La Rencontre - Maria Kayed

(© Pascal Legrand)

Chapitre 1

Une semaine s’était écoulée du jour où le navire elfique, portant les Porteurs des Anneaux, avait quitté les Havres de la Terre du Milieu. Pas de terre en vue, rien que l’immense mer bleue, reflétant le ciel clair comme le miroir poli reflète la figure. Rien ne vivait dans cette eau, pas de poissons, pas d’algues, rien que les vagues qui se battaient sur le corps du navire. Pourtant, l’eau était extrêmement claire et pure qu’on pouvait voir le fond de cette mer. Le sable doré, visible aux voyageurs, formait des dunes sous l’eau. Ces dunes prenaient des figures que même le plus doué des artistes ne pouvait espérer faire de semblables. Sur le navire, Galadriel était en compagnie de Frodo et Bilbo, elle leur parlait d’Aman. Gandalf était assis, solitaire, sans doute il était heureux de voir sa tâche achevée et de pouvoir de nouveau marcher dans les jardins de la Lórien.

Elrond se tenait silencieux, il a quitté la Terre du Milieu bien plus tôt qu’il ne l’aurait voulu ; mais il ne pouvait plus résister au désir de voir la mer et de suivre le chemin des Elfes. Il était affligé de devoir laisser sa fille bien-aimée mourir dans la Terre du Milieu. Bien qu’il ait depuis longtemps prédit ce destin, il ne pouvait être que triste.

Il fut tiré de ses réflexions par une main qui se posait doucement sur son épaule, c’était Gandalf, il souriait et lui dit :
- Je sais que les adieux sont difficiles. Quand j’ai quitté Valinor, des millénaires plutôt, j’avais le cœur déchiré.
- C’est différent, répliqua Elrond, toi, tu étais sûr de revenir un jour à Valinor, tandis que je ne reverrai plus ma fille qu’à la Dernière Bataille et la fin du Monde.
- Tu as le droit d’être triste, c’est très normal. Mais tu n’as pas le droit de décider à sa place, c’est sa vie, et son choix. Elle était avec toi pour plus de deux milles ans, Aragorn a le droit de l’avoir avec lui pour quelques années, il l’aime.
- L’aime-t-il plus que moi ? il est venu et n’a vu que la princesse d’Imladris, belle et sage. Tandis que j’étais présent dans toutes les étapes de sa vie, dès le jour de sa naissance. Je lui ai appris à parler, à lire et à faire des chansons. Je lui ai raconté les Histoires Anciennes, je lui ai transmis l’art de guérir. J’essuyais ses larmes quand elle pleurait, j’étais heureux quand j’entendais son rire, je corrigeais ses fautes, je lui donnais des conseils. En partant maintenant, j’ai l’impression que je l’ai abandonnée, Mithrandir.

Gandalf resta silencieux durant un bon moment, puis il dit :
- Je suis surpris d’entendre ces paroles. Un Seigneur de ta sagesse sait que c’est le cycle de la vie, tu ne t’attendais pas à voir Arwen toujours chez toi ? Elle a le droit d’aimer, laisse-la, je ne dirai pas « oublie-la » parce que c’est impossible. Mais crois-moi, ces quelques années qu’elle vivra en compagnie d’Aragorn seront les plus belles de sa vie, durant lesquelles elle apprendra plein de chose que les plus sages ignorent, et à leur fin, elle se libérera des cercles de ce monde, allant chez Eru.

Elrond ne savait que répondre, et préféra rester silencieux au lieu de dire une bêtise ou de poursuivre un dialogue qui ne changera rien. Le destin de sa fille, elle l’avait déjà écrit par ses propres mains. Il alla s’assoir avec les deux Hobbits. Galadriel leur narrait le sombrement de Valinor et la mort des deux arbres. Le Semi-Elfe fut pris par la beauté du récit et oublia pour un temps sa tristesse, Galadriel étant une des rares elfes de la Terre de Milieu qui ont vu la lumière qui était avant celle du Soleil et de la Lune. Peu à peu, comme Galadriel parlait, le ciel bleu se remplissait de nuages gris, et goutte à goutte, la pluie commença à tomber. Cependant, tout le monde resta sur le dos du navire, car ils savaient tous, dans leurs cœurs au moins, que le moment de leur arrivée était venu. Et comme ça, par une nuit pluvieuse, le navire quitta la Terre du Milieu, trouva l’Ancien Ouest et arriva en Aman, le continent des Valar. Soudain, tout devint blanc, on ne voyait rien. Pour Elrond, c’était comme si un lourd fardeau tomba soudainement de ses épaules ; dans les yeux de Galadriel, on lisait la joie, rien que la joie, le Royaume Béni paraissait-il encore tel qu’elle le décrit ? Sur le visage de Gandalf on voyait le repos ; et les Hobbits… bon, ils se sentaient étranges sur ce navire plein d’Elfes.

