Mains, doigts & numéraux eldarins et écrits associés — Introduction

Vinyar Tengwar J.R.R. Tolkien — Février 2005
édité et annoté par Patrick Wynne
traduit de l’anglais par Vivien Stocker
Article théorique Article théorique Article théorique Article théorique Article théorique

Cet article est issu du journal linguistique Vinyar Tengwar 47, daté de février 2005 et édité par Carl F. Hostetter. Le traducteur remercie chaleureusement le Tolkien Estate, Patrick H. Wynne, Carl F. Hostetter et l’équipe éditoriale de Vinyar Tengwar pour avoir autorisé la publication de cette traduction. Il remercie également les nombreux relecteurs de la traduction.

Le texte de Tolkien est sous la protection du droit d’auteur. © 2005–2022 The Tolkien Trust.

Afin de bien différencier les textes de J.R.R. Tolkien de ceux de l’éditeur et commentateur Patrick H. Wynne, les textes de ce dernier sont présentés avec une police d’écriture plus petite :
texte de l’éditeur
– texte de Tolkien.

Plan de l’article :
Mains, doigts & numéraux eldarins et écrits associés

Introduction

L’essai « Mains, doigts & numéraux eldarins » est l’un des nombreux travaux « historico-philologiques » écrits par J.R.R. Tolkien au cours des années 1967–1970, une période extrêmement productive qui voit aussi la composition du « Désastre des Champs de Flambes », de « Cirion et Eorl » et des « Batailles des Gués de l’Isen » (publiés dans les Contes et légendes inachevés) ; « Les Rivières et collines de feux de Gondor » (largement cité dans les Contes et légendes inachevés et dont le reste fut publié dans le Vinyar Tengwar 42) ; et Of Dwarves and Men, The Shibboleth of Fëanor et The Problem of Ros (publiés dans The Peoples of Middle-earth)1).

Le texte « Mains, doigts & numéraux eldarins » (nommé ci-après MDN) a l’apparence typique des essais de Tolkien de cette période : il fut composé sur une machine à écrire, en grande partie sans brouillon préalable2), utilisant les faces vierges de vieux papiers fournis par l’éditeur de Tolkien, George Allen & Unwin3). L’une de ces feuilles est un avis de publication portant la date de jan.–fév. 1968, qui fournit un terminus a quo pour la composition du texte. MDN est constitué de neuf pages, numérotées à l’encre 1–5, 6A, 6B, 7A et 7B (les pages 6B et 7B sont des versions révisées de 6A et 7A). Le dactylogramme MDN lui-même porte seulement le titre « Mains E. » écrit à l’encre en haut de la première page. Le titre complet, « Mains, doigts & numéraux eldarins » apparaît sur un morceau de carton placé avant la première page du dactylogramme, avec les équivalents en quenya des mots « Mains », « Doigts » et « Numéraux » écrits à droite du titre en tengwar (máli, leperi, nótessi — bien que seul notessi avec un o court apparaisse dans MDN) :

máli, leperi, nótessi

MDN contient trois sections : « Les mots pour “main” », « Gauche et Droite » (à propos de l’ambidextrie chez les Eldar) et « Les doigts ». L’essai fut clairement abandonné avant que la section sur les doigts ne fut complétée, puisque les noms en telerin et sindarin pour les doigts ne sont pas formellement présentés, bien que quelques-uns soient incidemment mentionnés dans la présentation des noms quenya4), et, alors que le paragraphe final sert d’introduction à la théorie de Pengoloð sur la relation entre l’eld. com. neter 9 et le q. nette « sœur » (un « nom ludique » pour le 4e doigt), le texte finit avant que la théorie ne soit effectivement donnée. Il est également évident, d’après le titre de l’essai, que Tolkien souhaitait inclure une section dévolue aux numéraux. Bien qu’elle n’ait jamais été écrite, les radicaux numériques associés au développement des noms des doigts (notamment les radicaux pour 3, 8 et 9) sont discutés en détail dans la section sur les doigts.

