Quenya

« Le quenya n'était plus un parler du quotidien mais une langue érudite, descendant des âges écoulés, bien qu'elle soit toujours utilisée dans les politesses ou pour les grands sujets du savoir et de la chanson par les Hauts Elfes, les Noldor dont ç'avait été la langue en Eldamar par-delà la Mer. Mais lorsque les Noldor furent exilés et retournèrent en Terre du Milieu, cherchant les Grands Joyaux que le Sombre Pouvoir du Nord avait saisis, ils utilisèrent pour leur usage quotidien la langue des terres dans lesquelles ils s'établirent. »1)
The Peoples of Middle-earth — Partie I — Chapitre 2 « L'Appendice sur les langues »

Le miroir de Galadriel (© John Howe)

Cette page est consacrée au « latin des Elfes », la langue du savoir par excellence en Terre du Milieu. Généralement connue sous le nom de quenya ou valinoréen, elle s'écrivait en fait qenya dans les premiers écrits de Tolkien. Elle compte également plusieurs variantes, comme le quenya vanyarin (anciennement appelé lindarin par Tolkien), le quenya ñoldorin, le quenya exilique et les variétés de quenya parlées par les Hommes, regroupées sous le terme de quenya númenórien. Pour les articles concernant la langue des Teleri d'Aman, il convient de ce référer à la page consacrée au telerin.

Tolkien précise toutefois : « Historiquement, et dans l'usage plus précis qu'en faisaient les Maîtres du Savoir linguistes, le quenya comprenait le dialecte des Teleri, qui, quoique divergent (dès avant l'établissement en Aman pour certains points, comme *kw > p), demeurait généralement intelligible aux Vanyar et aux Noldor. Mais dans l'usage courant il n'était attribué qu'aux dialectes des Vanyar et des Ñoldor, qui ne se différencièrent que plus tard, et demeurèrent d'importance mineure jusqu'à la période immédiatement antérieure à l'Exil. »2)

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Le quenya

Le quenya était la langue des Ñoldor et des Vanyar. Très conservatrice, elle subit peu de changement au cours des millénaires où les Ñoldor demeurèrent en Aman. Après le retour de ceux-ci en Terre du Milieu, elle fut bientôt réléguée au rang de langue instruite sous l'effet du Ban ordonné par Elu Thingol. Seul le royaume de Gondolin garda le quenya comme langue quotidienne de la Maison royale. Après la chute du Beleriand, certains Atani vinrent à apprendre le quenya, qui fut dès lors considéré comme la plus noble des langues, utilisée dans les occasions les plus solennelles.

Les dialectes du quenya

Le vanyarin

Le vanyarin est le dialecte du quenya que parlent les Vanyar. Les dialectes vanyarin et ñoldorin étaient mutuellement intelligibles, et ne commencèrent à se différencier l'un de l'autre qu'après la séparation des Vanyar et des Ñoldor, lorsque les premiers quittèrent Tirion pour aller résider à Valinor même. Ce dialecte était généralement perçu comme plus conservateur que celui des Ñoldor et était plus prestigieux, du fait qu'il était celui de la maison d'Ingwë, le Haut-Roi de tous les Elfes.

En savoir plus sur le vanyarin.

Le quenya ñoldorin

Le dialecte des Ñoldor se modifia plus que celui des Vanyar de par « l'amour du changement et de la nouveauté »3) des lambeñgolmor ñoldorins. Divers événements politiques comme l'opposition entre Fëanor et des fils d'Indis contribuèrent également à cette différentiation. Suite à l'Exil de la majorité des Ñoldor, il semblerait que le quenya ñoldorin de Valinor vint à disparaître, les Ñoldor restant adoptant le dialecte vanyarin.

Le quenya exilique

L'Exil des Ñoldor contribua à sceller la divergence entre le quenya parlé par la majorité des Ñoldor et celui des Vanyar. Cette variante fut ensuite influencée par le sindarin de Beleriand, et intégra des termes se rapportant spécifiquement à la Terre du Milieu. Cependant, suite à l'Édit de Thingol, le quenya exilique cessa bientôt d'être une langue vernaculaire pour la majorité des Ñoldor, à l’exception des habitants de Gondolin.