Et comme un rideau qui s’ouvrait, annonçant le début de la pièce théâtrale, le brouillard blanc laissait place à une plage dorée. C’était Valinor. Le voyage est fini, le navire a rejoint les Terres Immortelles.

 Bateau pour Valinor (© Ted Nasmith)

Chapitre 2

Le jour se levait sur le havre de la cité elfique de Tol Eressëa quand le navire gris était arrivé. Le quai était presque vide, sauf de quelques marins qui prenaient soin des bateaux. Les voyageurs descendirent, un elfe les attendait au quai :
- Bienvenue, Seigneurs et Dames, je suis Meren, envoyé par Manwë pour vous accueillir et vous escorter au Taniquetil. Les Porteurs des Anneaux, les seigneurs Elrond, Olórin, Bilbo, Frodo et la Dame Nerwen sont priés de venir voir Manwë et Varda.

Tout le monde suivi l’elfe sans aucun retard, un peu plus loin, un autre navire, beaucoup plus petit, les attendait. Dans un laps de temps en mer, ils étaient arrivés à Valinor proprement dit. Le Taniquetil était en vue, et son sommet s’élevait haut et majestueux au-dessus de toutes les autres montagnes d’Arda. Quand le ciel commençait à s’assombrir, les voyageurs avaient déjà fait la moitié du chemin. Ils campèrent dans une petite lisière.

Autour d’un feu de camp, Galadriel chantait un des lais des Jours Anciens. Au son de sa voix mélodieuse, les Hobbits plongèrent dans un sommeil profond. Les elfes et le Maia veillèrent tard dans la nuit, discutant des affaires de la Terre du Milieu et du Royaume Béni. Elrond désirait entendre un compte-rendu complet du sort que subit Eärendil son père après son départ des plages de la Terre du Milieu.

A l’aube du lendemain, ils réveillèrent les Hobbits et reprirent leur route. Ils arrivèrent au sommet du Taniquetil et entrèrent voir Manwë qui les attendait. Il était assis sur un trône orné de pierres précieuses, il paraissait tout simplement, majestueux. Varda son épouse, était assise à son coté. Sublime dans ses vêtements blancs et brillants, la lumière des étoiles semblait prendre source dans celle de son visage. En voyant Olórin s’approcher, un sourire illumina encore son visage, si c’était possible qu’il soit encore plus illuminé. Ce fut Manwë qui parla le premier :
- Bienvenue tous dans le Royaume Béni, Olórin, Nerwen, Elrond Peredhil, Porteurs des Anneaux Elfiques ; Bilbo et Frodo, Porteurs de l’Anneau Unique.

Puis ce fut Varda qui parla :
- J’espère que vous trouverez ici le repos et la guérison des malheurs que vous avez rencontrés.

Puis, elle les fixa d’un regard si que personne, hormis Gandalf, ne put soutenir. Puis, elle parla de nouveau, des paroles que tous désiraient entendre :
- Nerwen, ta rébellion est pardonnée, tu es invitée à habiter parmi ta famille de Noldor sous le règne de Finarfin, Elrond, tu trouveras ta femme dans la forêt de la Lórien, elle est en meilleure santé maintenant, et elle sera heureuse de te voir, ainsi que toi, Nerwen. Tandis que toi, Olórin, tu es resté fidèle à ta mission jusqu’au bout, tu peux être débarrassé de ton corps de vieux homme, si tu le désires, et tu iras où tu veux à travers Valinor. Enfin, pour vous, jeunes Hobbits, vous êtes libres de voyager et découvrir Valinor à votre aise et de demeurer où vous désirez.

