Lily Draper, Molly Miller, mais aussi Farmer Maggot, Old Farmer Hog ou Bill Butcher) l’activité du personnage mais aussi une réalité dans l’histoire ; c’est une véritable expression de l’effet de réel voulu pour rendre plus vivace le caractère « campagnard » de ces contes qui se passent tous en des lieux peu définis géographiquement, certes, mais qui ne concernent pas un cadre citadin.
  • Lily Draper (Smith of Wootton Major) : anglais « Lily Marchand de Drap », voir l’entrée précédente.
  • Molly Miller (Smith of Wootton Major) : anglais, « Molly Meunier », voir à Harry Cooper.
  • Muddy-feet (Tom Bombadil Goes Boating) : « le Bouseux » (voir Maggot). Il y a ici une autre expression de la qualité de fermier ; celui qui travaille la terre et qui est donc parfois couvert de terre ou de boue (mud en anglais, d’où muddy « boueux »).
  • Old Farmer Hogg (Perry-the-Winkle) : « Goret le Fermier », (voir Maggot et Muddy-Feet), ici la qualité de fermier est exprimée grâce au nom commun anglais hogg « goret, cochon » ; les fermiers sont souvent aussi des éleveurs.
  • Old Pot the Mayor (Perry-the-Winkle) : « Vieux Pot le Maire »
  • Parish (Feuille, de Niggle) : « M. Paroisse », la fin du conte joue sur ce nom anglais en associant Parish à Niggle, ce qui donne en français « la Paroisse de Niggle », étymologie fantaisiste d’un toponyme donné par le narrateur du conte.
  • Peeping Jack (Perry-the-Winkle) : « Jacquou le Curieux », on trouve ici l’utilisation d’un surnom qui inclue une caractéristique morale courante : la curiosité ; le nom est forgé à partir du nom proprement dit et de cette caractéristique. En français le côté « surnom » est renforcé grâce au diminutif de Jacques « Jacquou » qui donne un côté bien campagnard à l’ensemble en faisant penser à des références telles que Jacquou le Croquant. Ce nom en français est peut-être une allusion aux crocs (outils agricoles appelés ainsi à cause de leur forme), dont étaient armés les paysans pauvres qui participaient à la Révolte des Croquants sous Henri IV et Louis XIII. Le verbe anglais to peep est bien rendu par l’adjectif français « curieux » car il signifie « regarder à la dérobée ».
  • Rider (Smith of Wootton Major) : « Cavalier »
  • Sam le Radieux (Farmer Giles of Ham) : nous trouvons l’explication à un tel nom dans le texte lui-même : « […] mais on envoya quérir le forgeron. Celui-ci hocha la tête. C’était un homme assez lourd et sombre, vulgairement appelé Sam le Radieux bien que son nom véritable fût Fabricius Cunctator. Il ne sifflait jamais en travaillant, à moins que quelque désastre (comme la gelée en mai) ne se fût produit après qu’il l’eut prédit. » Ici Tolkien a travaillé par anti-phrase. Le nom latin peut être compris comme « qui aime prendre son temps », avec peut-être un jeu de mots entre Fabricius, nom d’homme et fabricatorius « producteur, créateur » ; ce qui nous donnerait « le créateur qui aime prendre son temps », nom fort ironique pour un forgeron pressé à la tâche20).
  • Smith, Smithson (Smith of Wootton Major) : « Forgeron, fils de forgeron », voir à Harry Cooper. A remarquer que Smith porte deux noms : son nom habituel de Smith lorqu’il se trouve dans le pays des Hommes et le nom de Starbrow lorqu’il visite le pays de Faërie. Un dédoublement est nécessaire aux voyages féeriques.
  • Nokes Townsend (Smith of Wootton Major) : « Nokes Bout-de-la-ville », le prénom n’est pas aisé à comprendre même pour un lecteur anglophone. On nous donne quelques eclaircissements en rapprochant ce nom avec un village de l’Oxfordshire dont le toponyme viendrait d’une fausse étymologie. Au Moyen-âge la localité portait le nom anglo-saxon aet thaem ácum « aux chênes » qui devint en moyen-anglais *atten oaks rendu en anglais moderne en at Nokes. Nokes serait donc celui qui habite un endroit où croissent les chênes (voir à Quercitum).

Le caractère « forestier »

  • Ents (Le Seigneur des Anneaux) : Shepherds of the Trees « Bergers des Arbres », Shadows of the Wood « Ombres du Bois » ; personnages végétaux anthropomorphes vivant dans la forêt de Fangorn. Tolkien utilise ici des personnages d’arbres aux figures humaines ; il est à remarquer que de nombreux contes traditionnels bretons ou irlandais font référence à ces personnages, voir le conte d’Anatole Le Braz intitulé « Les Deux vieux arbres » où deux âmes sont réincarnées en deux hêtres : « Il leva les yeux, et malgré l’obscurité, reconnut à la blancheur argentée de l’écorce, que les arbres dont les ramures bruissaient de la sorte étaient deux hêtres d’aspect vénérable qui se faisait vis à vis d’un talus à l’autre et mêlaient leurs branches comme pour s’embrasser. Ce qui avait de plus étrange c’est que leur murmure ressemblait à un chuchotement de voix humaines […]
    - Je crois que tu as froid, Maharit. Tu trembles de tous tes membres […]
    - Oui, Jelvestr, je suis glacée, glacée, en vérité, jusqu’aux moelles. Toutes les fois que la nuit tombe, c’est ainsi ; la fraîcheur me pénètre au point que c’est une nouvelle mort. »
    Sylvebarbe, Bouclefeuille, Peaurude, Vifsorbier sont les traductions données par Francis Ledoux aux noms originaux, nous remarquons, bien sûr, la ressemblance avec des noms concernant la botanique. (Voir aussi à Fangorn).
  • Tom Bombadil (Le Seigneur des Anneaux, Les Aventures de Tom Bombadil) : il porte aussi d’autres noms, ainsi les Nains le nomment Forn, les Hommes du Nord Orald et les Elfes Iarwain Ben-adar « le plus Ancien et le Sans-Père », Tom Bombadil est le nom que lui donnent les Hobbits, il se nomme lui-même Eldest « le Plus Vieux, l’Aîné ».
  • Woodman Tom (Les Aventures de Tom Bombadil) : « Tom, l’Homme des Bois », (voir aussi à Tom Bombadil).
  • Willow Man : personnage végétal qu’on peut retrouver dans le Seigneur des Anneaux mais aussi dans les Aventures de Tom Bombadil. C’est un saule doué de parole qui croît dans la Withywindle Valley « Vallée du Tournesaule » ou « Vallée de l’Oserette », selon les traductions ; on retrouve ici la figure de l’arbre intelligent déjà observée avec les Ents, à la différence que Willow Man n’est pas aussi bienveillant et n’hésite pas à emprisonner les voyageurs imprudents sous son écorce.

