Hors du Légendaire

« Il a donc créé un alphabet tiré des marques dans les cavernes. Il dit qu’il est bien plus joli que les lettres ordinaires, que les runes ou que les lettres polaires, et qu’il convient mieux à sa patte. Il les écrit avec l’extrémité de son porte-plume ! »1)

Tom Bombadil (© John Howe)

Cette section se consacre aux inventions linguistiques de Tolkien en-dehors du cadre du Légendaire centré sur la Terre du Milieu. Les premières langues élaborées au cours de la jeunesse de Tolkien, soit qu’il se contenta d’y contribuer, soit qu’il les développa entièrement lui-même, appartiennent évidemment à cette catégorie. Par la suite, la rédaction des récits liés à la Terre du Milieu semble avoir absorbé l’essentiel de son énergie créatrice en matière linguistique, même s’il lui est arrivé d’employer certaines langues, comme le qenya dans des récits qui ne sauraient être rattachés au Légendaire. En revanche, Tolkien continua à inventer des systèmes d’écriture pour les récits destinés à ses enfants, comme l’alphabet gobelin, ou pour les besoins de son journal intime.

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Notes de lecture Notes de lecture : En tant que présentations ou compilations, ces articles sont les plus accessibles à tous les lecteurs. Aucune connaissance sur J.R.R. Tolkien n’est requise.

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Langues de jeunesse

Dès son plus jeune âge, Tolkien semble avoir été attiré par les langues imaginaires. Il commença par participer à l’élaboration de langues inventées par ses cousines, Marie et Marjorie Incledon, puis passa rapidement à l’invention de langues ab nihilo. Son premier essai, le naffarin, semble être dénué de tout contexte historique. Toutefois, Tolkien se rendit compte qu’une langue ne saurait exister indépendamment de ses locuteurs. Cette constatation devait bientôt le conduire à ébaucher les premières versions de ses langues elfiques et à élaborer des récits où elles seraient employées, qui constituèrent les premiers germes du Légendaire.

L’animalique : « grossier à l’extrême »

Lire l’article « L’animalique : “grossier à l’extrême” »  Note de lecture  Note de lecture Helge Kåre Fauskanger
L’animalique est une langue privée rudimentaire qui fut inventée vers 1905 par Marie et Marjorie Incledon, les jeunes cousines de Tolkien. Tolkien, ayant alors une douzaine d’années et déjà plongé dans le latin et l’anglo-saxon, le trouva amusant et l’apprit.
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Le nevbosh : le « nouveau non-sens »

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La grossière langue animalique semble être morte quand l’une de ces inventrices, Marjorie Incledon, y perdit tout intérêt. Cependant, sa sœur Marie et quelques autres enfants s’engagèrent dans la construction d’une nouvelle langue. Elle fut appelée nevbosh, ce qui est le terme nevbosh pour « nouveau non-sens ».
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Le naffarin : nous savons au moins que « vrú » signifie « toujours »

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Il semble que le naffarin ait été seulement une langue, dépourvue de mythologie accompagnatrice. Néanmoins, elle représentait un grand pas en avant : avec le naffarin, le jeune Tolkien conçut pour la première fois une langue complète en associant sons et significations selon ses propres préférences, plutôt qu’en distordant des mots issus de langues existantes.
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Attribution douteuse

Après ses premiers essais de jeunesse, l’essentiel des efforts d’invention linguistique de Tolkien s’est tourné vers l’élaboration progressive des langues de son Légendaire. Certaines tentatives datées de ses années estudiantines sont cependant antérieures à la période de rédaction des Contes perdus. Si elles anticipent dans une certaine mesure l’invention des premières versions des langues elfiques, leur contexte créatif sort néanmoins du cadre du Légendaire tel qu’il est généralement conçu. Bien plus tardive, la langue de l’île de Fonway constitue quant à elle une énigmatique anomalie au sein des langues construites par Tolkien. Il n’est d’ailleurs pas certain que Tolkien lui-même en soit l’auteur.

