Table des matières

Index des cartes de la Terre du Milieu et d'ailleurs

Julien Mansencal & Vivien Stocker - octobre 2012
Notes de lecture : En tant que présentations ou compilations, ces articles sont les plus accessibles à tous les lecteurs. Aucune connaissance sur J.R.R. Tolkien n'est requise.
« Frodo commença de ressentir de l'agitation, et les vieux chemins lui paraissaient trop battus. Il regardait des cartes et se demandait ce qu'il y avait au-delà de leur bordure : celles qui étaient faites dans la Comté montraient surtout des espaces blancs à l'extérieur des frontières. » — Le Seigneur des Anneaux

Il serait bien évidemment herculéen, sinon impossible, de recenser toutes les cartes jamais parues concernant l'univers créé par J. R. R. Tolkien. Il ne s'agit ici que de lister la plupart de celles de la main des Tolkien, père et fils, ainsi que les plus fameuses de leurs exégètes, celles qui reviennent le plus souvent dans les discussions.

Entre apostrophes, les titres non « canoniques », c'est-à-dire donnés à des cartes qui n'en possèdent aucun propre, ou les titres traduits de cartes jamais publiées en français. Les ouvrages listés correspondent à la première publication anglaise et française (si elle existe), puis aux publications emblématiques où plus d'informations peuvent être trouvées. Nous mettons volontairement de côté les cartes des ouvrages spécialisés de Karen W. Fonstad, The Atlas of Middle-earth, et de Barbara Stratchey, L'Atlas du Seigneur des anneaux.

Cartes de J.R.R. et Christopher Tolkien

Carte de Thror

'La Carte de Fimbulfambi'

Extraite du tout premier manuscrit du Hobbit, qui ne dépassa pas le premier chapitre et dont il ne reste plus qu'une feuille, cette carte n'est qu'une ébauche, mais elle présente déjà de nombreuses caractéristiques de la géographie des alentours de la Montagne Solitaire : on y voit la Rivière courante, les ruines de Dale, Bourg-du-Lac, Mirkwood et la Lande desséchée. La porte secrète dans la montagne est marquée par une rune F (ᚠ) et désignée par une main d'allure bien plus sinistre que sur la carte finale. La porte principale est désignée par les lettres FG (Front Gate). La carte est accompagnée d'une rose des vents sur laquelle sont dessinés la Grande Ourse au Nord, le soleil au Sud, les Portes de la Nuit à l'Est et le mont Taniquetil à l'Ouest.

Le texte qui accompagne est plus court que dans la version finale :

Runes Anglais Français
FANG THE
SECRET PASSAGE
OF THE DWARVES
« Fang1) le
passage secret
des Nains »

'Carte perdue'

Dans le tout premier manuscrit du Hobbit, la description de la carte n'est pas celle de la carte de Fimbulfambi. Le dragon et le texte des runes lunaires sont décrits comme étant dessinés à l'encre rouge et le texte est « Five feet high is the door, and four abreast may enter it » (La porte a cinq pieds de haut et quatre peuvent y pénétrer de front). Malheureusement, il semble que cette carte soit perdue.

La Carte de Thror, copiée par B. Bessac

Cette version de la Carte de Thror devait être incluse dans le texte du Hobbit, soit au moment de sa première mention, dans le chapitre 1, soit lors de la découverte des lettres lunaires par Elrond, au chapitre 3. Aussi est-elle dans un format vertical, orientée avec le nord en haut, et présentée comme une copie effectuée par Bilbo de la véritable carte. Les lettres lunaires se trouvent au dos de la feuille, et ne sont donc visibles, comme dans le livre, que par transparence (encore qu'il ne faille évidemment pas attendre la lumière de la même lune que le jour où elles furent tracées). Wayne Hammond et Christina Scull la qualifient de « composition pauvre, sans unité graphique » ; et il faut reconnaître que la version finale de la carte, si elle ne correspond pas totalement aux desiderata de Tolkien, est amplement supérieure (voir ci-dessous).

'Esquisse de la Carte de Thror'

Il s'agit de la première esquisse de la version finale de la carte de Thror. Le principal détail ajouté est le large méandre contournant Dale.

'Épreuve d'impression de la Carte de Thror'

Il s'agit de la dernière épreuves d'impression envoyé à Tolkien par Allen & Unwin avant l'édition. Le rendu est quasiment identique au rendu final. Tolkien a néanmoins commenté plusieurs points. Il souhaitait que les runes lunaires soient redessinées et finalement imprimées en noir plutôt qu'en rouge. Enfin il voulait que la phrase East lies the Iron Hills where is Dain soit corrigée en East lie the Iron Hills where Dain dwells.

'Carte de Thror modifiée'

Après avoir proposé les modifications sur l'épreuve d'impression d'Allen & Unwin, Tolkien a redessiné la carte. Néanmoins, ces modifications ne furent pas prises en compte par Allen & Unwin lors de l'impression du Hobbit.

La Carte de Thror

Cette carte est censée avoir été réalisée par Thrór, le grand-père de Thorin. Elle représente la Montagne Solitaire et ses alentours, indiquant également les principaux éléments géographiques situés au-delà de ses bordures : les Collines de Fer, le Long Lac, Mirkwood et les Montagnes Grises. Elle est orientée vers l'est, « comme il est de coutume pour les cartes naines ».

