L'Histoire de Kullervo de Tolkien. Un lien perdu entre le Kalevala de Kirby et le légendaire de Tolkien

Vivien Stocker – Décembre 2018

L'article original, en anglais, a été publié en novembre 2018 dans ‘A Wilderness of Dragons’: Essays in Honor of Verlyn Flieger, édité par John D. Rateliff.

Tolkien a découvert Le Kalevala en 1907 dans la traduction anglais de William F. Kirby, alors qu'il était dans sa dernière année à la King Edward's School de Birmingham. Pour Tolkien, alors qu'il qualifia le travail de Kirby de « mauvaise traduction1) », sa lecture fut pour lui comme « Colomb débarquant sur un nouveau Continent2) », l'ouverture d'un tout nouveau monde. Bientôt, en 1911, il utilise le texte de Kirby comme source pour produire une parodie toujours inédite intitulée Le Nouveau Lemminkainen. Trois ans plus tard, Le Kalevala de Kirby est une nouvelle fois à l'origine d'une nouvelle œuvre : une ambitieuse réécriture de l'histoire contée dans les chants 31 à 36 du Kalevala, « L'Histoire de Kullervo », dans « le style des romances de Morris avec des bouts de poésie intercalés3) » ; une histoire que Tolkien créditera plus tard comme « le point de départ du Silmarillion4) ». D'abord publié en 2010 par Verlyn Flieger, puis à nouveau en 2015 pour un plus large public, cet important fragment montre un processus complexe d'invention et de transformation de la légende finnoise qui mena finalement à une version primitive du légendaire. Le sujet de cet essai est de montrer comment, dans L'Histoire de Kullervo, Tolkien a travaillé sur le matériau source, utilisant et réorganisant des passages et des vers de la traduction de Kirby presque sans les changer afin d'améliorer sa propre version de la légende et ainsi préfigurer l'apparition du Conte de Turambar et son légendaire.

Avant toute chose, il semble utile de résumer le conte de Kullervo qui est racontée dans les chants 31 à 36 du Kalevala5) :

  • Chant 31 : Une guerre commence entre Untamo et son frère Kalervo. Sa veuve est emmenée en esclavage par Untamo et elle donne naissance à un fils : Kullervo. Kullervo jure vengeance contre Untamo. Ce dernier tente par trois fois de l'assassiner, mais sans succès, puis Kullervo tente de travailler pour Untamo, mais gâche tout (C 31a). Untamo le vend comme esclave à Ilmarinen le forgeron (C 31b)).
  • Chant 32 : La femme d'Ilmarinen fait de Kullervo son berger et l'envoie pour garder son troupeau. Elle lui donne un gâteau cuit avec une pierre à l'intérieur ; et prie et chante pour la protection de son troupeau contre les ours.
  • Chant 33 : Alors que Kullervo garde le troupeau, il essaye de couper le gâteau avec le couteau de son père, lequel se brise. Pour se venger de la femme, il conduit le troupeau dans les marais pour qu'il soit dévoré par les ours de la forêt, puis mène une horde de loups et d'ours à la ferme où Ilmarinen est tuée par les bêtes sauvages.
  • Chant 34 : Kullervo s'échappe de la ferme d'Ilmarinen et erre dans la nature, où il rencontre la Dame Bleue de la Forêt (C 34a). Elle l'informe que son père, sa mère et ses frères et sœurs sont toujours en vie. Suivant ses directives, il les trouve. Sa mère lui raconte que sa sœur s'est perdue alors qu'elle cueillait des baies.
  • Chant 35 : Kullervo tente de travailler pour son père (ramant et pêchant), mais ne réussit qu'à tout gâcher (C 35a), alors son père l'envoie pour payer les droits fonciers. Sur le chemin du retour, il rencontre sa sœur perdue qu'il ne reconnaît pas. Il la séduit et a une relation incestueuse avec elle. Quand la sœur apprend qui il est, elle se jette dans une rivière (C 35b). De retour à la maison, Kullervo raconte le destin de sa sœur à sa mère, qui lui conseille de se retirer dans un endroit où il pourra apaiser ses remords, mais Kullervo décide de se venger d'Untamo.
  • Chant 36 : Kullervo s'en va en guerre, mais seule sa mère est attristée (C 36a) qu'il aille à sa mort. Il arrive sur les terres d'Untamo et brûle la ferme (C 36b). De retour à la maison, il trouve son foyer déserté et sa famille morte (C 36c). Alors qu'il traverse la forêt, il arrive dans le lieu où il a rencontré sa sœur et finit par se suicider en se jetant sur son épée (C 36d).

