La Destinée du Monde : Extraits sur « ambar » et « umbar » tirés du Parma Eldalamberon 17

Parma Eldalamberon J.R.R. Tolkien — Juillet 2007
édité par Christopher Gilson
traduit de l’anglais par Vivien Stocker (texte) & Damien Bador (appendice)
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Ces extraits ont initialement été publiés dans le Parma Eldalamberon 17, paru en juillet 2007. Ils sont traduits avec l’accord du Tolkien Estate et de Christopher Gilson, l’éditeur de Parma Eldalamberon. Les traducteurs les remercient pour leur aimable autorisation. Un grand merci également à Kevin Gremaud pour sa relecture attentive et ses nombreuses suggestions. Tous les textes de J.R.R. Tolkien sont sous la protection du droit d’auteur. © 2007–2022 The Tolkien Trust.

Les signes ¶ désignent ici le début d’une nouvelle note de Tolkien, laquelle n’était pas nécessairement consécutive avec le texte qui la précède, ni rangée dans la même liasse de documents. L’ordre suivi pour cette traduction se conforme à l’arrangement éditorial de Christopher Gilson, à deux exceptions près. D’une part, certaines notes éditoriales ont été rassemblées en bas de page au lieu de suivre immédiatement le texte qu’elles commentent, de l’autre, quelques notations de Tolkien ont également été passées en notes, lorsque leur brièveté le requerrait. Les notes éditoriales insérées dans le corps du texte sont rédigées en caractères plus petits.

Plan du dossier :
Extraits du Parma Eldalamberon no 17

« Ambar, umbar, Turambar » (p. 104–110)

ambar « monde » ; umbar « destin [angl. fate1)] ». Ces mots semblent avoir été étroitement apparentés à l’origine. Umbar était le nom quenya de la lettre :umbar:, qui, dans l’usage quenya, avait la valeur mb ; ce mot fut sélectionné car les noms de ces combinaisons très utilisées, mais jamais à l’initiale en quenya, étaient des mots sans consonne initiale précédant les mb, nd, ñg ; la voyelle u était préférée avant m ou ñq, ñgw comme unque, ungwe, mais pour mp (ampa) aucun exemple n’était disponible*.

∗ Néanmoins dans l’usage populaire (non-elfique) du Gondor, le mot commun lambe « langue » lui fut substitué, puisque dans la langue et la pensée humaines umbar avait acquis une signification sinistre, comme notre « fatalité », voire souvent plus proche de « malédiction ». Dans mon édition révisée, le nom elfique correct umbar fut réintroduit.

La forme sindarine était amarth, comme dans Amon Amarth, traduit en parler commun par Mont Destin [angl. Mount Doom]. La comparaison montre que nous avons affaire à des dérivés de la base √mbar en eldarin primitif. Ces groupes de nasales initiales étaient normalement simplifiés dans le développement du quenya et (plus tard) du sindarin. Le développement en quenya était > mm’ > m’ ; en sindarin, dans la position initiale absolue, la nasale était perdue : mb’ en b’, mais si un mot proclitique, tel que l’article i « le/la/les », précédait, mb demeurait et se développait, en tant que médiale, > mm > m. Cependant, dans certains cas des deux langues, le groupe demeurait puis, dans la position initiale, devenait un ṃb syllabique : soit ṃbar*.

* Il se pourrait en partie que cela fasse suite au rétablissement en position initiale du groupe, préservé sous la forme mb à des endroits de la phrase où il se tenait à l’origine après un mot se terminant par une voyelle. Mais c’était également probablement dû à l’emphase mise sur la nasale de mots à distinguer d’autres similaires avec une occlusive non-nasalisée, telle que b-. Cela se produisit principalement dans les mots de sens plein ou chargés de sens. Dans de tels mots, l’addition médiale ou la préfixion initiale d’une nasale homorganique était à l’origine un procédé fréquent pour intensifier ou renforcer une base commençant par les occlusives voisées b, d, g, gw.

Ainsi fut produit le mot radical ṃbar : q. primitif umbar, sind. primitif *ambar. En quenya, il s’agissait toujours d’un ancien « nom consonantique », c.-à-d. d’un nom dont le radical finissait par la consonne finale de la base sans ajout d’une sundóma ou voyelle caractéristique (dans ce cas, a), ou après sa perte précoce, et sans autres suffixes vocaliques dérivés : son pluriel était ainsi umbari, issu soit de ṃbar-ī, soit de ṃbară > umbar(ǝ) + ī > umbari. En sindarin, la forme préservée est amarth, provenant apparemment de *ambarta. Il s'agit du radical du verbe dérivé *mbartā ou ṃbartā « définir, décréter, destiner »*. Il fut à l’évidence préféré pour distinguer le mot « fatalité » de *ambar- « monde », qui en sindarin aurait la même forme ammar > amar. En quenya, les mots étaient distingués par leurs voyelles initiales.

∗ Q. marta-, comparé à umbarta dans des sens plus nobles ; en sindarin seul amartha- apparaît.