Les runes employées ne sont pas des cirth, mais des runes anglo-saxonnes (ou fuþorc). Tolkien désirait que les lettres lunaires, au centre de la carte, soient imprimées en filigrane, afin de n'être lisibles que par transparence, ce qui aurait permis au lecteur de faire la même découverte qu'Elrond au chapitre 3 ; on lui objecta que cela serait trop cher, et elles furent donc imprimées en plein. Les runes sur le côté et au centre de la carte se translittèrent respectivement ainsi :

Runes Anglais Français3)
FIVE
FEET HIGH
THE DOR AN
D THREE MAY
WOLK ABRE
AST. TH. TH.
LA P
ORTE A CIN
Q PIEDS D
E HAUT ET
TROIS Y MA
RCHENT DE
FRONT. TH. TH.
Runes Anglais Français
STAND BY THE GREY ST
ONE HWEN THE THRUSH KN
OCKS AND THE SETTING S
UN WITH THE LAST LIGHT
OF DURINS DAY WILL SH
INE UPON THE KEYHOLE
TH.
TENEZ-VOUS PRES DE L
A PIERRE GRISE QUAND F
RAPPERA LA GRIVE ET L
E SOLEIL COUCHANT AUX D
ERNIERES LUEURS DU JO
UR DE DURIN BRILLERA SU
R LA SERRURE.
TH.

La Carte de Thror est également parue en poster en 1979, dans une version coloriée par H. E. Riddett, avec les lettres lunaires imprimées au verso (et donc uniquement visibles en plaçant le poster devant une source de lumière).

La Contrée Sauvage

'Brouillon de la carte de la Contrée Sauvage'

Cette carte est déjà proche de la version finale, mais son tracé est évidemment bien moins élaboré : l'intérieur de Mirkwood est rempli par de simples lignes concentriques, bien loin de la profusion d'arbres de la carte finale, et les chaînes de montagnes sont elles aussi beaucoup moins élégantes. Sa faible colorisation — les rivières au crayon de couleur bleu, les montagnes coloriées en marron, et plusieurs noms à l'encre rouge — n'apporte pas grand-chose.

La Contrée Sauvage

L'une des rares cartes de la main de Tolkien publiée de son vivant : par la suite, il préférera s'appuyer sur son fils Christopher, « qui est compétent en ce domaine » (Lettres, p. 253). La carte accompagnant la traduction française de Ledoux (1969) souffre de plusieurs erreurs de traduction : « Goblin-gate & Eyrie » devient « Porte des Gobelins et aire de Carrock » (le Carrock n'a rien à voir là-dedans), et, surtout, « Hobbiton » devient « Les Lapins » ! On pourrait également débattre de la traduction de « Woodmen » par « Bûcherons ». La traduction de Daniel Lauzon (2012) remédie à ces erreurs. On notera toutefois la sur-traduction de « Mirkwood » par « Grand'Peur ».

Cartes additionnelles aux cartes de Thror et de la Contrée Sauvage

'Première carte de la Montagne Solitaire et des contrées alentours'

Il s'agit d'une « grossière esquisse au crayon » représentant la Lande Desséchée, la Montagne Solitaire, le Long Lac et l'orée est de Mirkwood.

'Seconde carte de la Montagne Solitaire et des contrées alentours'

Seconde esquisse de la même région, toujours au crayon, mais avec moins de légendes. Tolkien a barré le mot « Lande Desséchée » et a ajouté « Elfking » (sic) au-dessus de Mirkwood à l'encre, a posteriori.

'Troisième carte de la Montagne Solitaire et des contrées alentours'

Dans cette troisième esquisse, à l'encre et au crayon, Tolkien détaille un peu plus les marais de la rivière de la forêt, en amont de Long Lac. Le première version à l'encre a été corrigée a posteriori pour augmenter la distance entre Long Lac et la Montagne Solitaire, et ajouter le méandre contournant Dale.

'Plans de la Montagne Solitaire'

Deux plans détaillés de la montagne, à l'encre, orientés face à la porte secrète. Tolkien y a marqué les positions des différents campements des nains, le Montcorbeau ainsi que le chemin périlleux qui mène à la corniche de la porte secrète.

'Plan de la Montagne Solitaire et du Long Lac'

Sur une même page, Tolkien a dessiné la Montagne Solitaire et le Long Lac en couleurs. Sur la demi-page présentant la montagne, celle-ci est orienté quasiment face à la porte principale. La Rivière Courante ne possède pas encore le large méandre passant au Nord de Dale. Le plan de Long Lac est similaire aux autres versions esquissées.

La Comté

'Carte de la Comté I' / 'Plus ancienne carte du Comté'

La toute première carte connue de la Comté. Très brouillonne, elle a été élaborée par étapes, au crayon, au stylo bleu, rouge et noir. Elle représente la zone comprise entre Hobbiteville à l'ouest et les Hauts des Galgals à l'est, au-delà des limites de la carte publiée.

'Carte de la Comté II'

Cette carte est dessinée à une plus petite échelle que la carte I, au crayon et à la craie (bleue et rouge). Elle ne représente guère plus que les routes et les rivières, et s'étend jusqu'aux Hauts Reculés.

