Fabrication des noms dans les langues imaginaires

LES AUTRES NOMS PROPRES

Les plantes

  • Amillo : ce mot apparaît dans le « Qenya Lexicon » mais sans indication de sens ; Amillion est le mois d’Amillo, « février » (une des entrées les plus primitives). On peut aussi noter que le calendrier de Tolkien est fondé sur le modèle des calendriers celtiques où tous les mois ont un nom d’arbre1).
  • Elanor :
  • Fumellar : les fleurs du sommeil (les pavots) dans les jardins de Lorien ; dans le « Qenya Lexicon », sous la racine FUMU « sommeil », on a fúmellot, fúmella, « pavot ».

Les animaux

  • Alqalunte : le mot qenya « cygne » ; le mot alcwi en gnomique avec le mot correspondant en qenya donné ici comme alqé, alcwi changé plus tard en alfa > alchw. Le mot lunte « navire » de la racine LUTU, avec d’autres dérivés, comme luto « crue » et le verbe lutta-, lutu- « couler – flotter ». Le « Gnomish Lexicon » a lunta « navire » et lud « s’écouler, flotter ».
  • Badger-Brock (Les Aventures de Tom Bombadil) : « Maître Blaireau », la traduction littérale de l’anglais voudrait que l’on donne « Blaireau - blaireau » car badger a la même signification que brock, celui-ci est néanmoins assez rare en anglais britannique. Le poème « Les Aventures de Tom Bombadil » contient de nombreux personnages animaux, végétaux ou habituellement inanimés ; l’auteur en leur donnant la parole, utilise le procédé de style connu sous le nom de prosopopée et renforce ainsi l’effet de magie de ses textes.
  • Fatty Lumpkin (Le Seigneur des Anneaux) : « Gros Balourd » poney de Tom Bombadil.
  • Felaróf (Contes et légendes inachevés) : cheval d’Eorl ; on nous dit que Léod, père d’Eorl, qui était un grand dompteur de chevaux sauvages, fut jeté à terre par Felaróf alors qu’il tentait de l’enfourcher, et ainsi il mourut. Plus tard Eorl exigea du cheval qu’il renonça sa vie durant à sa liberté comme prix du sang - Weregild - de son père ; Felaróf consentit bien qu’il ne permît à personne d’autre de le monter. Il comprenait tout ce que les Hommes disaient et il vécut aussi longtemps qu’eux, il en fut de même pour ses descendants les mearas « qui ne supportaient pas d’être montés par d’autres que les rois de la Marche ou par les fils de ces Rois, et ainsi jusqu’aux temps de Shadowfax ». Felaróf est un mot du vocabulaire poétique anglo-saxon, bien qu’on ne le retrouve pas souvent dans les poèmes qui nous sont parvenus ; il signifie « très valeureux, très vigoureux ».
  • Firefoot (Le Seigneur des Anneaux) : « Pied de feu », cheval de Rohan.
  • Fisher-BlueTom Bombadil Goes Boating ») : « Martin-le-Bleu », nom du martin-pêcheur (kingfisher).
  • Galathée (Farmer Giles of Ham) : vache du fermier Gilles de Ham
  • Garm (Farmer Giles of Ham) : « Le Fermier Giles avait un chien, lequel s’appelait Garm. Les chiens devaient se contenter de noms brefs dans l’idiome du pays : le latin des livres était réservé à leurs supérieurs. Garm ne parlait même pas le latin canin ; mais il pouvait se servir de la langue vulgaire (comme la plupart des chiens de son temps) pour houspiller, fanfaronner ou cajoler. »
  • GripPerry-the-Winkle ») : « Manche », chien de Bill Butcher. Il y a ici un rappel de la profession du maître du chien ; celui-ci utilise de nombreux couteaux puisqu’il est boucher. Les deux vers de la poésie Perry-the-Winkle donnent l’explication du nom, un peu curieux, du chien :
« Bill Butcher threw a knife,
And Grip his dog, he turn his tail
And ran to save his life. »
« Bill le Boucher lança son couteau
Et Manche son chien, tourna autour de sa queue2)
et s’enfuit dans l’espoir de sauver sa peau. »
  • Nahar (Le Silmarillion) : quenya, nom du cheval du Vala Oromë nommé ainsi par les Eldar à cause de sa voix. Voir à Makar, peut-être une parenté entre les deux noms3).
  • Old-swannTom Bombadil Goes Boating ») : « Vieux Cygne »
  • Shadowfax (Le Seigneur des Anneaux) : « Gripoil » traduction de Francis Ledoux, cheval de Rohan donné à Gandalf.
  • Strider (Le Seigneur des Anneaux) : poney qui mena Frodo de Minas Tirith à la Comté après la Guerre.
  • Stybba (Le Seigneur des Anneaux) : poney donné à Merry par Théoden.
  • Whisker-LadTom Bombadil Goes Boating ») : « Moustachu », Otter-lad, « La Loutre ».

