Esprit et apparence matérielle des Valar : Extraits sur THŪ, PHAN et SKAL tirés du Parma Eldalamberon 17

Parma Eldalamberon J.R.R. Tolkien — Juillet 2007
édité par Christopher Gilson
traduit de l’anglais par Damien Bador
Article théorique Article théorique Article théorique Article théorique

Ces extraits ont initialement été publiés dans le Parma Eldalamberon 17, paru en juillet 2007. Ils sont traduits avec l’accord du Tolkien Estate et de Christopher Gilson, l’éditeur de Parma Eldalamberon. Le traducteur les remercie pour leur aimable autorisation. Tous les textes de J.R.R. Tolkien sont sous la protection du droit d’auteur. © 2007–2022 The Tolkien Trust.

Les signes ¶ désignent ici le début d’une nouvelle note de Tolkien, laquelle n’était pas nécessairement consécutive avec le texte qui la précède, ni rangée dans la même liasse de documents. L’ordre suivi pour cette traduction se conforme à l’arrangement éditorial de Christopher Gilson, à deux exceptions près. D’une part, certaines notes éditoriales ont été rassemblées en bas de page au lieu de suivre immédiatement le texte qu’elles commentent, de l’autre, quelques gloses de Tolkien ont également été passées en notes, lorsque leur brièveté le requérait. Les notes éditoriales insérées dans le corps du texte sont rédigées en caractères plus petits.

Plan du dossier :
Extraits du Parma Eldalamberon no 17

« thúle (súle) » « esprit » (p. 124–125)

Q. thúle (súle) « esprit ».

¶ Les Eldar ne confondaient pas la « respiration » ordinaire des poumons avec l’« esprit ». L’esprit spécifique qui demeurait dans un corps était nommé fëa [< fáyā] ; l’esprit en général comme genre d’être était appelé fairë. Ces termes s’appliquaient au premier chef aux esprits ou « âmes » des Elfes (et des Hommes) ; car bien qu’ils fussent tenus être un type similaire à ceux des máyar (et des Valar), ils n’étaient pas de nature identique : il faisait partie de la nature d’un fëa de désirer habiter dans un corps (hrondo), et par ce médiateur ou instrument opérer sur le monde physique ; et la fëa ne façonnait pas et ne pouvait façonner son propre corps selon son désir ou la conception qu’elle avait d’elle-même, mais pouvait seulement modifier le hrondo qui lui était donné ou appointé en y demeurant (comme une personne vivante pourrait modifier une maison, la remplissant d’un sens de sa propre personnalité, même si aucune modification physique visible n’étaient faites à sa forme).

Cependant les Eldar estimaient que les « esprits », et ce d’autant plus qu’ils avaient un pouvoir inhérent natif, pouvaient émettre leur influence pour entrer en contacter avec ou agir sur des choses extérieures à eux-mêmes : principalement sur d’autres esprits, ou d’autres personnes incarnées (via leur fëa), mais aussi dans le cas des grands esprits (comme les Valar ou les plus grands des máyar) directement sur les choses physiques sans médiation des corps normalement nécessaires dans le cas des « fairondi » ou incarnés. Pour décrire ceci ils utilisaient [mais par symbolisme délibéré – pris e.g. de cas similaires à celui de leur respiration sur une surface froide ou gelée, qui était alors fondue –] le √THŪ- [ou √SŪ]. De plus Manwë, le plus puissant esprit en Arda, était à ce propos Seigneur de l’Air & des Vents, et les vents étaient, en eldarin primitif, considérés être spécifiquement sa propre émission de pouvoir. De là thū́lē « soufflant, expirant »était employé = « esprit » dans ce sens spécial : l’émission de pouvoir (de volonté ou de désir) d’un esprit. Formulés[?] sur SŪ principalement étaient q. sūre (ĭ), sind. sūl. Cf. Manwe Sūlimo ou Thūrimo, thūle, sind. Thū.

Les Eldar estimaient encore que les vents pouvaient être de la sorte[?] et que tous n’étaient pas faits[?] naturellement c.-à-d. que l’air est [?certainement] perturbé par une volonté directe ou [?alternativement] que ces êtres d’un tel pouvoir pouvaient ressembler à un vent pour les incarnés.

Cette note fut placée après les « Notes de quenya » de 1957 (voir PE 17, p. 145, s.v. ADA). Cf. QL « bruit du vent », sūlime « vent », Manwe (Sûlimo) « Seigneur des Valar » ; Étym. THŪ- « respirer, souffler », q. súle « respiration », Súlimo « surnom de Manwe (dieu du vent) », nold. thûl « respiration ».

√PHAN (p. 173–180)

PHAN. Le sens de base de ce radical semble avoir été « couvrir / masquer / voiler ». Mais le dérivé le plus ancien *phanā avait une signification dotée d’un développement elfique spécial, en particulier en quenya du fait de l’association des Eldar avec les Valar et les esprits moindre du même ordre, à Valinor.

