Les nains dans la mythologie et les univers fantastiques

Guillaume Jugy
Articles de synthèseArticles de synthèse : Ces articles permettent d’avoir une vue d’ensemble du thème traité mais ils nécessitent une bonne connaissance des principales œuvres de J.R.R. Tolkien.

L'origine nordique des nains : les alfs à l'origine de la controverse entre elfes et nains

Aux temps primitifs Odin dépeça à l'aide de ses deux frères le géant Ymir et fit des multiples parties de son corps une terre proche de celle que nous connaissons aujourd'hui. De sa cervelle il fit les nuages, de son sang la mer et les lacs, de sa chair la terre et de ses os les montagnes. Ce crime impuni à l'origine du règne d'Odin et des Ases et qui rappelle en tout point l'assassinat de Chronos par Zeus, le moment symbolique où le monde mythologique bascule de sa phase chaotique (dont titans et géants sont des incarnations) à sa phase organisée, ou du moins hiérarchisée par une génération de Dieux (Ases et Olympiens). Chtonos était le nom donné à la terre, mère des Titans (Géants). C'est la terre sous son aspect interne et obscur. Les « chtoniens » apparaissent à des moments clés entre la vie et la mort, des épreuves initiatiques, de châtiments ou de terreurs.

De la décomposition du corps d'Ymir que les Ases n'avaient pas à proprement parler prévu surgirent des vers grouillants qui venaient là « troubler » la puissance récemment acquise des dieux nordiques contre les forces primitives du Chaos. Ce témoignage plutôt compromettant d'un crime commis non sans perspectives futures mais néanmoins avec la moins élégante des barbaries se devaient d'être « racheté », ou du moins compensé par Odin et ses complices dont les multiples légendes dénonceront à leur sujet cette nature plutôt fourbe et « arrangeante » assez éloignée des critères de droiture et d'Idéal conférés à tort aux dieux de certains panthéons (à ce concours d'ingéniosité, de duperie et de « pactes » plus ou moins clairs Zeus et Odin rivaliseront de ferveur). Bref Odin attribua à ces vers putrides une enveloppe humanoïde, une voix, une force supérieure, certains pouvoirs uniques et même un nom, les Alfs…

Doit-on en conclure qu'Odin craignait la vengeance de ces innombrables fils d'Ymir surgis des entrailles découpées de leur père pour les doter de tant de dons ? Petrus Gardsvor dans L'envers d'Alfaheimr n'interprète-t-il pas de manière assez fine la réaction d'Odin dans cette supplique pressée : « Se les concilier ! Les traiter en alliés ! » ? Restera de cette transaction une sorte de neutralité des Alfs envers les Ases, pouvant suivant les récits les assister ou les compromettre voire les affaiblir.

La scission des Alfs est avant tout géographique : ceux dont la gestation eut lieu près du côté lumineux du Monde (Muspellsheim) seront touchés par la grâce de Vi, un des frères d'Odin, et celui-ci leur permettra de s'envoler et de donner par leur descendance la race des elfes (dont le royaume tout près d'Asgard se nomme le Ljossalfaheimr, résidence des elfes de lumière) et plus généralement le peuple elfique et sa cohorte de sylphes, Huldres, et autres esprits aériens. L'autre partie des Alfs fondera le royaume de Svartalfaheimr, la résidence des elfes sombres, et ceux-ci règneront sur les entrailles de la terre et ses richesses, ses sciences occultes et ses forges. Cette branche donnera naissance aux nains et au petit peuple souterrain dont la Grande Encyclopédie des Lutins, de Pierre Dubois, fourni un inventaire riche et poétique. En caricaturant légèrement, les elfes occupèrent bientôt la surface et les espaces aériens de la terre tandis que les sous-sols et le feu étaient dévolus aux nains. Les nains comme les elfes sont donc liés aux divinités chtoniennes, symbolisant les forces inconscientes du désir, métamorphosés en images captivantes.