L'histoire de Tolkien est plus qu'une simple réécriture de passages versifiés transformés en prose. Tolkien réarrange des extraits du conte dans le but d'améliorer sa propre version de la légende :

KirbyTolkien
C 31C 31aGuerre et naissance de Kullervo. Untamo tente de le tuer trois fois puis lui donne des tâches à accomplir. Untamo parle de le vendre en esclavage.
» C 36a1 : Sa mère est triste de son départ.
» C 35a : Travaux de Kullervo pour Untamo : ramer et pêcher.
» C 36a2 : Ses frère et sœur ne sont pas tristes & Lamentation de la Mère.
C 31bUntamo vend Kullervo à Āsemo, le forgeron6).
C 32C 32 -
C 33C 33 -
C 34C 34aThe Dame Bleue de la Forêt
C 35C 35bKullervo rencontre sa sœur ; inceste et suicide de la fille.
C 36C 36bKullervo brûle la ferme d'Untamo, puis apprend qui était la fille.
C 36dKullervo se tue sur son épée.

Chant 31

Les deux premières grandes modifications concernent le destin de Kalervo et la composition de la famille de Kullervo. Dans Le Kalevala, même si l'histoire dit que l'intégralité du peuple de Kalervo est mort après la bataille contre Untamo, y compris probablement Kalervo lui-même, aucune preuve n'est donnée. Et en effet, Kalervo réapparaît à la fin de l'histoire, dans le chant 35. Plusieurs commentateurs ont suggérés que cette réapparition était due à l'utilisation, par Elias Lönnrot, de deux versions divergentes de l'histoire au cours de la conception de son ouvrage. Tolkien supprime cette confusion en tuant sans ambiguïté le père dans les toutes premières lignes de L'Histoire. À cette mort est donnée une dimension encore plus tragique quand Untamo mutile le corps de Kalervo devant les yeux de sa femme et de ses deux premiers-nés, un garçon et une fille. Là encore, Tolkien se démarque du Kalevala : dans cette histoire, Kullervo est le premier-né et le seul enfant de Kalervo, jusqu'au chant 35 du Kalevala, où il découvre son père et réalise que sa famille s'est agrandie avec un autre garçon et deux filles, dont l'une est perdue dans la forêt ; tandis que dans L'Histoire, Kullervo et Wanōna sont les plus jeunes. En changeant l'ordre de naissance des quatre enfants, et en faisant de Kullervo le jumeau de Wanōna, la future sœur incestueuse « perdue », Tolkien renforce la tragédie du conte. Nous observons aussi ici l'émergence de l'histoire de Túrin dans Le Conte de Turambar7) : un père mort ou présumé mort (Kalervo/Úrin) ; un garçon et sa sœur élevés par leur mère (Kullervo et Wanōna/Túrin et Nienóri) sous la menace d'un maître esclavagiste (Untamo/Brodda) avant que le garçon soit envoyé loin de sa famille (Kullervo/Túrin).

Verlyn Flieger note l'étroite relation entre les noms des deux sœurs « perdues » : Wanōna « pleurs » et Nienóri « deuil », deux noms inventés par Tolkien. Un autre nom de Wanōna porte une idée similaire : Kivutar, « douleur » en finnois. Cette relation est renforcée par un nom intermédiaire existant entre L'Histoire et Le Conte, issue d'une version plus ancienne de l'histoire de Túrin. En effet, Christopher Tolkien a réussit à déchiffrer quelques fragments d'une ébauche au crayon du Conte conservée par chance sous la couche d'encre8) ; la future Nienóri est alors nommée Vainóni, un nom qui sonne comme Wanōna. La signification de Vainóni est inconnue, mais elle est probablement de signification proche de celles de Wanōna et Nienóri. Peut-être est-elle en lien avec le nom finnois Väinö, surnom du héros Väinämöinen dans Le Kalevala, du finnois väinä « eau courante ». Comme Väinämöinen, les trois sœurs « perdues » semblent toutes avoir une étroite relation avec l'eau, où elles meurent toutes par suicide. Tolkien aurait-il inventé le nom Vainóni avec le nom Väinö à l'esprit, comme jeu de mots en relation avec l'eau ? John Garth et Christopher Gilson proposent une autre étymologie possible, sur la base de l'existence de la racine vieil-anglaise wánian « se lamenter9) ». Connaissant à la fois les racines finnoise et vieil-anglaise, Tolkien pourrait avoir mélangé les deux influences dans son nom inventé. Quelque soit la signification précise, nous voyons ici une descendance directe depuis Wanōna « pleurs10) » jusqu'à Nienóri « deuil », en passant par Vainóni « lamentation (?) ».

Après avoir mis l'intrigue en place sans trop s'éloigner de l'histoire du Kalevala, Tolkien introduit deux éléments qui vont peser sur la première partie de l'histoire : le chien Musti et le couteau Sikki.