On peut noter que dans l’antique nom Turambar « maître du destin [angl. master of fate] », adopté par orgueil par Túrin fils de Húrin, l’ancienne forme postvocalique du radical –mbar est préservée. La formation est tura-mbar, dans laquelle la base verbale √tur « dominer, maîtriser, conquérir, etc. » voit l’ajout d’un suffixe actif ā̆, comme c’était l’usage dans ces anciennes formations où un élément verbal était suivi par un autre de fonction d'objet.
Le q. ambar « monde » est, malgré des sens qui puissent sembler très divergents, un autre dérivé de la même base √mbar. Dans la structure eldarine, chaque base consistait en une trame consonantique, le plus fréquemment biconsonantique, comme k-l ; mais ce n’était pas complet ou significatif sans la voyelle caractéristique (q. sundóma « racine-voyelle »). Ainsi kal, kil, kul étaient des bases distinctes, pas nécessairement de sens apparentés, et en effet, généralement assez déconnectés. La place normale de la sundóma était entre les consonnes de la base, mais en eldarin primitif, elle pouvait être placée avant la première consonne, souvent sans aucune voyelle lui succédant*.

* Là où la base ne commençait qu’avec une unique consonne.

Ces anciennes formations** étaient habituellement amplificatrices ou intensives : comme e.g. à partir de la base √kal « briller », extension kalar, était formée *aklar-, q. alkar, sind. aglar, « brillance, gloire ». *a-mbar(ă), l’Implantation2), était formé de façon similaire*.

** Ce type de procédé de formation ne survécut pas de manière vivante en quenya ou sindarin.
* L’anglais settle [établir, s’implanter] dans ses diverses ramifications de sens, ressemble étroitement au développement des significations de √mbar : ainsi settlement « établissement, implantation » peut signifier l’acte de coloniser ou de s’installer dans une demeure ou dans une région, ou encore un lieu ainsi occupé (par une famille ou une communauté) ; ou (les termes d’) un accord fixé après un débat. Le développement ne fut cependant pas le même ; les sens de settle provenaient du sens « se fixer ou s’installer » dans une position ferme, en particulier dans un lieu qui semble adéquat ; d’où le sens de régler des affaires qui étaient confuses ou que le doute avait créées. √mbar signifiait fondamentalement prendre une décision et les significations apparentées à l’habitation ou l’occupation d’une terre provenaient de là3).

L’eldarin *ambar(ǎ), q. ambar, sind. amar avaient ainsi le sens d’implantation, lieu désigné, tel qu’appliqué à la lus grande Implantation de toutes : la Terre comme lieu d'habitation ou foyer désigné des Elfes (et des Hommes). La décision et le choix étaient dans ce cas attribués à Eru.

Ce fut sans doute la coalescence de forme entre ṃbar et ambar en sindarin qui causa l’assimilation de *amar dans le sens de « fatalité » au verbe amartha- qui ne comportait aucune référence à l’habitation. En sindarin, amar « implantation » continua d’être utilisé dans le sens de « ce monde, la Terre », bien qu’avec l’augmentation du savoir, il excluait souvent Aman même avant son retrait des « cercles du monde » après la Submersion. En quenya, ambar, bien qu'apparemment souvent utilisé comme équivalent du « Royaume d’Arda » (Ardaranye), signifiait en fait « cette Terre », la planète, comme un tout, incluant Aman jusqu’à son retrait, mais excluant d’autres parties du « Royaume d’Arda » sous la garde et la direction de Manwe (Soleil, lune, etc.). Tenna Ambar-metta « Jusqu’à la fin du Monde » signifiait ainsi « jusqu’à la fin du temps défini durant lequel la Terre est destinée (par son umbar : voir ci-dessous) à durer, au moins en tant que région habitée par les Enfants (Elfes et Hommes) ».

En quenya, les autres dérivés de √mar : umbar désignait une décision, découlant de l’ordonnance ou du décret de quelque autorité ; d’où le fait qu’il pouvait également désigner les arrangements, les conditions et les circonstances établis par le biais d’un tel décret. C’était un mot aux nobles accents, principalement usité pour les dispositions et la volonté d’Eru, concernant la Création comme un tout*, « ce Monde » en particulier, ou les personnes de grande importance dans les événements**.

* En entier, Ëambar.
** Umbar pourrait ainsi correspondre à l’Histoire, la partie connue, ou du moins déjà révélée, associée au Futur, progressivement réalisé. C'est à ce dernier que l’on fait le plus souvent référence, et qui est rendu par Destin ou Fatalité. Mais c’est imprécis, pour autant que le véritable elfique, en particulier le haut-elfique, est concerné, puisque ce n’était pas, dans cet usage, seulement appliqué aux mauvais événements4).

La forme la plus simple de cette base *mbără5) devint un mot ou élément beaucoup plus utilisé en eldarin primitif : qui pourrait être rendu par « demeure ». Cet emploi était probablement un développement survenu pendant la période du Grand Voyage jusqu’aux Rivages Occidentaux, durant laquelle de nombreuses haltes de durées variables furent faites par les Eldar dans leur ensemble ou pour des groupes séparés, au choix de leurs dirigeants. Cet élément survécut sous diverses formes en quenya et sindarin avec des changements de sens dus à l’histoire divergente des Eldar qui traversèrent la Mer et de ceux qui demeurèrent en Beleriand.

Les formes principales étaient la forme primitive simple eld. pr. *mbăr(a) > non fléchie mbār, fléchie mbăr- ; et la forme dérivée6) *mbardā.

Une note marginale fut ajoutée plus tard :
Créée avec le suffixe –dā principalement utilisé dans un sens « passif » : indiquant les effets résultants d’une action ; comme yul-da, ce qui est bu, une gorgée.