'Carte de la Comté III'

Comme sur la carte II, ne sont représentés ici que cours d'eau et routes (ceci afin de servir de modèle à la carte V), mais à une plus grande échelle. Aucun nom n'y est porté. Elle couvre la zone entre Grand'Cave et la Haie du Pays de Bouc.

'Carte de la Comté IV'

Cette carte à petite échelle couvre la zone entre les Collines de la Tour et Bree. Elle est soigneusement dessinée à l'encre et coloriée entre le Pays de la Colline Verte et Bree, et seulement esquissée au crayon pour la partie à l'ouest du Pays de la Colline Verte. Elle fut très vite abandonnée car elle ne comporte que quelques éléments.

Carte d'une partie du Comté

Carte similaire à la carte III, plutôt orientée en format portrait et dessinée à l'encre, allant du Quartier de l'Ouest jusqu'à la Vieille Forêt, coloriée en vert, et aux Barrow downs esquissés au crayon ; et du Quartier Sud jusqu'aux Collines d'Evendim au nord. Seules quelques routes et rivières ainsi que les hauteurs d'Evendim sont dessinées à l'encre. Au sud, il y a deux toponymes (?) au crayon à papier que Hammond & Scull déchiffrent comme étant Tarn na Donnrhyn et Burntshrub Moors.

Carte de la Marche de l'Ouest

Esquisse de la marche de l'Ouest au stylo bille bleu, avec les Collines de la Tour à gauche et les Coteaux du Lointain à droite.

Carte de la Comté

Cette carte présente tout le Comté depuis le Quartier de l'Ouest jusqu'aux Barrow downs, et du Quartier Sud jusqu'au delà du Quartier Nord, le tout essentiellement aux stylo-billes bleu et rouge, mais sans noms ou presque. Le chemin des quatre hobbits est dessiné dans les Barrow downs.

'Carte de la Comté V'

Il s'agit d'une carte à grande échelle très élaborée, faite au crayon et coloriée, réalisée en 1943 avec la carte III comme modèle. Dans le Quartier Nord, elle inclut, au nord de l'Eau, des toponymes absents de la carte publiée dans Le Seigneur des Anneaux : Chivery, Goatacre, Ham Burrows, Ravenbeams, Ham's Barton, Grubb's Spinney, Windwhistle Wood, Ham Hall Woods, Long Cleeve, Sandy Cleeve, entre autres (liste donnée dans The Lord of the Rings: A Reader's Companion, p. lvi). Elle n'a malheureusement jamais été publiée.

Une Partie de la Comté

Cette carte en noir et blanc fut réalisée vers 1953, peu avant la parution du premier tome du Seigneur des Anneaux. La version française de 1972 souffre de plusieurs problèmes, notamment de l'absence de plusieurs villages : Nobottle (au nord-ouest), Pincup (au sud du Pays de la Colline-Verte), une localité sans nom au croisement de la route de Coteau de Touque et de la route de Longoulet, et Castelbois (au bout de la route s'achevant à l'est du Bout des Bois). Ces manques sont comblés dans la carte de la seconde traduction de 2014.

'Carte du Brandivin et de l'Oserondule'

Plus un schéma sommaire à l'encre noire qu'une véritable carte qui présente les cours des deux rivières, mais celui du Brandivin suivant le cours de la Bourneclaire qui n'apparaît pas. Un cercle pointillé au niveau de la confluence semble englober les marais et les bois où se déroulent les évènements du livre I du Seigneur des Anneaux.

Rohan, Gondor et Mordor

Les Montagnes Blanches et le Gondor du Sud

Cette carte de 1943/4 (?), tracée hâtivement au crayon à papier et au crayon de couleur bleu (pour les cours d'eau) semble n'avoir eu d'autre but que de servir d'aide-mémoire à Tolkien tandis qu'il rédigeait les premiers chapitres du Livre V du Seigneur des Anneaux. On peut donc y remarquer des éléments très discordants par rapport à la géographie de la région, non seulement telle qu'elle fut finalement fixée, mais aussi telle qu'elle existait à l'époque : ainsi les Havres d'Umbar se trouvent beaucoup plus au nord et à l'est qu'à l'accoutumée. La version originale de Tolkien montre la présence d'un morceau de carton collé en remplacement et correction de la partie représentant le Rauros, les Terres Brunes et la Porte du Mordor.

Carte des Montagnes Blanches et la Pierre d'Erech

Carte de niveaux à l'encre et au crayon, datant probablement de 1946 et plus ou moins centrée sur la Pierre d'Erech. Seules sont notées la position d'Edoras, marqué d'un cercle au nord, celle de la Pierre d'Erech et le nom de la rivière Morthond.

Carte du Rohan et du Gondor

Carte au crayon bleu et à l'encre, représentant la même surface que la précédente, mais sans aucun nom sauf Lamedon. Des lieux importants sont représentés par des cercles au crayon (Minas Tirith, Osgiliath, etc.) et en rouge pour Barad-dûr.

'The Second Map' of Middle-earth

Cette « deuxième » carte (la première étant décrite plus bas) servit à Tolkien durant la rédaction du Livre V du Seigneur des Anneaux. Comme la première, ayant beaucoup servi, son état s'est fortement dégradé au fil des ans, et la grande précision du tracé des lignes de niveau (sans compter les modifications habituelles qui y furent apportées) a forcé Christopher Tolkien à utiliser une loupe pour la reproduire.