L'ajout et le rôle important du chien Musti sont surprenants, étant donné qu'il n'a aucun rôle ni aucun pouvoir dans Le Kalevala. Il apparaît après la mort de la nouvelle famille de Kullervo, au chant 36, et suit Kullervo jusqu'à la clairière où il se suicide11). Rien n'est dit du destin du chien. Tolkien récréé Musti comme une sorte de chien parlant surnaturel ayant une part importante dans la vie de Kullervo. Appartenant à Kalervo, Musti suit sa femme jusqu'à la ferme d'Untamo, mais reste aux alentours, dans la nature, d'où il terrorise les hommes et le bétail d'Untamo, à tel point qu'il est pris pour le chien de Tuoni, le dieu de la Mort. Il est dit être le « plus sage des limiers », un chien « d’une puissance et d’une force terribles et d’un grand savoir12) », en amitié avec les bêtes sauvages et ayant le pouvoir de change-peau. Il devient le seul ami des jumeaux et enseigne sa magie à Kullervo, dans le but de le protéger de son oncle Untamo, le suivant jusqu'à sa mort, comme une sorte d'ange gardien ou de figure totémique vivante13). S'il n'a aucun équivalent dans Le Conte de Turambar, c'est un prédécesseur évident de Huan, le chien de l'histoire de Beren et Lúthien. Tous deux partagent un lien symbolique avec le chiffre trois : Musti avec les trois poils de sa fourrure, qu'il donne à Kullervo afin qu'il puisse se protéger d'Untamo ; Huan, par sa capacité à parler à Beren ou à Lúthien qu'il lui est donnée par trois fois, une capacité qu'il acquiert dès Le Lai de Leithian, qui suit immédiatement la version du conte perdu. Comme Musti, Huan ponctue l'histoire entière, apparaissant aux moments clés depuis sa rencontre avec Lúthien Tinúviel jusqu'à la mort de Beren. Enfin, chaque chien paye sa loyauté à son maître de sa vie : Huan est tué en aidant Beren dans l'attaque du loup Carcaroth, comme Musti est tué par les loups et les ours au cours de la destruction de la ferme d'Untamo14).

Tandis que Musti a un rôle de protecteur, exerçant un sorte de modération sur Kullervo, le couteau Sikki, qui apparaît en même temps que Musti lorsque la mère de Kullervo lui apprend le destin de son père, embrase son tempérament colérique. Plus que le seul héritage concret de son père, le couteau devient le symbole de la mort de Kalervo, un objet que Kullervo « prisait plus que l’argent ou l’or » et sur lequel il jure vengeance15) ; un objet qui aura une grande importance dans les évènements futurs.

Après l'introduction de Musti et Sikki, Tolkien retourne à l'intrigue du chant 31 du Kalevala, demeurant proche de la traduction de Kirby. Les trois tentatives de meurtres de Kullervo sont presque exactement ce qu'elles sont dans la légende finnoise. Kullervo est successivement mit dans un tonneau et poussé dans la rivière, d'où il ressort trois jours plus tard, pêchant dans les vagues ; brûlé sur un bûcher durant trois jours, mais finit assis dans les cendres, jouant avec les braises ; et finalement, pendu à un grand arbre, là encore pendant trois jours, puis retrouvé à graver des figures dans l'écorce. Si, dans Le Kalevala, aucune raison n'est donnée à sa survie, exception faite de sa propre force, ici apparaît la grande importance de Musti. Car c'est sa magie, au moyen de ses trois poils, qui explique la remarquable capacité de Kullervo à tromper la mort. Il existe néanmoins deux divergences. La première, mineure mais notable, est la modification des figures gravées dans l'écorce du gibet sur lequel Kullervo est pendu. Dans Le Kalevala, Kullervo grave des figures humaines, avec des lances et des lames : « Voici des hommes et voici leurs lames, / Et des lances sur lesquelles ils s'appuient16) », une représentation de la bataille entre son oncle et son père. Le problème est que, théoriquement selon le texte, personne ne raconte à Kullervo l'histoire de la querelle, qui prend place avant sa naissance, donc il ne doit pas pouvoir la dessiner. Tolkien résout l'incohérence en changeant les figures humaines par « un grand poisson […] et des loups et des ours et un immense limier…17) ». Cette simple phrase peut paraître un changement insignifiant dans toute l'histoire, en particulier si l'on considère que chez Tolkien, Kullervo connaît l'histoire de « La Mort de Kalervo », puisque sa mère la lui a raconté quelques lignes plus tôt, mais le changement sert deux objectifs : rapprocher encore plus Kalervo de la nature et des bêtes sauvages, et, plus important encore, comme une revendication de son ascendance et de son amitié, car le poisson était « jadis le signe de Kalervo18) », l'emblème de sa famille. L'immense limier est à l'évidence Musti, et les loups et ours, ses futurs alliés dans la bataille contre Untamo, puis contre Āsemo. La seconde divergence n'est pas aussi surprenante : la suppression de l'épisode du meurtre d'un bébé. Dans Le Kalevala, après que ses tentatives pour tuer Kullervo eurent échoué, Untamo lui ordonne de prendre soin d'un nourrisson. Mais Kullervo, inapte et violent, blesse et finalement tue le bébé19). Tolkien ne conserve rien de ce court épisode dans sa version, même si on pourrait qualifier ce passage de ce qu'il appelle le « débridé », ce « primitif sous-jacent », une part « précieuse » du Kalevala20). Dans les mains de Tolkien, Kullervo est plus humain que son équivalent mythologique, un trait de personnalité qui va réapparaître plusieurs fois dans le texte.