Le quenya númenórien

Certains des Edain qui combattirent en Beleriand au côté des Eldar furent amenés à apprendre le quenya de leurs alliés. Cette connaissance fut transmise à leurs descendants qui s'établirent à Númenor, où le quenya demeura la langue érudite par excellence jusqu'à l'époque de la rébellion des Númenóriens contre les Valar. Les Fidèles continuèrent néanmoins à révérer cette langue et la rapportèrent en Terre du Milieu : trois millénaires plus tard, les maîtres du savoir de Gondor se devaient toujours de la connaître.

Textes de Tolkien sur le quenya

Notes sur « Óre »

Lire l'article « Notes sur “Óre” »  Article théorique  Article théorique  Article théorique  Article théorique J.R.R. Tolkien — Juillet 2000
édité et annoté par Carl F. Hostetter

Parmi les papiers associés au « Schibboleth de Fëanor » se trouve une unique feuille dactylographiée, sans lien apparent avec ceux-ci mais leur étant très contemporaine. Elle est désormais située entre la dernière page dactylographiée de l’essai proprement dit et la première des pages manuscrites concernant les noms des fils de Fëanor ainsi que la légende de la mort du plus jeune de ceux-ci.
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Ósanwe-kenta

Lire l'article « Ósanwe-kenta »  Article théorique  Article théorique  Article théorique  Article théorique  Article théorique J.R.R. Tolkien — Juillet 1998
édité et annoté par Carl F. Hostetter

L’essai intitulé Ósanwe-kenta, « Enquête sur la communication de la pensée » existe sous forme d’un dactylogramme de huit pages, foliotées de 1 à 8 par Tolkien. Il est présenté et (se) décrit comme un « résumé » ou un « abrégé », fait par un rédacteur anonyme, d’une œuvre homonyme que l’Elfe Pengolodh, Maître du Savoir, « plaça en appendice de son Lammas ou “Exposé des langues” ».
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Notes étymologiques sur l’« Ósanwe-kenta »

Lire l'article « Notes étymologiques sur l’“Ósanwe-kenta” »  Article théorique  Article théorique  Article théorique J.R.R. Tolkien — Juillet 2000
édité et annoté par Carl F. Hostetter

Il me semble n’y avoir aucune raison de supposer que ces notes ne soient pas étroitement contemporaines de l’Ósanwe-kenta. Outre le lien évident avec le contenu de celui-ci, elles sont situées parmi des papiers qui datent majoritairement de la fin des années cinquante, incluant par exemple le fragment d’un brouillon dactylographié de l’essai « Quendi & Eldar ».
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Analyses de termes, noms et expressions en quenya

Histoire du mot « lóme »

Lire l'article « Histoire du mot “lóme” »  Note de lecture  Note de lecture  Note de lecture Petri Tikka — Août 2002
Dans le « Qenya Lexicon » des années 1910, on trouve un mot appelé lómë. C’est la première occurrence de ce mot, pour autant que je le sache. Il y est traduit par « avant-nuit, obscurité, ténèbres ». Ce mot fut également employé dans certains composés : « Hisilómë (et cela signifie “Crépuscules ombreux”) », « le nom Wirilóme de la grande araignée ».
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Une brève histoire du « et » en elfique

Lire l'article « Une brève histoire du “et” en elfique »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Thorsten Renk
Dès les premiers exemples de création des langues elfiques par Tolkien, deux thèmes apparaissent clairement : il ne devait pas y avoir un seul mot pour « et », mais selon le contexte il devait y avoir une distinction entre deux différents (au moins) ; et chacune des expressions pour « et » n’était pas seulement un mot mais était liée à d’autres prépositions par son étymologie.
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« Anaxartaron Onyalie »

Lire l'article « Anaxartaron Onyalie »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Patrick H. Wynne — 2003
L’expression quenya' Anaxartaron Onyalie est le titre écrit au crayon sur un dactylogramme du conte de la création des Ents et des Aigles des Seigneurs de l'Ouest. Il y a eu plusieurs discussions en ligne intéressantes afin de savoir si « Sur les Ents et les Aigles » traduisait Anaxartaron Onyalie, ou si le titre en quenya signifiait autre chose
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Une interprétation des noms de la lignée d'Elros