Ce fut Bilbo le plus rapide à répondre :
- Madame, je vous remercie de tout mon cœur, pour cet honneur que vous donnez à moi et à mon neveu. Passer le reste de nos jours dans les Terres Immortelles !! Quel privilège !! Même si nous consacrerions tout le temps qui nous reste en vie à vous exprimer notre connaissance, ce ne sera pas suffisant.
- De rien, vieux Hobbit, ce que ton neveu et toi ont souffert est bien grand et difficile. Et maintenant, vous pouvez prendre congé d’ici si vous le désirez et aller chacun où il désire.

Elrond et Galadriel allèrent aux jardins de la Lórien où était Celebrían, les Hobbits et Gandalf restèrent chez Manwë et Varda.

 Taniquetil (© Ted Nasmith)

Chapitre 3

Elrond s’avançait parmi les arbres des jardins de la Lórien, son cœur battait, il cherchait sa femme, enfin, il l’aperçut sur la rive du lac qui se nommait Lórellin, une fleur entre ses mains blanches, elle paraissait aussi belle que le jour que leur première rencontre dans la Lothlórien de la Terre du Milieu, au début du Tiers Age du Soleil. Il s’approcha un peu, silencieusement, ses pas ne firent aucun bruit sur l’herbe fraiche, il tremblait de tout son corps, lui qui n’avait fait le moindre geste aux portes du Mordor. Celebrían chantait, une ancienne chanson d’amour, elle était ignorante de l’arrivée de son mari et sa mère. Au son de sa voix, Elrond ne put se retenir, il s’avança et se dévoila.

Un léger son derrière son dos fit sursauter Celebrían, elle se leva et se retourna, et lorsqu’elle vit Elrond en face d’elle, elle crut rêver, il la prit entre ses bras vigoureux. Ils restèrent tous les deux muets, seul leurs yeux parlèrent. Elrond se baissa, son visage devint à la hauteur de celui de sa femme, il put sentir sa respiration haletante sur son visage, voir ses grands yeux, sa peau blanche, sa chevelure noire. Il s’approcha d’elle encore, jusqu’à ce que leurs corps s’enlacèrent, et il posa un léger et doux baiser sur ses lèvres rouges. Un baiser qui récompensa les centaines d’années de séparation. Encore dans les bras d’Elrond, Celebrían brisa le silence :
- Où sont-ils ? murmura-t-elle.
- Ils viendront bientôt, ils ne sont pas encore las de leur terre natale.
- Et elle ?

Elrond resta silencieux. Que lui dira-t-il ? Aurait-il le courage de lui annoncer que sa fille unique allait mourir ? Maintenant qu’il venait de la voir après maintes années de séparation.

Et comme pour le sauver de cette situation, Galadriel s’avança, Celebrían oublia un temps sa question pour accueillir sa mère et aller se jeter dans ses bras, comme elle faisait autrefois :
- Mère, où est ma fille ? Où est Arwen ?

Galadriel et Elrond se regardèrent, une larme brilla dans l’œil du Semi-Elfe, coula lentement sur sa joue jusqu’à tomber par terre. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit …
- Arwen ne viendra pas ma fille, dit enfin Galadriel qui fixait Celebrían d’un regard triste.
- Comment elle ne viendra pas ? Jamais ? Que s’est-il passé ?
Son regard rencontra celui d’Elrond, ce qui lui suffit pour deviner le sort de sa fille, le Semi Elfe ayant depuis longtemps confié à sa femme sa prophétie. Celebrían s’avançait en direction d’Elrond, arrivant chez lui, ses forces l’abandonnèrent, sa voix s’affaiblit, elle tomba inanimée. Elrond la rattrapa, l’allongea sur le sol, et essaya de la ranimer. Il resta comme ça des heures, Galadriel à son côté, mais tous leurs efforts n’avaient aucun effet, Celebrían ne bougeait pas, ne cligna même pas des yeux, elle semblait morte, sauf que son cœur battait encore. Elrond baigna d’eau fraiche son visage, tenait sa main, l’appelait, utilisait tous ses pouvoirs de guérisseur, mais en vain.