La première survécut en quenya dans le mot archaïque már, qui est utilisé avec un génitif de définition ou plus souvent dans un composé génitival : tel qu’Ingwemar, Valimar, Eldamar†.

† Dans lesquels, le ā long était réduit, comme d’habitude, dans les syllabes finales. La forme Eldamar était un nom créé en Aman après que les caractéristiques les plus saillantes du quenya se furent développées. Un nom créé à une période plus récente aurait eu la forme *Eldambar.

Cela désignait, lorsqu’ajouté au nom d’une personne, la « résidence » d’une famille dont le « chef » était la personne nommée† ; cela incluait non seulement les constructions permanentes, développées par les Eldar en Aman, mais également les terres attenantes alentours.

† Parmi les Eldar y vivant et y demeurant normalement.

On se référait à une région complète d’après le nom d’un peuple ou d’une « parentèle » qui l’occupait ou la possédait, dans laquelle leurs demeures ou « maisons » étaient disséminés. C’est ainsi souvent et virtuellement devenu synonyme de nōre (souvent réduit, en composition, en nor) ; bien que cela ne désignait que de grands pays ou régions, et même lorsque c’était appliqué à des noms de personnes ou de groupes, cela n’impliquait pas que ces groupes en étaient les uniques habitants. Ainsi dans le quenya Valinóre, Valinor était le véritable nom eldarin d’Aman, un élément emprunté à la « langue des Valar » et signifiait « la terre des Valar », et incluait Eldamar, ces parties allouées plus tard aux Eldar.

Cette différence d’usage reflète la double origine (en quenya) de ce mot ou élément. C’était (a) un dérivé de √ono/nō « engendrer » : *nōrē, race, parentèle ; et (b) un dérivé de √ndor « dur, ferme » : *ndōr (ndǒr-) « le solide », terra firma, la terre (sèche) opposée à l’eau et la mer. Les formes quenya étaient (a) nōre (en composition –nor) ; et (b) nōr (radical fléchi nǒr-), terre. [Cf. aussi le q. norna « dur, ferme, solide, résistant ».] {En sindarin, ces} mots furent perdus, en raison du conflit avec des mots assez différents d’une autre origine qui en vinrent à avoir les mêmes formes. Dans l’usage quenya, le mot combiné nōr, nōre devint usuel uniquement pour la terre appartenant à ou utilisée par un peuple ou un pays [?] (mais nor uniquement pour la terre) et par conséquent[?] fut principalement utilisé dans les noms.
[Le premier brouillon de Ambar, umbar, Turambar se termine après deux ou trois phrases supplémentaires, hâtivement écrites et largement indéchiffrables. Deux versions d’une suite débutent chacune par la révision du paragraphe précédant cette note. La première est donnée immédiatement en-dessous. Elle se termine aussi par quelques notes hâtives désormais difficiles à interpréter. La seconde révision (également donnée ci-dessous) fut plus tard numérotée en continu par rapport à la page précédente, incorporant la majeure partie du brouillon dans une version plus longue de l'ensemble de la discussion.]

¶ Cela désignait, lorsqu’ajouté à un nom de personne, la résidence ou la demeure d’une famille dont il ou elle était le chef, incluant non seulement les constructions permanentes (qui furent développées par les Eldar en Aman), mais les terres alentours. On se référait à la région complète, souvent vaste, d’après le nom d’un peuple ou d’une « parentèle » qui l’occupait ou l’habitait. Ainsi, cela se rapprochait souvent ou devint synonyme de nóre / -nor, qui toutefois ne s'appliquait qu'à de grandes régions et pouvait être associé à des noms indiquant les dirigeants ou les possesseurs, bien que ses habitants puissent aussi se composer d’autres groupes.

Ce mot quenya avait une double origine : (a) un dérivé de √ono/nō « engendrer » : nō-rē « parentèle, race » souvent appliqué au peuple entier ; et (b) les dérivés de √ndor « dur, ferme » produisant √ndōr, nŏdr-, la terre, la terre (sèche) opposée à l’eau, la mer. Les formes quenya étaient (a) nóre (réduit, en composition, en –nor) et nôr (nŏr-) « terre ».
Cf. le vieil-anglais Angolcyn remplacé plus tard par Engla-land7).

Ainsi le q. Valinóre, Valinor, qui était synonyme d’Aman (un élément dérivé de la langue des Valar), inclut plus tard Eldamar. Tandis que Valimar (ou Valmar) s’appliquait uniquement aux résidences des Valar dans la « cité » près de la butte des Deux Arbres.
La forme dérivée *mbardā devint, en quenya, marda « une chose ou un lieu habité », « demeure », et elle s’approchait du sens « maison » puisqu'elle pouvait s’appliquer aux lieux d'habitation ou aux constructions (isolées ou regroupées) à proprement parler. Néanmoins, elle ne se référait pas de fait à des « constructions », et pouvait aussi bien s’appliquer à des lieux d'habitation d’origine naturelle (telles que des cavernes ou des bosquets). Les mots pour constructions dérivaient des bases √tam « construire » et √kaw « abriter ».