Lire l'article « Une interprétation des noms de la lignée d’Elros »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Andreas Möhn — Avril 2003
Le texte « La Lignée d’Elros » (publié dans les Contes et légendes inachevés) fournit de nombreuses informations sur les raisons du choix de leur nom par certains rois de Númenor. Cependant, il ne donne jamais la signification du nom en question, si bien que pour le lecteur novice, le lien peut souvent rester obscur. La liste ci-dessous est destinée à combler ce manque.
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Les descendants d’Isildur : des noms auréolés de mystère

Lire l'article « Les descendants d’Isildur : des noms auréolés de mystère »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Damien Bador — Octobre 2010
Le Royaume perdu d’Arnor reste mystérieux à bien des égards. Rien n’est connu de la période comprise entre le Désastre des Champs d’Iris et la scission de l’Arnor en trois fiefs perpétuellement en conflit. Si Tolkien mentionne que cette division eut lieu suite à des désaccords entre les fils d’Eärendur, il ne précise pas quelles circonstances auraient pu mener à un rejet du droit d’aînesse en cette occasion.
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Les numéraux eldarins

Lire l'article « Les numéraux eldarins »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Thorsten Renk
Les nombres entiers et les relations qu’ils entretiennent existent en tant qu’entités mathématiques indépendantes de la langue – dont le rôle est d’attribuer une étiquette à chacun de ces nombres. En principe, la langue pourrait créer des étiquettes pour chaque nombre. En pratique, les nombres sont groupés en unités de dénombrement (bases).
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Le poème Markirya

Lire l'article « Le poème Markirya »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Helge Kåre Fauskanger
Ce poème est décrit par Christopher Tolkien comme étant « l’un des principaux textes en quenya », et il s’agit en effet du plus long texte en quenya mature connu à ce jour. La version finale du poème est en réalité une traduction. Les premières versions furent rédigées au début des années 1930, alors que Tolkien tâtonnait encore au sujet de la structure exacte du « qenya » et révisait visiblement les terminaisons grammaticales chaque semaine.
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L’équivocité des conceptions valarine et elfique du « marrissement » d’Arda

Lire l’article « L’équivocité des conceptions valarine et elfique du “marrissement” d’Arda » Didier Willis — 2011
Tolkien a consacré plusieurs notes et quelques passages importants de ses récits tardifs à formaliser les aspects théologiques de son œuvre. Ainsi, la dénomination Arda Unmarred recouvre-t-elle, selon les textes, deux concepts connexes : à la fois l’idée de l’état originel du monde s’il n’avait pas été perverti par Melkor, et la projection d’une création voulue parfaite, qui sera restaurée par Eru à la fin des temps.
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Grammaire et phonologie du quenya

Nivellement analogique dans les composés (et mots préfixés) en quenya

Lire l'article « Nivellement analogique dans les composés (et mots préfixés) en quenya »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Thorsten Renk
De nombreuses choses sont susceptibles d'advenir lorsqu'un mot est préfixé ou devient le deuxième élément d'un composé et que sa syllabe initiale ne subit plus les changements applicables aux sons en début de mot. C'est probablement la raison des fréquentes mutations consonantiques rencontrées dans les mots composés en sindarin.
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Accord des adjectifs en q(u)enya

Lire l'article « Accord des adjectifs en q(u)enya »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Roman Rausch — Octobre 2006
Il n'y a pas de genre grammatical dans le q(u)enya de Tolkien, si l’on excepte certaines formes personnelles dans les premières sources, aussi sommes-nous limités au nombre et au cas pour l'accord de l'adjectif. L’adjectif peut se situer avant ou après le nom et s’accorder en nombre, en cas, pour les deux ou aucun.
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Le système pronominal quenya

Lire l'article « Le système pronominal quenya »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Thorsten Renk
Le système pronominal est toujours l’un des domaines les plus obscurs de l’étude des langues elfiques tolkieniennes. Cependant, le problème du quenya n’est pas que nous manquons d’informations attestées mais plutôt que le matériel connu est plein de contradictions et d’énigmes, illustrant l’habitude de Tolkien de développer continuellement ses langues.
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Des différentes formes de « nous » en eldarin