Ensuite, Kullervo est envoyé pour faire une clairière dans la Forêt Bleue près de la ferme d'Untamo, ainsi qu'une clôture autour des terres d'Untamo. Ces passages suivent étroitement leur source, jusqu'à l'épisode de la clôture, utilisant ces « bouts de poésie » presque entièrement repris de Kirby.

Kirby (c. 31, v. 239–293, p. 74–76)Tolkien (p. 13)
Now I first a man can deem me,

Far more noble than aforetime,
Five men's strength I feel within me

Such an axe as fits a hero,
For I go to clear the forest,
And to fell the slender birch-trees.

Let no sapling here be growing,
Let no blade of grass be standing,
Never while the earth endureth,
Or the golden moon is shining,

Here in Kalervo's son's forest,
If the seed on earth has fallen,
And the young corn should shoot upward,
If the sprout should be developed,
And the stalk should form upon it,
May it never come to earing
Now in sooth a man I deem me

Nobler am I now than erstwhile
And the strength of five within me

Such an axe as fits a chieftain,
Lo we go to fell the birch-trees


Let no sapling sprout here ever
Nor the blades of grass stand greening
While the mighty earth endureth
Or the golden moon is shining

Through the boughs of Saki’s forest.
Now the seed to earth hath fallen
And the young corn shooteth upward
And its tender leaf unfoldeth
Till the stalks do form upon it.
May it never come to earing

Cependant, si Tolkien reproduit étroitement les vers de Kirby, il change les personnes auxquelles Kullervo s'adresse. Ainsi, dans la source finnoise, Kullervo répond d'abord à Untamo, puis au forgeron à propos de sa hache21). Tolkien transforme cela en un chant directement destiné à la hache22), un premier aperçu des personnalités vivantes des armes de Kullervo, un sujet de grande importance pour la fin de l'histoire, où il meurt après avoir demandé à son épée de prendre sa vie.

Entre l'épisode de la clôture et la vente du garçon au forgeron, nous constatons la modification la plus importante de Tolkien dans le scénario de l'histoire de Kullervo : l'insertion d'extraits des chants 35 et 36 au cœur du chant 31. Comme dit précédemment, dans la version du Kalevala, Kullervo redécouvre sa famille après avoir fuit la vengeance d'Ilmarinen pour la mort de sa femme. Là, il apprend que sa sœur est perdue, mais avant de la rechercher, son père lui donne des tâches à accomplir. C'est sur le chemin du retour à leur ferme, après l'un de ces travaux, que Kullervo rencontre successivement trois demoiselles dont la dernière s'avère est sa sœur. Chez Tolkien, on l'a vu, le père est tué sans aucune ambiguïté dès le début de l'histoire, rendant les chants 35 et 36 apparemment inutiles pour la fin de sa réécriture. Mais loin de les abandonner entièrement, il utilise certains des évènements en les déplaçant et en en faisant des travaux d'Untamo pour Kullervo.

Tout d'abord, on peut voir un fragment du début du chant 36, où Kullervo maudit sa mère, et ses frère et soeur aînés (c. 36a1). Les malédictions que Tolkien utilise sont des vers presque directement extraits du texte de Kirby :

Kirby (c. 36, v. 47–52, p. 117)Tolkien (p. 16)
Let her die upon a haycock,
In the cowshed let her stifle.

Who shall cater for thy brother,
Tend him day by day in future?

Let him perish in the forest,
Let him faint upon the meadow.
Let her starve upon a haycock,
Let her stifle in the cowbyre

Who shall daily aid thy brother?
Who shall tend him in the future?

Let him perish in the forest
or lie fainting in the meadow.

Tolkien ajoute seulement un peu de contexte en prose, pour que la section soit cohérente avec sa réécriture, citant spécifiquement le chagrin de quitter Wanōna.

Immédiatement après suit un insert extrait du chant 35. Dans Le Kalevala, le père utilise Kullervo pour des travaux à la ferme. L'un d'eux est la pêche au filet. Tout comme précédemment, Tolkien recycle cette partie pour en faire une tâche ordonnée par Untamo, modifiant le contexte immédiat tout en conservant l'essence du texte, même en prose (C 35a) :

Kirby (c. 35, v. 17–58, p. 107)Tolkien (p. 16)
Shall I pull with all my efforts,
Row, exerting all my vigour;
Shall I row with common efforts,
And the steersman made him answer,
And he spoke the words which follow:
[…]
Row the boat in twain you cannot,
[…]
Kalervo came forth to see it,
And he spoke the words which follow:
No, you understand not rowing,
You have split the wooden rowlocks,
Ribs of juniper have shattered,
Shattered quite the boat of aspen.
[…]
Kullervo, Kalervo's offspring,
Threshed away with all his efforts,
Putting forth his manly efforts.
Into soup he churned the water,
Into tow he threshed the drag-net,
Into slime he crushed the fishes.
“Now shall I pull amain with all my vigour
or with but common effort?’ And the
steersman said: ‘Now row amain, for thou
canst not pull this boat atwain.”
Then Sāri Kampa’s son rowed with
all his might and sundered the wood
rowlocks and shattered the ribs of juniper
and the aspen planking of the boat he
splintered. Quoth Ūlto23) when he saw,
‘Nay, thou understandst not rowing, go
thresh the fish into the dragnet […] So Sāri
threshed with all his might and churned the
water to soup and threshed the net to tow
and battered the fish to slime.

