Le Seigneur des Anneaux ou comment survivre au désespoir et à la peur: une lecture par la théorie de l'attachement

Nicole Guédeney - 27 juillet 2012 - Cerisy
ColloqueLes colloques de Cerisy ont, depuis longtemps, accordé une place de choix aux littératures de l’imaginaire et aux littératures dites « de genre » ; elles sont aussi, bien sûr, un lieu emblématique de réflexion sur la littérature. Une semaine sera consacrée, en juillet 2012, à l’œuvre de J.R.R. Tolkien (1892-1973) et au groupe des Inklings (C.S. Lewis, Charles Williams, Owen Barfield, etc.).

Intervention

L'intervention complète de Nicole Guédeney peut-être écoutée sur le site de l'Université de Caen Basse-Normandie : Le Seigneur des Anneaux ou comment survivre au désespoir et à la peur : une lecture par la théorie de l'attachement. L'intervention peut également être téléchargée.

Compte-rendu de l'intervention

par Cloé Dottor

La théorie de l’attachement a été énoncée par John Bowlby, chez l’enfant comme chez l’adulte. C’est ce qui permet à un être humain confronté à des émotions négatives de réguler la perte et le chagrin en s’appuyant sur des liens avec des personnes spécifiques, les figures de l’attachement.

Quand on lit le Seigneur des anneaux, on est soumis à cet attachement par le biais des thèmes du désespoir et de la peur lorsque le personnage se retrouve face à la perte ou au danger, mais qu’il est toujours capable de surmonter cette épreuve. La menace de la nuit, du noir, des ténèbres, représente le danger et l’angoisse en même temps que le personnage est confronté à la solitude et à l’inconnu, qui provoquent des émotions liées à la détresse. Il faut donc apprendre à réguler sa peur, d’abord avec l’aide de la figure d’attachement (le bébé aidé par ses parents), qui provoque un sentiment de sécurité, puis seul. En occident, c’est l’idéal du couple chez l’adulte.

Dans le Seigneur des anneaux, les figures d’attachement sont Gandalf, Galadriel, Faramir, et Aragorn en tant que roi pour les Hobbits. Les personnages fonctionnent en couple : celui qui a besoin d’aide et celui qui protège. Chaque rôle a son importance, et chacun doit faire un effort essentiel : demander de l’aide et venir en aide. Dans le Seigneur des anneaux, aucune honte ou sentiment de faiblesse ne sont liés à la demande d’aide : tout le monde a besoin d’aide, il est normal de demander.

Dans le texte, on retrouve des images récurrentes de la mise en place d’un environnement « secure » : contact physique rassurant, scènes d’endormissement. La protection est cruciale pour la quête, puisque c’est en protégeant Gollum que l’Anneau est finalement détruit. Le Seigneur des anneaux présente donc une vision « secure » du monde puisqu’on peut faire confiance aux autres, on n’est pas seul. Il y a toujours de l’espoir, ce qui permet de poursuivre la quête jusqu’au bout.

 
essais/colloques/colloque_cerisy_2012/compte-rendu_nicole_guedeney.txt · Dernière modification: 11/04/2017 09:45 par Druss
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