¶ Cela désignait, lorsqu’ajouté à un nom de personne, la « résidence » du chef (nommé) d’une famille, incluant les terres attenantes attachées aux constructions ou aux maisons d’habitation permanentes développées par les Eldar en Aman. Lorsqu’ajouté au nom d’une « parentèle »8), cela se référait à la région tout entière qu’ils occupaient ou possédaient, dans laquelle ils s’étaient implantés et étaient « chez eux » aussi longtemps qu’ils demeuraient un peuple uni. [Eldamar est ainsi traduit Patrie des Elfes.] Il devint ainsi, dans de nombreux cas, synonyme du q. nóre (en composition, souvent réduit en –nor), bien qu’il fut, cependant, uniquement employé pour de vastes régions ou pays, et n’était pas ajouté aux noms de simples personnes*.

* Sur l’origine et les usages du mot quenya nóre, voir la note ci-dessous.

La forme dérivée *mbardā devint, en quenya, marda « une demeure ». Cela se référait normalement aux lieux d'habitation à proprement parler, mais n’était pas limité aux constructions et pouvait aussi bien s’appliquer aux demeures d’origine naturelle (telles que des cavernes ou des bosquets). C’était néanmoins le plus proche équivalent de « maison » dans la plupart de ses sens.

Pas dans l’usage de « maison » comme nom d’une (petite) construction séparée avec la fonction de four à pain ou abri à bois ; ni dans celui de « maison » au sens d'une famille particulièrement dotée de puissance ou d’autorité. En quenya, le premier se disait habituellement koa (voir ci-dessous). Le second était rendu par les mots pour « parentèle ».

Les mots pour les constructions étaient dérivés de la base √tam « construire » et √kaw « abriter ». Le premier est observé dans la forme simple et très primitive *tamō, traduit par « façonneur [angl. smith] », mais signifiant un artisan du bois, de la pierre ou du métal : un charpentier (menuisier), maçon (sculpteur) ou forgeron. Le plus ancien mot dérivé produit était *taman- (q. taman, sind. tavn) « une chose créée par artisanat ». En quenya, « maison d’habitation » était ainsi plus étroitement rendu par martan (martam-) ou par la forme plus longue martaman (pl. martamni).

En quenya, plus précisément tautamo, ontamo et sintamo (< sinkitamo), mais tamo non spécifié, en particulier parmi les Noldor, était habituellement employé = sintamo, notre « forgeron ».
Cf. également le q. tamma, un « outil », tamna artificiel (ou artefact). En sindarin, la base apparaissait principalement dans la forme √tan provenant du contact avec √pan « arranger, mettre en ordre »9).

À partir de √kaw fut créée la forme primitive simple *kawā> q. koa, appliquée à tout « abri » (plannifié et artificiel) temporaire ou en Aman plus souvent permanent, et appliquée à ce que nous pourrions appeler « appentis », huttes, cabanes, baraques. La forme plus tardive et plus précise, utilisant l’ancien suffixe instrumental –mā, kauma demeura en usage pour toute protection ou abri naturel ou autre, c.-à-d. contre le soleil, la pluie ou le vent — ou contre des fléchettes. C’était souvent utilisé = bouclier.
En sindarin, en raison des circonstances, et de l’histoire, assez différentes des Eldar laissés en arrière en Beleriand, le développement fut différent. Avant la venue des Exilés d’Eldamar, une grande partie des Sindar vivait dans des conditions primitives, généralement dans des bosquets ou des terres boisées ; les demeures construites pour durer étaient rares, en particulier celles d’un type plus petit correspondant plus ou moins à notre « une maison ». Les talents naturels des Quendi avaient déjà commencé à développer de nombreux savoir-faire avant le début du voyage vers l’ouest des Eldar. Mais bien que le voyage ait eu un objectif, dans cette période les Eldar s’habituèrent à une vie mobile nomade et après avoir atteint le Beleriand, ils continuèrent longtemps ainsi, même après que ceux parmi les Sindar qui désiraient encore traverser la Mer eurent perdu espoir. Ainsi, les plus anciens essais de maçonnerie chez les Sindar furent faits sur les Côtes Occidentales, dans le royaume de Círdan le Charpentier de Nefs : travaux portuaires, quais et tours. Après le retour de Morgoth au Thangorodrim, leurs constructions demeurèrent sans usage domestique, étant principalement dévolues aux ouvrages défensifs. Leur compétence se développa rapidement durant leur association avec les Nains des Ered Luin et plus tard, se perfectionna encore par les grands arts des Noldor exilés. Ces derniers eurent un grand effet dans ces régions où les Exilés et les Sindar se mêlèrent ; mais les arts et les habitudes des Exilés eurent peu ou pas d’influence en Doriath, le royaume de Thingol, en raison de sa haine pour les Fils de Fëanor. En Doriath, la seule grande demeure permanente était Menegroth, qui avait été construite avec l’aide et les conseils des Nains : excavée, pas « édifiée », et sous terre à la manière des Nains : sombre, forte, secrète, mais néanmoins rendue magnifique par les arts valiens de Melian. Hormis les constructions de cette période, le Siège d’Angband, furent généralement à caractère défensif ou guerrier : murs, remparts et forts. Même la grande « maison » de Finrod, Minas Tirith, la « Tour de Garde » comme signifiait son nom, sur une île du Sirion, était à l’origine un fort destiné à commander les accès au Beleriand depuis le nord. Il n’y a eu qu’en Gondolin, la cité secrète, que l’art des Exilés fut entièrement employé pour construire de belles maisons comme demeures. Mais les Noldor construisaient généralement des maisons familiales dans leurs territoires et même des villages de demeures plus petites, et furent suivis en cela par les Hommes qui vinrent en Beleriand et devinrent leurs alliés. En partie dans le but d’établir amitié et alliance avec les Sindar et en partie par la nécessité des exilés, numériquement inférieurs aux premiers habitants, les Noldor apprirent et adoptèrent finalement la langue sindarine†.