Pendant ce temps, Gandalf, Bilbo, et Frodo étaient arrivés. Gandalf avait encore son allure de vieil homme. Apparemment, il y était trop habitué pour pouvoir l’abandonner si tôt. Elrond porta sa femme à la chambre qui lui était réservée dans les jardins. Il l’allongea sur son lit et resta à coté d’elle. Gandalf l’examina, en plus d’Estë et d’Irmo :
- Elle est plongée dans une sorte de sommeil profond. Elle ne peut ni nous entendre ni sentir notre présence, dit Irmo.
- Je crois qu’il y a un remède pour sa maladie, dit Estë après quelques minutes de réflexion, au nord de Valinor, là où Fëanor avait depuis longtemps construit son château d’exil. A la porte de la forteresse où le sang de Finwë, premier Roi des Noldor arrosa la terre ; on trouve une petite fleur, dont le nectar, s’il est bien préparé, est capable de faire revenir l’esprit qui s’est égaré. Cette fleur, on peut la cueillir une fois par an, au mitan de l’année, dans trois jours, c’est ta chance unique, Peredhil.
- Je vais la chercher, dit Elrond en se levant.
- Je t’accompagne, dit Galadriel.
- Non, reste auprès de Celebrían, et veille sur elle.
- Alors je vais, dit Gandalf.
- Moi aussi, dit Frodo.
- Si j’avais seulement quelques dizaines d’années de moins … s’exclama Bilbo, je t’accompagnerais.
- Ne t’en fais pas, cher ami, lui répondit Elrond, puis se retournant vers les autres, il continua, préparez-vous, on part dans une heure.

 Elrond (© Eissmann)

Chapitre 4

Après exactement une heure, Elrond quittait la chambre de Celebrían, il avait jeté un coup d’œil sur sa femme inerte, il passa sa main sur ses joues et dans ses cheveux, posa un baiser sur son front et s’en alla. Irmo et Estë leur avaient donnés des chevaux pour aller plus rapidement, cependant, la journée n’était guère aisée.

Ils chevauchaient jour et nuit, prenaient peu de repos, mangeaient à peine. Elrond les poussait toujours à aller en avant, plus rapidement. Ils ne firent halte que pour reposer un peu les chevaux, qui au deuxième jour ne pouvaient plus aller en avant. Ils s’assirent en rond, Elrond resta silencieux tout le temps. Frodo bombardait, littéralement Gandalf de questions, et le Pèlerin, le donnait toutes les réponses qu’il désirait. Enfin, profitant du peu de sommeil qui gagna Elrond, Frodo interrogea Gandalf sur le passé du Semi-Elfe, et sur la raison pour laquelle sa femme était à Valinor et pas auprès de lui :
- Celebrían est la fille de Galadriel et Celeborn, Elrond tomba amoureux d’elle depuis longtemps, il l’épousa au début du Tiers Age, dans la ville d’Imladris, de leur union naquirent Elladan, Elrohir et Arwen la belle. Mais tout ce qui est bon ne dure pas, durant un voyage vers la Lórien, Celebrían fut attaquée par des Orcs, elle fut emprisonnée et empoisonnée. Ses fils la sauvèrent, et l’amenèrent à Imladris où Elrond la soigna. Bien qu’il réussisse à soigner son corps, l’esprit de la princesse resta blessé, comme lorsque le Roi Sorcier t’a poignardé par la lame de Morgul. Elle ne put rester en Terre de Milieu, et alla à Valinor, espérant y trouver la guérison. Son départ laissa un vide dans le cœur d’Elrond, il avait hâte de la revoir, et si le Mal n’était pas éveillé en Terre de Milieu, je ne doute pas qu’il serait venu avec elle.
- En effet, mais mon devoir était de rester et essayer de sauver la Terre du Milieu, j’avais en plus un des Trois Anneaux elfiques, je ne pouvais pas partir. Maintenant, en route, on n’a plus aucune minute à perdre. Elrond était réveillé, et écoutait le récit de Gandalf. Il se leva, monta en selle sur son cheval, et se mit en route. En allant de plus en plus vers le nord, le paysage devenait plus sinistre, on voyait moins de verdure, l’herbe devenait sèche et jaune et les arbres plus rares :
- Pressons le pas, on s’approche, s’écria Gandalf.