Carte du Rohan, du Gondor et du Mordor

Carte du sud-est de la Terre du milieu, dessiné sur du papier millimétré. Outre les reliefs en courbes de niveaux et la présence de tous les toponymes, on remarque la présence en rouge délavée, du chemin parcouru par les compagnons de l'Anneau depuis les chutes du Rauros. Cette carte est la source directe de la carte suivante dessinée par Christopher Tolkien.

'Rohan, Gondor, Mordor'

Cette carte accompagne le tome 3 du Seigneur des Anneaux et fut dessinée sur la base de la précédente. Tolkien raconte qu'elle fut exécutée dans la plus grande précipitation : « j'ai dû consacrer un grand nombre de journées, les trois dernières quasiment sans manger ni dormir, à dessiner une grande carte en revoyant l'échelle et plusieurs éléments, carte à laquelle [Christopher] a ensuite travaillé 24 heures (de 6 h du matin à 6 h du matin, sans dormir) pour la redessiner, in extremis » (Lettres, p. 247). Il s'agit d'un gros plan sur la région où se déroule l'essentiel de l'intrigue de ce livre : la partie orientale des Montagnes Blanches, entre Edoras et Minas Tirith, l'Ithilien, et l'ouest du Mordor. Le relief y est représenté non par des petites montagnes, comme sur la carte générale, mais par des courbes de niveau. Les « K » des noms sindarins (Kelos, Kirith Ungol) n'ont pas été remplacés par des « C », comme l'avait finalement décidé Tolkien pour le texte de son roman.

Elle n'a jamais été traduite en français.

Terre du Milieu du Seigneur des anneaux

'The Earliest Map of the Lands South of the Map of Wilderland in The Hobbit'

Comme son titre l'indique, il s'agit de la première tentative de Tolkien de représenter les terres situées au sud de la carte de la Contrée Sauvage parue dans le Hobbit. Plus que d'une carte, il s'agit d'un croquis très hâtif où l'on reconnaît, tout juste ébauchés, les Monts de Brume et la Forêt Noire. À la sortie de la Moria, le bras oriental des Monts de Brume qui enserre la vallée des Rigoles Sombres est beaucoup plus long que sur la carte finale. Au même niveau, le cours de l'Anduin s'infléchit fortement vers l'est, et il coule vers le sud-est pendant un long moment, recevant les eaux de la rivière Redway (futur Cours d'Argent) avant de s'enfoncer dans la forêt de Fangorn, qui se trouvait alors bien plus à l'est. Le Rohan est indiqué entre Fangorn et le sud des Monts de Brume, avec des noms grecs (Hippanaletians, Anaxippians) totalement inédits par ailleurs.

'Carte du fleuve Anduin'

Carte remarquablement soignée, dessinée sur du papier millimétré et centrée sur l'Anduin représenté, avec ses affluents, au crayon bleu. Les Montagnes de Brume et les Montagnes Grises sont représentées à l'encre noire. Sur le bord ouest, le cours du Brandevin est également représenté en bleu. La carte s'étend jusqu'au Mordor au sud. Si aucun nom n'est présent, Tolkien a clairement dessiné des cercles aux positions de Minas Tirith, Osgiliath, Minas Morgul, Barad-dûr et l'Orodruin.

'The First Map of The Lord of the Rings'

Carte réalisée avec soin, mais qui a très mal vieilli. Il s'agit de la seule carte de Tolkien qui montre la côte de l'extrême nord de la Terre du Milieu, avec la baie de Forochel montrée dans son entièreté, et c'est également la seule où apparaît l'île de Tol Fuin, vestige du Beleriand submergé. L'élément le plus marquant est sans doute l'absence du cap d'Andrast, à l'ouest du Gondor : à la place, la côte de la Terre du Milieu s'incurve doucement vers l'est, et Dol Amroth se trouve beaucoup plus à l'ouest que par la suite. La carte présente de nombreux autres éléments surprenants, mais se révèle dans l'ensemble remarquablement proche de la géographie finale.

'The 1943 Map'

Copie de la Première carte réalisée en 1943.

Cartes tardives de la Terre du Milieu

Belles copies à l'encre au propre des cartes de travail, datant probablement de 1948-1949, vers ou après la fin de la rédaction du Seigneur des Anneaux. Il existe deux versions de la partie nord de la carte, la première marque les reliefs en chevrons et a un lettrage presque calligraphié va avec l'unique partie sud, la seconde avec les reliefs en lignes de niveaux semble encore être une copie de travail.

'Carte du Seigneur des Anneaux'

Peut-être la plus fameuse des cartes de la Terre du Milieu. Christopher Tolkien est sans doute trop dur avec lui-même lorsqu'il affirme, dans l'avant-propos des Contes et légendes inachevés, avoir « longtemps regretté que [s]on père ne l'ait pas remplacée par une autre de sa façon », même si elle n'est bien sûr pas exempte de défauts.