Deux passages de MDN ont été cités par Christopher Tolkien dans l’Histoire de la Terre du Milieu. Les deux dernières phrases de l’entrée pour le q. kamba, donnant l’origine légendaire du nom sindarin Mablung « la Mainlourde », sont citées dans la Formation de la Terre du Milieu, p. 208 ; et l’entrée complète pour le q. quár « poing » (excepté la phrase finale), avec le compte-rendu divergent sur l’ascendance de Celebrimbor apparaissant dans The Peoples of Middle-earth, p. 318. MDN est le « texte d’environ 1968 » à partir duquel le radical eldarin commun LEP « ramasser, choisir » et ses dérivés furent cités dans la discussion sur Elpino « Christ » dans l’analyse de la Litanie de Lorette du Vinyar Tengwar 44, p. 16.

Plusieurs autres pages manuscrites de documents apparentés furent placées avec le dactylogramme MDN, toutes écrites à l’encre sur de vieux papiers Allen & Unwin de 1968 et toutes clairement contemporaines de l’essai. Ces documents, listés dans l’ordre dans lequel il ont été placés à la suite de MDN, consistent en :

  1. Un texte sans titre qui se présente comme un synopsis d’Eldarinwe Leperi are Notessi « Les doigts et numéraux elfiques » (nommé ci-après ELN), un ouvrage de Pengoloð de Gondolin qui est aussi mentionné dans MDN (voir la note de l’auteur 19). Ce synopsis fournit un grand nombre d’informations absentes de MDN, et plus particulièrement les listes complètes des noms des doigts en telerin et sindarin, ainsi que les listes complètes des numéraux de un à douze en quenya, telerin et sindarin.
  2. Une version révisée du premier paragraphe de la section « Les doigts » de MDN (§15), similaire dans son contenu au paragraphe du dactylogramme mais expliquant le document avec une plus grande clarté.
  3. Un texte de trois pages qui présente intégralement la théorie de Pengoloð sur la relation étymologique entre l’eld. com. neter 9 et le nom ludique nette, suivi par un compte-rendu détaillé de l’invention des radicaux numériques kanat 4 et enek 6 (ce texte sera dénommé NKE pour neter, kanat, enek). Les formes elfiques de ce manuscrit indiquent qu’il est antérieur aux pages 7A et 7B du dactylogramme et qu’il avait probablement pour but de servir de brouillon préliminaire à la discussion de neter et nette qui apparaît dans ces mêmes pages du dactylogramme (bien que, comme noté plus haut, le dactylogramme MDN s’interrompe avant de détailler la théorie de Pengoloð ou de discuter des origines de kanat et enek).
  4. Plusieurs pages de notes d’ébauche sur les noms des doigts et les radicaux numéraux. Ces notes furent souvent écrites en grande hâte et malheureusement, beaucoup d’entre elles sont maintenant extrêmement difficiles à déchiffrer avec certitude, en particulier celles griffonnées au stylo-bille. Néanmoins, elles présentent un certain intérêt et elles seront donc citées (comme « Notes d’ébauche ») lorsque cela sera nécessaire dans les notes éditoriales aux textes présentés ici.

Enfin, il existe aussi deux autres textes qui possèdent un lien étroit avec MDN, bien qu’ils ne fussent pas placés avec le matériau de MDN dans les documents de Tolkien. Le premier d’entre eux est un dactylogramme intitulé « Variation D/L en eldarin commun », qui peut être vu comme un développement directement dérivé d’affirmations plus brèves faites sur ce phénomène dans MDN. Le second texte consiste en deux pages sans titre, l’une manuscrite et l’autre dactylographiée, présentant plusieurs versions successives d’une phrase en quenya (avec la traduction anglaise) concernant l’ambidextrie elfique et la signification de la main gauche ; cette « phrase des ambidextres » semble être basée sur des portions de la section « Gauche et Droite » de MDN. Ces deux textes se trouvent dans « Quenya C », une boîte d’archives qui contient un très grand nombre de textes et notes tardifs, dont la plupart est écrit sur de vieux papiers Allen & Unwin portant la date de 1968 et sont ainsi à peu près contemporains de MDN. Des extraits de ces écrits contemporains dans « Quenya C », qui éclairent encore davantage MDN et ses textes connexes, seront cités dans les notes éditoriales, accompagnés d’extraits ponctuels de textes se trouvant dans d’autres boîtes d’archives.