Lire l'article « Des différentes formes de “nous” en eldarin »  Article théorique  Article théorique  Article théorique Roman Rausch — Octobre 2008
Une caractéristique bien connue du quenya est la distinction entre les formes inclusives et exclusives de « nous ». Une révision majeure des terminaisons verbales associées fut menée à bien en 1965, de sorte qu’omentielmo « de notre rencontre » du salut de Frodo dans le Seigneur des Anneaux fut remplacé par omentielvo dans la deuxième édition.
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Constructions impersonnelles en elfique

Lire l'article « Constructions impersonnelles en elfique »  Article théorique  Article théorique  Article théorique Thorsten Renk
Les langues elfiques utilisent assez fréquemment des constructions impersonnelles pour diverses situations. Les verbes décrivant la météorologie sont souvent indiqués être impersonnels, ainsi que les actions au-delà du contrôle de l'acteur, et même dans certains cas une construction impersonnelle peut être utilisée pour indiquer une signification passive.
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Le parfait en quenya

Lire l'article « Le parfait en quenya »  Article théorique  Article théorique  Article théorique Thorsten Renk
Le parfait ne devint qu'assez tardivement une forme flexionnelle distincte des verbes en quenya dans la conception de Tolkien. Les premières tables des flexions verbales publiées dans PE 14 montrent uniquement le présent (aoriste), le passé simple et le futur simple comme formes infléchies.
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Le passé en quenya

Lire l'article « Le passé en quenya »  Article théorique  Article théorique  Article théorique  Article théorique Thorsten Renk
De tous les temps attestés aux diverses étapes d’élaboration du q(u)enya de Tolkien, c’est le passé que nous connaissons le mieux (après l’aoriste / présent, bien sûr, temps le plus souvent utilisé pour lister les verbes dans les écrits de Tolkien).
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Les influences externes du quenya

Les Hauts-Elfes sont-ils finno-ougriens ?

Lire l'article « Les Hauts-Elfes sont-ils finno-ougriens ? »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Harri Perälä – Janvier 2000 (mai 2005)
Tolkien créa de nombreuses langues dans le cadre de son monde fictionnel, mais seules deux langues elfiques, le quenya et le sindarin, finirent par être plus ou moins complétées. Ce qui suit est ma tentative d’identifier les similarités et les différences entre le quenya et ma langue natale, le finnois. Je me concentrerai sur les formes tardive de cette langue, parfois appelées quenya mature.
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La finnisation du quenya

Lire l'article « La finnisation du quenya »  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse  Article de synthèse Petri Tikka — Août 2005
La découverte d’une grammaire finnoise eut une influence significative sur Tolkien. Selon lui, « J’en fus assez intoxiqué ; j’ai abandonné ma tentative d’inventer une langue germanique “non attestée”, tandis que le motif et la structure de ma “propre langue” — ou série de langues — furent significativement finnisés. » Ainsi fut créé le quenya, le latin elfique des Hauts-Elfes.
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Le qenya

Le qenya était la dénomination initialement utilisée pour la langue ancienne du Premier Clan des Elfes uniquement (d’abord connus sous le nom de Lindar, les futurs Vanyar). À l’époque de l’Exil, cette langue était supposée être sortie de l’usage quotidien, mais servir à la communication entre les différentes tribus. Lorsque les Gnomes (ou Noldor) revinrent en Terre du Milieu, ils rapportèrent aussi l’usage du qenya.

Blason

1) Version originale : « The Quenya was no longer a daily speech but a learned tongue, descended from ages past, though it was still used in courtesies, or for high matters of lore and song, by the High Elves, the Noldor whose language it had been in Eldamar beyond the Sea. But when the Noldor were exiled and returned to Middle-earth, seeking the Great Jewels which the Dark Power of the North had seized, they took for daily use the language of the lands in which they dwelt. »
2) Version originale : « Historically, and in the more accurate use of the linguistic Loremasters, Quenya included the dialect of the Teleri, which though divergent (in some points from days before settlement in Aman, such as *kw > p), remained generally intelligible to the Vanyar and Noldor. But in ordinary use it was applied only to the dialects of the Vanyar and Noldor, the differences between which only appeared later, and remained, up to the period just before the Exile, of minor importance. » MR, p. 373-374
3) VT 41, p. 8
 
langues/langues_elfiques/quenya.txt · Dernière modification: 02/02/2013 12:42 par Elendil
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