L’affect, l’intellect et la magie : le caractère « elfique »

  • Ainur (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : parmi les entrées originales dans le « Qenya Lexicon » se trouvent ainu « un dieu païen » et aini « une déesse païenne », avec aye « salut à vous » et Ainatar « Ilūvatar, dieu ». Le « Gnomish Lexicon » a ain avec les formes distinctes masculines et féminines ainos et ainil « un dieu, une déesse » c’est-à-dire un des grands Valar.
  • Aulë (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : un mot aule « hirsute » est donné dans le « Qenya Lexicon » comme un dérivé de la racine OWO (d’où vient aussi oa « laine », ue « toison »), mais sans indication précisant que le mot doive être relié au nom du Vala. La forme gnomique de son nom est Ola, changée en Oli, sans information supplémentaire. Dans la liste des noms des Valar, Aulë est aussi nommé Tamar ou Tamildo. Ceux-ci sont donnés dans le « Qenya Lexicon » sans traduction sous la racine TAMA « fondre, forger », avec tambe « cuivre », tambina « de cuivre », tambos « chaudron ».
  • Angaino (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : groupé avec angayasse « tristesse, douleur », angaitya « supplice ». Angaino est donné dans le « Qenya Lexicon » séparément des mots pour « fer » et fut défini comme « un géant » corrigé en « la grande chaîne ». Dans le « Gnomish Lexicon », Melko a un nom Againos avec une note : « ne pas confondre le gnomique Angainos avec le qenya Angaino (gnomique Gainu), « la grande Chaîne de Tilkal ». Sous Gainu il y a une note ultérieure : connecté populairement avec Ang « fer » mais en réalité « bourreau ».
  • Barrow-Wight (Les Aventures de Tom Bomdadil) : anglais, « Tombeau, l’hôte du tumulus » (traduction de Dashiell Hedayat) ; nous avons ici une traduction qui colle bien à l’idée générale exprimée par le syntagme. Il n’était pas facile de rendre à la fois l’idée d’habitant et de tumulus exprimée par les mots barrow « tombeau, tumulus » et wight nom vieilli pour « être »21). Tolkien utilise souvent des mots composés en guise de noms propres, cette technique permet la synthèse de toutes les notions exprimées par les différentes composantes. Il peut paraître curieux de donner une traduction à Barrow-Wight, car on ne voit pas très bien qui peut être cet « Être des Tombeaux » ; certains critiques l’envisagent comme le gardien d’un monde funèbre s’opposant en cela au gardien du monde vivant, antérieur à la Magie des Anneaux (Bombadil et sa compagne l’Ondine Goldberry) (L’Epopée religieuse de J.R.R. Tolkien, F. Léaud).
  • Bronweg (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » a Bronweg « celui qui est constant », nom d’un Gnome réputé, avec les mots apparentés : brod, bronn « ferme, résolu », bronweth « constance ». Dans le « Qenya Lexicon » on trouve Voronwë « le fidèle », dérivé de la racine VORO « toujours », avec vor, voro « toujours », voronda « fidèle », vorima « pour toujours ». La terminaison -weg n’est pas donnée dans le « Gnomish Lexicon » mais renvoie à gweg « homme », pluriel gwaith.
  • Círdan (Le Silmarillion) : « Le Charpentier » Elfe des Teleri, Seigneur des Falas, les côtes à l’Ouest de Beleriand. Après la destruction des Ports qui suivit Nirnaeth Arnoediad, il s’enfuit avec Gil-galad sur l’Île de Balar. C’est aussi le Gardien des Ports Gris du Golfe de Lhûn pendant les Deuxième et Troisième Âges. Il confia Narya, l’Anneau de Feu à Mithrandir quand il apparut.
  • Curufin (Le Silmarillion) : « connaissance »22), Elfe noldo, cinquième fils de Fëanor et père de Celebrimbor.
  • Curunír (Le Seigneur des Anneaux) : nom sindarin de Saruman signifiant « Homme de grande connaissance ». Saruman Lân « Saruman le Blanc » est le nom donné au plus vieux des Istari par les Hommes du Nord. En Saruman, nous reconnaissons le mot anglo-saxon searu, saru « habileté, finesse, ruse ». Voir aussi à Gandalf.
  • Daeron (Le Silmarillion), sindarin « Celui de l’Ombre », Elfe ménestrel.
  • Earendel (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : dans une liste de noms annotés qui accompagne « La Chute de Gondolin », il y a une suggestion, attribuée à Petit-Cœur fils de Voronwë, qu’Earendel « avait un lien quelconque avec les mots elfiques ea et earen respectivement “aigle” et “aire” ». Dans le « Qenya Lexicon » ces mots tous deux en rapport avec le sens « aigle » sont placés avec Earendel bien qu’ils ne soient explicitement connectés. Le conte lui-même dit qu’il y a « maintes interprétations à la fois parmi les Elfes et parmi les Hommes » du nom Earendel, avec une suggestion qu’il s’agissait d’un mot « d’une langue secrète » parlée par les gens de Gondolin. Le « Gnomish Lexicon » possède une entrée, Ioringli, « véritable forme gnomique du nom d’Earendel, bien que la forme eldarine ait été aussi adoptée et soit souvent rencontrée comme forme transitionnelle, ainsi Iarendel, Iorendel ». Les mots gnomiques pour « aigle » sont ior, ioroth. Dans le « Qenya Lexicon » on trouve une entrée Earendylion « fils d’Earendel », employé pour tout marin.

