Aldarion et Erendis - S. Veyrié

Il était un prince marin
Héritier de Númenor
Qui, émerveillé par le monde,
S'était fait amant de la mer.

Il répandait l'idée d'Andor
Sur les rivages de la terre,
Des Elfes l'antique domaine
Loin au levant d'Atalantë.

Et lorsqu'il revenait au port
Chargé de trésors exotiques,
Le chant des gens de Meneldur
Embrassait le prince Anardil.

Et quand il fut fait capitaine
Vint l'admirer à cette fête
Une fille aux cheveux de jais,
À l'âme douce et au cœur tendre.

Mais elle retint sa passion,
Le laissant au fil des années
À chaque relâche s'éprendre,
Bravant en son cœur Uinen.

La douce Erendis se rendit
Au charme du prince, à sa main
Prétendant, d'amour convaincu(e),
De s'abandonner désireuse.

Délaissant le Númerramar
Et l'Eämbar, vaisseau-logis,
Il rejoignit sa jeune femme
Dans le foyer d'Armenelos.

Leur bonheur engendra la perle
De Númenorë, la royale
Ancalimë, sublime et froide,
Au sein des Dúnedain reçue.

Par l'arbre blanc appareillé,
Par l'amour des oiseaux d'argent,
Erendis ravie du séjour,
Aldarion rêvant navires.

Il était un prince marin
Et sans se languir du dehors
Ne pouvait tenir loin de l'onde
Sa fougue frustrée et amère.

Il rêvait de voilures d'or
Que jamais les embruns n'altèrent,
Là toujours son spectre le mène,
Par Ossë chaque soir hanté.

Alors, il prépara encore
Une grande nef énergique,
Qui l'emporta triste, sombre et dur
Par un brumeux matin d'avril

Sentant sourdre une sourde haine
Des mers, elle se mit en tête
Que vers ce qui la piégait
Sa fille ne devait pas tendre.

Et pour attendre Aldarion
Revinrent en Emerië,
Laissant la mer entre eux s'étendre,
Celles dont s'accroissait la peine.

La dure Erendis se rendit
Au port, Rómenna, un matin
Refusant en restant vaincue,
De s'abandonner en pleureuse.

Cinq années, avant que l'amarre
De l'Hirilondë n'ait surgi,
Glacèrent le cœur de la femme,
Laissant l'âme nue jusqu'à l'os.

De là ce conte n'est que perte,
Rêves brisés et regards pâles,
Défis, colère et nuque roide,
Car dur est un amour déçu.

Et alors mal appariés
Furent les époux s'expurgeant,
Erendis ravie à l'amour,
Aldarion et ses soupirs.

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arts/poemes/veyrie_s/aldarion_et_erendis.txt · Dernière modification: 01/11/2012 17:19 par Zelphalya
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