Lexique animalier

 Deux Anneaux
Damien Bador - Février 2010
Articles de synthèse : Ces articles permettent d’avoir une vue d’ensemble du thème traité mais ils nécessitent une bonne connaissance des principales œuvres de J.R.R. Tolkien.

Cet élément a été publié dans le magazine
L'Arc et le Heaume n°2 - Les Animaux chez Tolkien.

L'Arc et le Heaume n°2 - Les Animaux chez Tolkien

L'un des points les plus complexes de la rédaction de ce lexique fut la question de la normalisation de l'orthographe. Tolkien y attachait une grande importance, mais hésitait souvent entre différentes solutions pour représenter les phonèmes des langues elfiques. Pour faciliter la lecture, les termes en gras, qui constituent la dernière version attestée des mots du lexique, ont parfois été normalisés. Dans ce cas, l'orthographe originale des termes en question est identifiée explicitement, sauf pour les changements 'c' → 'k' et 'q' → 'qu' en quenya. Les termes supplantés par la version en gras sont présentés avec l'orthographe exacte qu'ils ont dans les sources primaires.

En quenya, la tâche de normalisation fut relativement mineure. Le principal changement effectué concerne le son [k], retranscrit par 'k' dans la plupart des écrits de Tolkien, mais par 'c' dans The Lord of the Rings (LR) et The Silmarillion (S). Comme la plupart des termes de ce lexique représentaient ce son par un 'k' et que cette lettre représente le son correspondant de façon moins ambiguë pour un Français, il parut préférable d'utiliser cette orthographe. Le deuxième changement notable est lié au son [kw], initialement orthographié 'q' ou 'kw', puis changé en 'qu' au cours de la rédaction de LR (la graphie 'cw' est également attestée dans certains écrits tardifs de Tolkien). Ainsi la langue elle-même était initialement écrite qenya, mais est désormais plus connue en tant que quenya. Malgré l'inadéquation de cette orthographe pour transcrire le son en question, j'ai préféré conserver la convention moderne, universellement admise. Outre ces deux changements, quelques noms dont la phonologie est en conflit avec les règles du quenya ont été normalisés de la façon la plus transparente possible, en mettant en évidence le caractère hypothétique de cette reconstruction.

En sindarin, la question fut plus complexe. La dénomination de sindarin apparut relativement tard chez Tolkien. Appelée gnomique ou goldogrin lors de sa première élaboration, cette langue fut initialement conçue comme le résultat de l'évolution du qenya des Gnomes (les futurs Ñoldor) après leur arrivée en Beleriand. Elle fut ensuite considérablement modifiée et renommée noldorin. Lors de la rédaction de LR, Tolkien décida de faire de ce corpus le langage des Elfes Gris, les Sindar du Beleriand. Il renomma cette langue – ou plutôt ce groupe de langues, car Tolkien concevait l'existence de nombreux dialectes régionaux, mutuellement intelligibles – sindarin. À une période correspondant globalement à cette redéfinition de l'histoire des langues elfiques, Tolkien changea de façon systématique certains groupes consonantiques.

Seuls deux types de normalisation furent utilisés en sindarin : les 'f' finaux furent silencieusement changés en 'ph' (marqueur du phonème 'ff'), conformément à l'orthographe utilisée dans LR. Il est à noter que les termes qui furent ainsi normalisés sont tous attestés sous les deux orthographes (ainsi du sind. alph 'cygne', orthographié alf en noldorin). Par ailleurs certains termes noldorins des Etymologies (Etym.) possèdent plusieurs variantes médianes ou finales, comme le terme 'rossignol', donné sous les formes dúlind, dúlinn et dúlin. Dans ce cas, les règles d'évolution phonologiques du sindarin données dans l'Appendice E de LR furent appliquées pour déterminer l'antériorité relative des différents termes lorsque celle-ci n'était pas explicitement mentionnée. Ainsi le groupe consonantique 'nd' évolua en 'nn', puis, lorsqu'il était en position finale, en 'n'.

Les langues les mieux attestées dans ce lexique sont le quenya et le sindarin (ainsi que leurs antécédents respectifs, qenya d'un côté, gnomique et noldorin de l'autre). L'analyse montre que plus les matériaux sont anciens, plus nombreux sont les termes animaliers. Cela traduit bien la préoccupation croissante de Tolkien de lier l'évolution des langues qu'il inventa à l'histoire du monde qu'il décrivait. Ainsi, il fut amené à examiner encore et encore une poignée de termes à forte connotation symbolique, inventant et réinventant leur étymologie et leur orthographe de façon toujours plus complexe. À l'opposé, nombreux furent les termes abandonnés dans leur l'état premier, quand bien même leur orthographe ne serait plus compatible avec l'évolution des langues auxquelles ils appartenaient. Il est également intéressant de constater qu'aucun terme lié au règne animal n'est attesté dans certaines langues. Le cas du valarin et du noir parler n'est guère surprenant, vu le peu de choses que l'on sait au sujet de ces langues. On serait plus à même de s'étonner de cette absence en khuzdûl, mais il est possible que cela soit une expression du peu de cas que font les Nains du monde extérieur.

Je me suis éloigné sur certains points de la tradition des traductions françaises, quand celles-ci me paraissaient inadéquates. Ainsi, plutôt que de traduire le néologisme Westron par 'ouistrain' ou 'occidentalien' (l'un étant assez illogique d'un point de vue étymologique, et l'autre inutilement long et précieux), j'ai préféré le terme 'ponantin', basé sur l'adjectif 'ponantais', attesté jusqu'au XIXe siècle.

Enfin, je souhaite exprimer toute ma gratitude envers David Giraudeau, dont l’aide et les conseils avisés ont été très précieux. Sans lui, de nombreux points de ce lexique seraient sans doute restés obscurs. Il va de soi que toutes les erreurs ou omissions restantes relèvent de ma seule responsabilité.

Notes

  • Quand une entrée commence par un terme en tengwar, il s'agit d'une translittération du terme qui suit immédiatement, qui est systématiquement un terme quenya (ou qenya). Ces formes tengwarines sont des reconstitutions basées sur les indications données par Tolkien dans l'Appendice F de LR. Parmi les textes de Tolkien en tengwar qui ont été publiés, aucun ne comporte un terme lié au genre animal. Seul le terme q. lama est attesté dans l'une des graphies inventées par Tolkien, le valmarique (l'ancêtre conceptuel des tengwar de LR, conçu dans les années 1920, dont la graphie est cependant totalement différente de ces derniers).
  • Dans le corps d'une entrée, les termes sont regroupés par peuple et par langue. La source de chaque terme est la première référence à droite du terme en question.
  • Les lettres entre parenthèses à la suite d'un terme marquent la forme flexionnelle celui-ci (i.e. la forme que prend la racine lorsque le terme prend une terminaison, comme lorsqu'il est au pluriel, ou à un cas autre que le nominatif).

Listes des abréviations et symboles & bibliographie

Lexique

Animaux

Termes généraux :
#kelva, pl. kelvar (S:App. ; WJ:III/4) 'animal'.

weo > vëo 'créature vivante', dérivé de √WEG- 'vivre', 'être actif', via le q. pr. *wegō(n) (WPP). Sind. gwê 'créature vivante' (WPP). ♦ Originellement Gn. cuid 'créature vivante, animal' (GL).  Il est probable que les formes weo et vëo correspondent respectivement aux dialectes vanyarin et noldorin du quenya, vu que le wilya en position initiale vint à se prononcer comme un 'v' en noldorin, mais garda sa valeur originelle chez les Vanyar. Une telle dualité se retrouve dans d'autres entrées de ce lexique.