Remarquons néanmoins que la langue des Eldar ou eldarin n’est pas tout à fait similaire au gnomique ; on nous dit que les Eldar sont distincts des Gnomes mais que leurs langages sont tout de même apparentés. N’oublions pas cependant que l’elfique en tant que langue est distingué du gnomique et en elfique Eldar est employé comme un mot dont la forme est différenciée du gnomique23).

  • Elrond (Le Seigneur des Anneaux) : sindarin, « Voûte Etoilée ». Ce nom est formé directement sur les éléments EL exprimant le caractère étoilé et ROND « voûte ». Voir aussi les éléments de sindarin donnés en début de partie sur les toponymes.
  • Éowyn (Le Seigneur des Anneaux), fille-sœur de Théoden roi de Rohan : Éowyn sœur d’Éomer se comporte dans la troisième partie comme une sorte de Bradamante. Elle n’hésite pas à partir au combat pour suivre l’homme qu’elle aime, tout comme Bradamante qui poursuit Roger à travers le monde.
  • Éomer (Le Seigneur des Anneaux) : Rohir, roi de Rohan.
  • Erinti (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : elle apparaît dans le « Qenya Lexicon » comme une entrée isolée et primitive, elle fut même barrée. Les Contes perdus ne racontent rien sur Erinti, mais dans une note elle est appelée la Vala de l’amour, de la musique et de la beauté, aussi nommée Lotesse et Akairis « la mariée », elle est la sœur de Noldorin et d’Amillo. Seuls trois Valar ont quitté Valinor et demeurent en Inwenore (Tol Eressea) ; Erinti demeure en Alalminore dans un korin d’ormes gardé par les fées. La seconde moitié du mois d’Avestalis (équivalent au mois de janvier) est nommée Erintion. On ne trouve trace de ceci par ailleurs; il est pourtant clair que lorsqu’Erinti devint la fille de Manwe et de Varda, sa demeure an Alalminore fut prise par Meril-i-Turinqi, la dame de Tol-Eressea. Dans la liste de noms des Valar, Erinti est aussi appelée Kalainis ; ce mot apparaît dans le « Qenya Lexicon » signifiant « mai », un des nombreux dérivés de la racine KALA.
  • Eriol (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : dans « La Chaumière du Jeu perdu », Eriol est traduit par « celui qui rêve seul ». En qenya les éléments de cette interprétation sont donnés sous les racines ERE « demeurer seul » et LORO « sommeil ». On trouve dans le « Gnomish Lexicon » la note qui nous dit que le gnomique angol et le qenya eriollo étaient les noms de la région « entre les deux mers » d’oû venait Eriol et selon une note isolée par ailleurs angol est dérivé d’ang « fer » et ôl « falaise » tandis qu’Eriol signifie la même chose : ce dernier est le nom que les fées donnent aux parties de sa demeure (falaises de fer). Meril fait référence aux « noires côtes de ta demeure ». Cette note dit que l’interprétation « celui qui rêve seul » est un calembour de la part de Lindo. Pour ang « fer », voir Angamandi. Le « Gnomish Lexicon » a ola, ol « falaise, précipice donnant sur la mer », il y a les formes qenyarines ollo, oldo ; ere(n) « fer, ou acier » ; ces éléments apparaissent dans l’autre nom d’Angamandu, Eremandu « enfers de fer ».
  • Fanturi (Le Livre des Contes perdus — Partie I): dans le « Qenya Lexicon », fantur, sans traduction mais se référant à Lórien et à Mandos, est donné sous la racine FANA, avec plusieurs dérivés se référant tous aux visions, aux rêves, au fait de s’endormir. Dans le « Gnomish Lexicon », la forme est Fantor, pluriel i’Fanthaurin « le nom de chacun des deux frères, du sommeil et de la mort ».
  • Fanuin (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » a fann « une année ».
  • Fëanor (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le seul témoignage quant à la signification de ce nom est donné sous Fionwé-Urion24).
  • Finwe (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : ce mot n’apparaît pas dans les dictionnaires en tant que nom propre mais le « Gnomish Lexicon » donne un nom commun finweg « artisan, homme adroit » (avec « fin, astucieux » ; « main droite ») et autres mots apparentés ; pour -weg voir Bronweg. Dans le « Qenya Lexicon », les dérivés de la racine FINI sont finwa « fin , sagace », finië, findë « rusé ».
  • Fionwe-Urion (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : fion « le fils » est donné ultérieurement dans le « Qenya Lexicon » avec la note « particulièrement Fion(wë) le Vala ». Il est en gnomique « Auris Fionweg ou Fionnor, Fionaur » et, dans une entrée ultérieure du « Gnomish Lexicon », Fionnor « fabricant de gobelet » (c’est égal au qenya Fëanor). On trouve parmi les entrées originales fion « bol, gobelet ». Il n’y a aucune indication que cela se rapporte à Fëanor le Gnome.
  • Fui (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : on trouve dans le « Qenya Lexicon » hui « brouillard, ténèbres, nuit » et huiva « ténébreux » et aussi « Fui épouse de Vê ». En gnomique son nom est Fuil « reine de la Nuit » et les mots apparentés sont fui « nuit » et fuin « secret, sombre ».
  • Galadriel (Le Seigneur des Anneaux) : « Dame de Lumière ».
  • Gil-Galad (Le Seigneur des Anneaux) : « Étoile radieuse », Elfe noldo.
  • Gong (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : aucune information en qenya ; on pourrait penser qu’il pourrait s’agir d’un nom pour les Kaukareldar ou « fausses fées » mais dans la liste des noms gnomiques, Gong est défini comme « un membre d’une tribu orque, un goblin (gobelin) ».
  • Gwerlum (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : traduction gnomique « Tisseuse de pénombre » ; gwer- « tourner, entortiller, plier » mais aussi dans le sens de la racine gwirdh- « tresser, tisser ». En qenya on a la racine GWERE « tourbillonner, tournoyer, tordre » mais le nom Wirilome pour la gigantesque araignée est placée sous la racine GWITHI, d’où vient aussi windele « métier à tisser », winda, wiste « trame ». Le nom du vaste remous, absents des dictionnaires doit appartenir à cette famille.
