L'envoûtement de Beren - Thibaud Mercier

Mes mains dans les cheveux de l'herbe fraîche et douce
Ébouriffent les fleurs et caressent la mousse,
Et mon corps, s'étirant, dissipe son sommeil
Aux paisibles lueurs d'un bienheureux Soleil !
Les sons et les odeurs volent dans la rosée,
D'éphémères diamants éclosent, irisés,
Scintillants de couleurs et pétillants de vie :
Ah ! tout ce qui m'entoure me charme et me ravit !

Se levant

Ô Vent ! Doucement tu murmures
Dans les feuilles et les ramures,
Et tu viens m'enchanter des plus rares parfums
Qui dans cette forêt tourbillonnent sans fin !
Merci à toi, Ô mon ami,
Pour cette fraîcheur infinie !

Respirant longuement

Merci aussi à toi, Sommeil réparateur
De m'avoir redonné cette étrange vigueur,
Merci à toi, rêve béni
Toi qui m'enveloppas l'esprit !

Il entend soudain les oiseaux

Vous êtes là, mes doux amis !
Et vos légères mélodies
S'écoulent dans la clairière
Comme la douce lumière !

S'étirant avec volupté

Gloire à toi, Aurore nouvelle,
Si éclatante dans le ciel !
Gloire à vous, petits rossignols !
Gloire à vous, vertes herbes folles !
Gloire à vous, arbres pleins de sève !
Gloire à toi, Nature qui te lèves !

Et gloire à toi, Ilúvatar, Père éternel,
Pour m'avoir réveillé reposé et heureux,
Dans cet endroit béni brillant de mille feux,
Sous les feuilles et les ombelles !

Il se promène dans la forêt, émerveillé

Dans ces bois enchantés doucement je m'évade,
Apaisé par cette lumière
Qui s'écoule, agitée ainsi qu'une cascade
Bruissant dans l'aube printanière…
Les rayons du soleil et les ombres de l'arbre
Caressent tour à tour mes yeux,
Comme les doux éclats d'un brillant candélabre
Allumé de paisibles feux !

Mes pieds dans l'herbe folle poursuivent leur chemin :
Toute fatigue a disparu,
Et mon cœur consolé s'enivre des parfums
Qui planent parmi les ciguës…
Comme de longs échos qui de loin se confondent
En une tremblante harmonie,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent:
C'est une musique infinie !

Car des milliers de voix, de chants et de murmures
Dans ces bois s'agitent sans cesse,
C'est une mélodie aux accents les plus purs
Qui me comble de joie et d'ivresse !
Oui ! Mon sang se réchauffe et ma tête bourdonne
Quand j'écoute cette musique
Et en mon cœur troublé cette ivresse résonne
Ainsi qu'un accord fantastique !

Mais chut ! Est-ce une illusion ?
Peu à peu, charmé, je perçois
Une voix mêlée à ces voix
Qui vole comme un papillon…

Oh… Que m'arrive-t-il ? Quelle est cette magie ?
Quelle est cette confuse et paisible énergie ?
Mon cœur à cet appel palpite, ensorcelé
Comme un petit oiseau brusquement envolé !
Mes paupières se ferment… Mon corps entier s'embrase…
Mon esprit s'évapore en une douce extase…
Mes pieds dansent tous seuls ! Mon souffle est plein d'étoiles,
Et mon cœur s'est gonflé comme une grande voile !

Silencieusement j'avance dans les bois
Guidé par cette seule voix…
Je suis ensorcelé… et sans savoir pourquoi
Je sens cette magie en moi,
Je marche doucement et sans faire aucun bruit
Tout bas, pour ne pas t'effrayer
Ô Toi, tremblant oiseau qui chantes dans la nuit,
Ô Toi, Rossignol de Manwë !

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arts/poemes/mercier_thibaud/l_envoutement_de_beren.txt · Dernière modification: 26/04/2009 03:18 par amra
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