'Carte Blackwell du Seigneur des Anneaux'

Découverte par les employés de la librairie oxonienne Blackwell's Rare Books, cette carte est le document de travail collaboratif entre Tolkien et Pauline Baynes en vue qu'elle dessine sa version de the Map of Middle-earth. Cette carte, intermédiaire entre la 'Carte du Seigneur des Anneaux' dessinée en 1943 par Christopher Tolkien et celle de Pauline Baynes, comporte de nombreux détails proposés par Tolkien pour agrémenter la carte finale ainsi que des informations inédites jusqu'alors, informations que nous décryptons dans un article spécifique.

'The West of Middle-earth at the End of the Third Age'

Il s'agit d'une nouvelle version de la carte du Seigneur des Anneaux, redessinée à une échelle moitié moindre par Christopher Tolkien pour la parution des Contes et légendes inachevés. Son étendue est légèrement moindre : elle est coupée en haut et en bas, ce qui fait que le cap Forochel et l'Umbar ne sont pas représentés. Elle contient plusieurs toponymes supplémentaires, et l'île d'Himling y apparaît au large du Lindon. Une petite erreur s'y est glissée : les noms Celos et Sirith sont inversés (le premier étant normalement situé à l'ouest du second). Les Contes et légendes inachevés reproduisent celle du Seigneur des Anneaux. Cette carte a été reprise dans l'édition du cinquantenaire (2004) de The Lord of the Rings, en deuxième de couverture et a été traduite en français dans la seconde traduction du Seigneur des Anneaux.

Beleriand

'La première carte du « Silmarillion »'

Vraisemblablement conçue de concert avec L'Esquisse de la Mythologie (1926-1930), cette carte se révèle déjà étonnamment proche de la géographie « finale » du Beleriand, alors nommé Broseliand. Elle n'en représente que la portion centrale, autour de Doriath et Nargothrond, mais deux extensions lui furent ajoutées, à l'ouest (la côte du Beleriand) et à l'est (l'Ossiriand).

'La deuxième carte du « Silmarillion »'

Cette deuxième carte, réalisée sans doute au début des années 1930, est la dernière du Beleriand que dessina jamais Tolkien : elle resta sa carte de référence, sans cesse annotée et corrigée, jusqu'à sa mort. Dans La Route Perdue, Christopher Tolkien la redessine tel qu'il pense qu'elle devait être à l'origine, et il étudie les nombreux ajouts qui y furent apportés dans The War of the Jewels, en la représentant sous sa forme « finale ». Elle servit de base à la carte du Silmarillion de 1977 (voir ci-dessous).

'Map of Beleriand and the Lands to the North'

Cette carte apparaît dans la traduction française du Silmarillion chez Christian Bourgois, mais elle n'a pas été traduite. Il s'agit de la version couleur ; il en existe également une version en noir et blanc, avec les toponymes à l'encre rouge. Elle est absente de sa version poche.

'Les Royaumes des Noldor et des Sindar'

Il s'agit d'une carte simplifiée du centre du Beleriand, qui met en évidence les différents royaumes des Eldar et leurs souverains. Cette carte est insérée dans le chapitre 15 du Silmarillion original. Elle est absente de sa traduction chez Christian Bourgois, mais apparaît dans l'édition Pocket, qui n'inclut pas la carte générale du Beleriand.

'Carte des Enfants de Húrin'

Version tronquée de la carte du Beleriand de 1977, centrée sur les lieux visités par Túrin. Manquent donc tout l'est et une partie du sud du Beleriand.

'Carte du Silmarillion'

Cette carte est référencée dans l'ouvrage Beowulf: A Translation and Commentary en 2014, à la note 2 p. 2. Elle date de 1940. Christopher Tolkien indique que la carte est dessinée avec attention et colorisée.

Númenor

Númenórë

Cette carte de l'île de Númenor a été dessinée par Christopher Tolkien à partir du seul croquis laissé par son père. Tous les éléments de ce croquis sont fidèlement repris, hormis un petit havre situé à l'ouest d'Andúnië au nom difficile à discerner, presque certainement Almaida. Absente de certaines éditions françaises des Contes et légendes inachevés mais présente dans certaines éditions du Silmarillion de Bourgois !

Arda

I Vene Kemen

La toute première carte

Le Monde : de Númen (Ouest) en Rómen (Est)

Alias le Diagramme I de l'Ambarkanta. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'une coupe du monde orientée ouest-est. On distingue la forme symétrique des continents, avec la Terre du Milieu au centre.

Le Monde : du Formen (Nord) au Hyarmen (Sud)

Alias le Diagramme II de l'Ambarkanta. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une coupe du monde orientée nord-sud.

Le Monde après le Cataclysme et la ruine des Númenoréens

Alias le Diagramme III de l'Ambarkanta. Il représente le monde devenu rond, avec un hémisphère nommé « Terres Anciennes » et l'autre « Terres Neuves ». On y distingue aussi la Voie Droite, sous la forme d'un trait tangent au globe terrestre, avec Valinor et Eressëa représentées sur ce trait.