  • Gríma Wormtongue (Le Seigneur des Anneaux) : « Gríma Langue de Serpent », rappelons que l’anglais worm est employé par Tolkien pour signifier « dragon » (voir Smaug). Le personnage qui porte ce nom est en effet particulièrement perfide. Nous avons ici un exemple d’utilisation de nom propre caractérisant celui qui le porte ; le surnom est devenu le nom définitif.
  • Heskil (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : la racine HESE du « Qenya Lexicon » inclut les dérivés Heskil « être de l’hiver », Hesin « hiver », Hessa « mort, flétri », hesta- « flétrir » ; on trouve dans le « Gnomish Lexicon » Hess « hiver, particulièrement pour nommer Fuil » et hesc « flétri, mort ; froid ».
  • Ilúvatar (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : atar « père » en qenya, « Père du Ciel ».
  • Ilverin (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : nom elfique de Petit-Cœur fils de Bronweg. Le nom rejeté Elwenildo contient le mot elven « cœur » donné dans le « Qenya Lexicon » ; le « Gnomish Lexicon » donne ilf « cœur pour les sentiments », et plusieurs noms Ilfing, Ilfiniol, Ilfrith correspondant au qenya Ilwerin.
  • Ingil (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : les noms gnomiques d’Ingil fils d’Inwe sont Gilweth et Gilthilma ; Gil est l’étoile Sirius et est dit être le nom de Gilweth après qu’il eut disparu dans les cieux et « sous l’apparence d’une immense abeille portant un miel de flamme » suivit Daimord « Orion » ; Gilweth est clairement connecté à gil « lueur », gilm « clair de Lune », giltha « métal blanc ».
  • Inwë (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le nom de « l’antique roi des Fées qui les mena dans le monde » est un dérivé de la racine INI « petit », d’où proviennent aussi l’adjectif inya et les noms Inwilis, Inwinore « Faërie ».
  • Inwithiel (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : nom gnomique du roi Inwe. Dans le conte « La Venue des Elfes », Inwe est nommé Isil Inwe ; on trouve une racine qenya ISI (iska « pâle », is « neige légère »), le mot qenya ith signifie « neige fine ».
  • Kosomot (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : fils de Melko. On trouve ce nom avec un second élément différent, Kosomoko, dans le « Qenya Lexicon » sous la racine MOKO « haïr » (mokir « je hais ») ; la forme correspondante en gnomique y est dite être Gothmog. Le premier élément provient de la racine KOSO « lutter » (goth « guerre, lutte, combat »).
  • Makar (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : « Dieu de la bataille », racine MAKA, avec mak- « tuer », makil « épée ». Son nom gnomique est Magron ou Magorn. Dans la liste des noms des Valar, Makar est aussi nommé Ramandor ; il s’agit du premier nom du roi des Aigles ensuite remplacé par Sorontur. Dans le « Qenya Lexicon » sous la racine RAMA (rama- « hurler », rambe « un hurlement », ran « un bruit »), Ramandor est traduit par le « Hurleur = Makar ». Voir à Narkar.
  • Manir (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : ce mot est absent du « Qenya Lexicon » ; mais le « Gnomish Lexicon » a mona ou moni « les esprits de l’air, enfants de Manweg ». L’entrée suivante indique des relations supplémentaires : « manos ; un esprit qui est parti chez les Valar ou en Erumani ».
  • Measse (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : sœur de Makar, « Amazone aux bras sanglants », Measse est ajoutée à la racine MEHE « suinter » d’où mear « sang » ; dans le « Gnomish Lexicon » elle est nommée Mechos ou Mechothli (mechor « sang ») et aussi Magrintha « Celle aux mains rouges » (magru « tuerie, bataille » ; magrusaig « assoiffé de sang »). Dans la liste des noms des Valar, elle est nommée Rave ou Ravenni ; la racine RAVA possède de nombreux dérivés, ainsi rauta- « chasser », raust « le fait de chasser, d’attaquer une proie », Raustar, un nom pour Oromë, rau (pluriel ravi) « lion », ravenne « lionne ». Des formes très proches sont données dans le « Gnomish Lexicon » : rau « lion », rausta « chasser », raust « chasse ».
  • Melko (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : dans le « Gnomish Lexicon » le nom correspondant est Belca, changé en Belcha avec une note référent au qenya velka « flamme ». Dans la liste des noms des Valar il est nommé Yelur (racine DYELE, d’où le qenya yelwa « froid », Yelin « hiver »); la forme gnomique est Geluim, Gieluim « nom de Belcha lorsqu’il exerce sa fonction opposée de froid extrême ». Il est aussi nommé Ulband qui se trouve défini dans le « Qenya Lexicon » par « monstre » sous le préfixe négatif UL-.
  • Nauglath (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » nous donne les mots suivants : naug et naugli « nain », naugla « des nains », nauglafel « d’une nature de nain », c’est-à-dire « mesquin, avare ». Le « Qenya Lexicon » n’a rien de correspondant mais l’équivalent en qenya de naug serait nauka.
  • Nessa (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : ce nom n’apparait dans aucun des dictionnaires ; dans la liste des noms des Valar, elle est nommée Hellinyetille et Malesta. Dans le « Qenya Lexicon », parmi les toutes premières entrées, helin est le nom de la pensée ou de la violette, et Hellinyetille est rendu par « Yeux de l’apaisement-du-cœur » (s’agissant d’un nom pour la pensée) ; cf. yeta « regarder ». Cependant dans le « Qenya Lexicon » il s’agit d’un nom pour Erinti ; il y eut clairement de grands déplacements et transformations parmi les noms des Déesse du Printemps et l’attribution des noms et des rôles. Malesta provient sans aucun doute de la racine MELE « amour » (meles(së) « amour », melwa « ravissant » ; gnomique mel- « aimer », meleth « amour », melon, meltha « bien-aimé »).