L'évolution et la christianisation brouilla bientôt les pistes, et le folklore retint une crainte des elfes et des Dieux tandis que les nains, lutins et autre petit peuple se teintèrent d'une connotation positive. En Wallonie, par exemple, où le rôle des nains dans les phénomènes karstiques (trous, grottes, etc.) a été en quelque sorte une lecture des phénomènes géologiques utile à « l'anthropisation » du paysage. De même en ce qui concerne la taille, où rien ne dit que les Alfs primordiaux furent de la taille des nains, en ce sens que des légendes rapportent des faits de nains à taille humaines, voire géante… Il faut ici interpréter le « nain » non pas vis-à-vis de l'image populaire, mais surtout en fonction de son origine chaotique et chtonienne dont les géants étaient les premiers représentants dans la mythologie nordique.

Pour mieux comprendre cette nature primordiale du nain, il est nécessaire d'apporter à cet imaginaire nordique les éclairages d'une cosmogonie éloignée en distance mais dont les parallèles sont évidents vis-à-vis de la cosmogonie nordiques. Plusieurs mythes chinois expliquent la création du monde. La version la plus répandue évoque le Chaos comme un œuf originel unissant le Yin de la Terre au Yang du Ciel. De cet œuf, naquit le nain Bangu dont le corps se mit à grandir, séparant progressivement le Ciel de la Terre. Puis Bangu mourut et de son corps naquirent les divers éléments du monde: de son sang les mers et les rivières, de sa chair la terre, de son souffle le vent, de sa voix le tonnerre, de ses yeux le soleil et la lune. Quant aux humains, pour l'anecdote, ils furent issus de…ses puces ! Si certains rôles sont renversés, reste que le nain originel chinois rend compte de ce même état d'esprit primordial et que le rôle d'Ymir et de Bangu revient au même dans le processus de création du Monde.

C'est cet aspect créatif et terrien qui est mis en avant par Tolkien dans le Silmarillion. Qui est le créateur des Sept Pères des Nains ? Aulë bien sûr, qui d'autre que celui qui « trouve sa joie et sa fierté dans l'acte de création et dans le résultat de cette création, non dans sa possession ni dans sa maîtrise » ? Aulë, qui avec Manwë et Ulmo fut un des artisans les plus actifs à l'avènement de la Terre du Milieu. Aulë, le forgeron, « maître en tous les arts » dont la suzeraineté s'étend sur toutes les substances dont Arda est composée. Ici encore le rôle symbolique dévolu aux nains, celui de la Forge et de la Terre, est mis en avant par Tolkien.

Les parallèles entre la mythologie nordique et Tolkien sont fréquents et ciblés : les premiers des nains cités dans l'Edda de Snorri Sturluson sont Modsognir et Durin, et Tolkien fait de Durin « le plus célèbre » des nains. Nombre de noms de nains de l'Edda se retrouvent dans la confrérie qui envahira le domicile de Bilbo Sacquet (Bilbo le Hobbit) à la veille d'une aventure qui mènera notamment à la découverte de l'Anneau. Et que dire de ce sorcier gris de Gandalf, dont le nom est directement issu d'un de ceux de cette même mythologie nordique et dont la traduction pourrait être « nain magicien » ?

Un débat récurrent entre amateurs de Tolkien oppose les nains et les Elfes de la Terre du Milieu. Bien qu'il faille tout à fait nuancer cette apparente opposition et même s'il est difficile de renier que les consciences elfes et naines se situent à des niveaux différents, il est dangereux d'accepter le conflit entre « élévation elfique » et « enfermement nain ». A ce titre la « réconciliation » de Gimli et Legolas n'en est pas forcément une, elle explique même en quoi les deux races s'opposaient d'une manière plus « historique » que symbolique, et que le conflit en résultant ne portait pas sur la nature et les caractéristiques de chaque race mais bien plus sur le passif historique de ces deux races à travers les Ages. Conflit bien humain en quelque sorte…

Le nain-bouffon, révélateur de l'Inconscient humain

Il est fréquent d'associer le nain à l'image du bouffon, qui peut sembler réductrice au premier abord. Le symbole du bouffon participe pourtant à d'autres aspects cosmogoniques et symboliques du nain, notamment dans la relation entre l'homme et son ombre.