En sindarin *phanā > fân* signifiait un « voile » : une couverture dissimulant ce qui se trouve dedans ou derrière. Il était fréquemment utilisé pour les nuages dans le ciel, comme voiles sur le firmament bleu ou le soleil, la lune, les étoiles. Cela devint en effet son sens prédominant, de sorte que s’il était encore utilisé pour des choses moindres et manufacturées cela était ressenti comme un transfert du sens « nuage » et fân était rarement appliqué à quoi que ce soit, hormis les choses1) de texture douce (comme les voiles, les capes ou les draperies tissés). Dans le S.d.A. le sens « nuage » s’observe dans Fanuidhol« Tête nuageuse » le nom d’une montagne (I 296).*

* l’allongement de la voyelle prenait place seulement là où le mot était utilisé seul comme monosyllabe accentuée.
* formé à partir de l’adj. fanui « nuageux, ayant beaucoup de nuages » + dol « tête ». Pour le suffixe en sind. –ui (plus ou moins équivalent à l’anglais –ful) cf. Lithui dans Ered Lithui.

Le sens de « nuage » était en quenya porté par le dérivé fanya (cf. I 394). L’ancien fanadéveloppa une signification spéciale, étant appliqué aux formes corporelles visibles adoptées par les Valar et leur parentèle, lorsqu’ils prirent leur demeure en Arda, comme leur « costume » normal†. Dans ces formes ils étaient vus et connus des Eldar. (Des aperçus d’autres manifestations leur étaient rarement donnés.) Un fana vint ainsi à être utilisé en quenya uniquement pour les formes visibles ou le « costume » (qui comprenait tant la forme physique et la « vêture » dans laquelle il était habillé) dans lesquels un « esprit », n’étant pas de nature incarnée, se présentait lui-même à des yeux charnels. Cela ne devint ainsi pas vraiment un « voile » (puisque l’esprit lui-même ne pouvait être « vu » dans lui) mais une forme d’expression dans des termes adaptés aux incarnés.

Valar ar Maiar fantaner nassentar fanainen ve quenderinwe koaron : « Les Valar et les Maiar camouflaient leur être-vrai dans des fanar (voiles) selon la manière des corps de la gente elfique »2).

Puisque les fanar des Valar et des Maiar semblaient habituellement « radiants » (dans une certaine mesure) comme s’il était éclairé ou noyé dans une lumière provenant de l’intérieur, le mot fana acquit en quenya un sens supplémentaire de forme brillant. Bien que la forme simple fana ne soit plus appliquée qu’aux esprits « angéliques », ce sens de radiance affectait les autres formes.† Ainsi fanya « nuage » était finalement employé uniquement pour les nuages blancs, éclairés par le soleil ou la lune, ou des nuages dont les bords étaient dorés ou argentés par une lumière derrière eux. Il n’était pas utilisé pour des nuages d’orage ou pour des couvertures nuageuses arrêtant la lumière. Les mains de Varda/Elbereth étaient comme tout son fana d’un blanc brillant. Après l’assombrissement de Valinor elle les leva, paumes vers l’Est, dans un geste de rejet et convoqua par décret de l’Ancien Roi, Manwë (son« époux »), les vastes brouillards et ombres qui rendirent impossible à tout être vivant de trouver la route occidentale menant aux rivages de Valinor ; ainsi elles sont poétiquement comparées dans la « Lamentation de Galadriel » à des « nuages », blancs et brillants encore au-dessus de l’obscurité montante qui engloutit rapidement les rivages et les montagnes et à la fin sa propre figure vaste et majestueuse sur le Taniquetil.

†excepté la forme verbale précoce *phantā-, q. fanta- (sind. fanha-) « voiler,camoufler », bien que celle-ci soit naturellement principalement utilisée pour des voiles jetés sur des choses qui brillaient ou qui étaient plus brillantes et plus vives.
fanwos. indemma, image mentale d’une apparition en rêve.
Il était dit par les Elfes qui avaient vécu à Valinor, que les fanar des Grands Valar avaient une stature plus haute que celle des plus grands Elfes, et que s’ils effectuaient quelque grand acte ou promulguaient de grands commandements, ils prenaient une hauteur inspirant la crainte.

Cette signification quenya fut plus tard, après la venue des Exilés en Terre du Milieu, prise aussi par le sind. fân, d’abord dans le sindarin employé par les Noldor, mais finalement aussi par les Sindar eux-mêmes, surtout ceux qui étaient en contact étroit avec les Noldor ou se mélangèrent réellement à eux. Fan-uilos était ainsi un titre de, ou un autre nom pour Elbereth, particulièrement en faveur chez les Noldor. Il signifiait ainsi au sens propre « (claire) figure angélique toujours-blanche-(neige) » ou « de/sur Uilos ».

¶ De √PHAN ; fana et sujets associés.

————-

√PHAN-. Le sens de base de ceci était « couvrir, masquer, voiler », mais il avait un développement spécial dans les langues eldarines. C’était largement dû à ce qui semble avoir été sa très ancienne application aux nuages, en particulier aux nuages délimités flottants comme voiles (partiels) sur le ciel bleu ou sur le soleil, la lune ou les étoiles. Cette application du dérivé le plus primitif *phanā (q. fana, sind. fân) était si ancienne que lorsque *phanā (ou d’autres dérivés) était appliqué à des choses moindres, manufacturées, cela était ressenti comme un transfert du sens « nuage », et les mots de ce groupe étaient principalement appliqués aux choses de texture douce, voiles, capes, draperies et similaires, de couleurs blanches ou pâles.