Le Monde aux environs de A.V. 500 après la chute des Lampes Helkar et Ringil et la première fortification du Nord par Melko

Il s'agit de la première des deux seules cartes du monde dessinées par Tolkien lui-même. Elle le représente après la chute des Lampes et la fondation d'Utumno. On y voit les trois grands continents : la Terre du Milieu au centre, Valinor à l'ouest et les Terres du Soleil à l'est. La mer séparant Valinor de la Terre du Milieu (Belegaer) est plus large que la mer séparant la Terre du Milieu des Terres du Soleil (mer de l'Est). Des Détroits de Glace sont indiqués au nord et au sud des deux mers, là où les continents se rapprochent. La Terre du Milieu comprend deux mers intérieures de forme circulaire, visiblement formées par la chute des Lampes : la mer d'Helkar au nord et la mer de Ringil au sud. Kuiviénen est indiqué comme un point sur la côte est de la mer d'Helkar. Plusieurs vastes chaînes de montagnes s'élèvent en Terre du Milieu : orientées nord-sud, les Montagnes Bleues au nord-ouest, les Montagnes Rouges (Orocarni ?) au nord-est, les Montagnes Grises au sud-ouest et les Montagnes Jaunes au sud-est. Au nord apparaissent également les Montagnes de Fer, qui gardent Utumno. Entre les Montagnes Rouges et les Montagnes Jaunes s'élèvent les Montagnes du Vent, qui isolent l'Hildórien.

Après la Guerre des Dieux

Cette carte représente le monde « après la Guerre des Dieux », autrement dit après la première défaite de Melkor. Elle ressemble assez à la carte du Monde aux environs de A.V. 500, mais la guerre a eu des effets dévastateurs sur la Terre du Milieu : un Grand Golfe s'est ouvert au nord-ouest, au sud du Beleriand ; et la mer de Ringil est désormais reliée aux mers de l'Ouest et de l'Est par deux chenaux. Toutefois, la carte n'est qu'une esquisse rudimentaire qui, selon Christopher Tolkien, « ne doit pas faire l'objet d'une interprétation littérale ». Elle contient en effet des éléments très déroutants : ainsi, la côte sud de la Terre du Milieu rappelle fortement l'Afrique, l'Arabie et l'Inde du monde réel.

Plans divers

'Cabed-en-Aras et les alentours'

Ce croquis détaille la zone autour de Cabed-en-Aras et des gués du Teiglin, là où se conclut le sinistre conte des Enfants de Húrin. Christopher Tolkien indique n'avoir trouvé aucun plan de la zone dessiné par son père, et s'est basé sur le texte du Narn i Chîn Húrin pour dessiner celui-ci. Il a toutefois commis une erreur en plaçant Amon Obel au nord-est des gués, alors que la carte générale du Beleriand le montre situé plein est. Le cours du Teiglin est également mal orienté. Une version corrigée du croquis apparaît dans Les Enfants de Húrin (voir ci-dessous).

'Cabed-en-Aras et les alentours (2)'

Nouvelle version du plan des Contes et légendes inachevés, qui en corrige les erreurs majeures.

'Esquisse de Bree'

Simple ébauche au crayon à papier au milieu du texte, elle représente seulement les Hauts Reculés, la Grande Route de l'Est et un demi-cercle représentant le village dans le virage de la route.

'Plan de Bree'

Ce plan tout juste ébauché, datant vraisemblablement de fin 1938, a clairement servi de base à Karen Fonstad pour son propre plan de Bree (The Atlas of Middle-earth, p. 125) : on y retrouve des éléments notables reproduits presque à l'identique, comme la route quittant Bree par le nord pour rejoindre le Chemin Vert, ou la route s'écartant de celle-ci pour desservir la colline de Bree.

'Plans de la Route de l'Est'

Sur la même petite bande de papier, Tolkien a dessiné au recto et au verso, deux esquisses rudimentaires de la Route de l'Est entre Bree et Rivendell, avec en pointillés, le parcours des Hobbits.

'Plan de la région entre le Montauvent et le gué de la Bruinen'

Sur cette carte sont présentés les routes, rivières et hauteurs entre le Montauvent et le gué de la Bruinen. La route de l'Est est dessinée à la craie rouge et en bleu le cours de la Bruinen. Le parcours des Hobbits est en pointillés, traversant notamment la clairière aux Trolls. Sur la partie supérieure de la page, Tolkien a également redessiné la Route de l'Est entre Bree et le Montauvent.

'Plan de la Route de l'Est et des rivières coulant près de Fendeval'

Comme la carte précédente, on retrouve les rivières dessinées à la craie bleue et la route en rouge. Les Montagnes de Brume sont représentés en chevrons à l'encre, depuis Gundabad au nord jusqu'à un peu au sud de Fendeval. Les différents gués sont représentés à l'encre et les noms de lieux à l'encre ou au crayon noir.

'Plan de la route empruntée par les Cavaliers Noirs'

Carte très défraîchie, à l'échelle très large, dessinée au crayon à papier et à la craie rouge. En rouge sont représentés la route de l'Est et le chemin emprunté par les Nazgûl depuis le Rohan jusqu'en Comté, puis leurs déplacements dans la région à la poursuite des hobbits et de Gandalf.

Gorge de Helm et terres alentours

Ce document tient plus de l'illustration détaillée que d'une carte. Orientée vers l'ouest, Tolkien a représenté en haut, les monts du Thrihyrne et la gorge qui en descend jusqu'au fort. Les terres au pied du fort sont bien détaillées et coloriées et la topographie générale est très précise.

Minas Morghul et la Croisée des Chemins

Cette carte date de mai 1944, alors que Tolkien rédigeait le chapitre « Voyage à la croisée des chemins ». Le relief est indiqué en partie par des lignes de niveau, en partie par des motifs. Karen Fonstad s'en est inspirée pour son plan de Cirith Ungol (The Atlas of Middle-earth, p. 143).