Les textes décrits ci-dessus seront présentés ici en quatre parties. La partie I comprend le texte dactylogramme de MDN, suivi de NKE, le manuscrit de trois pages sur neter 9, kanat 4 et enek 6, qui fournit une sorte de fin alternative à l’essai. La partie II contiendra ELN, le synopsis du traité de Pengoloð, « Eldarinwe Leperi are Notessi », accompagné d’un appendice rassemblant divers extraits des Notes d’ébauche dans lesquels Tolkien tente de résoudre la relation entre le q. enque 6, minque 11 et yunque 12 et l’étymologie de leur terminaison commune –que. Les parties III et IV présenteront respectivement le texte sur la « Variation D/L en eldarin commun » et la « Phrase des Ambidextres ».

Remerciements

Comme toujours, je suis profondément reconnaissant envers Christopher Tolkien et le Tolkien Estate pour avoir permis de publier les manuscrits présentés ici. Mes remerciements vont également à Carl F. Hostetter pour son aide précieuse et ses conseils dans la préparation de la publication de ces textes, à Arden R. Smith pour avoir partagé son expertise sur les systèmes d’écriture de Tolkien ainsi qu’à Christopher Gilson pour son aide à déchiffrer quelques-uns des passages les plus obscurs de l’écriture de Tolkien.

Voir aussi

Sur Tolkiendil

Sur le net

1) Les notes étymologiques et phonologiques du Shibboleth of Fëanor qui ne furent pas incluses dans l’essai tel qu’il fut publié dans The People of Middle-earth furent éditées et publiées par Carl F. Hostetter dans le Vinyar Tengwar 41, p. 7–10.
N.d.T. : Ces notes sont disponibles traduites en français sur la page suivante : Tiré du « Schibboleth de Fëanor ».
2) Des notes d’ébauche, placées avec MDN, montrent que Tolkien griffonna des idées préliminaires aux formes elfiques alors qu’il travaillait au texte dactylographié. Un brouillon de la discussion sur l’eld. com. *makwā et ses descendants dans MDN §5 fut écrit au stylo-bille au verso d’une page du dactylogramme et il existe aussi du matériel d’ébauche subsistant de la discussion de l’eld. com. neter- 9 dans les §23–24. Autrement, MDN semble avoir été dactylographié ab initio.
3) Voir la présentation par Christopher Tolkien des caractéristiques de ces essais tardifs dans PM, p. 293–294.
4) L’intention de Tolkien d’inclure un compte-rendu complet des noms des doigts en sindarin est démontrée par deux références en page 6A. Au sujet du placement des mains dans le comptage à deux mains, 6A expose que : « Que ceux-ci aient été portés de la manière décrite ci-dessus est indiqué, comme on le verra, par quelques-uns des noms et noms ludiques en sindarin » ; et une brève discussion des « noms ludiques » des doigts sur la même page ajoute : « Pour les formes sindarines, voir ci-dessous ». Étant donné que les formes telerines sont normalement fournies dans la section des mots pour « main » (à l’exception de l’eld. com. *kambā ; voir note de l’éd. 15), il semble probable que Tolkien avait également l’intention de présenter complétement les noms telerins des doigts.
 
langues/langues_elfiques/quenya/mains_doigts_numeraux_eldarins.txt · Dernière modification: 10/03/2022 10:10 par Elendil
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