En sindarin fân demeurait le mot habituel pour « nuage », des nuages flottants ou ceux qui temporairement enveloppaient ou s’arrêtaient sur des collines et des sommets montagneux. Le dérivé (de forme proprement adjectivale) *phanyā devint fain, utilisé comme un adjectif signifiant « pâle, indistinct » (appliqué à des lumières affaiblies ou disparaissant ou à des choses vues dans de telles lumières) ou « vaporeux, finement tissé etc. » (appliqué à des choses qui ne masquaient que partiellement la lumière, telle une canopée de jeunes feuilles encore à demi transparentes, ou des textures qui voilaient mais ne dissimulaient qu’à demi une forme. Comme nom il était utilisé pour des formes vagues ou des aperçus fugaces, en particulier pour des « apparitions » ou des figures vues en rêve.

En quenya, du fait des liens étroits entre les Eldar à Valinor et les Valar ainsi que les autres esprits moindres de leur ordre, fana développa un sens spécial. Il s’appliquait aux formes corporelles visibles adoptées par ces esprits lorsqu’il prirent leur demeure sur Terre, comme « costume » normal de leur être autrement invisible. C’est sous ces fanar que les Eldar les voyaient et les connaissaient, car il leur était rarement donné d’apercevoir leurs autres manifestations plus stupéfiantes. Mais les Elfes de Valinor affirmaient que dévêtus et dévoilés les Valar étaient perçus par certains d’entre eux comme des lumières (de différentes nuances) que leurs yeux ne pouvaient pas tolérer ; tandis que les Maiar dévêtus étaient habituellement invisibles, mais leur présence était révélée par leur fragrance†. †Cela s’appliquait uniquement à ceux qui n’étaient pas corrompus. Melkor, disaient-ils, était invisible et sa présence se révélait seulement par une grande terreur et par des ténèbres qui affaiblissaient ou éteignaient la lumière et les nuances de toutes les choses proches de lui. Les Maiar qu’il avait corrompus empestaient. Pour cette raison, ni lui ni aucun des Maiar maléfiques n’approchaient jamais de l’un des Eldar qu’ils souhaitaient persuader ou tromper sauf revêtus de leur fana. Ils pouvaient encore rendre ces derniers splendides aux yeux elfiques s’ils le souhaitaient – jusqu’après la grande traîtrise de Melkor et la destruction des Arbres. Après cela Melkor (Morgoth) et ses serviteurs étaient perçus comme des formes du mal et des ennemis reconnus3).

En quenya, le vieux mot fana devint ainsi uniquement utilisé dans ce sens spécial et exalté : la forme visible ou le « costume » (qui incluait tant la forme corporelle assumée†† et sa vêture) dans lesquels un Vala ou l’un des esprits angéliques moindres, n’étant pas de nature incarnée, se présentait à des yeux charnels. Puisque ces fanar paraissaient habituellement « radiants » (dans une certaine mesure), comme s’ils étaient éclairés par une lumière intérieure, le mot fana acquit en quenya un sens supplémentaire de « forme brillante » et cet ajout de radiance affecta d’autres dérivés de la même « base ».

Valar ar Maiar fantaner nassentar fanainen ve quenderinwe koar al larmar4). (Nasser ar Kenime Kantar Valaron ar Maiaron : un fragment préservé de savoir elfique) : « Les Valar et les Maiar voilaient leur être-vrai dans des fanar, semblables aux corps et aux costumes des Elfes », tiré des « Nature et formes visibles des V. et M. »

Ainsi le mot pour « nuage » se disait en quenya au moyen du dérivé fanya (cf. I, 394), qui n’était plus utilisé comme un adjectif. Mais il n’était employé que pour des nuages blancs, éclairés par le soleil ou la lune, ou pour des nuages reflétant la lumière du soleil comme au crépuscule ou à l’aube, ou dorés et argentés sur les bords par la lune ou le soleil derrière eux. Les mains de Varda étaient (comme tout son fana) d’un blanc brillant. Après l’Assombrissement de Valinor elle les leva, paumes vers l’Est, dans un geste de rejet, tandis qu’elle convoquait en obéissance au décret de Manwë, son époux, l’« Ancien Roi », les vastes brouillards et ombres qui rendirent impossible à toute chose vivante de retrouver la route occidentale menant aux rivages de Valinor. Ses mains sont ainsi poétiquement comparées dans la « Lamentation de Galadriel » à des nuages – blancs et brillant encore au-dessus de l’obscurité montante qui engloutit rapidement les rivages et les montagnes et à la fin sa propre figure† majestueuse sur le sommet de l’Oiolossë.

†Des fanar des grands Valar, les Eldar qui avaient vécu à Valinor disaient qu’ils avaient habituellement une stature bien plus haute que celle des plus grands Elfes, et que s’ils effectuaient quelque grand acte ou rite, ou promulguaient des commandements, ils prenaient une hauteur inspirant la crainte.