  • Niggle (Feuille, de Niggle) : le personnage du conte Feuille, de Niggle est un peintre particulièrement amoureux de son art, il refait sans cesse un tableau d’où son nom de Niggle ou « Fignoleur ».
  • Noldoli (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : la racine NOL « connaître » a des dérivés en qenya tels que Noldo « Gnome », Noldorinwa (un adjectif), Noldomar « Pays des Gnomes » et Noldorin « qui résida longtemps en Noldomar et ramena les Gnomes en Inwenore ». Il semble qu’Inwenore veuille dire « Les Grandes Terres ». Mais il est très curieux que dans ces entrées, qui font partie des toutes premières, « Gnome » soit une correction de Goblin. En gnomique « Gnome » se dit Golda (« Être sage »), « le peuple des Gnomes » se dit Goldothrim, leur langue est le goldogrin, Goldobar et Goldomar signifient « Pays des Gnomes ». L’équivalent de Noldorin dans le « Gnomish Lexicon » est Goldriel, forme ensuite changée en Golthadriel.
  • Princess Mee, Princess Shee (Princess Mee) : « Princesse Moa, Princesse Toa », les deux princesses sont les personnages du poème Princess Mee ; la première se regarde dans un bassin rempli d’eau, elle découvre alors qu’elle n’est pas seule et qu’il y a une Princesse Shee « Princesse Toa » qui lui ressemble comme une sœur. La traduction de Dashiell Hedayat modifie un peu le sens original de Princess Shee car il transforme « elle » Shee en « toa » ; certainement pour rester au plus près du jeu sur l’orthographe anglaise de shee pour she ; « moa » et « toa » rendent bien cette déformation orthographique.
  • Radagast le Brun (Contes et légendes inachevés) : un des Istari, de moindre importance, il passa ses jours parmi les bêtes sauvages et abandonna la compagnie des Hommes et des Elfes. Son nom lui vient de l’ancien númenórien signifiant « épris des bêtes ». Il est également nommé Aiwendil qui peut signifier « Ami des Oiseaux » (si on se fonde sur Linaewen « Lac des Oiseaux », racine LIN « lac »). Saruman se moque de son amour des animaux et le surnomme Radagast le Simplet, Radagast l’Oiseleur.
  • Samwise Gamgee (Samsagace Gamegie) (Le Seigneur des Anneaux) : c’est l’accompagnateur privilégié de Frodo(n), c’est aussi le fils de Hamfast « Ham » Gamgee (« Gamegie ») et de Bell Goodchild (« Bonenfant »). Son nom complet en français est Samsagace ; ce qui peut se comprendre comme une caractéristique intellectuelle, en effet il est particulièrement fin et plein de bon sens25). En anglais nous avons les adjectifs sagacious et wise de même définition ; c’est sur ce dernier qu’est construit le nom anglais de Samwise, son nom original. A noter que le dixième enfant de Samwise se nomme Bilbo Samwise26).
  • Smaug (Bilbo le Hobbit) : c’est un dragon de l’Ered-Mithrin, il a détruit Dale et a chassé les Nains de leur Royaume sous la Montagne. Tout au début de la rédaction du Hobbit, il se nommait Pryftan ; son nom suivant semble venir du germanique smugan « se glisser dans un trou » ; la Biographie de Carpenter rapporte à ce sujet que Tolkien appelait cela « une basse plaisanterie de philologue ». Pendant très longtemps le dragon s’est contenté de dormir sur son trésor puis dérangé par la compagnie de Thorin Oakenshield « Ecu de Chêne », il détruit Esgaroth mais est tué par Bard the Bowman « Barde l’Archer ». Nous voyons dans la figure de Smaug, parfois aussi appelé Smaug the Golden « Smaug le Doré » la typique image du dragon dormant sur son or ; les Nains forgeurs de bijoux et d’armes de Tolkien ressemblent fort aux Nibelungen. Smaug peut s’envisager comme le double de Fafnir, tout comme le dragon scandinave, il est la personnification de la convoitise de l’or, stupide et sans profit. Fafnir a tué son père Hreidmar et chassé son frère Regin pour s’emparer de « l’Or du Rhin ». Ce trésor il le chérit, se couche sur lui de tout son long et se transforme en dragon pour effrayer quiconque oserait s’approcher. Mais Regin incite Sigurd a combattre le dragon et à le tuer. Avant de mourir le monstre lui lègue ses secrets de magie : le sang de dragon lui confère le pouvoir de connaître le langage des oiseaux et, par eux, de connaître les intentions malveillantes de Regin à son égard. Sigurd tue Regin, boit le sang des deux frères et mange le cœur du dragon (Fafnismal). La lutte de Bilbo contre le dragon est un écho du combat de Sigurd contre Fafnir ; la particularité de cet épisode de Bilbo le Hobbit évoque aussi une source beaucoup plus précise : Tolkien a travaillé sur l’histoire de Beowulf où le héros est un être faible qui dérobe néanmoins une coupe à un dragon. Pourtant celui-ci malgré l’immensité de son trésor ne tarde pas à flairer le larcin.
    • Glaurung (Le Silmarillion) : il est le premier des dragons Uruloki de Morgoth, appelé le Père des Dragons, il parut à Dagor Bragollach, Nirnaeth Arnoediad et au sac de Nargothrond, il ensorcela Túrin et Nienor. Il fut tué par Túrin à Cabed-en-Aras ; il est également appelé le Grand Ver, le Ver de Morgoth et Glaurung the Golden « Glaurung le Doré ».
    • Chrysophylax Dives (Farmer Giles of Ham) est le dragon présent dans Farmer Giles of Ham, il est particulièrement cupide, son nom complet est Chrysophylax Dives car « il était de lignage ancien et impérial et très riche. Il était rusé, curieux, avide, bien cuirassé mais pas trop audacieux ». Ce nom est clairement d’origine grecque et latine, une grande rareté chez Tolkien qui, bien qu’ayant une parfaite connaissance des mondes grecs et latins, ne s’appuyait guère que sur des références celtes ou scandinaves (voir note 1).
  • Thorongil (Appendice et Index du Seigneur des Anneaux, tome IV) : « Aigle de l’Etoile », nom attribué à Aragorn lorsque sous déguisement il se fit serviteur de l’Intendant Ecthelion II du Gondor.