« Un vice secret » de Tolkien et « la langue qui est parlée sur l’île de Fonway »

Lire l’article « “Un vice secret” de Tolkien et “la langue qui est parlée sur l’île de Fonway” »  Note de lecture  Note de lecture  Note de lecture Andrew Higgins — Mai 2016
Le 29 novembre 1931, lors de la rencontre de l’association Samuel Johnson du Pembroke College d’Oxford, J.R.R. Tolkien donna devant des étudiants et des invités une conférence intitulée « Un vice secret ». Au cours de nos recherches pour l’édition de A Secret Vice — Tolkien on Language Invention, le Dr. Dimitra Fimi et moi-même, après de nombreux mois à étudier les archives de diverses associations littéraires et philologiques d’Oxford, avons retrouvé dans les archives du Pembroke College les compte-rendus de cette rencontre…
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Le fonwégien : la langue de l’île de Fonway

Lire l’article « Le fonwégien : la langue de l’île de Fonway »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Damien Bador, François Parmentier & Vivien Stocker — Septembre 2021
Le fonwégien, langue parlée sur l’île imaginaire de Fonway, est une langue construite dont nous avons connaissance grâce à J.R.R. Tolkien, qui l’avait mentionnée dans sa conférence « Un vice secret » en novembre 1931. Elle reste cependant assez méconnue, car elle n’est pas mentionnée dans l’article éponyme édité par Christopher Tolkien et publié par ses soins dans les Monstres et les Critiques et autres essais. En effet, celui-ci a choisi d’exclure toute la section de la conférence qui traitait du fonwégien.
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Langues du monde primaire

La carrière littéraire de Tolkien est indissociable de son attrait pour les langues, attrait qui se traduit non seulement pas l’invention de langues, mais surtout par un intérêt et une maîtrise de nombreuses langues de notre monde. Ainsi, enfant, sa mère lui enseigne le latin, le français et l’allemand ; durant sa scolarité, il découvre le grec, le vieil et le moyen anglais, le gotique, le vieux norrois, le gallois, ou encore le finnois. De ces langues qu’il affectionne, il en fera son métier de philologue donnant des cours sur des textes en vieil et moyen anglais, sur l’histoire de l’anglais, ainsi que des introductions à la philologie germanique, au gotique, au vieux norrois et au gallois médiéval.

L’onomastique dans « L’Histoire de Kullervo »

Lire l’article « L’onomastique dans « L’Histoire de Kullervo »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Vivien Stocker — Avril 2016
L’Histoire de Kullervo, texte de Tolkien paru en 2015, vient combler un vide qui existait jusqu’alors dans l’étude de son œuvre. En effet, il était connu de longue date, par Tolkien lui-même, qu’il existait un texte faisant le lien entre le mythe finnois du Kalevala, un mythe du monde primaire, et l’un des premiers textes écrits par Tolkien, le Conte de Turambar, c’est-à-dire de façon plus générale, les tout débuts de son légendaire, le compendium de ses mythes secondaires.
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Les fragments de Pryftan

Lire l’article « Les fragments de Pryftan »  Article de synthèse  Article de synthèse Vivien Stocker — Avril 2009
Dans les brouillons du Hobbit, édités par John D. Rateliff sous le titre The History of the Hobbit, le nom initial de Smaug dans le premier jet du chapitre d’ouverture était Pryftan. Cependant, Tolkien n’indiqua jamais ce que ce nom était supposé signifier et Rateliff ne donne aucune piste pour celui-ci. Cet essai s’attache à explorer les diverses pistes proposées par les noms des autres personnages de l’ouvrage.
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L’origine de quelques noms utilisés par Tolkien

Lire l’article « L’origine de quelques noms utilisés par Tolkien »  Note de lecture  Note de lecture Didier Willis — 1999—2000
Tolkien a employé dans ses écrits des noms qui dérivent de vieilles légendes scandinaves ou anglo-saxonnes. En voici quelques-uns : Mirkwood : Myrkvidr, v. isl. « la forêt sombre ». Dans le Chant de Hlödr (Hlödskvida §7), ce terme s’applique vraisemblablement la forêt qui marquait la frontière entre le pays des Gots et celui des Huns. Dans les Sarcasmes de Loki (Lokasenna §42), il désigne la limite entre le monde des dieux et celui des géants. Thietmar de Mersburg, au XIe siècle, emploie le mot Miriquidui pour désigner l’Erzebirge
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La valeur éducative de l’espéranto : Tolkien prend la parole dans « The British Esperantist » en 1933