Après la venue des Exilés en Terre du Milieu, cette signification quenya de fana fut aussi adoptée par le sindarin fân, d’abord dans le sindarin tel que l’employaient les Noldor exilés, et finalement aussi par les Sindar eux-mêmes, en particulier ceux qui étaient en contact étroit avec les Noldor ou se mélangèrent réellement à eux. Nul doute que cet usage fit naître dans l’entendement des Sindar qui n’avaient pas vu les Valar dans leur propre terre sacrée d’Aman une image mentale d’une figure majestueuse comme revêtue d’un nuage brillant vu au loin††. Fanuilos était ainsi un titre de, ou un deuxième nom pour Elbereth, façonné après la venue des Exilés, qui véhiculait au sens plein quelque chose comme « claire figure angélique, au loin sur Uilos (= Oiolosse) », ou « — figure angélique toujours-blanche-neige (brillant au loin) ».

fanta-. Q. fanwa < fanma = voile, écran. henfanwa, écran oculaire, voile sur les yeux. úfantima, impossible à dissimuler ; úfanwa, pas voilé ou obscur, évident. fantarkenya, perspicace, à la vue ou à la compréhension pénétrante.
Les fanar étaient physiques ou avaient les propriétés des substances matérielles, i.e. n’étaient pas transparents, pouvaient déplacer d’autres objets, projeter des ombres (s’ils ne brillaient pas eux-mêmes) et étaient résistés par ou offraient une résistance aux autres objets physiques. Mais le Vala (ou Maia) pouvait passer ou se déplacer sur la Mer. Car leurs corps étaient auto-fabriqués. Sans maison[?] comme des esprits ils pouvaient aller là où ils le voulaient (soit lentement, soit immédiatement) et pouvaient alors se rhabiller eux-mêmes. En Terre du Milieu ils occluaient habituellement leur radiance.

Ces deux notes furent biffées.

Bien que les Sindar aient failli à atteindre Valinor (et certains étaient amers de ce qu’ils considéraient être leur abandon sur les Rivages Occidentaux de la Terre du Milieu) leur cœur était encore « tournés vers l’Ouest » et ils chérissaient ce qu’ils savaient ou pouvaient apprendre au sujet des Valar. Dans les jours lointains de leur « Éveil » ils avaient été visités et protégés par Oromë dans son fana ressemblant à un grand cavalier monté sur Nahar et portant son puissant cor, le Valaróma. Leur roi Elwë, plus tard connu comme Elwë Sindikollo, ou en forme sindarine (Elu) Thingol, avait été l’un des trois émissaires portés par Oromë à Valinor au conseil des Valar où il avait été résolu d’inviter tous les Elfes qui le voulaient à se déplacer et à demeurer dans l’Extrême-Occident sous la protection des Valar et hors de portée de Morgoth. Il avait ainsi vu et avait conversé avec les Valar sous leur fana le plus majestueux. Sa femme Melian était une des esprits moindres du même ordre, une Maia de grande beauté et sagesse, de sorte que, au moins parmi les « sages » de Doriath, de nombreuses choses étaient sues à propos des Valar. Varda que nul des Sindar n’avait vue (hormis Elwë), était là nommée El-bereth (un nom ayant la même signification que le quenya Elentári) qui révèle son antiquité relative en étant formé, comme c’était probablement normal en eldarin primitif*, avec l’élément génitif ou adjectival en premier. Formé plus tard, il aurait probablement reçu une forme telle que Bereth (in)-elin ou Bereth (in)gîl. (Comparer avec le nom ou titre plus tardif Fan-uilos, tel qu’il est analysé plus haut5).

Bien que cela soit à toute époque sujet à des considérations euphoniques.

Les fanar des Valar n’étaient pas « fantômes », mais « physiques » : c’est-à-dire qu’ils n’étaient pas des « visions » qui surgissaient à l’entendement, ou qui étaient implantées là par volonté d’un entendement ou d’un esprit supérieur, et alors projetées(†), mais reçus au travers des yeux charnels†.

(†) Celles-ci étaient nommées en quenya indemmar « images mentales ».

† Ou principalement de la sorte : le pouvoir de la présence d’un de ces esprits affectait sans nul doute la réception et était responsable, par exemple, des impressions de « radiance »avec laquelle la « vision » était conférée.

Les Valar avaient une domination, individuellement grande, presque complète en conseil uni, sur la matière physique d’Eä (l’univers matériel). Leurs fanar, qui furent originellement conçues par amour pour les « Enfants d’Eru », les Incarnés, qu’ils devaient garder et conseiller, avaient les propriétés de la matière dont les koar (ou corps) des Elfes (et aussi des Hommes) étaient formés : c.-à-d. ils n’étaient pas transparents, ils projetaient des ombres (si leur luminosité interne était affaiblie) ; ils pouvaient déplacer des objets matériels, et étaient résistés par ceux-ci, et leur résistaient. Ces fanar étaient, cependant, aussi des expressions personnelles (dans des termes adéquats à l’appréhension des Incarnés) de leur« nature » et de leurs fonctions individuelles, et étaient habituellement aussi habillés de vêtures ayant un objectif similaire.

Cependant il est souvent mentionné dans les légendes que certains des Valar, et parfois des Maiar, « passaient la Mer » et apparaissaient en Terre du Milieu. (Notablement Orome, Ulmo et Yavanna.) Les Valar et les Maiar étaient essentiellement des « esprits », ayant reçu l’existence avant le façonnement d’Eä selon la tradition elfique. Ils pouvaient aller là où ils voulaient, c’est-à-dire pouvaient être présent instantanément à tout point d’Eä où ils désiraient être présents†.