Mammifères quadrupèdes

Nom générique :

laman, pl. lamni ou lamani 'animal doté de quatre pattes, ni un insecte ni un reptile', dérivé de √LAMA-, via le q. pr. *laman(a) 'animal quadrupède' (QE). Sind. lavan, pl. levain (QE). ♦ Originellement q. lāma, changé en lăma, pl. lamni, initialement 'animal domestique', particulièrement 'tête de bétail' (QL) ; généralisé en 'animal quadrupède' (EQD ; QW) ou même simplement 'animal' (EQG) par la suite. Le QL donne également lama raustea 'prédateur, bête de proie' et lama rausima 'proie, gibier, vermine' et dérive lăma de √LAMA, ainsi que raustea et rausima de √RAVA ou √RAWA. Cf. hrăvan.

andamunda 'éléphant', dérivé de *andambundā 'ayant un long nez', de √ÁNAD- ou √ANDA- 'long' et √MBUD- 'projeter, créer une protubérance' (Etym.). Sind. #andabonn [correction de **andrabonn (WR:II/4)] > andabon > annabon (Etym.). Har. mûmak, pl. mûmakil 'oliphant' (WPP ; LR:IV,V). ♦ La forme **andrabonn paraît une erreur de lecture de Christopher Tolkien, le manuscrit étant selon ses propres termes « écrit d’un crayon si rapide qu’[il] ne [put] venir à bout de tout. » Le terme #andabonn semble plus en accord avec la forme andabund, qui l’a immédiatement précédé et avec l’étymologie que Tolkien élabora dans les Etym. ♦ Originellement q. munto 'éléphant' (PME ; QL). Sind. andabund 'oliphant', forme éphémère apparaissant dans les brouillons du chapitre « Of herbs and stewed rabbit » de LR. Har. múmar, apparaissant sur le même manuscrit, changé en múmund puis en mâmuk dans la première version complète de ce chapitre (WR:II/4).

arma 'troupeau de moutons', dérivé de √(A)RM(A)R (QL). Gn. moth 'troupeau de moutons' (LT1:App. ; GL) ; également mothin ou mothwen (GL). ♦ Il est à noter que le Gn. moth est aussi supposé signifier 'mille' (LT1:App. ; GL). ♦ Originellement Gn. moth ou mothwen (GL). ♦ Cf. máma.

♦ #attalya, pl. attalyar 'bipède', traduction du sind. tad-dail. Sind. #tad-dal, pl. tad-dail '(animal) bipède' (QE). ♦ Nom attribué aux Pitya-naukor avant que leur parenté avec les Nains ne soit reconnue.

♦ #emer 'ovidé, mouton', tiré du surnom Emerwen 'Bergère' (UT:II/2). ♦ Cf. máma.

eulë 'agneau' (QL). ♦ Cf. máma.

hrăvan 'bête sauvage', dérivé de √S-RAB- 'sauvage', 'non domestiqué', par extension 'féroce', 'hostile aux Elfes et aux Hommes', variante intensifiée de √RAB- 'égaré', 'errant', 'nomade', via le q. pr. *srāban 'bête sauvage' (WPP). Sind. rhovan (WPP). ♦ Originellement q. roa, dérivé de √RAVA ou √RAWA, via le q. pr. *rawā (QL) ; par la suite, roa vint à signifier 'chien'. ♦ Il est à noter que le sind. rhovan signifie également 'sauvagerie' (WPP). ♦ Cf. laman, , roa.

huan (Etym. ; S:App.), gén. sing. húnen ‘chien de chasse’, dérivé de √KHUG- 'aboyer, glapir', via le q. pr. *khugan ; également ronyo 'chien de chasse à cours', dérivé de √ROY-(1) ‘chasser’, via le q.pr. *ronyō ‘chien de chasse à cours’, littéralement ‘poursuiveur’ (Etym.). Sind. #rŷn [correction du nold. rhŷn ‘chien de chasse à cours’ (Etym.)]. ♦ Huan est également le nom sindarin du chien de Kelegorm (Etym.) ♦ Originellement q. harma 'chien', dérivé de √3ÁRAM-, changé en 'loup' par la suite (A&C – entrée supprimée) ; puis huan, dérivé de √KHUGAN- (Etym. – entrée supprimée). Gn. gôbi 'grand chien de chasse' (GL – entrée supprimée), qui devint gobi, ainsi que saur 'chien de chasse', 'chien sauvage' (GL) ; enfin nold. huan 'chien de chasse', dérivé de √KHUGAN- (Etym. – entrée supprimée). ♦ Un terme quenya 'chien de chasse' (angl. 'hound') est proposé dans WPP, mais la lecture de la traduction est incertaine, et pourrait plutôt être 'cœur' (angl. 'heart'), si l'on se fie au contexte. ♦ Cf. ñarmo, roa, saulë, savanda.

huo 'chien' (WPP). ♦ Cf. roa.

kamo 'bélier' (QW). ♦ Cf. máma.

♦ #lapatil 'levraut' [correction de **lapatl (QL)]. ♦ Cf. lapattë.

lapattë (GL ; QL), pl. lapatsi 'lapin' ; également #lapatil 'levreau' [correction de **lapatl (QL)]. Gn. laboth 'lièvre' (GL). ♦ Originellement q. lapattë 'lièvre' (GL).

máma 'mouton' (QE ; HFN), dérivé du q. pr. *mbā 'mouton', via la forme intermédiaire réduplicative *mbāba, qui devint d'abord *mbāva par développement de l'intervocalique b > v, puis enfin *māma par analogie avec la première syllabe (HFN) ; également #emer 'ovidé, mouton' (UT:II/2), tiré du surnom Emerwen 'bergère' ; kamo 'bélier' (QW) ; eulë 'agneau', dérivé de √EWE (QL). Gn. moth (LT1:App. ; GL), pl. mothrim ou †mothin ; également iol 'agneau' ; iolinc 'petit agneau, agnelet' (GL). ♦ Bien que le contexte suggère que le q. #emer signifie ovidé ou mouton, il est possible que le terme désigne quelque chose de plus général, par exemple 'animal fermier'. Le Gn. iolinë possède également un homonyme signifiant 'vélin'. ♦ Originellement q. moa (mawa), dérivé de √MAWA 'pleurer, pleurnicher, gémir, bêler' (QL) ; puis kamo 'mouton', remplacé par sauvë (QW), tandis que kamo se mit à désigner le bélier ; enfin máma, initialement dérivé du q. pr. *māmā (QE). Gn. , pl. mothrim (LT1:App. ; GL – entrée supprimée).

Gn. mathron 'troupeau' ; également nethron (GL). ♦ Originellement Gn. nestor (GL – entrée supprimée). ♦ Le Gn. mathron possède un homonyme signifiant 'gardien de troupeau', 'berger'. ♦ Cf. máma, mui, nyéni, polka.

matsilë 'ours', littéralement 'mangeur de miel' (NW). ♦ Cf. morko.