† Ou les langues : le sindarin septentrional s’était développé, par de nombreuses voies divergé, à partir des dialectes du Beleriand (et notablement du Doriath reclus), bien que peu en soit désormais préservé, excepté dans les noms de lieux. [Ses principales divergences phonologiques étaient la préservation du m intervocalique ainsi que du long ǭ ouvert en tant que tel (non diphtongué en au comme dans le sud).] L’adoption du sindarin fut également favorisée par l’intermariage des Noldor et des Sindar dans certaines régions, résultant en une fusion presque complètes des deux Parentèles10).

Il y avait ainsi des tendances à la fois (a) concernant les termes noldorins désignant des choses particulières à leur culture à être traduits sous des formes sindarines ou à être imitées, et (b) concernant les termes sindarins, en particulier ceux pour lesquels les composants apparentés au quenya étaient toujours reconnaissables, à leur donner un « habillage » quenya dans le quenya utilisé par les Noldor. Des exemples de ces deux tendances étaient (a) l’usage du sindarin bâr [< mbăr(a)] pour « maison », la demeure construite implantée pour une famille grande ou petite : bien que dans l’usage sindarin réel cela dénotasse uniquement une petit région dans laquelle un groupe s’était finalement installé de manière plus ou moins permanente ; (b) le mot pour « foyer ». Dans ses usages émotionnels comme lieu de naissance ou de désir de quelqu’un, ou du « foyer » de quelqu’un qui revient après un voyage ou une absence, il se trouva naturellement exprimé en sindarin.

La version de « Ambar, umbar, Turambar » avec les numéros de page continus se terminait à l’origine à ce point. Le remplacement de la page finale, portant le même numéro de page, contient la révision suivante de la fin de la discussion.

¶ Mais les Noldor construisaient généralement des maisons familiales dans leurs territoires et établissaient souvent des communautés derrières des murs d’enceinte, à la manière des « villes ». Les Hommes qui entrèrent plus tard en Beleriand et devinrent leurs alliés, adoptèrent les mêmes coutumes. Dans le but d’établir amitié et alliance avec les Sindar, et également par la nécessité des exilés, numériquement très inférieurs aux premiers habitants, les Noldor apprirent la langue sindarine*, et pour la plupart d’entre eux, elle devint bientôt leur langue primaire ou « première-apprise ».

Ou langues. Sur ce point, voir la note 2 ci-dessous, p. …

Il y avait ainsi une tendance : (a) concernant les mots et termes noldorins pour des choses particulières à leur culture à être traduits en sindarin ou à être imités ; et (b) concernant les termes sindarins, à leur donner un habillage quenya et adopté dans ce langage, en particulier dans le cas de noms composés d’éléments qui étaient toujours apparentés de façon reconnaissable à leurs équivalents quenya.
Des exemples de ces processus sont : (a) l’usage du sindarin [< mbăr(a)] pour « maison » : la construction permanente servant de foyer à une famille, grande ou petite, bien que dans le véritable usage du sindarin ancien ce mot désignait une (petite) région, dans laquelle un groupe s’était finalement installé, de manière plus ou moins permanente.

En sindarin, surgit également le nouveau mot barthan, également bartham dans le nord, dénotant une grande construction de maçonnerie utilisée comme demeure. Il fut modelé que le q. martan (martam-).

Pour (b), un exemple est le mot en quenya (exilique) pour « foyer » dans ses usages émotionnels de lieu de naissance de quelqu’un ou de lieux familiers pour quelqu’un qui en est séparé par des voyages de nécessité, ou chassé par la guerre. Les Noldor ne souffrirent pas de ces circonstances en Aman, mais ne les connurent que trop bien par la suite, non seulement dans leur exil depuis Aman, mais dans la destruction croissante de leurs nouveaux royaumes et implantations par les assauts de Morgoth. Le mot qu’ils utilisaient en quenya était mélamar.
Mélamarimma « Notre Foyer » était utilisé pour leur « foyer » perdu, en Aman, mais pas par les partisans des Fils de Fëanor. Néanmoins, ce mot fut modelé sur le sind. milbar « demeure adorée », appliqué aux lieux les mieux connus ou les plus fréquentés. Il était dérivé de l’ancien mēlā̆-mbar > mīl(a)mbar. (En quenya véritable, la forme adjectivale « chère » avait la forme melda.)

