Le Guide Tolkien

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Titre complet Le Guide Tolkien
Auteur Yannick Chazareng
Publication 16 septembre 2022
Éditeur ACTUSF

Présentation de l'éditeur

L’œuvre de Tolkien est immense. Depuis la parution du Seigneur des Anneaux au milieu des années 50, et encore plus depuis la sortie des films de Peter Jackson, son univers ne cesse de nous hanter.

Alors que la Terre du Milieu est une nouvelle fois sous les feux de l'actualité, ce guide vous propose une exploration des récits de J.R.R. Tolkien par un spécialiste, Yannick Chazareng.

L'avis des lecteurs

Julien Mansencal — octobre 2022

Cette critique est initialement parue, dans une version légèrement plus courte, sur le site des Chroniques de l'Imaginaire.

Tolkien ! Une fois les sept lettres de ce patronyme épelées, reste-t-il encore quelque chose à ajouter ? Père d'un nouveau genre littéraire à lui seul, auteur d'un des romans les plus cultes du vingtième siècle qui a donné lieu à l'une des séries de films les plus cultes du vingt-et-unième… Pourtant, même si son nom est dans toutes les têtes, les tenants et aboutissants de sa vie et de son œuvre ne sont pas forcément connus du grand public.

Le grand public, c'est clairement la cible de Yannick Chazareng avec ce petit Guide Tolkien, dans lequel il s'efforce de présenter de manière claire et synthétique la Terre du Milieu et son créateur. On y trouvera une biographie de l'auteur, une présentation succincte de ses ouvrages, des développements sur ses influences (littéraires, mais pas seulement) et quelques pages sur les adaptations en films, séries télévisées, jeux de rôle et autres jeux vidéo. Le tout est entrecoupé d'entretiens avec quelques figures des études tolkiéniennes en France pour aborder des sujets plus pointus, comme la question des langues inventées ou le processus éditorial. En fin d'ouvrage, un glossaire massif propose des notices sur toutes sortes de sujets, des personnages et lieux de la Terre du Milieu aux acteurs et entreprises ayant participé à différentes adaptations, ainsi qu'une bibliographie et un tableau d'équivalence des différentes traductions françaises de l'œuvre.

Voilà pour une description neutre du Guide Tolkien, ou du moins de ce que ce livre avait probablement pour objectif d'être. Le résultat est malheureusement loin d'être à la hauteur de ces louables ambitions. Il souffre d'un style très plat et enclin aux répétitions, qui échoue à communiquer le moindre enthousiasme pour son sujet, ainsi que d'une couverture très superficielle de ce même sujet, sur un mode trop énumératif et pas assez analytique. Évidemment, il est impossible d'offrir un panorama approfondi de Tolkien en trois cents pages à peine, mais l'auteur aurait dû procéder à une sélection plus pertinente des sujets qu'il aborde, d'autant que certains paragraphes semblent n'avoir pour vocation que le remplissage.

En fait, il est par endroits assez évident que l'auteur ne sait tout simplement pas de quoi il parle et se contente de recopier ce qu'il a pu trouver sur le Web. Quelques exemples suffisent à le démontrer. Pourquoi l'auteur choisit-il de consacrer deux longs paragraphes détaillés (un dans le corps du texte, un dans son glossaire) à Doworst, un poème potache de Tolkien tellement obscur qu'il n'a jamais été publié entièrement à ce jour, alors que Goblin Feet, poème tout aussi obscur mais beaucoup plus significatif dans le développement des goûts esthétiques de Tolkien, n'a droit qu'à trois phrases laconiques ? La réponse est simple : parce que le site spécialisé Tolkiendil possède une page dédiée à Doworst, et pas à Goblin Feet. La bibliographie et le tableau de concordances à la fin du livre sont eux aussi tout droit repris de Tolkiendil. Même si l'auteur mentionne ce site dans les références qu'il a consultées, cela ne reflète pas vraiment la dette immense qu'il a envers les contributeurs et contributrices (bénévoles !) qui l'ont construit au fil des années.