Gn. meg 'petit animal, en particulier une taupe' (GL).

morko 'ours', dérivé de √MORÓK-, via le q. pr. *morókō 'ours' (Etym.) ; également matsilë (NW), qui signifie 'mangeur de miel'. Sind. graw 'ours', dérivé du q. pr. *grā (HFN). Nold. brog (A&C) ; également megli, dérivé du q. pr. *mad-lī 'mangeur de miel', de √MAT- 'manger' et √LIS- 'miel' (Etym.). Ilk. broga (Etym.). Ad. urug ; également urgî (SD:III/6). ♦ Le nold. brog est une rectification de **brôg (Etym.). Il est également à noter que Tolkien changea par la suite le sens du q. pr. *grā pour lui donner le sens de 'chien', ce qui pourrait invalider le sind. graw. ♦ Originellement nold. gorch, pl. gerchir 'ours', 'féroce combattant', dont le pluriel irrégulier gyrch ne désignait que l'animal, ainsi que magli (NW ; Etym. – entrée supprimée), puis megli, dérivé du nold. anc. matgli, mot composé de mat 'manger' et glí 'miel' (NW) ; remplacés par magli 'mangeur de miel' et brog 'ours' ; le sind. graw n'est pas attesté avant 1968. ♦ Cf. roa.

mui 'vache' (QW) ; également yaksë 'vache à lait' (GL) ; mundo 'taureau' (L:342) ; mondo 'bœuf' (BBC documentary “Tolkien in Oxford”). Gn. mûs 'vache', également muir ou muthli 'génisse' ; gach 'vache à lait' (GL) ; mund 'taureau' (L:345) ; 'bœuf' ; mugli 'veau' (GL). ♦ Le q. mundo possède aussi un homonyme signifiant 'museau' et dérivé de √MBUD- 'projeter'. Le q. mondo est isolé de mondósaresse 'in Oxford'. On notera encore l'existence dans les Etym. d'une racine √YAK, qui donna le q. yat, pl. yahti 'cou' (Etym.). ♦ Originellement q. yaksi 'vache' (QL ; GL), ainsi que tarukko ou tarunko 'taureau' (LT2:App. ; QL), qui était dérivé de √TARA(2), √TARAMA 'frapper, rouer de coups, battre' (QL), de même que l'adjectif tarukka 'cornu' (LT2:App. ; QL) et taruku- 'bœuf' (GL), qui devint yako ou yakko (QL), puis yakk- (PME) et enfin yakko (QW). Gn. gacha 'vache', doté du dérivé gagron 'bœuf', respectivement changés en mûs ou mui (GL) et en tarog, ce dernier étant dérivé de târ 'une corne' (LT2:App. ; GL). Cf. talar, yakë.

mondo 'bœuf' (BBC documentary “Tolkien in Oxford”). ♦ Cf. mui.

mundo 'taureau' (L:342). ♦ Cf. mui.

Gn. mûst, pl. mûstŭ 'étable', 'vacherie' (GL), forme composée de 'bœuf' et ost 'enceinte', 'cour', par extension 'ville' (GL). ♦ Cf. mui.

ñarmo 'loup', dérivé de √ÑGAR(A)M- ; également ráka, dérivé de √DARÁK-, via le q. pr. *d'rak (Etym.). Sind. draug (Etym. ; S:App.). Nold. garaf (Etym.). Dor. garm (Etym.). llk. drôg (Etym.). ♦ Originellement q. ulk- ou ulku, dérivés de √ULK {radical ulq-}; puis ulku, et ulqi 'louve', dérivés de √ULUKU (QL) ; remplacés par harma 'loup', puis 'chien de chasse' et à nouveau 'loup' par la suite, dérivé de √3ÁRAM- (A&C). Gn. ulug, doté du dérivé ulcwín 'louve' (GL – entrées supprimées) ; puis urc 'loup' ; ensuite harog ou harw, dotés du dérivé harach 'louve' (GL) ; remplacés par des formes dérivées de √3ARAM- : dor. garm 'loup', dan. garma 'loup', et nold. aram 'chien courant', 'loup', 'petit chien', qui devint araf 'chien' (A&C – entrées supprimées). ♦ Cf. huan, roa, saulë, savanda.

Gn. nig ou nigla 'souris' (GL).

noldarë 'taupe' (QL), dérivé de √NDOLO 'creuser' (GL ; QL), via la forme ndoldare (PME) ; Gn. dolfa ou dolmeg (GL). ♦ Originellement q. noldare ou nolpa (GL). Gn. doldos ou doldrin (GL).

nyarro 'rat' (A&C), dérivé de √NYAD- 'ronger' (Etym.), via le q. pr. *nyadrō. Nold. nâr (Etym.), dérivé de la forme intermédiaire *naðr ou *naðor (Etym. ; A&C). ♦ Le q. nyarro est une rectification de **nyano (Etym.), et pourrait aussi se lire nyaro.

nyéni 'chèvre' (LT1:App. ; QL ; PME), dérivé de √NYE(NE) 'gémir, bêler' (LT1:App. ; QL).

♦ #olompo 'cheval' [correction de **olombo (A&C)]. ♦ Cf. rokko.

opolë 'faon' (PME). Sind. aras 'cerf' (WJ:I, III/1 ; S:QS/21, App. ; UT:I/2) ♦ Originellement q. opole(ē) ou opolinte 'faon, jeune cerf' (QL).

oryapin 'blaireau' (PME). ♦ Cf. oryat.

oryat, pl. oryapi 'blaireau' ; également oryapin (PME), dérivés de √ORO(1) (QL). ♦ Originellement q. oryat (-k ou -p) (QL).

polka 'cochon', dérivé de √POLO 'avoir de la force' (QL) ; Gn. hunc ou hugin 'jeune cochon, porcelet' (GL). ♦ Possiblement obsolète du fait du remplacement du q. karkapolka par le q. úro. ♦ Cf. úro.

, pl. rávi 'lion' (Etym.), dérivé de √RAW- (Etym. ; A&C), via le q. pr. *rāṷ (A&C). Également ravennë 'lionne' (QL, PME). Nold. anc. , pl. rōwi (Etym. ; A&C). Sind. #raw, pl. #rui, corrigés de nold. rhaw, pl. rhui (Etym.). ♦ Le nold. rhaw possède deux homonymes, l'un signifiant 'région sauvage', dérivé de √S-RAB- (WPP), l'autre 'bord de rivière', dérivé de √RAMBĀ- (Etym.). ♦ Le q. pr. *rāṷ est une rectification de **rāu (Etym.). ♦ Originellement q. rau, pl. rāvi 'lion' (QL ; PME), dérivés de √RAVA ou √RAWA (QL). Gn. rau (GL). ♦ Cf. hrăvan, , saulë.

Gn. raibrog ou ribrog 'zèbre' ; également raibros 'zèbre femelle' (GL). Possiblement obsolète du fait du remplacement du Gn. brog par le sind. roch. ♦ Cf. rokko.

ravennë 'lionne' (QL ; PME). ♦ Cf. .

ráka 'loup' (Etym.). ♦ Cf. ñarmo.

rausimë 'vermine', dérivant de √RAVA ou √RAWA (QL).

roa 'chien', dérivé du q. pr. *grā 'chien', via la forme intermédiaire étendue *grawa (HFN) ; également huo (WPP), dérivé de √KHUG- 'aboyer, glapir' (Etym.) ; suni 'chienne' (QL ; PME), dérivé de √SAWA, via le q. pr. *sẃǝnf (QL). Nold. 'chien' (GL ; Etym.). Ad. raba 'chien' [neutre] ; également rabô, pl. rabî 'chien mâle', dérivé de raba et -u [marque du masculin], via la forme intermédiaire *rabau, ; rabê 'chienne', formé à partir de raba et -i [marque du féminin] (SD:III/6). ♦ On notera également la présence du q. pr. *yarr- 'chien' dans HFN, mais aucun descendant de ce nom n'est actuellement attesté. ♦ Originellement q. hwan, pl. hwandi (SQ) ; puis huan(d), pl. huandi (QW ; SQ ; QL) ; remplacé par fan(d) (SQ ; QL ; NW), dérivé de √SAWA (QL) ; enfin huo et roa, ce dernier terme étant précédé par une éphémère forme q. pr. *wā(w) 'chien' (HFN – entrée supprimée). On notera que le q. roa signifiait initialement 'bête sauvage' et était dérivé de √RAVA ou √RAWA, via le q. pr. *rawā (QL) ; sa signification fut d'abord changée en 'ours' (HFN – entrée supprimée), puis en 'chien'. Nold. cabr, cabor, dérivé de √KAP- 'sauter' (A&C), qui signifia par la suite 'grenouille' ; puis aram 'chien courant', 'loup', 'petit chien' dérivé de √3ÁRAM- ; changé en araf 'chien' (A&C – entrées supprimées) ; pour la forme finale, Tolkien revint à son inspiration originelle. ♦ Cf. huan, morko, ñarmo, hrăvan, saulë, savanda, savar, quákë.