————-

La connaissance des Valar ou les idées et théories elfiques qui les concernaient

† Sujets seulement des limitations spéciales qu’ils assumèrent volontairement ou qui furent décrétées par Eru. Ainsi après l’établissement final d’Arda, lorsque les Valar, les esprits destinés à être les plus concernés par ce théâtre choisi pour combattre Melkor, prirent leur résidence en Terre du Milieu, ils ne passèrent plus par-delà ses confins. C’est-à-dire, d’après la tradition elfique, ils demeurèrent, habituellement habillés de leur fana, en résidence physique sur terre en tant que gardiens.

Cependant ils restaient en contact direct avec Eru, bien qu’ils, si l’on en croit les légendes, « s’adressaient » habituellement à Lui au travers de Manwë l’Ancien Roi. Nul doute que ces légendes ne soient somatomorphiques (soit presque aussi anthropomorphiques que nos propres légendes ou notre imagination), et la plupart des Elfes, lorsqu’ils parlaient de Manwë faisant appel à Eru ou conversant avec Lui, l’imaginaient comme une figure, encore plus majestueuse que celle d’un de leurs propres anciens rois, se tenant dans une attitude de prière ou de supplication aux Valar†. Par nature l’un des Valar, ou ceux du premier ordre d’esprits créés auquel ils appartenaient serait en présence d’Eru simplement en se présentant eux-mêmes en pensée. Les Eldar, et moins encore les Elfes de Terre du Milieu (et moins encore à nouveau les Hommes, en particulier ceux qui n’avaient pas été en contact avec les Elfes ou les évitaient), savaient peu de ces choses ; mais ils croyaient qu’un recours « direct » à Eru ne leur était pas accordé, ou au moins n’était pas attendu de leur part, sauf dans la plus grave éventualité. Les Valar étaient eux-mêmes « à l’essai » – un aspect du mystère du « libre arbitre » des intelligences créées. Ils avaient une connaissance suffisante de la volonté d’Eru et de son « dessein » pour entreprendre la responsabilité de guider son développement au moyen du grand savoir-faire qui leur était donné et selon leur propre raison et intelligence.

†À cette époque il n’y avait aucune route directe pour l’Incarné vers Eru, et bien que les Eldar sussent bien que le pouvoir des Valar de les conseiller ou de les assister leur était seulement délégué, c’était par leur intermédiaire qu’ils cherchaient l’édification ou l’aide d’Eru.

Il y avait toutefois un élément dans le Dessein d’Eru qui demeurait un mystère : les Enfants d’Eru, Elfes et Hommes, les Incarnés. Ils étaient dits être une addition faite par Eru Lui-même après la Révélation aux esprits primordiaux du Grand Dessein. Ils n’étaient pas sujets aux activités subcréatrices des Valar et l’un des objectifs de cette addition était de fournir aux Valar des objets d’amour, qui ne serait en aucune manière un sujet leur appartenant, mais qui aurait une relation directe à Eru Lui-même, semblable à la leur, mais différente. Ils étaient, ou devaient être, ainsi « autres » que les Valar, d’indépendantes créations de Son amour, et ainsi des objets pour leur révérence et leur amour véritable (entièrement désintéressé)6). Un autre objectif avait-il, qui demeurait un mystère pour les Valar, de compléter le Dessein en « guérissant » les souffrances qu’il avait souffert et ainsi non pas de recouvrer « Arda Immaculée » (c’est-à-dire le monde tel qu’il aurait été si le Mal n’était jamais apparu), mais la bien plus grande chose « Arda Guérie »†.

†Le « Mal », par l’arrogance et l’égotisme de Melkor, était déjà apparu dans les premières tentatives des Esprits d’exprimer le Dessein d’Eru qui leur avait été communiqué seulement par une pure « pensée » directe. Celle-ci est représentée prenant la forme de la musique : la Musique des Ainur (les Saints). En celle-ci, Melkor et ceux qu’il avait influencés introduisirent des éléments de la pensée et du dessein propres à Melkor, causant de grandes discordes et une grande confusion.

En ce qui concerne les Elfes et les Hommes, Eru avait émis une prohibition absolue : les Valar ne devaient pas tenter de dominer les Enfants (même pour ce qui aurait semblé aux Valar être leur bien), ni par la force, ni par la peine, ni par la douleur, pas même par la crainte et la révérence que leur sagesse et leur écrasante majesté pouvait inspirer si elle était pleinement révélée. L’entendement des Enfants n’était pas ouvert aux Valar (sauf par libre-arbitre des Enfants) et ne pouvait être envahis ou violé par les Valar, sauf avec des conséquences désastreuses : les briser et les réduire en esclavage, et substituer en eux le Vala les dominant comme un Dieu à la place d’Eru.

C’est pour cette raison que les Valar adoptèrent les fanar, mais ils le firent aussi par l’amour et la révérence pour les Enfants qu’ils conçurent lorsqu’Eru leur révéla pour la première fois Son idée à leur sujet. Depuis ce temps, ils attendaient et se languissaient continuellement de la venue des Elfes et des Hommes dans le monde.