Les armes

  • Anduril (Le Seigneur des Anneaux) : épée d’Elendil après qu’elle fut reforgée.
  • Beater (Bilbo le Hobbit) : « Batteuse », Glamdring, arme trouvée dans le repère des Trolls au même titre qu’Orcrist et Sting.
  • Biter (Bilbo le Hobbit) : « Mordeuse » de to bite « mordre » en anglais ; nom donné par les Orques à l’épée Orcrist.
  • Caudimordax (Farmer Giles of Ham) : traduit en Mordqueues, mais aussi de manière plus plaisante en : « L’Epée-qui-ne-pouvait-être-remise-au-fourreau, Mort ou Victoire, Gloire des Francs-Tenanciers, Colonne vertébrale du Pays et Bienfait des Concitoyens ».
  • Narsil (Le Seigneur des Anneaux) : épée d’Elendil qui fut brisée.
  • Sting (Bilbo le Hobbit) : « Dard », poignard forgé en Beleriand, Bilbo le trouva dans un trou de Troll.

Les objets magiques, la magie et les sciences

  • Balrog (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » définit Balrog comme une sorte de démon du feu, créature et serviteur de Melkor.
    Dans le Seigneur des Anneaux, Frodon et ses compagnons rencontrent un Balrog dans les mines de la Moria, le magicien Gandalf doit affronter ce monstre afin de sauver la vie de tous. Avec l’article, la forme est i’Malrog, pluriel i’Malraugin. Des entrées séparées donnent bal « angoisse, supplice » (consonne initiale d’origine mb-), balc « cruel » et graug « démon ». Des formes qenya sont mentionnées : araukë et Malkaraukë. Dans le « Qenya Lexicon », Malkaraukë et d’autres mots comme malkanë « torture » sont donnés sous la racine MALA (MBALA) « (broyer), blesser, endommager », mais la relation entre celle-ci et MALA « écraser, serrer » ne fut apparemment pas décidée. Il y a aussi Valkaraukë et valkanë « torture » mais ici la relation reste obscure. En sindarin, Balrog signifie « pouvoir et terreur » mais aussi « démon de pouvoir ». Le Balrog qui tua Durin porte le nom de Durin’s Bane « Fléau de Durin ».
  • Braglorin (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : « Vaisseau flamboyant » ; dans le « Gnomish Lexicon », on le glose « Chariot d’Or », un autre nom du Soleil.
  • Danuin (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » a dana « jour (vingt-quatre heures) » en référence au qenya sana. Dana fut une version antérieure de Danuin ; le même élément apparaît dans Lomenda’nar « Jours du Crépuscule ».
  • Dragon’s Helm : « Casque du dragon », héritage de la maison de Hador, c’est un casque de combat forgé par les Nains.
  • Durin’s Axe : « Hache de Durin », grand héritage des Nains.
  • Durin’s Crown : « Couronne de Durin », constellation de sept étoiles.
  • Elendilmir : sindarin, « Étoile d’Elendil », pierre étoilée signe de royauté4).
  • Galmir (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : traduit dans le texte par qui « luit d’or » (un nom du Soleil). Il s’agit d’un dérivé du gnomique gal- « briller » qui en qenya est KALA « briller d’or » et dont un grand nombre de dérivés sont donnés dans le « Qenya Lexicon », ainsi kala- « briller », kâlé « matin », kalma « lumière de jour », kalainis « mai », kalwa « beau », i’kal’antùlien « la lumière est revenue ».