Autres caractéristiques, comme l’appartenance à une lignée

Un critique américain nous dit que le monde de Tolkien, et essentiellement le monde relaté dans le Seigneur des Anneaux, est « un monde de l’être autant que du faire » ; l’être se caractérisant entre autre par le fondement sur l’appartenance à un lieu bien précis et parfaitement nommable autant qu’à l’appartenance à une famille connue du lecteur. Il faut bien remarquer que le lieu n’a pas forcément de préséance sur le lignage. On peut donc trouver pour un seul et même personnage plusieurs dénominations :

  • Legolas, messager de son père Thranduil, roi des Elfes de Mirkwood
  • Un Elfe des Ports du Nord, envoyé de Cirdan, le maître des Navires

Les Havres Gris (© Ted Nasmith)

  • Asphodel Burrows (Bilbo le Hobbit) : fille de Gorbadoc Brandybuck, et femme de Rufus Burrows.
  • Balin, Dwalin, Kili, Dori, Nori, Ori, Oin, Gloin, Bifur, Bofur, Bombur (Bilbo le Hobbit) : voici les noms des nains qui accompagnent Thorin Oakenshield ; nous pouvons remarquer que les patronymes fonctionnent par doublets ou d’une manière plus générale par ensembles, on reconnait bien sûr les noms déjà évoqués dans l’Edda en prose. Cette manière de forger des noms qui se ressemblent par la prononciation ou par l’orthographe est peut-être une manière de marquer la parenté : les nains sont frères par la famille (ils sont tous fils de Durin)27) mais aussi par le nom. Nous avons pu remarquer un mouvement similaire dans un conte de Jérôme Doucet où les principaux protagonistes sont des lutins malicieux. Ils portent pour noms Futt, Fritt, Flac et Foum ; l’auteur nous dit qu’il s’agit des lutins de l’air, du feu, de l’eau et de la terre. Là encore nous voyons la marque de la parenté des lutins dans la ressemblance de leurs noms ; tout comme les Eléments, ils sont quatre et régissent la vie des Humains.
  • Bilbo Baggins (Bilbo le Hobbit) parfois traduit par « Bilbon Sacquet », ce personnage est issu d’un autre ouvrage de Tolkien, Bilbo le Hobbit (The Hobbit), son nom semble fondé sur un jeu de mot reposant sur le sac, d’où la traduction française de Sacquet « petit sac ». Il habite un endroit de la Comté (the Shire) qui porte le nom de Bag End « Cul-de-Sac » ; il faut savoir que les hobbits ou semi-hommes sont des créatures qui vivent dans de petites maisons creusées à flanc de colline, petites maisons qui forment donc de petits culs de sac. La famille de Bilbo Baggins est particulièrement nombreuse et l’arbre généalogique est bien tenu, nous constatons donc la présence de nombreux noms aux significations plus ou moins claires. Ainsi trouvons-nous une branche Sackville-Baggins rendue en français « Sacquet de Besace », remarquons que le nom de Sackville a été porté par bon nombre d’Anglais respectables et notamment par la poétesse Margaret Sackville et par l’auteur d’un livre sur les Edouardiens, Virginia Sackville-West ; Tolkien a certainement utilisé ce nom pour la ressemblance et le jeu de mot entre sack et bag signifiant tous les deux « sac ». Il faut ajouter que les hobbits ne parlent ni le qenya ni le gnomique, ils se contentent d’utiliser le parler commun (parfois le hobbitish) ; d’où la ressemblance des noms avec l’anglais et la possibilité de faire des jeux de mots compréhensibles par tous.

Les Hobbits ne se contentent pas d’avoir un nom de famille, ils ont aussi un prénom. Les prénoms masculins n’ont généralement pas de sens précis (sauf pour Peregrin Took « Peregrin Touque »), cousin de Bilbo, dont le prénom est souvent réduit en Pippin « pomme de Reinette ») ; ils se contentent d’exprimer la parenté de certains personnages par leur ressemblance. Par exemple les Baggins et les Took ont de nombreux prénoms finissant en « on ou o » ; on trouve ainsi Drogo(n), Lotho(n), Trogo(n) [sic], Ponto(n), Bungo(n) (père de Bilbo), Otho(n) et, bien sûr, Frodo(n), neveu préféré de Bilbo. Les prénoms féminins sont généralement des noms de fleurs, il y a aussi des prénoms comme Esmeralda ou Berylla qui sont inspirés de noms de gemmes et d’autres noms comme Dora ou Prisca. Pour les fleurs on a Belladonna (mère de Bilbo), Rose, Daisy « Marguerite », Primula (on reconnait ici le nom latin de la primevère : primula veris), Primrose, Poppy et Lobelia, plante ainsi nommée par le professeur Plumier en l’honneur de Mathias de Lobel, médecin à Montpellier puis chargé du jardin royal de Jacques Ier d’Angleterre. A la fin du Seigneur des Anneaux, on trouve une remarque, donnée par un des personnages, qui concerne l’emploi d’un prénom-fleur : « “Eh bien, Sam, dit Frodon que reproches-tu aux anciennes coutumes ? Choisis un nom de fleur comme Rose. La moitié des fillettes de la Comté portent de semblables noms et qu’est-ce qui pourrait être mieux ?”

- Je suppose que vous avez raison, M. Frodon, répondit Sam. J’ai entendu de bien beaux noms au cours de mes voyages mais je pense qu’ils sont un peu trop prétentieux pour l’usage quotidien, comme qui dirait. L’Ancien, il dit : “Prends-le court comme ça t’auras pas à le raccourcir pour l’employer.” Mais si ça doit être un nom de fleur, je ne m’en fais pas pour la longueur : ce doit être une très belle fleur, parce que voyez-vous, je crois qu’elle est très belle et qu’elle le sera plus encore.

Frodon réfléchit un moment.