Les Valar – tous sauf un, Melkor, obéirent la prohibition d’Eru, selon leur sagesse†. Cela introduisit cependant un élément d’incertitude dans toutes leurs opérations après la Venue des Elfes et des Hommes. Les volontés et désirs et les actions résultantes des Elfes demeurèrent dans une certaine mesure imprédictibles, et leur entendement n’était pas toujours ouvert aux admonestations et aux instructions qui n’étaient pas (comme cela était interdit) formulées comme des commandements appuyés par un pouvoir latent. Cela fut encore plus évident dans le cas des Hommes, de par leur nature ou leur sujétion précoce aux mensonges de Melkor, ou les deux. Certains considéraient aussi que les Valar avaient même antérieurement échoué dans leurs « mises à l’essai » lorsqu’ils se lassèrent de leur guerre destructrice avec Melkor et se retirèrent dans l’Ouest, qui devait au départ être une forteresse d’où ils pourraient sortir pour renouveler la Guerre, mais devint un Paradis de paix, tandis que la Terre du Milieu était corrompue et assombrie par Melkor, longtemps sans entrave. L’entêtement des Hommes et les grands malheurs et blessures qu’ils s’infligèrent eux-mêmes, et aussi, alors que leur pouvoir s’accroissait, sur les autres créatures et même sur le monde lui-même, était ainsi en partie attribuable aux Valar. Non par orgueil et par révolte volontaire, mais par leurs erreurs, qui ne voulaient pas à dessein s’opposer à la volonté d’Eru, bien qu’elles se révélassent un défaut de compréhension de Ses objectifs et de confiance en Lui.

†Cela est dit parce que l’invitation donnée aux Eldar à se déplacer à Valinor et à vivre loin du danger de Melkor n’était en fait pas en accord avec le dessein d’Eru. Cela vint de l’inquiétude et, pourrait-on dire, d’un échec à se confier en Eru, par inquiétude et peur de Melkor, et la décision des Eldar d’accepter l’invitation était due à l’effet écrasant de leur contact, alors qu’ils étaient encore dans leur jeunesse inexpérimentée, avec le bonheur d’Aman, ainsi que la beauté et la majesté des Valar. Cela eut des conséquences désastreuses en diminuant les Elfes de la Terre du Milieu et en privant ainsi les Hommes d’une large part de l’aide et de l’enseignement prévu de la part de leurs « frères aînés », ce qui les exposa plus dangereusement au pouvoir et aux tromperies de Melkor. Et puisqu’il était en fait étranger à la nature des Elfes de vivre sous protection en Aman plutôt (comme il était prévu) qu’en Terre du Milieu, une conséquence en fut la révolte des Noldor7).

-------------

Autres dérivés de √PHAN. Comme noté ci-dessus, en sindarin par un développement« pictural »8), fain vint à désigner de « vagues apparitions », etc., quoique celles-ci ne fussent évidemment pas, si l’on y réfléchissait, des manteaux ou des couvertures. Ce développement ne tint nulle place en quenya. Les Hauts Elfes distinguaient clairement les fanar, le costume « physique » adopté par les Esprits s’auto-incarnant, comme mode de communication avec les Incarnés†, des autres modes de communication entre entendements, qui pouvaient prendre des formes « visuelles ».

†Dans le S.d.A. un exemple notable est fourni par les Istari qui parurent chez les Elfes et les Hommes sous la semblance d’Hommes âgés.

Ils considéraient qu’un « entendement » supérieur par nature, ou s’exerçant lui-même au maximum dans quelque besoin extrême, pouvait communiquer une « vision » désirée directement à un autre entendement. L’entendement récipiendaire traduirait cette impulsion en termes qui lui étaient familiers de par son usage des organes physiques de la vue (et de l’ouïe) et la projetterait, la voyant comme quelque chose d’extérieur. Cela ressemblait ainsi beaucoup à un fana, excepté que dans la plupart des cas, en particulier ceux qui concernaient des entendements de pouvoir moindre (soit comme communicateurs, soit comme récepteurs), cela serait fréquemment moins vif, moins clair ou moins détaillé, et pourrait même être vague ou trouble, ou paraître à demi transparent. En quenya, ces « visions » étaient nommées indemmar « images mentales »†. Les Hommes leur étaient réceptifs. D’après les archives de l’époque, surtout lorsqu’ils leur étaient présentés par les Elfes. Les recevoir d’un autre être humain requérait une urgence ou une occasion particulière, ainsi qu’un lien étroit de parenté, d’inquiétude ou d’amour entre les deux entendements.

†Cf. q. indo « entendement » et √EM, dépeindre, portraire. un quanta emma ouquantemma était un « fac-similé », une complète reproduction visuelle détaillée (par tout moyen) d’une chose visible.

En tout cas, chez les Hommes, les indemmar étaient principalement reçus durant le sommeil (en rêve). S’ils étaient reçus lors de l’éveil corporel, ceux-ci étaient habituellement vagues et fantomatiques (et engendraient souvent la peur), mais s’ils étaient clairs et vifs, comme les indemmar induits par les Elfes pouvaient l’être, ils étaient susceptibles d’égarer les Hommes9) en les leur faisant prendre pour des choses « réelles » observées avec leur vue normale. Bien que ce mécompte ne soit jamais intentionnel de la part des Elfes†, [les Hommes] croyaient souvent que c’était le cas.