Ces mots tombèrent sur Elrond comme la pluie tombe sur la terre sèche. Il suivit Gandalf et poussa la force de son cheval à son extrême. Enfin, à l’aube du troisième jour, Formenos, la forteresse de Fëanor se présentait à leurs yeux. Haute, belle, terrible, elle reflétait l’âme et la personnalité de son bâtisseur. Quand ils virent la forteresse, les cavaliers s’arrêtèrent, puis Elrond, le visage illuminé par un nouvel espoir, s’élança en direction de Formenos. Arrivant, il sentit encore un mal qui n’avait jamais quitté ces lieux, l’ombre de Morgoth et d’Ungoliant régnait encore. Il descendit de son cheval, et le laissa seul, s’approcha lentement du château. Les portes étaient encore rouges du sang de Finwë, rappelant le mal et la corruption de Morgoth. Frodo et Gandalf se tenaient derrière Elrond, ils avaient encore laissé leurs chevaux :
- Regardez, s’exclama Frodo.

Leurs regards se portèrent dans la direction où il pointait, et Elrond poussa un léger soupir de satisfaction. Au milieu de la tache de sang sur la terre, une petite fleur ouvrait ses pétales rouge-sang. Elrond alla la chercher, mais arrivant, il hésita, une force inconnue empêchait sa main de cueillir cette beauté. Plus loin, Frodo s’apprêtait à rejoindre Elrond lorsque Gandalf l’empêcha :
- C’est à lui de gagner cette lutte d’esprit. Bien que Morgoth est dans le vide hors de ce monde, sa puissance est dans tout Arda, et ici, où il a commis son premier meurtre, elle est à son maximum.

Elrond passa la main sur la poignée de son épée. Mais il sentit que c’était inutile. Son combat était contre lui-même. En touchant la fleur, il sut que son nectar était encore capable de faire revenir l’esprit de Morgoth, il sentit la voix de celui-ci dans sa tête. Il se vit lieutenant, dirigeant les armées innombrables du Vala Noir. Il revit sa famille réunie, sa femme guérie, Arwen à côté de lui. Morgoth dominera le monde, Elrond à sa droite :
- NON.

La voix du Semi-Elfe retentit dans le nord désert de Valinor, son écho persista quelques minutes avant de s’éteindre. Morgoth ne devait pas revenir, il ne tient aucune de ses promesses, il fera des gens libres des esclaves soumis à sa volonté, il détruira le monde pour en faire la plus grande forteresse. Elrond revit le visage de sa femme dans les jardins de Lórien, et le sourire de sa fille quand il mit sa main dans celle d’Aragorn, il n’avait pas le droit d’abandonner la première, ni de détruire la joie de la deuxième, juste pour l’avoir auprès de lui. Il cueillit la fleur, et revint sur ses pas, l’esprit reposé, son cœur s’est arrêté de battre violemment :
- Revenons, dit-il calmement en direction du Maia et du Hobbit. Notre tâche n’est pas encore finie.

Le chemin de retour était plus paisible, Elrond gardait la fleur contre sa poitrine, à l’endroit où son cœur battait. Arrivant aux jardins de la Lórien, il la remit à Estë, qui alla préparer la potion, il l’assista, et quand ce fut fini, il prit le bol et versa quelques gouttes de son contenu dans la bouche de Celebrían, qui remua un peu, cligna ses yeux, les ouvrit et sourit. Elrond lui rendit son sourire, en serrant sa main.

La nuit même, les deux époux marchaient dans les jardins de la Lórien. Ils avaient tant de choses à se dire. Une étoile brilla dans le ciel sombre, plus que toutes les autres, le Semi-Elfe la regarda et sut que Vingilot passait. Cette même étoile, Arwen Undómiel la contemplait du château de Minas Tirith. Son cœur était reposé, après plusieurs jours et nuits d’inquiétude. Elle imaginait la rencontre de ses parents, loin en Outre-mer. Aragorn vint la trouver, et veilla avec elle, ses parents lui manquaient aussi.

 Le Vingilot (© Vigdis Eleruva)

(Créé en Juillet 2010 )

Annexes

 
arts/nouvelles/kayed_maria/la_rencontre.txt · Dernière modification: 22/12/2016 15:30 par Zelphalya
Partager sur
Nous suivre sur
https://www.facebook.com/Tolkiendil https://www.twitter.com/TolkiendilFR https://plus.google.com/+Tolkiendil http://www.youtube.com/user/AssoTolkiendil
Tolkiendil - http://www.tolkiendil.com - Tous droits réservés © 1996-2017