- Eh bien, Sam, que penserais-tu d’elanor, l’étoile-soleil, tu te rappelle la petite fleur dorée de Lothlórien ? »

  • Bolger (Le Seigneur des Anneaux) : vieille et aristocratique famille de hobbits originaire de Fallohide ; elle vit à présent dans la Comté près de Budgeford. Les Bolger aiment donner à leurs enfants des noms ronflants.
  • Brandebouc (Le Seigneur des Anneaux) : traduction de Brandybuck, famille de hobbits originaire de Brandy Hall « Château-Brande ». La famille descend de Gorhenhad Oldbuck « Gorhenhad Vieilbouc » et a déménagé en direction de Buckland of the Marish « le Pays de Bouc du Maresque » et a changé son patronyme en Brandybuck. Il faut remarquer que la traduction de Ledoux insiste sur les sonorités de Buck et « Bouc », cela au détriment du sens, car Buck ne signifie pas directement « bouc » mais « cerf », « daim » ou de manière plus générale un « animal mâle ».
  • Château-Brande : voir Brandebouc.
  • Maître Gorbadoc : Brandybuck, il a épousé Mirabella Took.
  • Gormadoc Brandybuck : aussi appelé Deepdelver « Fouille-profond » car il a agrandit Château-Brande. Il a épousé Malva Headstrong « Malva Testarude ».
  • Adaldrida Brandybuck : femme de Marmadoc Brandybuck, elle est née Bolger.
  • Elanor (Le Seigneur des Anneaux) : du nom de la fleur de Lórien, fille de Samwise Gamgee
  • Daisy Boffin (Le Seigneur des Anneaux) : Hobbit de la Comté, fille de Dudo Baggins et femme de Griffo Boffin.
  • Faramir (Le Seigneur des Anneaux) : nom d’un Dúnadan du Gondor
  • Frodo Baggins (Frodon Sacquet) (Le Seigneur des Anneaux) : le neveu de Bilbo Baggins porte le nom de la famille Baggins car il est le fils de Drogo Baggins et de Primula Brandybuck ; il est le personnage principal du Seigneur des Anneaux. Il porte d’autres noms selon ses emplois, ainsi le nomme-t-on Mr. Underhill « M. Souscolline » lorsqu’il a besoin d’un pseudonyme pour éviter les Nazgûl ; ce pseudonyme ne pose aucun problème de compréhension lorsqu’on sait que son habitat se trouve sous terre. Il est également appelé The Ring-bearer « le Porteur de l’Anneau » car il a charge de porter l’Anneau de Pouvoir jusqu’à la Montagne du Destin pour le détruire.
  • Thorin Oakenshield (Thorin Écu-de-Chêne) (Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux) : l’origine des Nains diffère selon les légendes. Dans l’Edda en prose, ils sont façonnés avec de la terre par Motsognir et Durinn ; de ce dernier nom est donc directement issu celui de ancêtre héroïque des Nains chez Tolkien, Durin. Ce même texte mentionne par ailleurs les nains Thorin, Nain, Dain, Bifur, Bombor, Nori, Oin, Fili, Kili, Thor, Eikinskjaldi (qui est un équivalent islandais de l’anglais with oak shield, « au bouclier de chêne »). Chez Tolkien, Oakenshield qualifie Thorin ainsi que toute sa fratrie28). Gimli, autre nain, présent lui dans le Seigneur des Anneaux, pourrait trouver une origine à son nom dans Gimle qui désigne un lieu du ciel. Dans d’autres légendes islandaises ces êtres sont nés du corps écartelé du géant-monde Ymir. Quoi qu’il en soit les Nains sont toujours des mineurs, des forgerons, des métallurgistes doués d’une grande habileté, séjournant sous les montagnes ou sous la terre. Là encore on peut dépasser le cadre purement germanique : on peut penser aux Niebelungen, mais aussi bien aux Corannieit gallois, aux Korriganed bretons ou aux Tommy knockers anglais, gardiens et forgeurs de trésors souterrains. On trouve dans le personnage grec d’Héphaistos le type de cet habitant des profondeurs terrestres doué d’une force surhumaine mais contrefait, manieur de feu et travailleur de métal (notons que le royaume de Thorin est en fait un volcan plus qu’une montagne)29).
  • Tim & Tom (The Stone Troll) : Tom & son oncle Tim portent un nom qui ne diffère que par une consonne, la ressemblance est donc très forte et renforce l’appartenance à une seule famille.
  • Touque (Took) (Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux) : nom de famille de Hobbits ; il s’agit de la deuxième famille hobbite la plus importante, l’autre étant les Baggins30) ; Took ne semble pas avoir de signification. Il est à remarquer que l’ancêtre de référence est Bandobras Bullroarer « le Taureau Mugissant » Took, second fils du Thain Isengrim Bullroarer. Par sa grande taille, ses cheveux roux et ses exploits ; il a défait une troupe d’orcs à la bataille des Greenfields « Champs Vert », il est devenu un mythe pour les Hobbits.
  • Adalgrim & Adamanta Took (Le Seigneur des Anneaux) : membres de la famille Took au même titre qu’Adelard.
  • Faramir Took (Appendice et Index du Seigneur des Anneaux, tome IV) : fils de Peregrin Took, il épousa Goldilocks « Boucles d’or » Gamgee ; nous retrouvons ici le nom d’une héroïne de conte, quant à Faramir, c’est le nom d’un des guerriers du Gondor qui eut un grand rôle lors de la bataille finale du Seigneur des Anneaux. Peregrin Took honore sa mémoire en donnant son nom à un de ses enfants.
  • Peregrin « Pippin » Took (Le Seigneur des Anneaux) : structure des racines labialisées (Guiraud) : famille pip-, pépin-pipin, en français l’alternance du vocalisme postule une origine onomatopéique et c’est la seule étymologie possible en l’absence de tout étymon ; le pipin-pépin français et le pippin anglais « pomme de Reinette » se ressemblent trop et leur appartenance à la catégorie des fruits est trop proche pour être du domaine du hasard. A noter que le cinquième fils de Sam Gamgee se nomme Pippin Gamgee.
  • Chemin des Trous du talus
  • Chenier de Lézeau
  • Hobbitebourg
  • Boulot
  • Fouine
  • Sanglebuc
  • Trougrisard
  • Bravet
  • Sonnecor
1) N.d.É. : Il en existait encore deux autres, les Ithryn Luin.
2) N.d.É. : Pour la signification précise du nom « Sauron », voir l’essai « Un Nom pour le Seigneur des Ténèbres », de Helge Fauskanger.