rokko 'cheval', 'coursier' (Etym. ; A&C ; WPP ; S:App. ; L:144,211,297), dérivé de √ROK- (Etym. ; A&C), via le q. pr. *rokkō (A&C ; L:211) ; également #olompo 'cheval', dérivé de √LOP- ou √OLOP- [correction de **olombo (A&C)]. Sind. roch 'cheval', 'coursier, monture' (Etym. ; A&C ; S:App. ; WPP ; L:144,211,297) ; également lobor 'cheval' (A&C). Ad. karab, pl. karîb, dérivé de √KARAB- ; également karbû 'étalon' ; karbî 'jument' (SD:III/6). ♦ Originellement q. mairo (GL) ; puis mairu ; ensuite lōpa 'cheval ou jument', dérivés de √LOPO et doté du dérivé lopsi 'jument' (QL) ; remplacé par lopo (QW), puis olombo, dérivé de √LOB- (A&C). La racine √ROK- donnait initialement le q. rokka 'roue' ; après suppression de cette entrée, le q. ronko 'cheval' fut initialement dérivé de cette racine. Gn. lobros 'monture, cheval', dérivé de lob 'courir', 'galoper', doté des dérivés bros, bross ou broch 'jument' (GL), mairog 'cheval' (GL – entrée supprimée), changé en †mair, ainsi que brog (GL), ce dernier étant aussi attesté en noldorin (NW ; QW) et contemporain de bregil ou brois 'jument' (NW) ; ces formes furent remplacées par lum, dérivé de √LOB-, d'abord changé en lhuv (A&C – entrées supprimées), puis en lobor (A&C).

ronyo 'chien de chasse à cours' (Etym.). ♦ Cf. huan.

rusko (PM:II/11 ; ENO), pl. rusqui 'renard' (ENO). Sind. rusc (ENO). ♦ Cf. saulë.

saulë 'portée de chiens ou autres mammifères carnivores', dérivé de √SAWA (QL). Cf. huan, ñarmo, , roa, rusko, savar, yaulë.

savanda ou savarna 'meute de chiens ou de loups', dérivé de √SAWA (QL). ♦ Cf. huan, ñarmo, roa, savar.

savar 'chien sauvage' (QL, PME), 'chacal', dérivé de √SAWA (QL). ♦ Cf. roa, savanda.

savarna 'meute de chiens ou de loups' (QL). ♦ Cf. savanda.

suni 'chienne' (QL ; PME). ♦ Cf. roa.

talar, pl. talardi 'bête de somme', dérivé de √TALA 'soutenir, supporter' (QL). ♦ Cf. mui.

ulumpë (QL, PME) ou #ulun, pl. ulumpi 'chameau ou dromadaire', dérivant de √ULUN(T) {radical ulump-} (QL). ♦ Possiblement rendu obsolète par la racine √TUMPU- 'bosse' (Etym.). ♦ La deuxième forme donnée par le QL, ulun(t), est obscure. Le groupe consonantique 'nt' ne peut se trouver en position finale en quenya, d'où mon hypothèse d'une forme ulun au nominatif singulier. La variation de radical '-n(t) / '-mp-' n'étant observée nulle part ailleurs en quenya, cette forme pourrait de toute façon être obsolète. ♦ Originellement q. kuptulo, qui dérivait de √KUPU 'bosse' (QL – entrée supprimée).

♦ #ulun, pl. ulumpi 'chameau ou dromadaire' (QL). ♦ Cf. ulumpë.

úro 'sanglier' (QW). ♦ Originellement q. karkapolka, mot composé de karka 'défense, longue dent' et polka 'cochon', dérivé de √KRKR (QL). ♦ Cf. polka.

♦ #yakë 'tête de bétail' [correction de **yak (QL)]. Gn. muin 'bétail, buffles' (GL). ♦ On notera l'existence d'une racine √YAK, qui donna le q. yat, pl. yahti 'cou' (Etym.). ♦ Cf. mui.

yaksë 'vache à lait' (GL). ♦ Cf. mui.

yaulë 'chat' (QW) ; Ñ muig (NW). ♦ Originellement q. meoi 'chat' (LT2:I,App. ; QL ; PME). Gn. mio, ainsi que miauli 'chatte' (GL – entrées supprimées) ; puis miog 'chat' ou 'chat mâle', dont sont dérivées les formes miaug 'chat mâle' et miaulin 'chatte' (LT2:App. ; GL). ♦ Cf. saulë.

Oiseaux et mammifères volants

Nom générique :

aiwë '(petit) oiseau' (GL ; Etym. ; S:App.), dérivé de √AIWĒ- (Etym.). Sind. aew (Etym. ; S:App.). ♦ Originellement q. oiwe 'oiseau' (GL), oi 'oiseau, poule', dérivé de √OHO(1) (QL ; VT.40/8,16), oive 'oiseau' (GLS ; NW ; ND), et oi ou oiwe (QW). Nold. aiw, pl. aiwyn (NW) ; puis aiw, pl. aiwin ou aiwiath (ND). ♦ Cf. porokë.
Gn. aigli, pl. aiglith '(grand) oiseau' (GL).
Gn. aivin ou aivor 'colonie d'oiseaux, en particulier de freux' (GL). ♦ Cf. aiwë.
Nold. alfuilin, pl. alfuiliniath 'type de grands oiseaux de mer blancs, notamment les albatros' (ND). ♦ Cf. alqua.

alqua 'cygne' (Etym. ; S:App. ; UT:II/4/App.D ; RBG)), dérivé de √ÁLAK- 'mouvement précipité' (Etym. ; S:App.), via le q. pr. *alk-wā ou *alkwā (Etym. ; RBG). Tel. alpa (Etym. ; RBG ; UT:II/4/App.D). Sind. alph, pl. eilph (S:App.E ; WPP ; UT:II/4/App.D ; RBG ; LR:App.E). Nold. anc. alpha (Etym.). Nold. elfin 'cygneau' (ND). Ilk. alch 'cygne' (Etym.). Dan. ealc (Etym.). ♦ Originellement q. siloine(i) 'cygne' (QL) ; puis alqe (LT1:App. ; GL) et alqa (GLS ; LT1:VII,App. ; LT2:V,App. ; QL ; ND), dérivé de √(I)LKL (QL). Gn. alcwi (LT1:App. ; GL) ; puis silwin ou alfa, dérivé de *alchwa (LT1:App. ; GL), ainsi que alfuil (GL), dérivé de *alcothil ; changés en alf, pl. ailf ou alchwath, ce dernier pluriel étant révisé en alfath, et alfuil, pl. alfuilin (GLS) ; puis nold. alf ou alfuilin, lui-même supplanté par alf, pl. elfin, alfuilin, pl. alfuiliniath et gwanwen, pl. gwenwin (NW), puis par †alf, pl. elfin et gwanwen (ND), tandis que alfuilin, pl. alfuiliniath devint un type d'oiseaux de mer ; par la suite, les Etym. donnèrent simplement alf 1). ♦ Cf. alfuilin.

ambalë ou ammalë 'bruant jaune', dérivé de *asmalē, *asmalindē 'bruant jaune', littéralement 'chanteur jaune' (Etym.). Nold. anc. ammalë ou ammalindë (Etym.). Sind. emlin ou em(m)elin (Etym.). ♦ La traduction anglaise 'yellow hammer' est aussi un nom du pic flamboyant (encore appelé 'Northern flicker'), mais cette signification est relativement improbable dans la mesure où le pic flamboyant n'est pas présent en Angleterre, au contraire du bruant jaune.

ammalë 'bruant jaune' (Etym.). Cf. ambalë.