La discussion sur « Ambar, umbar, Turambar » fut écrite à l’encre noire avec des notes au stylo-bille rouge sur du papier d’un seul bloc-notes, les mêmes papier et encre utilisés pour la discussion sur la racine √PHAN « couverture, écran, voile », et les documents étaient probablement, à un moment, conservés dans la même chemise cartonnée étiquetée « phan, mbar, bal et autres étymologies elfiques » (voir la note sur les entrées pour √PHAN, PE 17, p. 173–180). Il existe un indicateur circonstanciel de la date approximative de ces écrits, qui est suggestif, mais loin d’être concluant. À un moment, probablement en 1968 ou 1969, Tolkien obtint un stock de papiers usagés de la part de ses éditeurs, Allen and Unwin, laquelle liasse était constituée de copies d’une notice de publication de divers livres en janvier 1968, dont il utilisa le verso, et souvent les espaces libres du recto, pour composer la plupart du matériel linguistique des dernières années de sa vie. Tolkien utilisa ce papier quand il composa une note sur le Destin, qui était un développement de l’annexe rejetée de la présente discussion sur « Ambar, umbar, Turambar ». La date de la notice sur le vieux papier fournit un terminus a quo pour la note, mais elle fut ensuite enveloppée dans une page de journal datant du 9 octobre 1969, fournissant un terminus ad quem approximatif. Puisque la liasse de la présente discussion doit précéder la note sur le Destin et puisque aucun autre écrit sur le papier Allen and Unwin n’est entrecoupé par ceux composés sur le papier de bloc-notes, ceux-ci précèdent probablement tous la réception par Tolkien du vieux papier de son éditeur. Ceci est supporté par le fait que la couverture du bloc-notes vide d’où sont tirés les papiers les plus anciens fut utilisée pour envelopper un assortiment de documents dont certains peuvent être indépendamment datés de juillet 1964, décembre 1966 et janvier 1967. La forme Mélamarimma « Notre Foyer » a le suffixe possessif de la 1ère personne du pl. –mma que Tolkien n’aurait probablement pas utilisé après avoir décidé que la forme inclusive était –lva (plutôt que –lma) et que –lma (plutôt que –mma) était la forme exclusive (voir PE 17, p. 13–14 s.v. omentielmo). Pour ambar, cf. EQS amarth « fatalité » ; QLmar « demeure des hommes, -terre, la Terre » ; marto « fortune, destin, sort » ; Mardello Melko lende « Melko a quitté la Terre », Ilu vanya, fanya, eari, i-mar, ar ilqa ímen « Le Monde est beau, les cieux, les mers, la terre et tout ce qui s’y trouve », la Route Perdue, p. 89 ; Étym. MBAR- « demeurer, habiter », q. a-mbar « oikoumenē ; la Terre », nold. ambar, amar « la Terre », Martan(ō) « Constructeur de la Terre », nold. Barthan, MBARAT-, q. umbar « destin », nold. ammarth ; Ambar « la Terre ; habitation », WJ, p. 402. Une portion de l’explication du nom Turambar de « Ambar, umbar, Turambar » était citée dans « Five Late Quenya Volitive Inscriptions », VT 49, p. 42.

Q « “Umbar” et “Ambar” » (p. 123–124)

Le mot umbar plus ou moins équivalent à « destin, fatalité » devint obsolète en quenya oral en prose, survivant principalement en poésie ou dans des citations sur des sujets archaïques. Il s'agissait du nom de la lettre :umbar: (avec la valeur mb en quenya) qui fut sélectionné car les noms de ces combinaisons fréquentes, à l'exclusion de l'initiale, étaient mieux dénotées par des mots ne contenant aucune autre consonne. Néanmoins, à cette période tardive (Troisième Âge) lambe, un mot bien connu (« langue ») fut souvent substitué communément en Gondor11).

La forme sindarine était amarth, comme dans Amon Amarth « Mont (du) Destin » [angl. Mount (of) Doom]. Cela montre que l’ancien mot eldarin commun avait la forme *mbart-. En quenya, ces groupes de nasales initiales étaient normalement simplifiées en nasalisant l’occlusive suivante puis en raccourcissant la longue nasale initiale : ainsi mb > mm > m ; mais dans certains cas, des mots de signification habituellement forte ou émotionnelle ou des noms importants, la nasale devient syllabique, et ainsi en quenya > um [le ṇ vocalique habituellement > an ; ŋ vocalique vocalique > excepté devant gw où il > ]. Ainsi furent produit, par perte du –t final : le q. ṃbart(ă) > umbar, mais le sind. ammarth > amarth. En sindarin, un développement similaire (dans des cas similaires) prit place, mais les m, n, ŋ consonantique avaient tous une voyelle am, an, ang. À noter que l’antique nom Turambar, « maître du destin » [angl. master of fate], adopté dans son orgueil par Túrin fils de Húrin, est formé du radical verbal tur-« dominer, maîtriser, conquérir » + ṃbar(t). Habituellement, dans ces anciennes formations (en quenya plus tardif, l’élément verbal suivait habituellement son objet) le radical verbal avait la voyelle formative a.
En quenya, la forme ambar signifie « monde ». Bien que de sens en apparence largement divergents, est-ce probablement dérivé de la même base √mbar. Dans la structure de l’eldarin primitif, quelques dérivés des bases furent formés par préfixion de la sundóma (racine-voyelle), la voyelle qui caractérisait la base en conjonction avec la structure consonantique. Ceux-ci étaient normalement de sens amplificateur ou intensif : comme e.g. pour √kal « briller », extension kalar, eldarin primitif ak(a)lar-, q. alkar, sind. aglar « brillance, gloire ». Ainsi a-mbar- « l’implantation », principalement usité plus tard pour les régions habitées des grandes masses continentales, sans inclure Aman ou Eressea (ou même habituellement Númenor).
En sindarin, le mot est également ammar > amar.

Cette note sur Umbar et Ambar est un brouillon rejeté, dont la révision devint la note plus développée discutant de Ambar, umbar, Turambar (PE, 17, p. 104–110, voir ci-dessus). Elle fut commencée sur la moitié inférieure d’une page contenant la fin révisée de la note sur « Et » (voir PE 17, p. 70–72, s.v. ar« et »). Cf. Étym. MBARAT-, q. umbar (umbarten) « destin », nold. ammarth.

