Didier Willis
Tolkien a consacré plusieurs notes et quelques passages importants de ses récits tardifs à formaliser les aspects théologiques de son œuvre. Ainsi, la dénomination Arda Unmarred recouvre-t-elle, selon les textes, deux concepts connexes : à la fois l’idée de l’état originel du monde s’il n’avait pas été perverti par Melkor, et la projection d’une création voulue parfaite, qui sera restaurée par Eru à la fin des temps. De ces deux concepts, le premier n’a jamais existé de facto et constitue simplement une référence idéale à ce qu’aurait dû être la Création si elle n’avait pas été avilie. La Création n’a pas été voulue mauvaise, mais Melkor y a distillé ab ovo les germes du Mal.
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Didier Willis
Le Seigneur des Anneaux fait parfois appel, en passant, à des conceptions qui n’y sont pas exposées techniquement, mais qui sont seulement - dira-t-on - utilisées mythopoiétiquement. L’inexpliqué relève la magie de la faërie, mais relève-t-il de l’inexplicable ? Pour le dire autrement, ne peut-on rendre raison de cette faërie ? Le Seigneur des Anneaux est un roman, et non un traité de philosophie ou une somme de théologie. Si l’on sait bien que sa profondeur historique vient du Silmarillion, on méconnaît encore souvent le fait que sa profondeur philosophique et théologique s’explique par le « Silmarillion » tardif (c’est-à-dire de la fin des années 1950). C’est ce que nous attacherons à révéler.
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Bruno Delorme - avril 2011
Dans la plupart des grandes religions, l'enfer est un lieu particulier qui n'appartient pas au monde ordinaire, et qui, selon les antiques géographies mythiques, est généralement situé sous terre. Son accès est réservé à ceux qui y sont destinés, à savoir les âmes des morts. Mais il est possible, à certains êtres d'exception, de franchir la frontière qui sépare le monde des vivants de celui des trépassés pour séjourner temporairement dans ce monde souterrain. Dans la longue aventure vécue par les protagonistes du chef-d’œuvre de Tolkien, et avant que la Compagnie ou la Communauté de l'Anneau ne se sépare, leur périple va les mener dans un lieu terrifiant entre tous et qu'ils vont devoir traverser quasiment malgré eux. Ce lieu, c'est la Moria.
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Franck Mazas
A lire attentivement les œuvres de Tolkien, et plus particulièrement Le Seigneur des Anneaux, on éprouve une étrange impression : au moment où tout espoir semble avoir disparu, certains personnages, au lieu de sombrer dans le désespoir, gardent une sorte d’étincelle qui maintient leur courage et leur détermination. Cette impression, nous ne l’avons pas souvent lorsque nous lisons les récits de légendes antiques, notamment grecques, où les héros sont souvent le jouet du destin, ou du fatum, et où ils se retrouvent finalement écrasés. Le legendarium tolkienien contient également de tels héros qui se sentent, à tort ou à raison, écrasés par leur destinée, comme Túrin. Mais pour les plus lucides d’entre eux, nous sentons qu’ils conservent toujours au plus profond d’eux-mêmes cette merveilleuse vertu qu’est l’espérance.
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