Venus du monde souterrain auxquels ils restent liés, les nains symbolisent les forces obscures qui sont en nous et ont facilement des apparences monstrueuses. Par leur liberté de ton et de parole auprès des grands du monde (il faut avoir en mémoire cette image de Cour où le souverain est entouré de bouffons nains ou difformes), ils personnifient les manifestations incontrôlées de l'Inconscient. C'est l'image du nain-bouffon, révélateur de la dualité de chaque être et de sa propre face bouffonne. C'est l'autre face de la réalité, celle que la situation acquise fait oublier et qui se rappelle à l'attention. Le nain en tant que bouffon apparaît dès l'iconographie égyptienne antique. L'une des caractéristiques du bouffon est d'exprimer d'un ton grave des puissances anodines et d'un ton de plaisanterie des choses plus graves. Il incarne en ce sens la conscience ironique. En désarçonnant l'harmonie, il l'intègre à un niveau supérieur, pratiquement cosmique.

Le cas du nain Dworkin dans le Cycle d'Ambre de Roger Zelazny met en avant cette notion d'un point de vue cosmogonique : en effet, le fondateur d'Ambre, Dworkin, un nain sorcier originaire des Cours du Chaos décrit en habits de Cour de type Renaissance, à tracé la Marelle d'Ambre à l'aide d'un des yeux du Serpent, symbole du Chaos. L'Œil du Serpent est un des joyaux des Cours que les « Ambriens » nomment « la Pierre de Sang ». Le Chaos tente de reprendre cette pierre afin de reprendre possession de ses nombreux pouvoirs, mais que la Marelle (principe dynamique de la Loi) défend jalousement, par le biais de ses disciples (notamment dans Chevalier des Ombres et Prince du Chaos). Dworkin peut être interprété ici comme une de ces créatures primordiales, issue du Chaos et engendrant une réalité par une manifestation de l'Autre. Le nain et en particulier le bouffon se place souvent en entrave dans un procédé harmonique et réglé. De l'apparition inattendue de vers sur le corps d'Ymir jusqu'à leur création par Aulë chez Tolkien sans l'avis ni l'autorisation d'Eru le principe immanent, ils jouent souvent le rôle de « trouble-fête », au sens où ils font prendre à l'ordre des choses un sens différent. Ils incarnent donc une dimension d'altérité dans le processus de créativité, que celle-ci soit minime comme chez Tolkien ou fondatrice comme chez Zelazny.

Le corollaire de cette mise en avant de la face inconsciente, créative et « monstrueuse » de l'homme symbolisée par le nain-bouffon est la signification de son sacrifice du par l'autorité, qui indique le plus souvent une faiblesse psychologique, une impuissance à assumer ses travers et ses refoulements. Certains phénomènes racistes et xénophobes sont assez révélateurs de cette impuissance : en caricaturant la victime sous les traits d'un bouffon incompréhensible ou tout simplement différent, c'est une part de sa propre nature que l'on renie. Assimiler le bouffon, c'est continuer son évolution ascendante, intégrer des aspects autres à un niveau plus compréhensif, en définitive plus humain. Les compagnies de nains de la Renaissance, considérées comme des curiosités et des animaux apprivoisés servaient alors l'Inconscient collectif de l'époque en « domestiquant » ses refoulements et ses propres peurs.

Les nains projettent donc une facette d'ombre sur l'idée solaire et rassurante de l'homme. Cependant, les « incohérences » du premier abord peuvent aussi se révéler d'une logique dépassant le raisonnement, une logique douée de toute la force de l'instinct et de l'intuition. « Initiés aux secrets des grottes et des alcôves où leur petite taille leur permet de se glisser, ils possèdent parfois la clairvoyance des êtres de mystère : leurs paroles pénètrent comme des dards dans les consciences et les egos trop assurés. » (Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant).