filit, pl. filiki 'petit oiseau', dérivé de √PHILIK- ‘petit oiseau’ (Etym.). Nold. fileg ou filigod, pl. filig (Etym.). ♦ Le noldorin filig était initialement un pluriel invariable, et les formes du singulier furent formées par analogie (Etym.). ♦ Originellement q. 'wilin(n-) 'oiseau', dérivé de √GWILI (LT1:App. ; QL) ; puis q. pr. * (HFN – entrée supprimée). ♦ Cf. .

fion, pl. fiondi ou fioni 'épervier' (Etym. ; A&C), dérivé de √PHI- (Etym.). ♦ Les Etym. proposent le terme 'hâte' (angl. 'haste') comme étant l’interprétation la plus probable de la traduction donnée par Tolkien, bien qu’elles donnent aussi le terme 'épervier' (angl. 'hawk') comme étant possible. Cette hypothèse est néanmoins très improbable, et les A&C suggèrent d’écarter cette solution.

halatir ou halatirno 'martin-pêcheur', dérivé de √SKAL-(2) 'petit poisson' et √TIR- 'observer, garder' (Etym.). Nold. heledir (Etym.). ♦ Originellement q. halatir, pl. halatirnen, dérivé de √KHAL-(1), via le q. pr. *khalatirnō et √TIR- (Etym.) ; puis holotir, pl. holotirnen, dérivé de √KHOL- (Etym. – entrée supprimée) et √TIR-. Nold. haledir (A&C), dérivé de √KHAL-(1) (Etym.) ♦ Cf. hala.

halatirno 'martin-pêcheur' (Etym.). ♦ Cf. halatir.

'chouette, hibou' (QL ; PME), dérivé de √HO ou √OHO 'crier, hurler' (QL).

karneambar 'rouge-gorge' (QL ; VT.40/8,30). ♦ Cf. kilapi.

kilapi, pl. kilapinki 'rouge-gorge' (QL) ; également karneambar, ce dernier mot étant composé de karnë 'rouge' et ambar(-s) 'gorge' et dérivant de √KRN (QL ; VT.40/8,30). Gn. cílobi ou cilobinc, également crinthammos (GL) ; amosgarn, pl. amosgarniath (GLS), mot composé de am ou amos 'gorge' et carn ou carnin 'écarlate' (GL).

♦ #kirinkë, pl. kirinki (UT:II/1). ♦ Oiseau non identifié, pas plus gros qu'un troglodyte, de couleur écarlate, ayant une voix flutée et nichant à Númenor.

korko 'corneille' (Etym.). ♦ Cf. quáko.

kukua (A&C) 'colombe', dérivés de √- 'colombe', via le q. pr. *kukūwā (Etym.). Nold. anc. kukua (A&C), via la forme intermédiaire *kūṷa. Nold. cugu (Etym.). ♦ Le q. kukua, le Nold. anc. kukua et la forme intermédiaire *kūṷa sont des rectifications des q. **ku, **kua, nold. anc. **ku, **kua, et de la forme intermédiaire **kūua (Etym.), respectivement. ♦ Originellement q. kua, dérivé du q. pr. *kūwā (A&C). Nold. anc. kua, dérivé de la forme intermédiaire *kūṷa (A&C). Nold. cûn (A&C).

lindo '(oiseau) chanteur', dérivé de √LIN-(2) 'chanter' (Etym.). Cf. lómelindë, tuilindo.

lirulin 'alouette' (MR:III/2/iii-iv). Nold. amrent, pl. emrint (ND). ♦ Originellement q. ambarin, pl. ambarindi (GLS ; ND), dérivé du q. pr. *ambarinþǝ ; puis aimenel, aimenal (MR:III/2/iii) ; enfin lirulin. Gn. amrint (GL) ; puis Nold. amrint, pl. amrinniath (NW), qui devint amrent, pl. emrint (ND).

lómelindë (Etym. ; LRW:I/3/ii ; S:App.), pl. lómelindi (S:App. ; MR:III/1/iv) 'rossignol', littéralement 'chanteur du crépuscule', dérivé de √DO3- ou √- (Etym.) et √LIN-(2) 'chanter' (Etym. ; S:App.), via le q. pr. *dŏmilindĕ ; également morilindë (Etym.), littéralement 'chanteur nocturne', dérivé de √MOR-, via le q. pr. *mori ; tindómerel (Etym. ; S:App.), littéralement 'enfant du crépuscule', dérivé de √TIN- 'étinceler, émettre de minces rayons de lumière (d'argent pâle)' (Etym. ; S:App.) et √SEL-D- ''enfant', via le q. pr. *tin-dōmiseldë (Etym.) par rhotacisme s > z > r. Sind. dúlind > dúlinn > dúlin (Etym. ; S:App.) ou duilin, pl. #duilinnin ou #duiliniath (ENG ; SD:II/5/i) 'rossignol' ; également †tinúviel (Etym. ; S:App.) 'enfant du crépuscule'. Nold. moerilind > merilin 'rossignol' ; également tindúmhiell > tinnúviel (Etym.) 'enfant du crépuscule'. Ilk. murilind (A&C)ou myrilind 'rossignol' (Etym.). ♦ Le sens de 'crépuscule' dans le q. tindómerel fut fortement influencé par la racine √THIN- (Etym.). Les nold. moerilind et merilin furent adaptées à partir de murilind, vu que mori ne signifiait pas 'nuit' en noldorin (Etym.). ♦ L'ilk. murilind est une rectification de **murulind7 (Etym.). ♦ Originellement, q. lómelinde dérivait de √GLIN- 'chanter' (Etym. – entrée supprimée), et fut orthographié lŏmelinde dans SD:II/5/i. La racine √SEL-D- fut initialement traduite par 'fille'. Nold. duilen, pl. #duilent, dont le pluriel fut successivement changé en #duilenin et #duilin (ENG – entrée supprimée). Ilk. morilind (A&C). ♦ Cf. lindo, tuilindo.

maiwë, pl. maiwi 'mouette' (Etym. ; OM ; LA), dérivé de √MIW- 'pleurer, pleurnicher, gémir' (Etym.). Sind. #maew (Etym. ; WPP) > #mew, pl. mŷl (QE), dont le singulier est tiré de l'un des noms du cap Andrast, Ras Mewrim que l'on peut sans doute traduire par 'Cap des Mouettes'. ♦ Originellement q. māwe(i), dérivé de √MAWA 'pleurer, pleurnicher, gémir' (QL). Sind. #aiw, #aew (WPP – entrée supprimée) ; puis gwael (QE – entrée supprimée).

morilindë 'rossignol', littéralement 'chanteur nocturne' (Etym.). ♦ Cf. lómelindë.

ohtë, pl. oksi 'œuf', dérivé de √OHO(1) (QL). Gn. och, pl. uith (GL).