Plan de l'Antre d'Arachne

Plan des tunnels réalisé au crayon repassé à l'encre. Christopher Tolkien note que les points cardinaux nord et sud ont été inversés sur la rose de vents. Un cercle noir désigne l'endroit où le piège pour les hobbits. Les tunnels tout en noir sont nommés L'antre d'Ungoliant. En bleu, Tolkien a représenté l'un des passages empruntés par les orques.

L'Antre d'Arachne (plan simplifié)

Ce plan au crayon est relativement simple. L'antre est représentée par un tunnel principal, avec seulement deux entrées et seulement deux tunnels annexes.

Harrowdale

Minas Tirith et le Mindolluin

Il s'agit en fait de deux croquis. Le premier est un dessin en courbes de niveaux, représentant le Mont Mindolluin et l'inclusion de Minas Tirith dans sa topographie. Le second est un grossissement de Minas Tirith, représentant les cercles de la ville et le placement des portes. L'avancée en forme de navire n'est pas présente.

Mindolluin

Plan rejeté, similaire au grossissement précédent mais le précédant probablement. Le placement des portes est différent et pas encore figé, et l'avancée en forme de navire n'est toujours pas présente.

Plan de Minas Tirith

Plan orienté à l'est, représentant une nouvelle fois les cercles et les portes de la cité. La Grande Porte, Othram (le nom de la muraille), la Tour Blanche, Rath Dínen et le Mindolluin y sont indiqués. L'avancée en forme de navire n'est toujours pas présente.

Plan tardif de Minas Tirith

Plan similaire au précédent. La principale différence est la présence de l'avancée en forme de navire absente jusqu'alors.

Esquisse de la Vallée Fardière

Esquisse dessinée à l'encre par-dessus le texte au crayon. Elle montre le chemin emprunté par les Rohirrim entre deux feux d'alarme du Gondor depuis l'ouest vers l'est.

Carte de la Vallée Fardière et de Minas Tirith (1)

Carte au crayon reprenant l'idée de l'esquisse précédente de façon plus détaillée et sur une vue plus large comprenant l'est des Montagnes Blanches jusqu'à Osgiliath. Les feux d'alarme sont nommés (Eilenach et Amon Dîn) ainsi que les divers éléments géographiques (Forêt du Drúadan, Vallée Fardière, le Mindolluin, Minas Tirith, etc.). On remarque notamment la présence du cercle du Pelennor.

Carte de la Vallée Fardière et de Minas Tirith (2)

Carte à l'encre bleue et en couleurs, descendant plus au sud-est que la précédente, jusqu'au Lebennin Sud et aux contreforts ouest du Mordor où Minas Morgul est présente. Tolkien y développe notamment la topographie des Emyn Arnen. L'intérieur du Pelennor est détaillé et l'on peut y voir 4 routes partant de la porte de Minas Tirith absentes des autres esquisses.

Esquisse du Pelennor

Esquisse à l'encre bleue du cercle du Pelennor, avec le nord orienté vers le bas de la carte, selon la vue qu'en aurait les Rohirrim en arrivant. Minas Tirith est représentée par un demi-cercle. Une route en part vers l'est. Aux crayons bleu et rouge, Tolkien a dessiné ce qui semble être respectivement les charges des Rohirrim et des ennemis.

Croisement des routes en Udûn

Esquisse à l'encre bleue du croisement des routes où, dans le roman, plusieurs troupes d'orques se rejoignent permettant à Frodo et Sam déguisés en orques de s'échapper de leur troupe. Leur position est notée d'un F.S.

Esquisse de la citadelle de Minas Tirith

Esquisse à l'encre bleue du dernier niveau de Minas Tirith, orientée à l'ouest. Tolkien a représenté, au sein d'un cercle, les différents bâtiments par des rectangles et des ronds. Des lettres marquent les lieux importants (la Tour Blanche et la Halle des Rois, la Fontaine, l'Arbre Blanc, etc.).

Plan de la ferme Chaumine

Plan au crayon de l'intérieur de la ferme Chaumine, avec la position des cuisines et des étables.

Cartes d'autres auteurs

Pauline Baynes

'Aller et retour : une carte du voyage de Bilbo à travers l'Eriador et le Rhovanion'

Cette carte ressemble beaucoup à celle de la Terre du Milieu par la même artiste : couleurs proches, mêmes caractères employés, et toujours les petites vignettes autour de la carte représentant certains lieux. Il ne s'agit pas d'une simple reprise de la carte des Terres Sauvages de Tolkien, parue dans Bilbo le Hobbit, puisqu'elle couvre également l'Eriador, jusqu'à Hobbitebourg. Elle s'étend également plus au sud, jusqu'à l'orée nord de Fangorn : la Forêt Noire est ainsi entièrement représentée.