Le nain-forgeron, personnage initiatique

Passés les aspects cosmogoniques du nain on se doit d'aborder un rôle qui lui est fréquemment donné et dont la symbolique est tout aussi riche, celui du forgeron. Dans une histoire où la forge étaient l'aboutissement et la source de toutes les technologies (de construction, militaire, agraire), le forgeron s'est naturellement paré d'attributs magiques et de sciences occultes. Cependant la symbolique renverse la situation, et c'est le forgeron qui distille son art mystérieux dans les différentes sphères de l'organisation des peuples et des puissances.

Héphaïstos-Vulcain est un dieu boiteux et difforme. Comme Jacob après sa lutte contre Yahvé, Héphaïstos est devenu boiteux après un combat avec Zeus pour défendre sa mère. Dans l'Olympe, il est le Forgeron, le Dieu du Feu. Sa difformité n'indique-t-elle pas qu'il a lui aussi quelque secret divin, quelque aspect caché de la divinité suprême, ce dont il demeure éternellement blessé ? Ce qu'il a vu, n'est-ce pas le secret du feu, le secret des métaux qui peuvent être solides, liquides, purs ou alliés et se transformer en armes, aussi bien qu'en socs ? Le boiteux, le difforme, c'est le forgeron qui grave les symboles solaires des glaives, des sceptres et des boucliers. Mais la difformité n'est pas pour ce chapitre un vecteur d'explication, la légende d'Héphaïstos permet ici d'expliquer la nature divine du don de la Forge. Les nains des Ases nordiques ont forgé les objets les plus précieux et les plus célèbres de l'épopée mythologique des compagnons d'Odin : sa propre lance Gungnir, le bateau de Freyr pouvant embarquer toutes les Ases et se rangeant dans une poche, son sanglier d'or également, Gleipnir, le lien de Fenrir qui ne se brisera qu'à Ragnarok, les Grilles de l'Enfer (Thrymgjölf), le collier de Freya…

Le thème de la forge revient souvent dans les légendes initiatiques, et à ce titre l'épopée de Sigurd (Siegfried) est tout à fait révélatrice de cette thématique à travers le rôle que joue Regin (Alberich), le nain-forgeron qui élève Sigurd, reforge l'épée brisée de son père qui était elle-même un don d'Odin et pousse le jeune héros à combattre le dragon Fafnir, gardien de l'or du Rhin. Regin est un nain, et dans son esprit il veut récupérer le trésor que garde jalousement son frère Fafnir qui s'est mué en dragon. On peut considérer que Regin et son frère font partie d'une génération de nains primordiaux, du temps où la différence d'avec les géants chaotiques était encore fraîche et pas toujours régulière. L'Or du Rhin était d'ailleurs la possession d'Andvari, un autre nain capturé sous la forme d'un brochet par Loki… et celui-ci avait maudit l'Or en promettant la mort à chacun de ses possesseurs. Fafnir le dragon (autre principe chtonien apparaissant ici sous la forme d'un nain transformé) meurt donc sous les coups de Sigurd grâce à l'épée reforgée par Regin, et le héros supprimera également celui-ci en écoutant la conversation de deux oiseaux lui dévoilant les mauvaises intentions du nain-forgeron… Après avoir élevé Sigurd dans le bruit et la chaleur de la forge, après avoir reforgé l'épée de son père, après avoir poussé Sigurd à éliminer le dragon, la Bête dont le symbolisme dépasse le cadre de cet article, le rôle de Regin est terminé et la suite de la légende prend place.