Par la suite, Tolkien utilise le début du chant 36. Nous observons là les discours à ses frère et sœur, qui refusent chacun de pleurer le départ de Kullervo et une fois de plus, Tolkien suit étroitement sa source, empruntant des vers directement à Kirby (C 36a2)24). Mais quand c'est au tour de la mère de parler, Tolkien joue à inverser les locuteurs, inversant les mots que Kullervo et sa mère se disent l'un à l'autre, un moyen d'augmenter le sentiment de rejet de Kullervo :

Kirby (c. 36, 125–149, p. 119–120)Tolkien (p. 18–19)
Then he said unto his mother,
O my mother, O my dearest,
Thou the fair one who hast borne me,
Thou the golden one who nursed me,
Shalt thou weep for my destruction,
Shouldst thou hear that I have perished,
And have vanished from the people,
Then his mother gave him answer,
And she spoke the words which follow:
Not thou knowest a mother's feelings,
Nor a mother's heart esteemest.
I shall weep for thy destruction,
If I hear that thou hast perished,
And from out the people vanished,
And have perished in the battle;
Weep until the house is flooded,
Weep until the floor is swimming,
Weep until the paths are hidden,
And with tears the cowsheds weighted,
Weep until the snows are slippery,
Till the ground is bare and slippery,
Lands unfrozen teem with verdure,
And my tears flow through the greenness.
Then his mother spake to him soothingly.
Oh my sweet one O my dearest
I the fair one who has borne thee
I the golden one who nursed thee
I shall weep for thy destruction
If I hear that thou hast perished
And hast vanished from the people.
Scarce thou knowest a mother’s feelings
Or a mother’s heart it seemeth
[…]
I shall weep for thy destruction
[…]
Till they melt [the] snows around me
And the ground is bared and thawing
And the earth again grows verdant
And my tears run through the greenness.
[…]
But Sāri’s heart was black with bitterness and
he said, ‘Thou wilt weep not and if thou dost,
then weep: weep till the house is flooded,
weep until the paths are swimming and the
byre a marsh, for I reck not and shall be far
hence.’

Alors qu'Untamo l'emmène pour le vendre au forgeron Āsemo, Kullervo rejette totalement et définitivement son ascendance, ses liens avec sa famille restante, à l'exception de Wanōna, même si elle n'apparaît pas pour leur séparation. Ses seuls liens restants sont le chien Musti, qui le suit jusqu'à la fin, et Sikki, le couteau de son père. À ce moment-là, et avant de revenir à l'intrigue originale du chant 32 du Kalevala, Tolkien insère l'épisode qu'il a suggéré quand Kullervo gravait l'écorce de l'arbre sur lequel il était pendu, dans le chant 31 : la rencontre et son évolution parmi les loups et les ours comme enfant sauvage.

Chants 32 à 36b

Dans la suite, Tolkien suit étroitement les chants 32 à 34. La rupture du couteau est une nouvelle occasion de voir le légendaire émerger. Que ce soit dans Le Kalevala ou dans L'Histoire, la femme du forgeron envoie Kullervo garder le bétail. Elle lui donne un gâteau qu'elle lui a préparé. Dans le gâteau, elle a caché une pierre sur laquelle le couteau se brise quand Kullervo tente de se couper une tranche. Dans Le Kalevala, c'est juste un couteau mentionné pour être brisé sur la pierre du gâteau de la femme d'Ilmarinen25). Tolkien lui donne un plus grand rôle que dans sa source primaire. Dans L'Histoire, le couteau Sikki incarne la vengeance de Kullervo sur Untamo, encore plus après sa rupture. Le couteau du père a fait son chemin dans le légendaire, jusque dans les dernières versions de l'histoire de Túrin, en dépit de son absence dans Le Conte de Turambar, mais il perd l'importance acquise dans L'Histoire. Dans Les Enfants de Húrin, le couteau anonyme est une lame elfique donnée à Túrin par son père pour son anniversaire. Bientôt, Túrin le donne à Sador Labadal, une sorte de second père pour le garçon, avant de se lamenter sur sa perte. De L'Histoire jusqu'au conte de Túrin, le couteau conserve uniquement son symbole filial. Cependant, si le thème du couteau brisé est entièrement absent de l'histoire de Túrin, il s'est fait une place dans « Le Silmarillion », tout comme Musti, dans le conte de Beren. L'intrigue entière de l'histoire de Beren et Lúthien tourne autour du vol par Beren de l'un des Silmarils de la Couronne de Fer de Morgoth. Tandis que Lúthien danse pour endormir Morgoth, Beren utilise un couteau pour extraire l'un des trois joyaux de la couronne. Dans Le Livre des Contes Perdus, le couteau se brise juste après que Beren a extrait le premier Silmaril. Mais les versions suivantes sont plus proches de L'Histoire de Kullervo : dans Le Silmarillion, Beren, ayant réussi à prendre le premier Silmaril, est pris d'un excès de confiance et tente d'en extrait un autre26) ce qui amène le couteau, comme le Sikki de Kullervo, à se briser sur la pierre. La différence majeure, ici, est dans l'ascendance de la lame. Si dans le conte perdu, c'est un simple couteau pris dans les cuisines de Tevildo, le chat serviteur de Morgoth et figure précurseure de Sauron, il acquiert ses lettres de noblesse dans les versions plus tardives de l'histoire, devenant Angrist, une lame naine forgée par le célèbre forgeron nain Telchar, donnée à Curufin, fils de Fëanor, puis à Beren qui le lui prend.

