Le Plus Long Lai du Silmarillion – Alkar

Ainulindalë

Ilúvatar luit. Les Ainur,
Furent Bénis de la beauté pure ;
Il engendra grande gaieté
En eux, heureux et glorieux.
« Magnifique morceau, dit-il,
Je vous offre ô féaux Ainur ! »
Et ils prirent place pour jouer,
Chanter le Beau, charmer Eru.

-o-

Les lais montèrent lentement
Sous la baguette des Bénis,
Sons sur la portée cristalline.
Paroles d’or, adamantines,
Prompte puissance si parfaite
Que de tout cantique créé,
Plus beau joyau il ne se fît
Entendre dans le désert Vide.

-o-

Voici ! Et des rubis sonores
Et des émeraudes dorées,
Trésor de la voix, tons variés,
Chantèrent, chacun, leur talent.
Onc telle musique ne fut
Rejouée, car rien ne restera,
Si ce n’est un son s’élevant
Quand le Temps quittera la Terre.

-o-

Mais à mesure que le Thème
Se jouait, sourdaient du grand Melkor
Ses propres pensées en puissance.
Il était si talentueux,
Crachant la créativité
Sur ses semblables, fit souffrir
La Mélodie, la martelant
D’une turbulente tempête.

-o-

De tout son thème, il dominait
Quand du chaos d’Eru naquit
Un thème chantant la beauté
Plus forte que la précédente.
Le vacarme d’une violence
Discordait. Divine demeure
Emplie d’une tempétueuse
Bataille sanglante de bruits.

-o-

Eru, soulevant sa sénestre,
Tout un thème né du tumulte
Blondi d’une beauté d’or pur
Dans ses cieux céruléens,
Combattit courageusement
De Melkor les mers maléfiques
De sons sifflants, assourdissants,
Rage et colère rugissaient.

-o-

Alors, Ilúvatar lança
Un regard radieux sur lui
Empreint d’une rude colère.
Il leva les mains lumineuses
Dans le vaste Vide, élevant
L’amère Musique qui mugit
Si haut, si bas qu’elle survit
Un instant et s’éclipsera.

-o-

Eru dit : « De tous les Ainur,
Même de Melkor, Je demeure
Le Grand Maître de la Musique.
On ne peut prendre la puissance
Hors de Moi, Je suis meilleur.
Mes instruments font des merveilles
Sans y penser un seul instant.
Vos choix ne Me feront pas choir. »

-o-

« Voyez vous-mêmes ! » La vision
D’un monde au milieu du Vide,
Si merveilleux, si magnifique,
Serein, soutenu par l’éther.
« Souvenez-vous, se sont ces sons
Qui ont conçu ce cœur, le vôtre ! »
Et tous les Ainur découvrirent
Les trésors, et ils tressaillirent.

Ils virent que d’Ilúvatar
De beaux Enfants feront surface,
Leur grande demeure dorée
Qui fut construite, ils l’ont créée.
Du troisième thème ils venaient,
Par Eru le divin Démiurge,
Goûtant à la gaieté, des Grâces
Ils jouirent jusqu’au Dernier Jour.

-o-

D’Arda, ils dardèrent leurs yeux
Comme pour contempler le Feu,
L’Eau, recelant encor l’écho
De la Musique, ô chant marin !
Ulmo seul, Maître des Marées
Fut pénétré de Ses Pensées.
Manwë, le Seigneur des Nuées
Dompteur des airs, guida Arda.

-o-

Maintes et maintes choses d’Aulë,
Le Créateur, furent conçues.
Il jouissait tout puissant artiste
De ses œuvres, beautés vivantes.
Ilúvatar dit à Ulmo :
« Que penses-tu de l’entreprise
De Melkor ? Il imagina
Le Froid, la Pluie et les Flocons ! »

-o-

Et le Prince de l’Onde dit :
« Plus belle m’est l’eau ainsi car
Je ne l’ai imaginée neige.
Pour Te réjouir, je veux rejoindre
Manwë, pour jouer la Mélodie,
Qui depuis toujours et jusqu’à
La fin, dicte nos faits, et nous,
Nous serons vassaux de la Flamme. »

-o-

La vision laissa place au Vide
Les Ainur ne connurent rien
Des Derniers-Jours et de la Fin.
Ilúvatar le Vénérable
Dit : Eä ! Que ces choses soient !
La Vision divine prit vie.
Les Ainur virent le Nouveau
Monde où certains sont descendus.

-o-

Pouvoirs diminués, épris
Du mirifique amour du Maître
Ils devinrent alors les Valar.
Entrés dans Eä, la terreur
Monta en eux, car les ténèbres
La Prophétie ont remplacées.
Accueillir l’Accomplissement
En modelant le Monde neuf.

-o-

Et là, élevèrent Aulë,
Ulmo et Melkor et Manwë
Les divins murs de la Demeure
Des Enfants, Pensée Argentée.
Melkor sur un monde soumis
Voulait, le Couard Vindicatif,
Régner sans dignité, sans honte
Sans Sulímo, Celui du Vent.

-o-

Manwë, le frère de Melkor,
D’Ilúvatar premier Vala,
Prit la parole : « Tu veux prendre
La Terre, fruit de ton travail,
De celui des Autres ? Dépose
Tes outils comme ton orgueil. »
Et Melkor et sa médisance
Prirent la route perdue, noire.

-o-

Et les Puissances parcoururent
Alors Arda, resplendissants,
Mais Melkor le Maudit de flammes,
Ses yeux s’emplirent sans cesser,
Jusqu’à rougir avant la Joute,
Valar valeureux et le Vil
Entreprenaient et détruisait
Avant la Venue des Eldar.

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arts/poemes/alkar/le_plus_long_lai_du_silmarillion.txt · Dernière modification: 11/12/2016 16:22 par Dαεrοη
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