A Map of Middle-earth

Cette carte a été réalisée par Pauline Baynes, illustratrice qui avait déjà travaillé sur Le Fermier Gilles de Ham, Smith de Grand Wooton et Les Aventures de Tom Bombadil et que Tolkien appréciait beaucoup. Sa carte, richement colorée et illustrée par de petites vignettes circulaires représentant les lieux les plus saillants de la Terre du Milieu, contient des toponymes qui étaient jusqu'alors inconnus : Drúwaith Iaur, Dorwinion, etc. Il s'agit sans doute de la seule carte réalisée par un artiste tiers autre que son fils qui ait été approuvée par Tolkien (quand bien même celui-ci n'appréciait pas les illustrations qui l'encadrent en haut et en bas).

John Howe

La carte du Hobbit : Nouvel aller-retour

Il s'agit de la deuxième des quatre cartes réalisées par John Howe avec Brian Sibley, parue tout d'abord séparément, puis dans le coffret The Maps of Tolkien's Middle-earth (2003). Comme souvent, la traduction de Jacques Georgel est à l'ouest : « Nouvel aller-retour » n'a aucun sens. La carte en elle-même reprend la traduction de celle de Bilbo le Hobbit, mais l'erreur « Les Lapins » est néanmoins corrigée… en revenant à la version originale, Hobbiton, alors qu'on aurait pu s'attendre à un « Hobbitebourg ».

« La carte de Bilbo le Hobbit était la moins chargée des quatre, et donc celle qui permettait la plus grande liberté d'illustration. La scène dans le petit salon de Bilbo demanda une éternité, puisqu'il me fallut ratisser les pages du livres pour trouver quel nain jouait de quel instrument avant de les placer de façon à former un orchestre improvisé plausible. » (John Howe)

La carte de la Terre du Milieu de Tolkien

Il s'agit de la première des quatre cartes réalisées par John Howe en collaboration avec Brian Sibley. Elle est d'abord parue sous forme de poster accompagné d'un livret en 1994, puis dans le coffret The Maps of Tolkien's Middle-earth (2003). Elle reprend la carte des Unfinished Tales, et l'Umbar est donc absent.

« La cartographie en Terre du Milieu est une forme raffinée de torture topographique… À première vue, cela semble trompeusement simple : agrandir et copier une carte existante, ajouter un peu de décoration et de couleur — mais seulement à première vue… La carte de la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux fut peut-être la plus difficile à faire, et trouver un équilibre entre le décoratif et le géographique fut un véritable défi. Je me suis retrouvé prisonnier (comme vous) des entrelacs celtiques de la bordure, et j'ai commis tant d'erreurs dans les noms de lieux sur la carte que j'ai passé un après-midi de colle à Londres, à supprimer les termes mal orthographiés et à les écrire correctement (mais heureusement une seule fois, et pas les cent habituels). » (John Howe)

The Map of Beleriand and the Lands to the North

C'est la troisième des quatre cartes réalisées par John Howe et Brian Sibley. Parue séparément en 1999, puis dans le coffret The Maps of Tolkien's Middle-earth en 2003.

The Map of Tolkien's Númenor

Il s'agit de la dernière des quatre cartes réalisées par John Howe en collaboration avec Brian Sibley. Elle n'est parue que dans le coffret The Maps of Tolkien's Middle-earth (2003).

Shelly Shapiro

Númenórë

La carte de Christopher Tolkien a été redessinée par Shelly Shapiro pour l'édition poche américaine des Contes et légendes inachevés. Comme à son habitude, Shapiro s'est permis de nombreuses libertés, certaines apparemment basées sur le texte de la Description de Númenor (comme l'ajout d'une vaste forêt au milieu du Hyarrostar), d'autres purement gratuites (le relief a peu à voir avec celui représenté par Tolkien). On notera également une coquille : Nisimaldor au lieu de Nísimaldar.

David Day

A Map of Middle-earth and the Undying Lands

Cette carte est une vision d'ensemble d'Arda, comme son titre l'indique : on y voit Aman, Númenor et la Terre du Milieu. Elle est tout d'abord critiquable pour sa démarche, qui consiste à juxtaposer des éléments issus de diverses époques historiques (cf. Pourquoi la carte de la Terre du Milieu et des Terres immortelles est-elle fausse ?). On trouve donc pêle-mêle Utumno et les deux Lampes, le Beleriand, Númenor et Hobbitebourg, ce qui est pour le moins étrange, surtout que l'assemblage est des plus fantaisistes : le Beleriand se retrouve collé au nord de l'Eriador (probablement afin de permettre l'inclusion des Havres Gris et du Lindon), à la latitude du Forodwaith, ce qui est aberrant au vu des climats respectifs des deux régions. En outre, ayant été publiée en 1979, c'est-à-dire avant la parution des Contes et légendes inachevés et de l'Histoire de la Terre du Milieu, on ne peut plus maintenant considérer cette carte que comme un recollage totalement dépassé : ainsi Númenor, dont on apprend dans les Contes et légendes inachevés qu'elle a une forme d'étoile à cinq branches, apparaît ici sous la forme d'une masse vaguement ovale…

Voir aussi sur Tolkiendil

1) Fang, « barbe » en sindarin, désigne les Barbes-Longues, les Indrafang, le peuple de Durin.
2) L'accent aigu sur le o de Thrór n'est introduit que dans Le Seigneur des Anneaux.
3) Dans la version française de 2012, les runes ont été réagencées pour le français par Daniel Lauzon.
4) La traduction de Ledoux donne Terres sauvages, mais nous privilégions la traduction de Daniel Lauzon.