√MBAR (p. 163–164)

mbar. « Settle » [fr. « s’implanter »] est en fait, dans ses diverses ramifications de sens, une restitution très proche du sens de la base √mbar. Ainsi l’anglais « settlement » [fr. « implantation »] peut désigner les demeures établies dans un site choisi par un groupe de gens ; ou (les termes d’) un accord décidé dans une affaire débattue.
Le mot eldarin usuel pour une « maison », pour une demeure familiale, était *mbar ou *mbardă : q. mar (mard-), sind. bar : ambar- était ainsi « la grande implantation ». Cela pouvait être traduit par « monde » — désignant cette Terre comme le lieu (destiné à être) habité par les Elfes et les Hommes, les Enfants d’Eru. Il ressemble ainsi à ή οίκουμένη (lettres grecques), mais n’était limité ni aux parties de la Terre effectivement habitées ni à celles habitées par un peuple en particulier tel que les Elfes, ou parmi les Hommes, les Numenóréens. La décision, la fixation du lieu d’habitation, était considérée comme procédant d’Eru et était ainsi une partie de son Umbar. On pourrait dire d’umbar, ainsi utilisé, que c’était « l’histoire d’Ambar » pour autant qu’elle se soit déjà accomplie et son futur pour autant qu’il soit prévu et défini.
Il n’était que rarement, voire jamais, utilisé par les Eldar pour des sujets moindres ; mais dans les jours ultérieurs c’était le cas. On le trouve dans le Silmarillion et autres légendes des Jours Anciens, qui même en ayant été écrits en quenya furent largement écrits ou compilés par les Hommes, les Numenoréens ou leurs ancêtres, et ainsi colorés par des notions humaines et par des croyances n’ayant pas réellement cours chez les Eldar. Ainsi, il était utilisé pour des événements, prédits ou en partie prévus, tels que la découverte de l’Anneau. Et il pouvait être utilisé pour des « fatalités » ou des sorts jetés à des individus, en particulier ceux jetés par la pensée sur ceux qui étaient des adversaires. Le cas principal était le sort jeté par Morgoth à Húrin et à toute sa famille. Cette « fatalité », Túrin croyait y avoir échappé, et s'être dérobé à la vue de Morgoth, d’où le fait qu’il prit hâtivement le nom Turambar, Conquérant du Destin (ou plutôt Maître du Destin) [angl. Conqueror of Fate, Master of Fate], et ainsi en abandonnant son nom réel Túrin aida en fait à l’accomplissement de la « fatalité »12).

Toute cette note étymologique fut rejetée d’un seul trait vertical.

¶ L’anglais « settle » [fr. « s’implanter »] est, dans ses diverses ramifications de sens, une restitution proche de la base eldarine √mbar. Ainsi l’anglais « settlement » [fr. « implantation »] peut désigner une région ou un lieu avec des demeures établies par une communauté, ou (les termes d’) un accord décidé dans une affaire débattue. Le sens fondamental de √mbar était « s’établir, se fixer, décider, déterminer » et dans les premiers temps, pour autant qu'on pu l'entrevoir, c’était appliqué au choix d’un site ou lieu et au fait de s'y implanter. Le mot usuel en eldarin pour un « foyer », comme la résidence établie pour une famille constituée d’un ou plusieurs constructions associées, était *mbā̆r (radical mbăr-) et *mbardā̆ (une formation adjectivale). En q. mar (radical mard-), un mélange des deux, était utilisé comme « résidence », habituellement avec un génitif défini, pour la « grande maison » de la famille. Dans les noms de lieux* -mar (radical mār-) était utilisé pour une région habitée par une communauté ou un groupe, comme Eldamar « Patrie des Elfes », la région littorale d’Aman, habitée par les Elfes.

Dans les temps plus tardifs du quenya — les premières formations auraient préservé le –mb initial : soit Eldambar, variante plus ancienne d’Eldamar.

Pour le simple nom d’une construction utilisé comme demeure ou pour d’autres usages, le quenya utilisait koä, un dérivé de √kaw « protéger ». En sindarin, bar (pl. bair) était utilisé pour une maison ou une demeure individuelle, en particulier de cette sorte grande et permanente ; barð était plutôt comme l’anglais « home » [fr. « foyer »], l’endroit d’habitation (approprié) pour quelqu’un (ou pour une communauté)*.

Pour les sens émotionnels de « foyer » comme le lieu de naissance ou de désir de quelqu’un, ou de foyer où quelqu’un revient après un voyage ou un exil, milbar était utilisé, « cher foyer ». Noter l’absence de la mutation sindarine due à la présence à l’origine du mb- initial : mēlā̆-mbar > mîl-mbar > milbar.

On l'utilisait également dans de vieux composés (comme le q. –mar) pour une région, mais pas dans le langage ordinaire ; bardor signifiait « patrie, terre natale »*.

* Issu de bar-ndor, d’où l’absence de mutation comme dans Mordor.

La véritable construction, « une maison », en particulier de la plus grande et plus permanente sorte est bar. Ce fut uniquement dans les noms anciens que –bar fut utilisé comme le q. –mar pour une région habitée par un peuple. Pour cela, le sindarin utilisait habituellement –dor (< ndor), terre13).