Tel. pānë 'petite mouette, pétrel', nom onomatopéique dérivé de √KWǢ-, via le q. pr. *kwǣ-nē (OM ; A&C). Nold. anc. †painë (A&C). Nold. †painë ou cuen, ce dernier étant dérivé de l'ilk. cwēn (A&C).

porokë 'poule', 'volaille' (QW ; QL – entrée supprimée), nom onomatopéique dérivé du q. pr. *porok ; également #korokë 'volaille', dérivé du q. pr. *korok (HFN) ; porokellë 'poulet' (QL) ; tokot 'coq' (QW). Gn. porog 'poulet' ; également Gn. porogwil ou uil 'poule' (GL). ♦ Originellement q. oi 'oiseau', 'poule', dérivé de dérivé de √OHO(1), ainsi que porokë 'volaille' (QL), doté du dérivé peksiporoku 'Chantecler' [nom du coq du Roman de Renard], 'paon, dandy, personne vaine' (PME ; QL), dérivé de √PEKE (QL). ♦ Cf. aiwë.

porokellë 'poulet' (QL). ♦ Cf. porokë.

quá 'canard' (QL ; PME), dérivé de √QAHA ou √QAQA (QL).

quáko 'corneille' (HFN ; QE), nom onomatopéique dérivé du q. pr. * (HFN), via le composé *k(a)wāk (QE) ; également korko, dérivé de √KORKA- 'corneille' (Etym.). Sind. craban, crebain 'type de corneille originaire de Fangorn et du Pays de Dun' (WPP ; LR:II/3). Nold. corch 'corneille' (Etym.). Ad. khâu, pl. khâwî(m), dérivé de *khāw ; également khô, pl. khôi, dérivé de *khăw, pl. *khăwī (SD:III/6). ♦ Le sind. craban est dit ne pas être un terme sindarin ancien, mais probablement un emprunt à un langage humain ou avarin de la région dont cet oiseau est originaire (WPP). ♦ Originellement q. karon(-n) (QL ; PME) ; puis karko, dérivé de √KARKA- (Etym. – entrée supprimée). Gn. crunc, pl. crunghin (GL) ; puis crunc ou crwnc, pl. crungin ou cruinc, dont le pluriel fut changé en crync ou crychin (GLS) ; remplacés par nold. crunc, pl. crync ou cryngir (NW) ; enfin carach (Etym. – entrée supprimée).

quildarë 'chauve-souris' (QL ; PME), dérivé de √QLŘL (QL) ; Gn. cwildred (GL).

♦ #þornion > sornion 'nid d'aigle' (LT1:App. ; QL ; PME), dérivé de √ŠORO(2) 'aigle' (QL). Gn. thrond 'aire', 'pinacle' ; également inthorn 'aire', 'nid d'aigle' (GL). ♦ Originellement q. earen 'nid d'aigle' (LT1:App. ; NFG). ♦ Cf. þoron.

þorno > sorno 'aigle' (L:347). ♦ Cf. þoron.

♦ #þoron > soron (NW ; Etym. ; S:App.) ou þorno > sorno (L:347), pl. #þorni > sorni (PME ; Etym. ; SD:II/4) 'aigle', dérivé de √'THOR- 'piquer sur une proie', qui donna √THOR- (Etym.) et √THÓRON- (A&C), dont dérive le q. pr. *þorono (L:347). Sind. thôr (Etym.) ou thoron (Etym. ; S:App. ; LR:App.A), pl. #therŷn [correction du nold. therein (Etym.)]. Dan. storn (A&C), dérivé de la forme intermédiaire *storo. Ilk. thorn (Etym.), pl. thurnin ; également estorn (A&C). Ad. #narâk, pl. narîka (SD:II/4). ♦ Le sind. thoron est en fait un ancien génitif singulier que l'on retrouve dans le nom Thorondor (Etym.). ♦ La racine √THÓRON- est une rectification de **√THORON- (Etym.), et l'ilk. pl. thurnin une rectification de **thurin. Le dan. storn pourrait aussi se lire dor. storn. ♦ Originellement q. ea® ou earen(d) (LT1:App. ; LT2:V,App. ; GL ; QL ; ONL) ; remplacés par sor(n), sorne (LT1:III,App. ; LT2:III,App. ; QL ; ONL), dérivés de √ŠORO(2) 'aigle' (QL), lesquels évoluèrent ensuite en sorn-, pl. sorni-, dérivés du q. pr. *stor'on (PME ; NW), puis en þorono ou sorono (A&C), un temps dérivés de *thronŏ, puis de *throndŏ, de *throndŭ, avant d'atteindre la forme finale soron ou sorne, pl. sorni (Etym.) ; le pluriel soroni fit une brève apparition dans SD:II/4 avant d'être rejeté en faveur de sorni. Le q. soron signifiait originellement 'pic élevé', 'pinacle', 'rocher escarpé' (QL ; PME). Gn. ioroth ou †ior (LT1:App. ; LT2:App. ; GL) ; puis thorn (LT1:III,App. ; LT2:III,App. ; GL), qui fut supplanté par les nold. thorn, pl. thyrn 'aigle' et thrand, thrann ou thrond 'seigneur du ciel' (NW). ♦ Cf. #þornion.

tambaro 'pic', dérivé de √TAM- 'frapper', via le q. pr. *tamrō 'pic', littéralement 'frappeur' (Etym.). Nold. tafr (= tavr) ou tavor (Etym.). ♦ Originellement q. imbilink, dérivé de √IBI (QL).

tindómerel 'rossignol', littéralement 'enfant du crépuscule' (Etym. ; S :App.). ♦ Cf. lómelindë.

tokot 'coq' (QW). ♦ Cf. porokë.

tuilindo 'hirondelle' (LT1:App. ; LT2:App. ; QL ; VT.40/8,17 ; Etym.), dérivé de √LIN-(2) et √TUY- 'bourgeonner, pousser', via le q. pr. *tuilelindō (Etym.). Nold. tuilind > tuilinn > tuilin (Etym.). ♦ Originellement q. vil ou tuil 'petit oiseau, particulièrement un moineau' (GL), mot composé à partir de tuilir 'printemps' et lindo 'chanteur', dérivé de √TUỶU et √LIŘI (QL). Gn. bilin© 'petit oiseau, particulièrement un moineau', ainsi que glindwil (GL), duilinc ou duiling 'hirondelle' (LT2:App. ; GL) ; remplacés par duilen (ENG), puis par duilin (LT2:III,App. ; ONL ; NFG ; NW), pl. duilinnin ou duiliniath (NW). ♦ Cf. lindo, lómelindë.

wán > ván, pl. #wáni > váni 'oie', dérivé de √WĀ-N- 'oie' (Etym.). Nold. gwaun, pl. guin (Etym.). ♦ Originellement q. yanwa (QL).

Reptiles et amphibiens

ango, pl. angwi 'serpent' (Etym.). ♦ Cf. leuka.

quákë 'grenouille', nom onomatopéique dérivé du q. pr. *kăwāk (HFN). Nold. cabr ou cabor, dérivé de √KAP- 'sauter' (Etym.). ♦ Originellement q. koake (HFN – entrée supprimée), dérivé du q. pr. *kăwāk (HFN). Nold. cabr, cabor signifiait initialement 'chien' (A&C). ♦ Cf. roa.

leuka 'serpent' (WPP ; LR:App.E), dérivé de √LEWEK- 'ver' (WPP) ; également ango, pl. angwi 'serpent', dérivé de √ANGWA- ou √ANGU- 'serpent' (Etym.). Sind. lýg ou lŷg (WPP), corrigé de **lyg dans LR:App.E, dérivé de √LEWEK- ; également leweg 'ver' (WPP). Ad. #lōkē (SD:III/2). ♦ Le ponantin lōkē est à l'évidence un emprunt au q. lókë. ♦ Originellement Tolkien semble avoir hésité entre les formes q. fent, oqi, et lōke(i) (QL) ; il sélectionna d'abord les formes oqi (PME) et lôke (ONL), avant d'opter pour leuka. Le QL faisait dériver oqi de √OQO 'courber, tordre' et lōke de √LOKO '(se) tordre, (se) courber, (s')enrouler'. Gn. fentlug (-log) (GL – entrée supprimée) ; puis fent (GL) ; ensuite lug (ONL) ; remplacé par nold. lhiw (NW), dérivé du q. pr. *slingwé (NW). ♦ Cf. (h)lókë, lingwë(1).

lingwë(1) 'ver' (QW). Gn. ling 'petit serpent' (GL). ♦ Le q. lingwë est probablement rendu obsolète par l'homonyme plus tardif qui signifie 'poisson'. ♦ Originellement q. lin (ling-), doté des variantes lingwe ou lingo 'serpent' et lingwin 'grand serpent, dragon' (QL). Gn. lingos (GL). ♦ Cf. leuka, lingwë(2).