Lire l’article « La valeur éducative de l’espéranto »  Note de lecture  Note de lecture  Note de lecture Oronzo Cilli
La relation la plus connue entre Tolkien et l’espéranto est une série d’extraits d’une lettre publiée en mai 1932 dans la revue The Bristish Esperantist. En réalité, le merveilleux mensuel de l’Association britannique d’espéranto contient au moins deux autres informations utiles pour reconstruire les rapports entre le futur auteur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux et la langue artificielle inventée par Ludwik Lejzer Zamenhof.
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Systèmes d’écriture

Plusieurs systèmes d’écriture inventés par Tolkien ne se rattachent pas clairement à son Légendaire. On connaît au moins un alphabet élaboré par Tolkien au cours de sa jeunesse : le privata kodo skaŭta. L’alphabet gobelin n’apparaît quant à lui que dans les Lettres au Père Noël. Enfin, Tolkien employa divers systèmes d’écriture pour son journal intime. Si certains ne sont utilisés que là, comme le nouvel alphabet anglais, d’autres occupent une place intermédiaire, puisqu’ils jouent également un rôle à l’intérieur du Légendaire : c’est le cas des runes germaniques et des sarati.

Privata kodo skaŭta

Le premier système d’écriture que Tolkien semble avoir inventé date de juin 1909 et se trouve dans un carnet que Tolkien nommait The Book of Foxrook. Il s’agit d’un alphabet semblable aux runes appelé privata kodo skaŭta, ce qui est l’espéranto pour « code scout personnel ». Il comportait un nombre important de symboles idéographiques représentant des mots complets, que Tolkien appelait « monographes »2).

Alphabet gobelin

Le système de pictogrammes apparaît dans la « Lettre au Père Noël » de 1932. Il s’agit de figures (principalement humanoïdes) formant un alphabet qui aurait été inventé par Karhu, l’Ours du Pôle Nord. Il se serait inspiré des dessins pariétaux qu’il découvrit dans les cavernes des Gobelins qui attaquèrent à plusieurs reprises la demeure du Père Noël. Cet alphabet comporte quarante-trois signes phonétiques et un système complexe de ligatures et de diacritiques.

L’Alphabet gobelin

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L’alphabet gobelin est un alphabet inventé par Tolkien dans les années 1930 dans le cadre de ses Lettres du Père Noël. En 1920, le premier fils de Tolkien, John, demande à son père qui est le Père Noël et où il vit. Pour répondre à cette question, Tolkien envoie une lettre à John en se faisant passer pour le Père Noël. Jusqu’en 1943, Tolkien se fait ainsi passer pour le Père Noël, l’Ours polaire Karhu, ou encore l’Elfe secrétaire Ilbereth.
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Nouvel alphabet anglais

Le nouvel alphabet anglais3) est un système d’écriture que Tolkien inventa assez tardivement, et utilisa dans le journal qu’il commença à tenir après la mort de C.S. Lewis4). Il applique les principes structurels des tengwar et des cirth à la phonologie de la langue anglaise5). Cet alphabet emploie certaines lettres latines (quoiqu’en leur attribuant des valeurs différentes de l’usage habituel), plusieurs signes phonétiques et quelques symboles tirés du système fëanorien6).

Blason

1) Version originale : « So he made upan alphabet from the marks in the caves. He says it is much nicer than the ordinary letters, or than Runes, or Polar letters, and suits his paw better. He writes them with the tail of his pen-holder! »
2) Arden R. Smith & Patrick H. Wynne, « Tolkien and Esperanto », Seven 17 (2000), p. 29.
3) Version originale : « New English Alphabet ».
4) , 6) Humphrey Carpenter, J.R.R. Tolkien, une biographie.
5) J.R.R. Tolkien encyclopedia: scholarship and critical assessment, édité par Michael D.C. Drout.
 
langues/hors_legendaire.txt · Dernière modification: 23/09/2021 14:26 par Elendil
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