¶ √mbar. « demeurer ; prendre une décision »14)

Appendice : le nom de Varda (p. 65–66)

Traduction de Damien Bador

Q. Varda, nom quenya de la Reine des Valar, femme de Manwë « l’Ancien Roi ». Semble en fait être simplement un adjectif elfique honorifique = « élevé » et ainsi peut-être connecté avec √BARAD/BARAT visible dans le sind. barad « tour ». Le nom sindarin est apparemment en lien, venant de *mbarathī, avec el = étoile préfixé. Il y avait une confusion ou une interaction entre 3 radicaux différents : √MBAR, demeurer ; √BAR-AT/AD, élevé, haut ; MAR(AT)/MBART « fatalité, destin ». De là q. ambar, monde, radical ambăr- ; ambar « destin, fatalité », radical ambart- = sind. amarth comme dans Amon Amarth ; marto « tour » = sind. barad. Les m/b/mb initiaux sont souvent interchangés15).

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) N.d.T. : Nous traduisons l’anglais fate par « destin » et l’anglais doom par « fatalité ou « sort », étant entendu que doom n’a pas toujours une signification négative. Notre traduction se heurte donc parfois à certaines traductions officielles, comme par exemple avec « Mont Destin » pour Mount Doom.
2) N.d.T. : Nous traduisons l’anglais Settlement par « Implantation » et les termes home, house, dwelling et dwelling-place respectivement par « foyer », « maison », « demeure » et « lieu d'habitation ». Ces traductions peuvent ainsi se heurter à certaines traductions officielles, comme par exemple avec « Patrie des Elfes » qui traduit Elvenhome.
3) Tolkien conserva deux brouillons de cette section de la discussion, comprenant des explications plus longues sur la relation de l’anglais settle avec la racine √MBAR (voir la section sur √MBAR ci-après).
4) que l’on faisait naturellement >> habituellement >> que l’on faisait le plus souvent ; et qui est (mais pas tout à fait précisément) >> mais qui n’est pas >> et qui est.
5) *mbără >> mbār >> *mbără.
6) adjectivale (participe passé) >> dérivée.
7) La seconde note fut ajoutée dans la marge.
8) une « parentèle » ou un peuple >> une « parentèle ».
9)tan >> √tam ; *tanō >> *tamō ; *tandā « (une chose) créée par artisanat » >> *taman- … « une chose créée par artisanat » ; q. taman ou tamna >> q. taman. La première des deux notes fut ajoutée dans la marge.
10) Noter que la lecture « par de nombreuses voies divergé » est claire ; c.-à-d. « ayant divergé » ou « divergeant ».
11) Dans la 2e édition, l’ancien umbar remplaça lambe comme le nom plus correct, reconnu par les Elfes.
12) Lecture initiale du troisième paragraphe : Il n’était jamais utilisé par des individus ou rarement utilisé pour des choses individuelles moindres, bien qu’on pouvait parler d’événements de grande importance pour les habitants, Elfes et Hommes, comme d’un tout (comme la redécouverte de l’Anneau), qui étaient en partie prévisibles ou prédits, comme l’umbar (sind. amarth). Il était (dans les légendes des Jours Anciens) également parfois appliqué aux personnes jouant un rôle majeur dans l’histoire, qui étaient ou que l’on pensait être des adversaires ou destinés à l’être. C’était utilisé dans le cas de Morgoth uniquement pour la « fatalité » ou le « sort » [angl. curse] qu’il jetait à ses adversaires, en particulier celui qu’il jeta à Húrin et à toute sa famille.
13) Ce sont deux parties des brouillons de la discussion de Ambar, umbar, Turambar (voir PE 17, p. 104–110, et la traduction ci-avant).
14) Voir PE 17, p. 63–64 s.v. oromardi, p. 78 s.v. Rhovanion, p. 88 s.v. ancalima, p. 103. s.v. ambar metta, p. 123–124 s.v. umbar. Cf. QL MBARA, mar « demeure des hommes, -terre, la Terre » ; Étym. MBAR- « demeurer, habiter ».
N.d.T. : En p. 103, Tolkien traduit ambar metta par « fin du monde », ce que l’éditeur rapproche des termes met, mekt- « marquer, viser, objecter » (QL), Mettanyë (CP1, p. 63) et de l’entrée MET- « fin », *metta, nold. meth« fin » (Étym.).
15) NGS. Voir PE 17, p. 22–23 s.v. Elbereth. Cf. Varda « L’Exaltée », NT, p. 61 ; Silm. p. 348, « La Très Haute », p. 348 ; Lettres no 211 ; QL Varda (Tinwetâri) « Reine des Étoiles, femme de Manwe Sûlimo » ; Étym. BARÁD-, *barádā « élevée, sublime », q. Varda « chef des Valatári, Épouse de Manwe » ; Varda Aratarya« Varda l’élevée, Varda dans sa sublimité », WJ, p. 369, « la Sublime », p. 402.
N.d.T. : En p. 114, Tolkien glose le sind. amarth « destinée, destin », que l’éditeur compare notamment à amarth « destin » (EQS) ; mart, martos« portion, destinée, sort », Umrod, Umbart « destinée » (GL) ; ambarth, am(m)arth « destinée » >> amarth« destinée » (NW) ; MBARAT-, q. umbar « destinée », nold. ammarth (Étym.) ; Amon Amarth « Mont Destin » (PM, p. 176).
 
langues/textes/destinee_monde.txt · Dernière modification: 15/03/2022 10:30 par Druss
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