À partir de la rencontre avec la Dame Bleue de la Forêt, nous arrivons à l'apogée de l'histoire, décrite dans le chant 35 : la rencontre suivie de la relation incestueuse avec sa sœur jumelle et leurs morts respectives.

Dans Le Kalevala, la rencontre avec sa sœur perdue se déroule en trois actes. D'abord, Kullervo rencontre deux demoiselles à qui il parle, leur demandant en vain si elles veulent monter dans son traineau. Alors que la troisième refuse également, il la prend de force. Puis, alors qu'elle lutte, Kullervo lui montre « tout son argent, / Il étale les étoffes de choix, / Des bas aussi, tout d'or brodés, / Des ceintures ornées d'argent27). ». Cupide devant ce déballage de richesses, la fille change d'avis et la relation incestueuse advient. Tolkien supprime presque entièrement l'évènement. Il n'y a ni traîneau ni autres filles. Mais plus important encore, les personnalités des deux personnages sont quelque peu différentes, plus proches de celles de Túrin et Nienóri que de Kullervo et de sa sœur du Kalevala. Ainsi, Kullervo voit la demoiselle et tombe instantanément amoureux d'elle, comme Túrin avec Nienóri. Même quand Wanōna refuse les avances de Kullervo, qu'il tente de lui faire changer d'avis en la rendant cupide en l'appâtant avec des richesses, comme dans Le Kalevala, le Kullervo de Tolkien est plus modéré que sa source. À Wanōna, Tolkien semble avoir donné le pouvoir de prescience qui préfigure en quelque sorte la même capacité chez Nienóri. Quand Kullervo lui propose de devenir sa compagne, étant inquiet pour sa sécurité, elle refuse en disant que « La mort marche avec [lui] […] et le malheur est à [ses] côtés28). » Ces mots ne sont pas très différents d'un passage du Conte de Turambar, quand Nienóri rencontre Túrin pour la première fois. À ce moment-là, ses souvenirs ont été effacés par le pouvoir du dragon Glorund. Túrin la surnomme Níniel, mais, même sans se souvenir pourquoi, son visage « était marqué par les larmes » et elle lui répond « Non, pas Níniel, pas Níniel29) », un pressentiment de son futur destin tragique. À partir d'ici et jusqu'à la révélation de leurs identités respectives, Níniel continuera d'avoir ses pressentiments à chaque évènement relié à leur destinée conjointe. Elle « fut oppressée30) » devant la chute où tous deux trouveront la mort, « un froid pressentiment se posât sur [son] cœur 31) lorsqu'ils se marient ou encore, est submergée par « un poids d'inquiétude et de tristesse » quand Glorund réapparaît « bien qu'elle ne sût pourquoi32) ».

Pour le reste, de l'inceste jusqu'à la mort de la demoiselle, Tolkien demeure étroitement proche de l'histoire originale et conserve l'essentiel des vers de Kirby, à l'exception d'un seul d'importance (mon emphase) :

Kirby (c. 35)Tolkien (p. 37-38)
(Maiden, v. 193 – 196)
Tell me now of your relations,
What the brave race that you spring from,
From a mighty race it seems me,
Offspring of a mighty father.

(Kullervo, v. 199 – 208)
No, my race is not a great one,
Not a great one, not a small one,
I am just of middle station,
Kalervo's unhappy offspring,
Stupid boy, and very foolish,
Worthless child, and good for nothing.
Tell me now about your people,
And the brave race that you spring from,
Perhaps from mighty race descended,
Offspring of a mighty father.

(Maiden, v. 211 – 216)
No, my race is not a great one,
Not a great one, not a small one,
I am just of middle station,
Kalervo's unhappy daughter,
Stupid girl, and very foolish,
Worthless child, and good for nothing.

(Kullervo, v. 218 – 220)
When I was a little infant,
Living with my tender mother,
To the wood I went for berries,
[…]
(Maiden)
Tell me now of all thy kinfolk
Of the brave race that thou springst from:–
Yea, a mighty race it seems me
Thine is, and a mighty father

(Kullervo)
Nay my race is not a great one
Not a great one nor a small one:
I am just of middle station;
Kalervo’s unhappy offspring
Uncouth boy and ever foolish
Worthless child and good for nothing.
Nay but tell me of thy people
Of the brave race whence thou comest.
Maybe a mighty race has born thee
Fairest child of mighty father.