Nombre de héros passent ainsi leur adolescence dans le giron d'une caverne de forgeron, principe tellurique en parallèle avec la chaleur de la mère et ses entrailles mystérieuses. Le rôle du nain est ici quasi-maternel, et l'embonpoint que l'imaginaire populaire lui porte renforce cette vision, de même que la barbe représente le courage et la sagesse de sa fonction. La forge de l'épée par Regin, qui symbolise par ailleurs l'éveil de la virilité avant que le héros n'aille « transpercer » la Bête, symbole ici de l'initiation sexuelle (vagina dentata : crainte du sexe féminin), se retrouve également dans de multiples récits de ce type y compris la reforge de l'épée d'Isildur chez Tolkien. Le nain-forgeron représente donc les principes créatifs effectifs en continuité avec les principes créatifs théoriques du nain-bouffon (un épanchement de désirs inconscients). La Forge est l'expression de la création, de la maturation mystérieuse et matricielle issue de la Mère et de la Terre unies ici dans un même symbole tellurique.

La science des nains-forgerons, celle de la pierre, des métaux et notamment de l'or, est donc un héritage sacré en ce sens qu'il préside à l'éveil et à l'évolution pratique des civilisations. On peut rapprocher cette science mystique des préceptes alchimiques et de l'initiation des sociétés secrètes dont le but est l'épanouissement de l'être dans son évolution (souvent à des lieues des principes de secte). L'or, outre sa propriété physique d'être le plus malléable des métaux (on voit là directement l'analogie à la forge symbolique et la transformation de l'homme), retient bien évidemment l'attention non pas par la richesse matérielle mais spirituelle qu'il constitue et dont les nains sont en partie dépositaires de part leur nature tellurique. De là à les considérer systématiquement en gardiens jaloux et intéressés, le saut est rapidement fait bien que l'exemple de Fafnir en soit le meilleur exemple. Mais dans les pattes de Fafnir comme dans celles de beaucoup de gardiens de trésor, c'est une richesse stérile qui attend l'avènement d'un principe fécondant. Gwioi, chef des nains de Bretagne, veillait sur un vase qui fut reconnu par la légende comme le Graal. Parfois les sphères matérielles et spirituelles se rejoignent, mais c'est une considération bien erronée de comprendre la transmutation alchimique du plomb en or comme une simple façon d'arrondir ses fins de mois ! Et pour apporter une autre pierre à cet édifice, la symbolique du ventre renvoie également au laboratoire de l'alchimiste où se jouent les secrets de la Création et le Matrice.

La difformité, l'essence du nain symbolique

Commençons par une définition : un nain est tout être (ou objet considéré comme un être) qui n'a pas, en grandissant, atteint la taille habituelle de ses congénères, ou qui l'a perdue. Il a déjà été précisé que la difformité peut symboliquement s'interpréter comme une lutte d'avec la hiérarchie divine. La difformité n'est alors plus un simple appel de l'Inconscient humain (comme dans le cas du nain-bouffon), mais tout un ensemble de désirs pervertis. C'est la monstruosité, à savoir le personnage chtonien dans ce qu'il a de plus primordial qui resurgit ici, et qui constitue la véritable trame dialectique du nain dans les univers mythologiques et symboliques.

La difformité, c'est en effet non seulement cet aspect monstrueux que l'on prête à une réalité de l'ombre, mais aussi l'altérité dans ce qu'elle a de plus réflexif : difformité, de celui dont la forme diffère ; et c'est dans cette confrontation des différences que peut jaillir une humanité mature et créative. L'homme, en apprivoisant le nain apprivoise son ombre et tente de l'assumer en l'intégrant. C'est une initiation personnelle doublée d'une plongée dans l'Inconscient collectif et ses symboles.

Reste toute la fascination qu'exerce sur nous cette partie instinctive, sombre, créative, lunaire de nous-mêmes dans une civilisation tout à fait solarisée et dévolue à la rationalité, la brillance, la hiérarchie et la transparence. Et si le nain est lunaire, doit-on en conclure que l'elfe est solaire ? Ma propre interprétation me pousse à penser que l'elfe n'est que la manifestation solaire du lunaire, la difficile mise en conformité (et souvent éphémère) de notre ombre avec les critères solaires et lumineux de notre environnement social. Mais la symbolique de l'elfe ouvre déjà le chemin vers un autre débat…

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essais/peuples/nains.txt · Dernière modification: 02/11/2012 10:00 par Druss
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