†Jadis. Le sujet des êtres elfiques corrompus ou malicieux est considéré ailleurs. D’après les Elfes, ceux-ci étaient principalement des Elfes désincarnés, qui avaient reçu quelque dommage mortel, mais s’étaient rebellés contre la convocation de leurs esprits à aller à leur place d’Attente. Ceux qui se rebellaient ainsi étaient surtout ceux qui avaient été abattus en faisant quelque mauvaise action. Ainsi erraient-ils comme des âmes elfiques « sans maison », invisibles sauf sous la forme d’indemmar qu’ils pouvaient induire chez les autres, et souvent remplis de malice et d’envie des « vivants », qu’ils soient elfiques ou humains.

En quenya, les principaux dérivés de √PHAN, autres que fana et fanya, déjà mentionnés, étaient : le verbe fanta- « voiler, camoufler, emmitoufler ».

L’un des verbes qui, bien que formés de bases « verbales » primitives, avaient un radical formé avec le suffixe –tă au présent. La passé était habituellement « fort », c.-à-d. sans ce suffixe. Ainsi passé fāne-, parfait afāniē-, mais plus tard un passé dérivé des causatifs (avec suffixe –tā) lui fut souvent substitué : fantanē-.

De cela d’autres mots étaient dérivés, comme úfantuma/-ima « à ne pas (c.-à-d. impossible à) dissimuler ou voiler ». Le dérivé formé avec le suffixe –mā, principalement utilisé pour des outils et des instruments physiques, était fan-mā > fanwa un « voile ou écran » ; úfanwea« pas voilé, dévoilé ».

Comme √YUL- « boire » : yulma, un « vaisseau à boire » ; √PAR-« apprendre, acquérir des informations, pas par l’expérience ou l’observation, mais par la communication », par l’instruction ou les rapports d’autres personnes en mots ou par écrit : parma, un livre (ou document écrit d’une certaine taille). En elfique, lire un livre était souvent exprimé ainsi : paranye (apārien) parmanen, j’apprends (j’ai appris) au moyen d’un livre. calma, une lampe ou un autre moyen de projeter de la lumière.

Ces deux longues discussions de la racine √PHAN « couvrir, masquer, voiler » sont étroitement associées, la seconde étant une révision et une expansion de la première. Elle furent placées dans la pochette d’un classeur en carton, que Tolkien étiqueta « PHAN, MBAR, BAL et autres étymologies elfiques ». Toutes deux sont écrites à l’encre noire avec des notes au stylo-bille rouge et proviennent d’un même carnet d’écriture ; ce papier et ces encres furent aussi utilisées pour la discussion d’Ambar, umbar, Turambar (voir PE 17, p. 104–110). Est aussi conceptuellement associé avec ces notes l’extrait suivant, qui porte probablement sur le mot quenya fana.

¶ Il fut utilisé pour le « costume » ou les « voiles » dans lesquels les Valar se présentaient eux-mêmes. Ceux-ci étaient les formes corporelles (comme celles des Elfes et des Hommes), ainsi que toute vêture supplémentaire dans lesquelles les Valar étaient auto-incarnés. Ces fanar assumèrent-ils lorsqu’après leurs activités démiurgiques ils vinrent et s’établirent en Arda (« le Royaume »), c’est-à-dire la Terre ; et ils firent cela par amour et aspiration pour les« Enfants d’Eru », pour qui ils devaient préparer le monde et le gouverner pour un temps. Les formes futures des corps des Elfes et des Hommes leur étaient connues, bien qu’ils n’eussent aucune part dans leur façonnement. Dans ces formes ils se présentèrent eux-mêmes aux Elfes (quoiqu’ils pussent prendre d’autres formes, entièrement étrangères), apparaissant souvent comme des personnes de stature majestueuse (mais pas gigantesque). Les Hauts Elfes disaient que ces formes étaient toujours dans une certaine mesure, variable selon les occasions,« radiantes », comme si une lumière intérieure noyait les fanar. En quenya fana vint ainsi à signifier la figure radiante et majestueuse de l’un des grands Valar ou des plus grands parmi les Maiar. Pour « nuage » (du genre appelé fân en sindarin), le dérivé fanya était utilisé. Plus tard en sindarin en particulier tel que l’employaient les Hauts Elfes, fân vint à être utilisé dans le même sens que son parent fana. Fan-uilos signifiait ainsi Claire figure angélique toujours-blanche (comme neige)10).

Il s’agit apparemment d’une partie d’un brouillon pour la section « Notes et Traductions » de The Road Goes Ever On, où Tolkien commente le nom Fanuilos, p. 66. La page manuscrite contient aussi une brève note sur le suffixe sindarin –ath et au revers une note sur la représentation des diphtongues en quenya au moyen des tengwar, ainsi qu’une traduction versifiée du chant et de l’invocation à Elbereth (voir PE 17, p. 20–27)11).

Le fana d’un Homme vieux (mais vigoureux) était celui qu’employait Gandalf – en réalité un Maia nommé Olórin dans l’Ouest.