Animaux marins

Nom générique :
lingwë(2) 'poisson', dérivé de √LIW-, via le q. pr. *linwi 'poisson' (Etym.). Nold. lhimb > lhim > lim (Etym.). Dor. líw (Etym.). ♦ On notera l'existence d'un homonyme au q. lingwë(2), signifiant 'ver'. ♦ Originellement q. uin, pl. uini, dérivé de √IWI, windi (QL) et ingwe, pl. ingwĭ (QL ; PME), dérivé de √IWI (QL). Gn. ing (GL). Dor. ling (A&C). Le QL indique que Uin est également le nom de la 'Baleine Primordiale'. La racine √LIW- fut initialement écrite √LINGWI- (A&C). ♦ Cf. lingwë(1), #fanto.

♦ #fanto 'baleine', tiré de Turuphanto 'la Baleine de Bois', surnom donné au navire de Tar-Aldarion, Hirilondë, lors de sa construction, probablement dérivé de √PHAN- 'blanc' (PE.17). Gn. uin, dérivé de †Uin 'vague', qui signifie aussi 'poisson' et est le nom de la grande baleine de Gulma (LT1:App. ; LT2:V,App. ; GL ; QL) ; également uimoth 'mouton des vagues' (LT1:App. ; GL). ♦ L'étymologie du q. #fanto pourrait faire allusion à la couleur du béluga, à moins qu'il ne faille y voir l'influence du verbe fanta 'voiler, masquer' (PE.17). Une autre hypothèse a été avancée pour ce terme, qui s'écrirait alors #panto, et dériverait alors de √PAT- via le q. pr. *pantā 'ouvert' (Etym.), mais la construction de Turuphanto qui en résulterait se justifie assez mal. Quel que soit le terme quenya, il est probable qu'il rende obsolète le terme gnomique, qui ne lui est en rien apparenté. ♦ Cf. máma, lingwë.

hala 'petit poisson', dérivé de √SKAL-(2) (Etym.). Nold. hâl (A&C). ♦ Originellement q. hala '(petit) poisson', dérivé de √KHAL-(1) (Etym., A&C), via le q. pr. *khala (A&C), puis de √KHOL- (Etym.). ♦ Cf. halatir.

hwan, pl. hwandi 'éponge de mer, fungus', dérivé de √SWAD-, via le q. pr. *swanda (Etym.). Nold. chwand, chwann ou hwand (Etym.).

hyalma 'coquillage, conque', dérivé de √SYAL-, via le q. pr. *syalmā (Etym.). Nold. half 'coquillage marin' (Etym.).

Gn. igli 'alevin', 'fretin' (GL).

♦ #lingwil ou #lingwilin 'anguille' [correction de ingwil ou ingwilin(ng) (QL ; PME)], dérivés de √IWI (QL). ♦ Le q. ingwë 'poisson', originellement dérivé de √IWI (QL), fut changé en lingwë, dérivé de √LIW- (Etym.). ♦ Cf. lingwë.

♦ #lingwilin 'anguille' [correction de ingwilin(ng) (QL ; PME)]. ♦ Cf. #lingwil, lingwë.

telpingwë 'poisson de couleur argentée', dérivé de √TELPE, √TELEPE 'argent' (QL). ♦ La traduction anglaise 'silverfish' est un nom commun à de nombreuses espèces de poissons, tels le tarpon et la capucette. C'est aussi le nom d'un insecte, le lépisme argenté, mais cette signification semble moins probable. Bien que la racine signifiant 'argent' ait par la suite été changée en √KYELEP- ou √TELEP- (Etym.), ce mot resterait parfaitement valide en quenya.

Arthropodes

Nold. caifr, pl. caifrin 'puce', dérivé du q. pr. *kamprú (NW).

Gn. gwef ou gwevin 'pou' (GL).

Gn. gwembel, gweml ou gwemli 'charançon' (GL).

ungwë 'toile d'araignée' (LR:App.E) ; également lia 'fil fin', 'filament de toile d'araignée', dérivé de √SLIG-, via le q. pr. *ligā (Etym.). Nold. thling 'toile d'araignée' ; également thlê 'fil fin', 'filament de toile d'araignée' (Etym.). ♦ Originellement líne (Etym.). Le q. ungwe signifiait 'ténèbres', 'obscurité', et était dérivé de √UÑG-, via le q. pr. *uñgwē (Etym.). Gn. gwidh-a-ging (GL). ♦ Cf. liantë.

(atta) lenquelénu 'araignée de type phlocus', mot composé de lenquë 'jambe' et léni ou lénu 'long', dérivé de √LEQE et √LENE 'long' (QL). ♦ L'adjectif lénu est dit être utilisé uniquement dans les mots composés (QL). ♦ Dans le QL, atta- est un préfixe signifiant 'double-, bi-', mais atta signifie 'papa', ce qui fait correspondre ce mot à l'exact original anglais 'daddy-long-legs'. Terme probablement rendu obsolète du fait que le terme telco, dérivé de √TELÉK- (Etym.) remplaça lenquë.

liantë ‘araignée’, dérivé de √SLIG-, via le q. pr. *slignē (Etym.), puis la forme intermédiaire *sliñgē (A&C). Sind. ungol (RC:IV/3,6,9 ; WR:II/2,8 ; LR:IV-VI, App.). ♦ La forme intermédiaire *sliñgē est une rectification de **slingē (Etym.). ♦ Originellement q. ungwe 'araignée' (GL – entrée supprimée ; QL ; QW), dérivée de √GUNU (QL) ; puis kangaris(ts) (QL ; PME), dérivée à son tour de √KANGA 'tisser' (QL). Gn. gung (GL – entrée supprimée) ; puis cing(win) ou ungwi (GL) ; ensuite nold. thlingril ou thling, ce dernier signifiant aussi 'toile d'araignée' (Etym.). ♦ Cf. ungwë.

malo, pl. malwi 'mite', dérivé de √MALA 'écraser, presser, réduire en pulpe', via le q. pr. *malwə (QL). ♦ Possède un homonyme signifiant 'pollen', 'poudre jaune', dérivé de √SMAL- 'jaune' (Etym.).

nier (LT1:App. ; GL ; QL ; PME), pl. niesi (QL ; PME) ou nies, pl. niessi (QL) 'abeille', dérivés de √NEHE, via les formes neχier > neier > nier ; également nierwes, pl. nierwesti 'ruche' (LT1:App. ; QL). Nold. nui, pl. nuiar ; également glinui 'abeille ouvrière', de glí 'miel' (NW). ♦ La forme flexionnelle de nierwes, '(st)', est d'une lecture incertaine sur le manuscrit. ♦ Originellement q. nion, dérivé du q. pr. *negeher (GL) ; puis nies(-ss) ou nier (nies-) (QL). Gn. nion 'abeille', dont sont dérivés nios ou niwin/ 'abeille femelle' (GL – entrées supprimées) ; puis nio ou nios (LT1:App. ; GL), dérivés de nēgu(-is), negōn et dotés des dérivés niwin 'abeille femelle', niosturwin 'reine abeille' – mot composé de nios 'abeille' et turwin 'reine', niogrim ou nigrim 'essaim' et niost 'ruche' (GL).

nierwes, pl. nierwesti 'ruche' (QL). ♦ Cf. nier.

nies, pl. niessi 'abeille' (QL). ♦ Cf. nier.

'mouche', 'petit insecte', dérivé du q. pr. * (HFN). ♦ Originellement q. pin ou pink 'petite chose', 'mite', relaté au suffixe diminutif –pink (QL), tandis que le q. pr. * signifiait 'petit oiseau' (HFN – entrée supprimée). ♦ Cf. filit.