Le Guide Tolkien est par ailleurs jonché de coquilles et autres erreurs qui témoignent d'un sérieux manque de rigueur. On trouvera par exemple systématiquement l'orthographe *Nazgûls pour parler des Cavaliers Noirs au pluriel, alors que ce terme est censé être invariable. L'histoire de Finn et Hengest, une légende germanique qui pourrait décrire des faits survenus au cinquième siècle de notre ère, se voit tour à tour déplacée au huitième (dans le texte) ou au quinzième siècle (dans le glossaire). Ce glossaire est une véritable farandole d'erreurs en tous genres, aussi bien sur le fond que sur la forme avec des entrées en double (Bourg-au-Lac et Esgaroth ont droit à une entrée chacune, alors qu'il s'agit du même lieu, tandis que la notice de Montauvent est entièrement dupliquée), des renvois aberrants (Vinyar Tengwar renvoie à Tengwar, une entrée qui ne dit absolument rien au sujet du magazine) et d'innombrables coquilles. Les erreurs de fond sont tout aussi nombreuses ; sans prétendre à l'exhaustivité, en voici un petit florilège :

  • Allen & Unwin n'a pas déménagé en Australie, c'est la branche australienne de cette maison d'édition qui a pris son indépendance lorsque la maison-mère a été rachetée par HarperCollins.
  • Arwen n'est pas la seule enfant d'Elrond et Celebrian, qui ont aussi eu les jumeaux Elladan et Elrohir.
  • Bakshi (Ralph) : s'il est bien né en Palestine, le réalisateur est de nationalité américaine et non israélienne.
  • Beowulf : le héros vient en aide à Hrothgar contre Grendel, puis contre sa mère, mais pas contre le dragon. Ce troisième affrontement prend place plusieurs décennies plus tard, alors que Beowulf est devenu roi des Geats.
  • Carcharoth est un loup, pas un chien.
  • Éomer n'épouse pas « la princesse Dimrahil de Dol Amroth », mais Lothiriel, fille d'Imrahil de Dol Amroth.
  • Éothéod est employé au pluriel alors que ce nom est singulier dans la traduction de Daniel Lauzon.
  • Faërie : Feuille, de Niggle a paru en 1945, pas en 1964.
  • Finn et Hengest, s'ils ont existé, ont vécu au Ve siècle et non au XVe.
  • Glaurung est conçu par Morgoth et non par Sauron.
  • Heorot est une grande halle, donc une sorte de palais, pas une ville.
  • Khazad-dûm : c'est en 1980 3A que le Balrog est libéré, pas en 1830.
  • Lórien : au vu de l'accueil réservé à la Fraternité, peut-on vraiment dire qu'elle est « réputée pour sa tradition d'accueil » ?
  • Maldon n'est pas une bataille, mais le site d'une bataille, et Le Retour de Beorhtnoth se déroule après ladite bataille et non pendant.
  • Nains : les Sept Pères ont été dispersés dans toute la Terre du Milieu, pas seulement au Beleriand.
  • Oxford est réputée pour l'excellence de son université, pas de ses collèges (faux-ami).
  • Roverandom serait plus adéquatement décrit comme conte que comme nouvelle.
  • Zaentz (Saul) n'a pas acquis les droits d'adaptation du Hobbit et du Seigneur des anneaux « dans les années 1960 », mais en 1976. Tolkien les a effectivement vendus en 1968, mais à United Artists, qui les a ultérieurement cédés à Zaentz.

En conclusion, qu'il suffise de dire que ce Guide Tolkien ne contient rien que vous ne puissiez trouver gratuitement sur le Web, si ce n'est des erreurs (pour être honnête, l'entretien sur les langues construites propose des réponses dont la qualité détonne significativement par rapport au reste du livre). A-t-il été préparé dans la précipitation pour coïncider avec la sortie de la série Les Anneaux de pouvoir, ce qui expliquerait son caractère brouillon ? Que ce soit ou non le cas, c'est un livre à éviter.

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tolkien/sur-tolkien/le_guide_tolkien.txt · Dernière modification: 28/10/2022 09:51 par Druss
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