¶√PHAN- « blanc »12).

√SKAL (p. 184)

√SKAL. L’eldarin primitif possédait 2 bases √SPAN & √SKAL, toutes deux signifiant« couvrir, voiler, camoufler, dissimuler ». Elles différaient probablement dans leur signification précise depuis le début*, mais en tout cas elles divergeaient dans leur développement et leur application. √SKAL était appliqué aux choses plutôt opaques qui arrêtaient la lumière et projetaient des ombres sur les autres choses. Un exemple important en sindarin est le nom de la rivière qui s’écoulait à travers les forêts de Doriath : Esgalduin« la rivière sous l’ombre », la majeure partie de son cours étant sous l’ombre des grands arbres. √SPAN était appliqué aux choses de texture plus légère, et correspond de plus près à notre « voiler ». Ceux-ci pouvaient être diaphanes ou au moins inondés d’une lumière venant de derrière. L’application primitive la plus importante qu’en faisait les Elfes concernait les nuages dans le ciel ; en particulier pour les nuages délimités et flottant comme voiles (partiels) sur le ciel bleu, ou sur le soleil, la lune et les étoiles.

* Ils semblent aussi avoir différé du fait que si SKAL était primitivement verbal SPAN était primitivement nominal. Ainsi le dérivé le plus primitif de SKAL était skalā et cela signifiait l’action ou l’effet d’ombrager : une ombre projetée, sind. esgal, q. †ixal & hala. Mais spanā signifiait une chose qui voilait, un voile.

Cette application était si ancienne que lorsque √SPAN fut appliqué à des choses moindres, manufacturées, cela était ressenti comme un transfert du sens « nuage » et les mots dérivés de cette base étaient rarement appliqués à quoi que ce soit, hormis les choses de texture douce, comme les voiles, les capes ou les coussins, et ceux de couleur habituellement blanche ou pâle.

En sindarin…

N.B. √KHAL signifiait « élever », soulever ou étendre vers le haut. De sorte que pour le mot « grand (de taille) » halda aurait été meilleur que halla.

Cette note étymologique fut rejetée d’une seule rature en diagonale et ce qui suit fut ajouté en dessous.

¶ Garder cette partie pour ce qui concerne SKAL. SKAL & KHAL étaient tous deux probablement apparentés à l’origine, étant différenciés d’un √KAL, faits pour le distinguer de KAL, qui vint à être appliqué à la « lumière ». S- était principalement [de] signification « privative ». Cf. √STIN-, gris, comparé à √TIN, étincelant ; SKOR-, rêche, abîmé [angl. marred], inégal ou de forme asymétrique, à KOR, rond.
KHAL pourrait avoir signifié soulever vers le ciel, élever de terre ou de l’obscurité vers la lumière.

Ces notes furent écrites au stylo-bille. Le revers de la feuille fut employé pour la première page de la note révisée sur √PHAN (voir ci-dessus). Cf. Étym. SKAL- « masquer, se cacher (de la lumière) » et SPAN- « blanc ».

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) et était seulement utilisé pour des choses >> et fân était rarement appliqué à quoi que ce soit, hormis les choses.
2) quenderinwe koainen >> quenderinwe koaron ; comme pour >> selon la manière de ; forme originelle de la cinquième phrase : Un fana était ainsi une forme visible dans laquelle un « esprit » se présentait lui-même à des yeux charnels.
3) comme des ennemis de forme terrifiante >> comme des formes du mal et des ennemis reconnus.
4) ar larmar >> al larmar.
5) Valróma >> Valaróma ; Bereth-elin >> Bereth (in)-elin.
6) et ainsi des objets dignes de l’amour et de la révérence des Valar >> et ainsi des objets pour leur révérence et leur amour véritable (entièrement désintéressé).
7) un défaut de sagesse et de compréhension >> un défaut de compréhension ; surgit en Aman même la révolte des Noldor >> une conséquence en fut la révolte des Noldor.
8) un développement naturel et « pictural », révélant une faiblesse de réflexion et de pensée >> un développement « pictural ».
9) de tromper le récepteur >> d’égarer les Hommes.
10) désir de >> aspiration pour ; préparer et pour un temps gouverner le monde >> préparer le monde et pour un temps le gouverner ; formes >> formes futures ; sous-entendre >> signifier ; toujours-blanche neige >> toujours blanche (comme neige).
11) N.d.T. : En p. 153, une autre note liste la racine √FAN « blanc ; forme (mais avec la notion supplémentaire de lumière et de blancheur) », qui semble représenter une conception alternative de √PHAN.
12) Voir PE 17, p. 36 s.v. Fanuiðol. Cf. Étym. SPAN- « blanc ».
 
langues/langues_elfiques/quenya/esprit_apparence_materielle_valar.txt · Dernière modification: 09/03/2022 17:26 par Elendil
Nous rejoindre sur https://discord.gg/cafByTS https://www.facebook.com/Tolkiendil https://www.twitter.com/TolkiendilFR https://www.instagram.com/Tolkiendil http://www.youtube.com/user/AssoTolkiendil
Tolkiendil - https://www.tolkiendil.com - Tous droits réservés © 1996-2022