3) N.d.É. : Dans le SdA, Tolkien indique clairement que Gollum faisait partie d’une tribu apparentée aux Hobbits.
4) N.d.É. : Le mélange qu’on note ici entre le lindarin = vanyarin et le lindárin = telerin vient du fait que Tolkien nomma d’abord le Premier Clan des Elfes Lindar avant de lui attribuer le nom de Vanyar. Initialement, le Troisième Clan était appelé Solosimpi, mais récupéra le nom de Lindar après que celui-ci ait cessé de désigner les Vanyar. Les deux peuples et leurs langues ne furent jamais mélangés chez Tolkien.
5) N.d.É. : Cette dernière thèse est tirée du Dictionnaire des langues elfiques vol. 1 d’Édouard Kloczko. Aucune donnée ne confirme cette hypothèse.
6) N.d.É. : L’auteur écrivait ici « Amanyar », ce qui est évidemment faux, puisque ce terme est synonyme de Calaquendi. Elle voulait certainement désigner les Úmanyar, les Elfes qui n’allèrent jamais à Aman, nom qui est généralement considéré comme un synonyme de Moriquendi. Si les Nandor en font bien partie, ils sont cependant loin d’être les seuls, puisque tous les Elfes qui demeurèrent en Terre du Milieu, y compris les Sindar et les Avari, sont des Moriquendi.
7) N.d.É. : En réalité, les Sindar possédait leur propre langue bien avant le retour des Noldor en Beleriand ; leurs difficultés à apprendre le quenya fut l’une des raisons principales expliquant pourquoi les Noldor choisirent d’utiliser le sindarin comme langue véhiculaire.
8) N.d.É. : En fait, Rúmil inventa les sarati, le premier système d’écriture, (dont les caractères sont — il est vrai — parfois appelés « tengwar de Rúmil » et c’est Fëanor qu’il faut créditer de l’invention des tengwar.
9) N.d.É.: Le « blarm » est une pure invention du Middle-earth Role Playing (MERP), un jeu de rôle basé sur l’univers de la Terre du Milieu, mais présentant un grand nombre de concepts inventés. Il en va de même pour le nom « dunael », Tolkien n’ayant pas précisé comment s’appelait la langue des Dunlendings. L’ensemble des informations qui précèdent sur les langues des Hommes des Collines, des Dúnedain du Rhudaur et des Dunlendings provient de la même source.
10) N.d.É. : Selon Tolkien, il existe de nombreuses langues avarines, dont certaines étaient manifestement toujours parlées à une époque tardive, si l'on en croit le texte « Quendi & Eldar ».
11) N.d.É. : Il existe encore bien d’autres variétés d’elfique non mentionnées par l’auteur.
12) N.d.É. : La distinction opérée ici, si elle est utile, emploie des termes qui peuvent induire en erreur. En effet, Hobbit est censé être la traduction du terme hobbitique Kuduk. Il serait donc plus logique de parler du kuduk pour désigner la vraie langue des Hobbits et du hobbitique pour parler du dialecte anglais utilisé par Tolkien pour représenter celle-ci.
13) N.d.É. : Cette langue est manifestement l’une des langues inventées par les concepteurs du jeu de rôle MERP. Elle est supposée être l’une des langues parlées au Harad. Ce terme n’est attesté nulle part dans les écrits de Tolkien.
14) N.d.É. : Cette « simplification » est évidemment totalement erronée…
15) N.d.É. : Dans la Lettre no 144, Tolkien affirma néanmoins que le quenya pouvait être considéré comme étant construit à partir d’une base latine.
16) N.d.É. : En réalité, Beorn est un nom commun vieil anglais signifiant « ours », de même sens que le fréquent prénom scandinave Björn.
17) N.d.É. : Erreur de l’auteur : ce nom quenya était celui qu’il portait à Valinor ; son nom sindarin était Mithrandir.
18) N.d.É. : Une note plus tardive revient sur cette étymologie et affirme qu’il s’agissait en fait d’un nom quenya qui avait jadis été attribué à Gandalf au Gondor.
19) N.d.É. : Le terme de patronyme est fort mal choisi. Ce sont en effet les amis d’Alf qui le nomment ainsi ; en Faërie, il n’est autre que le Roi.
20) N.d.É. : Il y a aussi une allusion évidente à (Quintus) Fabius Cunctator, fameux général romain connu pour sa stratégie militaire temporisatrice face à Hannibal, d'autant que deux des surnoms de Giles, Ahenobarbus et Agricola, correspondent aussi aux cognomina de généraux romains.
21) N.d.É. : Ce nom signifie en fait « spectre ».
22) N.d.É. : En fait, le q. Kurufinwë signifie approximativement « Finwë des arts ».
23) N.d.É. : Il importe de se souvenir que dans les Contes perdus, seul les membres du Premier Clan des Elfes sont nommés Eldar « au sens propre », contrairement aux versions ultérieures du Légendaire, dans lesquelles l’ensemble des Elfes ayant participé à la Grande Marche se voit désignée par ce vocable.
24) N.d.É. : En réalité, Tolkien donne des explications détaillées sur le nom de Fëanor, dont certaines sont détaillées dans cet article.
25) N.d.É. : Il faut en fait comprendre ce nom comme signifiant « demi-sage », c’est-à-dire sot, en référence à l’ignorance dont fait preuve Samsagace au début de l’aventure. Dans l’Épilogue abandonné du Seigneur des Anneaux, publié dans Sauron Defeated, Aragorn fait d’ailleurs un jeu de mot sur Samwise et Fullwise « pleinement sage », le nom que mériterait Samsagace à la fin de la guerre de l’Anneau.
26) N.d.É. : Inexactitude apparemment due à la traduction française, le dixième enfant de Samsagace étant nommé Bilbo Gamegie.
27) N.d.É. : Nulle part Tolkien n’indique que tous les Nains de la Compagnie de Thorin descendent de Durin.
28) N.d.É. : C’est inexact, seul Thorin reçoit ce surnom, suite à un exploit de jeunesse.
29) N.d.É. : Autre inexacitude, Erebor n’étant jamais décrit comme un volcan, actif ou éteint.
30) N.d.É. : C’est oublier les Brandebouc ; par ailleurs, Tolkien souligne à plusieurs reprises que la famille Touque était plus importante que celle des Sacquet (même si elle n’était pas aussi respectable aux yeux des Hobbits).
 
langues/textes/fabrication_noms_patronymes.txt · Dernière modification: 06/04/2020 18:47 (modification externe)
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