(Maiden)
Nay my race is not a great one
Not a great one nor a small one
I am just of middle station
-
Wandering maiden ever foolish
Worthless child and good for nothing.

(Kullervo)
To the wood I went for berries
And forsook my tender mother.
Over plains and heath to mountains
[…]

À dessein, Tolkien ignore le vers 214, « Kalervo's unhappy daughter », retardant la révélation finale sur l'identité de la demoiselle comme moyen de suspense, contrairement au Kalevala, où Kullervo apprend immédiatement qui elle est. Tolkien utilise l'incompréhension de Kullervo devant le suicide et l'identité inconnue de sa promise comme d'une étincelle pour le transformer en une sorte de berserker :

« Et la lumière faiblit et un pressentiment rongea son cœur car quelque chose dans les derniers mots et murmure de la demoiselle et sa fin amère réveilla une vieille sagesse dans son cœur frappé d’aveuglement et il sentit qu’il allait éclater de douleur et de tristesse et de peur intense. Alors une colère rouge vint à lui et il maudit et saisit son épée et [s’en vint] aveuglément dans le noir ne prêtant attention ni aux chutes ni aux meurtrissures jusqu’à la rivière comme la Dame le lui avait indiqué, haletant sur les pentes s’élevant contre lui jusqu’à ce qu’à l’aube si terrible sa hâte33) »

Malheureusement, le texte de Tolkien s'arrête là. À propos de ce qui suit, nous n'avons qu'une courte ébauche, un peu différente de la toute fin du chant 3634). Dans Le Kalevala, la famille meurt alors que Kullervo est parti assassiner Untamo et ses gens. Chez Tolkien, la situation est légèrement différente : aveuglé de colère après la mort de la fille, Kullervo détruit les terres d'Untamo, tuant tous ses habitants, y compris sa propre mère et ses frère et sœur aînés. Plus terrible encore, il tue le chien Musti, le seul personnage qui lui restait loyal. À ce stade, Kullervo a déjà perdu tout ce qui pouvait le relier à son ancienne vie, excepté peut-être Wanōna dont la destinée lui est encore inconnue. Et c'est le moment précis que choisit Tolkien pour l'apogée de son histoire, en révélant la véritable identité de la demoiselle. Par l'intermédiaire du fantôme de sa mère, Kullervo apprend finalement qu'elle était sa propre sœur Wanōna, avec qui il a eu une relation et qui s'est jetée dans les chutes. Kullervo n'a alors plus aucune raison de vivre ; il fuit jusqu'aux chutes en gémissant le surnom de sa sœur, Kivutar « douleur », puis se suicide sur son épée, refermant l'histoire :

« Ensuite il la pleure et sort mettre le feu à la salle, traversant le village plein de tués jusque dans les bois […] gémissant « Kivutar » car il ne l’avait jamais vue (comme sa sœur) depuis qu’il avait été vendu à Ilmarinen. Il trouve la clairière désormais sombre et désolée et est sur le point de se jeter dans les mêmes chutes quand il décide qu’il n’est pas digne de se noyer dans les mêmes eaux que Kivutar et tire son épée en lui demandant si elle le tuera. L’épée dit que si elle avait eu de la joie à la mort d’Untamo combien en aurait-elle à la mort de l’encore plus malfaisant Kullervo. Et elle avait tuez [sic] maintes innocentes personnes, même sa mère, alors elle ne rechignerait pas devant K.
Il se suicide et trouve la mort qu’il recherchait35)

Un épisode que Tolkien réutilisera pour Túrin :

« Ainsi laissa-t-il le peuple derrière lui et partit insensé à travers les bois appelant toujours le nom de Níniel, jusqu'à ce que les bois résonnassent fort lugubrement de cette parole, et son trajet le mena par des voies détournées toujours vers la clairière […] Là se dressa Turambar, enfin épuisé, et là il tira son épée, et dit : « Je te salue, Gurtholfin […] tue-moi donc et sois rapide, car la vie est une malédiction, et tous mes jours se traînent, immondes, et mes actes sont vils, et tous ceux que j'aime sont morts. » Et Gurtholfin dit : « Cela je le ferai avec bonheur, car le sang est le sang, et il se peut que le tien ne soit pas moins doux que bien d'autres que tu me donnas jusqu'à présent » ; et Turambar se jeta sur la point de Gurtholfin, et la sombre lame lui ôta sa vie36). ».

Conclusion

L'Histoire de Kullervo est l'œuvre inachevée d'un jeune homme destiné à devenir l'un des auteurs les plus influents de son époque. Mais à l'époque à laquelle il écrivit L'Histoire de Kullervo, son imagination est encore émergente et il avait besoin de branches auxquelles se raccrocher. La matière du Kalevala et sa traduction par Kirby ont toutes deux tenu le rôle de ces branches. Dans L'Histoire de Kullervo, il teste, avec un certain succès, ses futures capacités de conteur ; les mêmes principes qu'il maîtrisera dans La Légende de Sigurd et Gudrún et dans La Chute d'Arthur, utilisant et retravaillant les histoires à sa convenance. Évidemment, il a emprunté en grande partie l'histoire du Kalevala et la traduction de Kirby, mais en modifiant, en déplaçant certains évènements, en en supprimant d'autres et en faisant un texte en prose d'un chant, nous voyons émerger le futur Conte de Turambar, la première strate de son légendaire, quelques années avant qu'il tombe irrémédiablement en Terre du Milieu.