Gn. sithagong 'libellule' - mot composé de sitha 'voler' et gong 'orc, gobelin' ; également sithaling - mot composé de sitha et ling 'petit serpent' (GL). ♦ Certainement obsolète du fait du remplacement du Gn. sitha par le nold. rhenio 'voler, naviguer', et du Gn. gong par le sind. orch, pl. yrch. ♦ Cf. leuka.

ulumpingwë 'chenille' (QL ; PME), dérivé de √ULUN(T) {radical ulump-} (QL). ♦ Originellement q. ulumpinge (QL – entrée supprimée). ♦ Cf. ulumpë.

wembë > #vembë 'ver de terre' (PME), dérivé de √GWEVE (QL). Gn. gwem ; également terch ou tereg, pl. terchin (GL). ♦ Originellement q. 'wembe ou 'wembil (QL).

wilwarin, pl. wilwarindi 'papillon' (PME ; Nien. ; Etym. ; OM ; LA), dérivé de √WIL- 'voler, flotter dans les airs' (Etym.). Tel. vilverin (Etym.). Nold. gwilwileth (Etym.). Ilk. gwilwering (Etym.). ♦ Originellement q. 'wilwarin, dérivé de √GWILI (LT1:App. ; GL). Gn. gwilbrin (-vrin) (LT1:App. ; GL).

Créatures de Melkor

Nom générique :
ulundo 'monstre', 'créature horrible et déformée' (Etym.). ♦ Cf. úvanimo.
úvanimo, pl. úvanimor 'monstre', 'créature mauvaise ou corrompue' (LT1:III,X,App. ; LT2:II,IV ; QL ; ECN ; Etym. ; WPP), dérivé de √- [préfixe de négation] et √BAN- 'beauté due à l'absence de faute ou de ternissure', via le q. pr. *bánā (Etym.) ; également úvano (WPP) ; ulundo 'monstre', 'créature horrible et déformée', dérivé de √ÚLUG- (Etym.). Tel. ulgundo (Etym.). Nold. úan, dérivé de la forme intermédiaire *ubano (Etym.). Ilk. ulgund, ulgon ou ulion (Etym.). ♦ Originellement q. ulban, pl. ulbandi 'monstre, géant' (CE ; QL ; ECN), dérivé de √UL- [préfixe de négation] (QL), qui signifia plus tard 'géant' ou 'géant des bois' (CE) ; puis #hongwi, pl. hongwir 'monstre' (ECN), qui signifia 'ogre' par la suite ; remplacé par úvanimo (QL), pl. ūvanimor (CE ; ECN), dérivé de √VANA (QL), plus général que les termes précédents, qui fut un temps supplanté par húvanimor 'monstre', dérivé de √3Ū- ou √U3U-, via le préfixe q. pr. *- (A&C) ; úvanimo fut un temps traduit par 'type de forme horrible ou corrompue' (WPP – entrée supprimée).
úvano 'monstre', 'créature mauvaise ou corrompue' (WPP). ♦ Cf. úvanimo.

angulókë, pl. #angulókí 'dragon' (Etym.). ♦ Cf. lókë.

fealókë, pl. #fealókí 'dragon-étincelle', dérivé de √PHAY- 'briller, envoyer des rayons de lumière' et √LOK- 'grand serpent, dragon' (Etym.). ♦ Originellement q. foalókë 'nom d'un grand serpent gardant un trésor', dérivé de √FOHO 'cacher, amasser, stocker' et √LOKO '(se) tordre, (se) courber, (s')enrouler' (LT1:VI ; LT2:App. ; QL). Gn. fûlug 'dragon (qui garde un trésor)', composé de 'amasser' et ulug 'dragon' ; puis fuithlug (-og), dérivé de fuis 'amasser' (LT2:App. ; GL). ♦ Cf. lókë.

lingwilókë, pl. #lingwilókí 'serpent de mer', littéralement 'dragon-poisson', dérivé de √LIW- et √LOK- 'grand serpent, dragon' (Etym.). Nold. lhimlug (Etym.). ♦ Cf. lókë.

(h)lókë, pl. #(h)lókí 'grand serpent, dragon' (S:App.), dérivé de √LOK- (Etym.), via le q. pr. *(s)lōkō (WPP) ; également angulókë, pl. #angulókí 'dragon', dérivé de √ANGWA- ou √ANGU- 'serpent' et √LOK- (Etym.). Sind. lhûg 'grand serpent, dragon' (Etym. ; S:App.). Nold. amlug 'dragon' (Etym.). ♦ Originellement, Tolkien construisit les q. fenume (LT2:App. ; QL), feng 'serpent, dragon' (QL), doté d'une variante fent, et la forme lingwin 'grand serpent, dragon' (QL ; PME) ; ils furent supplantés par lôke 'serpent' (ONL ; NFG), aussi écrit lókë et traduit par 'ver de Melko', 'dragon' (LT2:II,App.), qui fut un temps remplacé par kondo 'dragon' (ND), revint sous la forme lóke, pl. lókí, dérivé de √LOK- 'grand serpent, dragon' (Etym.) ; changé en lhóka 'reptile', 'serpent', 'ver', dérivé de √LOK- 'courber', 'faire une boucle', via le q. pr. *(s)lōkā ; ensuite (h)lóko, la forme q. pr. devenant *(s)lōkō ; enfin (h)lókë, initialement traduit 'reptile', 'serpent', 'ver' (WPP). Le gnomique vit des hésitations semblables entre lingwir (GL), lug (ONL), lûg (NFG) et ulug (LT2:App. ; GL), pl. ulûgin, cette dernière forme ayant également la variante uluch, uluchnir ou ulugwin 'dragon femelle' (GL) ; le nold. gunn 'dragon' (NW – entrée supprimée) les supplanta toutes quatre, avant d'être remplacé par cunn (NW ; ND – entrée supprimée), doté du dérivé cunnas 'repaire de dragon' (NW), puis par gund ; ces formes devinrent d'abord cunn, pl. cynn, dérivés du nold. anc. cund, pl. cynd (ND – entrées supprimées), puis gunn, pl. gynn, dérivés du nold. anc. gund, pl. gynd (ND) ; au final Tolkien trancha en faveur de lhûg, forme proche de son inspiration originale, bien qu'influencée par le q. (h)lókë, et dont la traduction fut un temps 'reptile', 'serpent', 'dragon', dérivé de √LOK- 'courber', 'faire une boucle' (WPP). ♦ Cf. leuka, fëalókë, lingwilókë, rámalókë, urulókë.

ñauro 'loup-garou' (Etym. ; WPP), littéralement 'faux', 'déguisé', 'déformé' (WPP), dérivé de √ÑGAW- 'falsifier, déformer, déguiser' (Etym.). Sind. gaur (Etym. ; S:App. ; WPP), pl. gaurhoth (LB:III/14, IV ; SM:VI ; WJ:I ; WPP ; LR:II/4) 'loup-garou'. ♦ Le q. ñauro est dit être dérivé du sind. gaur, vu que les loups-garous ne vivaient évidemment pas à Valinor (WPP). ♦ La racine √ÑGAW- avait originellement le sens de 'hurler' (Etym.) ; elle est orthographiée **√NGWAW dans S:App., ce qui est certainement une erreur typographique.

rámalókë 'dragon ailé', dérivé de √RAM-, via le q. pr. *rāmā et √LOK- 'grand serpent, dragon' (Etym.). ♦ Cf. lókë.

urulókë, pl. urulóki 'dragon de feu' (Etym. ; WJ:I ; S:App.), dérivé de √UR- 'être chaud' (Etym. – entrée supprimée) et √LOK- 'grand serpent, dragon' (Etym.). ♦ Cf. lókë.

Sur Tolkiendil

1) NdR : Qui a la même signification phonétique que alph.
 
langues/textes/lexique_animalier.txt · Dernière modification: 17/10/2015 11:29 par Druss
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