  • Glorwent (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : le « Gnomish Lexicon » a Glorben(d) « navire d’or », transformé plus tard en Glorvent « barque d’or » ; benn « forme, coupe », benc, bent « petite barque ». En qenya on a la racine VENE « former, découper, évider » avec les dérivés venie, venwe « former, couper » et vene « petite barque, vaisseau, plat de service ». Cette dernière image du plat de service n’a rien d’étonnant malgré son caractère, à première vue, bien éloigné du « bateau ». On trouve effectivement des plats de service que l’on nomme nefs ou vaisseau en français. D’autre part, Tolkien a nommé un de ses dessins I Vene Kemen « Bateau-Monde » (Peintures & aquarelles de J.R.R. Tolkien).
  • Ilsalunte (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : nom de la Lune, Ilsa est donné comme le nom mythique de l’argent, ainsi que laure pour l’or. Pour lunte « navire », voir Alqualunte. Le nom gnomique est Gilthalont ; giltha « métal blanc » est dit être au sens propre la même chose que celeb « argent », mais il inclut maintenant gais « acier », ladog « étain » s’opposant à culu « or » ; culu est dit être un mot poétique pour « or » mais aussi employé mythiquement comme un nom de catégorie pour tous les métaux rouges et jaunes, comme giltha pour les blancs et les gris.
  • Ilweran (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : Le « Qenya Lexicon » donne Ilweran, Ilweranta « arc-en-ciel », un autre mot pour l’arc-en-ciel en qenya est Iluquinga, dans lequel quinga signifie « arc » ; quingi- « pincement d’une corde, d’une harpe ». En gnomique, les formes sont Ilbrant ou Ilvrant que l’on associe faussement à brant « arc », le deuxième élément est plutôt assimilé à rantha « arche, pont ».
  • Morwinyon (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : ce nom de l’étoile Arcturus est donné sous la traduction « lueur du crépuscule », le « Qenya Lexicon » sous la racine MORO, le rend par « lueur dans l’obscurité ». Ce lexique inclut une racine GWINI avec le mot dérivé wintil « une lueur ». Le nom gnomique est Morwinthi dont on peut présumer que les mots gwim, gwinc « étincelle, éclair », gwimla « clignotement » y sont apparentés.
  • Nielluin (Le Livre des Contes perdus — Partie I) : ce nom de l’étoile Sirius est traduit par « l’Abeille de l’Azur » ; le premier élément provient de la racine NEHE, d’où nekte « miel », nier < neier < nexier « abeille à miel », nierwes « ruche ». Le nom de Sirius est donné dans le « Qenya Lexicon » comme Niellune ou Nierninwa ; et ninwa et lune sont tous deux des mots qenya signifiant « bleu ». En gnomique le nom de l’étoile est Niothluimi.
  • Silver Crown : « Couronne d’argent », marque de royauté au Gondor sur laquelle les sept gemmes doivent représenter Elendil et la pierre unique, Anárion5).
1) N.d.É. : Amillo est une traduction qenya du prénom du frère de Tolkien, Hilary.
2) N.d.É. : Erreur de traduction d’Hedayat, to turn his tail signifiant ici « faire volte-face ».
3) N.d.É. : WJ, p. 401, indique qu’il s’agissait en fait de l’adaptation du nom valarin nǽxærra, de même signification. Il est donc impossible qu’il soit apparenté à Makar, lequel vient de la racine qenya MAKA, qui donne des noms en rapport avec l’acte de tuer.
4) N.d.É. : Il s’agit en réalité de quenya.
5) N.d.É. : Cette spéculation est dénuée de tout fondement, rien dans les écrits de Tolkien n’indiquant que la « pierre unique » (qui n’est pas spécifiquement mise en valeur) doive représenter Anárion.
 
langues/textes/fabrication-noms-autres-noms.txt · Dernière modification: 13/09/2014 09:11 par Druss
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