Bibliographie

  • Drout, Michael D. C. et al., « Tolkien’s Creation of the Impression of Depth », Tolkien Studies vol. xi, 2014, p. 167–211.
  • Garth, John, « “The road from adaptation to invention”: How Tolkien Came to the Brink of Middle-earth in 1914 », Tolkien Studies vol. xi, 2014, p. 1–44.
  • Lönnrot, Elias, The Kalevala, The Land of Heroes, volume 2, traduit par W. H. Kirby, Everyman’s Library, 1966 (1907), 285 p.
  • Tolkien, J.R.R., Le Livre des Contes Perdus, édité par Christopher Tolkien, traduit par Adam Tolkien, Christian Bourgois éditeur, 2001, 695 p.
  • Tolkien, J.R.R., Lettres de J.R.R. Tolkien, édité par Humphrey Carpenter avec l'assistance de Christopher Tolkien, traduit par Delphine Martin et Vincent Ferré, Christian Bourgois éditeur, 2005, 711 p.
  • Tolkien, J.R.R., Le Silmarillion, volume réuni avec Contes et légendes inachevés, édité par Christopher Tolkien, traduit par Pierre Alien, Christian Bourgois éditeur, 1993, 823 p.
  • Tolkien, J.R.R., The Story of Kullervo, édité par Verlyn Flieger, HarperCollinsPublishers, 2015, 168 p.

Sur Tolkiendil

1) Lettres, n°163 à W.H. Auden.
2) The Story of Kullervo, p. 68. Sauf indications contraires, les passages de The Story of Kullervo sont ma traduction.
3) Lettres, n°1 à Edith Bratt.
4) Lettres, n°75 à Christopher Tolkien.
5) Pour des raisons pratiques, j'ai pris la liberté d'identifier artificiellement par des lettres quelques passages importants des chants nécessaires à cet essai.
6) Dans la version de Tolkien, Āsemo est l'équivalent du forgeron Ilmarinen du Kalevala. Cf. The Story of Kullervo, p. 55.
7) Les noms et les références sont issues du Conte de Turambar, l'histoire de Túrin telle que publiée par Christopher Tolkien dans Le Livre des Contes Perdus, volume 2, p. 359-405, ainsi que de la version au crayon qu'il cite dans son commentaire au Conte comme étant l'une des plus anciennes versions (p. 429-430) et qui peut être considérée comme la version la plus proche temporellement de L'Histoire de Kullervo. Sur les différentes versions de l'histoire de Túrin, voir « Textual History of the Túrin Story » in Tolkien’s Creation of the Impression of Depth de Michael D. C. Drout et al., Tolkien Studies vol. xi, 2014, pp. 167 – 211.
8) Le Livre des Contes Perdus, p. 429-430.
9) Une étymologie possible proposée par Christopher Gilson cité par John Garth et qui aurait donné à la fois Wanōna et Vainóni ; Tolkien Studies vol. xi, n. 41, p. 41.
10) Ou encore Oanōra, de même signification, à quels endroits. Cf. The Story of Kullervo, p. 19 & 34.
11) Kirby, c. 36, v. 287–298, p. 123–124.
12) The Story of Kullervo, p. 10.
13) Flieger, The Story of Kullervo, p. 152
14) , 33) The Story of Kullervo, p. 39.
15) , 17) , 18) The Story of Kullervo, p. 12.
16) Kirby, c. 31, v. 191–192, p. 73, ma traduction.
19) Kirby, c. 31, v. 217–228 p. 74.
20) The Story of Kullervo, p. 71.
21) Kirby, c. 31, v. 45–46, p. 74.
22) The Story of Kullervo, p. 13.
23) Un surnom d'Untamo.
24) Kirby, c. 36, v. 88–124, p. 118–119; The Story of Kullervo, p. 17–18.
25) Kirby, c. 33, v. 81–86, p. 94.
26) « Il vint alors à l'esprit de Beren qu'il pourrait aller au-delà de son voeu et sortir d'Angband les trois Joyaux de Fëanor », Le Silmarillion, traduction modifiée, p. 183.
27) Kirby, c. 33, v. 171–174, p. 111.
28) The Story of Kullervo, p. 36.
29) Le Livre des Contes Perdus, p. 389.
30) Le Livre des Contes Perdus, p. 390.
31) Le Livre des Contes Perdus, p. 392.
32) Le Livre des Contes Perdus, p. 393.
34) The Story of Kullervo, p. 39–40.
35) The Story of Kullervo, p. 40.
36) Le Livre des Contes Perdus, p. 401.
 
essais/legendaire/kullervo_un_lien_perdu.txt · Dernière modification: 13/07/2021 09:43 par Zelphalya
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